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R. P. AUGUSTIN LEDUC
DES FRÈRES PRÊCHEURS
Paroisse Saint-Clément
1819 - 1919
Histoire religieuse '• - Histoire civile
Fêtes du Centenaire
^>
y^
En Vente:
Au Presbytère de
Beauhamois
Que.
Le Canadien suit les églises
A. N. MoNTi'pniT.
Imprimé par
La Cie d'Imprimerie
d'Ottawa
3 et 5 Mosgrove
1920
Approbations
4:
APPROBATIONS
Par ordre du T. R. P. Provincial, nous avons lu l'ouvrage intitulé
"Beauharnois" (Paroisse Saint-Clément), du R. P. Augustin Leduc,
et nous V avons jugé digne de l'impression.
Fr. M.-Albert Marion, O.P.
Fr. C.-A. Chamberland, O.P.
Ultaua, en la fête de saint Clément, 23 novembre 1920
Imprimi potest:
Ottawse, in conventu nostro Sti Joannis Btae
die 23â Novembris 1920.
fr. Raymundus Ma. Rouleau, O.P.
Pr. Prov. S. Dom. Canad.
Imprimatur:
t JOSEPHUS MeDARDUS,
Epus Campivallensis,
die 15â dec. 1920.
DÉDICACE
DÉDICACE
A Monsieur le Chanoine Théodule Nepveu, V.F.,
Dixième Curé de Saint-Clément
de Beauharnois
et
A la mémoire de ses prédécesseurs,
Messires
Pierre-Eucher Lussier, Martin Caillé- Jasmin,
Louis-David Charland, Pierre Viau,
Jean-Zéphirin Carron, Michel Quintal,
Hubert Tétreau, François Labelle,
Pierre Clément.
Un paroissien reconnaissant.
vi
Table des Matières
XiTi*
Table des Matières
PAGES
Lettre de S. G. Mgr J.-M. Émard, évêque de Valleyfield i
Préface iii-iv
Introduction (La Seigneurie de Beauharnois) v-xix
PREMIÈRE PARTIE
Histoire religieuse de la Paroisse Saint-Clément
Chapitre premier: Fondation de la Paroisse 1-16
Chapitre second: Evolution de la Paroisse 17-134
I.
La Paroisse
Art. 1er: Démembrements successifs 17-24
Art. IIe: Le Personnel paroissial 24-71
I— Clergé: Curés 25-38
Vicaires 38^5
Prêtres nés à Beauharnois 45-53
Religieux nés à Beauharnois 53-54
Religieuses de Beauharnois 54-63
ïl — Laïques: Marguilliers 64-69
Syndics 70
Bedeaux 70-71
Constables 71
Chantres 71
Organistes. 71
AiiT. IIIe: Les Etablissements paroissiaux: 72-94
Églises 72-89
Presbytères 89-91
Cimetières 91-94
^l/' Table des Matières
II.
Compléments de la paroisse
Art. Ter: Les Ecoles 95-123
Art. IIe: L'Hospice 123-126
III
Vie paroissiale
Quelques faits. — Quelques dates 126-131
Appendice: Les Protestants à Beauharnois 131-134
DEUXIÈME PARTIE
Histoire civile de Beauharnois
Chapitre premier: Beauharnois municipal 137-156
Chapitre deuxième: Beauharnois politique 157-162
Chapitre troisième: Beauharnois judiciaire 162-170
Chapitre quatrième: Beauharnois militaire 170-178
Chapitre cinquième: Beauharnois agricole 179-182
Chapitre sixième: Beauharnois commercial et industriel 183-215
Chapitre septième: Vie sociale 217-228
TROISIÈME PARTIE
Centenaire de Beauharnois
Chapitre premier: Les préparatifs du Centenaire 231-242
Art. 1er: Préparation éloignée 231-232
Art. IIe: Préparation prochaine 232-242
Chapitre second: Les Fêtes du Centenaire 243-304
Art. 1er: Journée du 14 juin 243-253
Art. IIe: Journée du 15 juin 253-304
Appendice 305
Table alphabétique des noms propres et des gravures 307-321
Lettre de Monseigneur Êmard
Lettre de S. G. Mgr J. M. Émard
Valleyfield, P.Q., 9 décembre 1920
Révérend Père A. Leduc, O.P. P.
Ottawa, Ont.
Révérend et cher Père,
Je vous ai fait retourner la troisième -partie de votre manuscrit que vous aviez eu V ama-
bilité de me soumettre en primeur, et je vous remercie cordialement pour cette délicate attention
envers votre évêque d'origine. J'ai hâte de voir votre livre imprimé, et je n'ai aucun doute
que toutes les familles liées de quelque façon à la paroisse de Beauharncds tiendront à l'avoir pour
le lire en commun au foyer.
C'est vous dire combien je l'estime intéressant et bien écrit. Après ses fêtes jubilaires,
marquées par tant d'entrain et de généreuse harmonie, la belle et noble paroisse de Saint-
Clément de Beauharnois a cette bonne fortune de se voir racontée et décrite par l'un de ses fils
les plus distingués, et dont elle a le droit d'être le plus fière. Beauharnois est plus qu'une
localité dans la vallée du Saint-Laurent. Son nom est un cachet, et son histoire rentre dans
celle du Canada et par là se relie directement à celle de France, avec le régime féodal, dont la
seigneurie de Beauharnois présente une des applications les plus récentes. Ce n'est donc pas
une simple monographie, mais une véritable histoire qv£ vous allez nous donner.
Sans franchir les limites du sujet suffisamment agrandi, vous avez su le rendre captivant
par le charme du récit joint à la plus minutieuse exactitude, parmi tant de détails oil il fallait
prévenir toute erreur et tout reproche. Ce n'est pas un mince mérite. . . Je me félicite qu'un
livre si beau et si bon soit dû à la plume d'un de nos anciens élèves, et que le Collège de Valley-
filed ait, comme votre évêque lui-même, à se réjouir d'une produx^tion littéraire qui s'ajoute
à tous ces ouvrages sérieux publiés par des Canadiens, et qui sont un témoignage rendu à
l'enseignement des humanités dans nos Collèges.
Il est juste d'ajouter que dans l'Ordre de Saint-Dominique le talent et la formation pre-
mière ont vite subi un régime intellectuel qui rend ses membres capables de nous donner sans
arrêt, des productions savantes et édifiantes que nous admirons chaque jour davantage, et dont
nous faisons tous notre profit.
Veuillez agréer, mon Révérend et cher Père, avec mes félicitations les plus sincères,
l'assurance de mon affectueux dévouement en Notre-Seigneur.
\ JOSEPH MÉDARD,
Evêque de Valleyfield.
4.
Préface
III
Préface
T^EPUIS quelques années, il est de mode,
iM au Canada français, d'écrire l'histoire
des paroisses; chaque année s'allonge
la liste des monographies paroissiales. C'est
un mouvement louable pour plusieurs raisons.
Tout d'abord, c'est un hommage à la plus
méritante de nos institutions religieuses et
nationales. C'est devenu une vérité admise
que la paroisse a été le salut de la race cana-
dienne-française: les nôtres et les étrangers
en conviennent. Dès lors, faire connaître
l'évolution d'une paroisse, c'est, croyons-nous,
du patriotisme de bon aloi.
En outre, l'histoire générale du Canada et
l'histoire particulière de la province de Québec
ne seront parfaitement possibles que lorsque
seront connus et dépouillés tous nos dépôts
d'archives; il sera difficile d'apprécier à toute
sa valeur le rôle de la paroisse canadienne-
française, aussi longtemps qu'une histoire
impartiale et exacte de chaque paroisse n'aura
pas été faite. Que chaque paroisse ait sa mo-
nographie, et alors, quel magnifique tableau
d'ensemble l'historien pourra écrire!
C'est pour aider à ce travail de construction
historique que nous avons écrit l'histoire
d'une paroisse, la nôtre.
Nous n'avons pas l'illusion de croire que
nous avons tout trouvé sur Beauharnois;
mais nous avons conscience de n'avoir rien
épargné de ce qui pouvait nous renseigner
sur les éléments essentiels de son histoire.
La perte du premier registre paroissial des
délibérations de fabrique est une lacune que
rien ne peut compenser; nous y avons suppléé
autant qu£ possible, par la correspondance
des curés de Beauharnois, déposée aux ar-
chives diocésaines, et par la correspondance
des évêques de Québec.
La composition de cette histoire a été
facilitée, d'abord, par un travail de feu M.
C.-A. Santoire, ex-vicaire général de Valley-
field lequel, s'aidant de notes, recueillies par
feu l'abbé M. Mainville, a écrit un Précis
HISTORIQUE sur la seigneurie de Beauharnois;
ensuite, des notes et statistiques recueillies par
M. le curé Nepveu et par l'un de nos ex-
vicaires, M. l'abbé J.-E. Gauthier, nous ont
beaucoup aidé. En divers dépôts d'archives,
la bienveillance des autorités nous a permis
de glaner abondamment: aux archives dio-
césaines de Valleyfield, l'on a mis à notre
disposition la correspondance de la paroisse
de Beauharnois; au Palais de Justice de
Valleyfield, les greffes de nos vieux notaires
Sarault, Leblanc, Léonard et Hainault nous
ont été ouverts par Messieurs Brodeur et
Lapointe. Aux Archives du Palais de Jus-
tice de Montréal, M. Z. Massicotte nous a fait
connaître les premières concessions de terres
dans la seigneurie de Beauharnois. A Beau-
harnois même, l'on nous a communiqué les
registres de la Fabrique, des Conseils muni-
cipaux et scolaires. Aux Archives Fédérales
d'Ottawa, tout particulièrement, nous avons
trouvé, en M. F.-J. Audet, un guide compétent
et dévoué; grâce à lui, nous avons pu avoir
accès à des documents originaux d'une très
grande valeur, comme l'original des recense-
ments décennaux, l'original des Rapports des
Inspecteurs d'écoles du Bas-Canada, vers
IV
Préface
1830, la correspondance militaire de 1812,
les Rapports annuels de la milice depuis
1793; les chefs préposés aux différents ser-
vices— des Manuscrits (M. Parker), des
Cartes géographiques (M. Holmden), des
Gravures (M. Kenny), de la Bibliothèque
(M elle Casey)—avec la bienveillante auto-
risation du Directeur Général des Archives,
M. Doughty, nous ont communiqué tous les
renseignements désirables: là aussi, M. A.
Daigle et M. Saint-Amour, M. J. Tarte,
Melle Bigras et Madame Patry nous ont
grandement aidé dans la recherche, la photo-
graphie ou la copie des documents.
Au Département des Recensements et Sta-
tistiques, M. le Secrétaire E.-H. Saint-Denis
a bien voulu nous faire préparer, d'après les
recensements décennaux postérieurs à 1861,
un état général détaillé (nominal) de la popu-
lation.
Aux Départements du Secrétariat d'État,
des Postes, et des Canaux, nous avons aussi
trouvé d'utiles statistiques.
A la Bibliothèque du Parlement, des vo-
lumes importants ont été gracieusement mis
à notre disposition.
Partout nos demandes de renseignements
ont été bien accueillies. A tous ceux qui nous
ont ainsi rendu service, nous tenons à expri-
mer ici notre plus vive gratitude; spécialement
à des anciens de Beauharnois, Messieurs
Leduc et Fortin, Lapointe, Seers et à Mes-
dames Julien Leduc et D.-A. Saint- Amour,
qui ont bien voulu nous communiquer des
souvenirs remontant à 1852. Avant tout
notre reconnaissance est due à Monsieur le
Chanoine Théodule Nepveu, curé de Beau-
harnois; c'est à son inlassable générosité
et à ses incessants encouragements que nous
devons d'avoir pu achever ce volume
Nous devons, ensuite, une reconnaissance
spéciale à la compagnie Howard-Smith qui
a fait don du papier nécessaire.
Merci aussi aux personnes dévouées qui ont
bien voulu se charger de l'ingrate tâche de la
copie de documents, de la correction des
épreuves, et de la confection d'une table
alphabétique.
L'Auteur.
Ottawa, en la fête de saint Clément,
le 23 novembre 1920.
N.B. — Au sujet des photographies repro-
duites dans ce volume, nous croyons opportun
de faire remarquer que pour ne pas augmenter
les dépenses déjà énormes de photogravure,
nous avons évité des répétitions. Certains por-
traits devraient se trouver sur plusieurs
groupes, les mêmes hommes ayant été p. ex.
marguilliers, conseillers, commissaires d'é-
coles, commerçants, etc.
D'autres portraits, trop détériorés, n'ont
pu être insérés.
Introduction
Introduction
OUS avons peu de renseigne-
ments sur l'état de Beauhar-
nois avant son érection en
seigneurie, en 1729. La pré-
sence des sauvages an Buisson
est attestée par les toma-
hawcks ou casse-têtes, les flèches et les
divers ustensiles en pierre qu'on y a trouvés;
et comme ces instruments ne sont pas en
fer, les ethnographes pensent que les peu-
plades de ces lieux étaient plus anciennes
que les Hurons et les Iroquois, que rencon-
tra Jacques Cartier en 1534, et par suite, que
leur présence à cet endroit remonte au-
delà de l'apparition des Blancs en Amé-
(1)
nque
En outre, un sentier existait autrefois,
entre Beauharnois et Valleyfield, et l'on
conclut que ce devait être la route suivie
par les Sauvages et les Blancs obUgés de
faire portage à cause des rapides/^*
Ce sont là des documents qui témoignent,
tout autant qu'un écrit, de l'habitation
très ancienne de Beauharnois, sans toutefois
livrer aucun fait déterminé et précis.
Et voilà comment l'histoire de Beau-
harnois ne commence guère qu'avec l'his-
toire de la seigneurie.
(1) La présence des sauvages appelés Mounl Builders est attestée par l'invention, à Chateauguay, de cimetières caracté-
nstiques. Les Mount Builders doivent leur nom à la coutume de construire des monticules en terre et en pierre où ils entas-
saient leurs morts. A Chateauguay, il y a deux de ces monticules, l'un à l'extrémité sud-ouest de l'Ile Saint-Bernard,
l'autre en face, sur le littoral.
(2) D'après les notes du Précis historique de M. Santoire.
VI
La Seigneurie de Beauharnois
LA SEIGNEURIE DE BEAUHARNOIS
Pour bien comprendre l'histoire de Beau-
harnois, il faut la situer dans son cadre,
qui est la seigneurie de Beauharnois; c'est
d'une partie de cette seigneurie qu'ont été
formés la paroisse, la ville et les villages
situés dans la paroisse Saint-Clément, d'où
la nécessité d'en retracer au moins som-
mairement l'évolution.
1° De Beauharnois
Jusqu'en 1729 Beauharnois était do-
maine royal. Le 12 avril 1729,'" le roi de
France Louis XV concéda au Marquis
Charles de Beauharnois, gouverneur du
Canada, et à son frère Claude de Beau-
harnois, "six lieues de front sur six lieues de
'profondeur nord-est et sud-ouest, joignant
la seigneurie de Cliateauxjuay le long du
fleuve Saint-Laurent, avec les islets et islots
adjacents, pour en jouir conjointement et
en total par le survivant des deux, leurs en-
fants nés en légitime mariage, et leurs héri-
tiers à perpétuité comme de leur propre à titre
de fief." C'est donc un domaine de six
Ueues carrées, à partir de la ligne seigneu-
riale de Chateauguay, que le roi concédait
aux frères Charles et Claude de Beau-
harnois.
La concession était sous le nom de Ville-
chauve, probablement en souvenir d'un
domaine des Beauharnois en Orléanais.'^'
Elle était aux conditions ordinaires de
foy et hommage, de droits de taille de bois
(1) Le texte intégral de l'acte est publié dans les Edils,
Ordonnances, déclarations et arrêts relatifs à la tenure sei-
gneuriale (1851), p. 260. Sur la seigneurie de Beauharnois,
ce serait tout un volume qu'il y aurait à écrire. M. Robert
Sellar, de Huntingdon, a écrit sur ce sujet, en 1888, un volume
de 584 pages, et encore ne donnait-il pas le texte des actqe
de concession. Disons une fois pour toutes que nous j; avons
trouvé de très utiles renseignements. Dans notre travail, nous
ne voulons que rappeler les dates et les faits essentiels de
l'histoire de la seigneurie.
(2) Il est probable que le nom de Villechame, donné aux
concessions de 1729 et 1750, est un souvenir de Villechauve,
commune de Loir-et-Cher, en France (Orléanais); comme les
Beauharnois étaient originaires de l'Orléanais, il est possible,
d'après M. P.-G. Roy, qu'ils aient été propriétaires de la
commune de Villechauve, d'où le nom donné à leur seigneurie
du Canada.
pour les vaisseaux royaux, de chemins
nécessaires pour l'utilité publique, de li-
berté des grèves aux pêcheurs, de liberté
d'occupation pour fins militaires, et d'obli-
gation à faire connaître les mines et miné-
raux du terrain. Sous ces réserves de droit
les seigneurs avaient haute, moyenne et
basse justice, droits de chasse et de pêche
et autres droits seigneuriaux, sans aucune
indemnité.
Le 14 juin 1750, le roi Louis XV faisait
un nouvel acte de concession'^' du même
territoire dans les mêmes termes et condi-
tions, en faveur de François'*' de Beau-
harnois, fils de Claude et neveu de l'ancien
gouverneur-général et premier concession-
naire de la seigneurie; par cet acte, Fran-
çois de Beauharnois, seul, succédait, avec
ses héritiers, aux droits seigneuriaux con-
cédés en 1729, à Charles et à Claude de
Beauharnois conjointement.
Les Beauharnois,'^' par ces concessions,'"'
devenaient propriétaires d'un domaine de
(3) Le texte de cette deuxième concession se trouve dans les
Actes de foy et hommage (Série M des Archives fédérales),
vol. 5e, page 284.
(4) François de Beauharnois, fils de Claude, fut gouverneur-
général de la Martinique.
(5) Les Beauharnois avaient pour devise Autre ne sers, et
leur blason se lisait ainsi: "D'argent à une face de sable,
surmontée de trois merlettes de même." (Bulletin des Re-
cherches Historiques, vol. 7e, (1901), page 309, article Roy.
(6) La seconde concession soulève un petit problème d'his-
toire. Elle est faite au sieur de Beauharnois, lieutenant de
l'aisseaux, sans plus de précision : quel est ce sieur de Beau-
harnois? D'après le contrat de vente de ila seigneurie aux
La Seigneurie de Beauharnois
VII
324 milles carrés, c'est-à-dire, dix-huit milles
de longueur depuis la ligne seigneuriale
de Chateauguay, par dix-huit milles de
profondeur; donc, en fait, ils possédaient
tout le terrain, d'une part, des limites
actuelles de Maple Grove à Saint-Stanislas,
d'autre part, du fleuve Saint-Laurent au
township de Hemmingford.
Les Beauharnois possédèrent la seigneu-
juin) par devant Mtre Chèvremont, le
marquis de Beauharnois concède à Pierre
Hénault, de l'Ile Perrot, une "concession*"
située dans la seigneurie de Villechauve,
au côté du domaine en descendant, con-
tenant 4 arpents de terres de front sur 30
arpents de profondeur"; ce terrain était
concédé "à titre de cens et rentes seigneu-
riales foncières et non rachetables, portant
LES SEIGNEURS DE BEAUHARNOIS
(1) Autographe du marquis Charles de Beauharnois (pubUé avec la bienveillante autorisation de M. A.-G. Doughty, Directeur
des Archives nationales.) — (2) Blason de la famille de Beauharnois. — (3) Portrait du marquis de Beauharnois.
rie jusqu'au 7 juin 1763. Ils firent quelques
concessions de terre. Ainsi, en 1733 (le 2
de Lotbinière, le marquis François de Beauharnois, neveu du
gouverneur, se dit le concessionnaire du 14 juin 1750 et son
titre est accepté; mais alors, qu'était devenu Claude de
Beauharnois, concessionnaire conjoint de la concession d'avril
1729? L'acte de juin 1750 ne le mentionne pas, et ne parle
que du marquis Charles dont le neveu, marquis François,
devient l'héritier. La solution semble être que Charles de
Beauharnois, le gouverneur, étant mort sans héritier, Fran-
çois, fils de Claude, obtint, à titre d'héritier des. deux con-
cessionnaires, de 1729, la seigneurie de Beauharnois.
(1) D'après l'acte notarié, cette concession est la lOème.
profit de lods et ventes;" la redevance
exigée était d'"un sol marqué de cens en
espèce, d'un demy min. de bled, de trente
sols par chacun arpent de front sur 30 de
profondeur", en tout, 4 livres et dix sols
payables le jour de la fête de Saint-Mai-tin
(11 novembre) au Château seigneurial. Le
concessionnaire s'engageait, en outre, à
faire moudre au mouUn de la seigneurie,
VIII
La Seigneurie de Beauharnois
lorsqu'il y en aura un; il devait "souffrir
tous les chemins que le dit seigneur jugera
à propos de faire pour l'utilité et la com-
modité publique"; il laissait au seigneur le
droit ''de prendre le bois pour construire
et entretenir des bâtiments seigneuriaux,
moulins et autres établissements sans payer
aucune chose"; il s'obligeait à tous les
travaux ordonnés par Sa Majesté; enfin, il
n'avait pas le droit de vendre, hypothéquer,
aliéner, sans avertir le seigneur.
Devant le même notaire, en 1734, s'en-
registre une concession"' à Pierre Lupien
dit Baron (charpentier, habitant de Ville-
chauve).
En 1760, devant le même notaire de
Blanzy, Augustin Lefebvre reçoit à Ville-
chauve, sur la rivière du Loup (rivière Cha-
teauguay) une concession de 3 x 30 arpents.
En août également, John Dejerlay reçoit
une concession identique, à la condition
de payer chaque année "4 livres, 13 sols, et
un minot et demi de bled de cens et rentes
foncières.""'
Par ces concessions, l'on voit que l'accu-
sation ordinaire de n'avoir rien fait portée
contre les de Beauharnois n'est pas tout à
fait exacte; ils ne firent pas beaucoup, mais
c'était un commencement de colonisation,
que ces concessions de terres.
2° De Lotbinière
Le 7 juin 1763, le marquis François de
Beauharnois vendit la seigneurie de Ville-
chauve, telle que décrite dans les conces-
sions royales du 14 juin 1750 et du 12 avril
1729 (six lieues le long du fleuve sur une pro-
fondeur de six lieues dans les terres) à
Michel Chartier, seigneur de Lotbinière,'*'
pour la somme de 24,000 livres (environ
$10,000 de notre monnaie).
Les répertoires des notaires Souste, Wa-
tier (de Soulanges) et Chaboillez, indiquent
que les concessions continuent/*' et que
les mutations de terres entre censitaires
sont assez fréquentes.
De Lotbinière fit construire quelques
moulins à scie et s'apprêtait à construire
un moulin à farine quand il vendit la
seigneurie à Alexandre Ellice en 1795. **'
3" Ellice
(a) ALEXANDRE ^ Alexandre Ellice, négociant anglais, pour
Le 30 juillet 1795, la seigneurie de Ville- la somme de 9,000 livres, 36,000 piastres
chauve changeait de propriétaire pour la d'Espagne; la concession était absolue, in-
troisième fois. Des Lotbinière elle passait cluant les 24 arpents de front cédés au sieur
(1) Cette concession est la 15ême depuis 1729.
(2) Ces concessions sont données à titre d'exemple; elles
ne sont pas les seules; les actes des notaires Chèvremont, de
Blazy, Panet en contiennent beaucoup d'autres. Par ces
actes notariés, nous apprenons que 1 agent des de Beau-
harnois était Jean Dumas.
(3) Michel Chartier de Lotbinière, seigneur de Villeohauve,
fut anobli en 1784 par le roi Louis XV; U est le seul Canadien
qui ait été fait marquis. Ce de Lotbinière, né en 1723, était
fils cadet de Eustache Chartier de Lotbinière qui, devenu veuf
se fit prêtre et fut archidiacre.
(4) Tandis que les concessions des de Beauharnois étaient
surtout sur le bord du fleuve Saint-Laurent et de la rivière
Chateauguay, les concessions de Lotbinière sont surtout sur
la rivière Saint-Louis (alors appelée Catharacoui).
(5) De Lotbinière avait cédé au sieur Michel AUain Chartier,
sieur d'Allainville (son fils), une lisière de 24 arpents de front
sur toute la profondeur.
La Seigneurie de Beauharnois
IX
LES SEIGNEURS DE LOTBINIÈRE
(1) Autographe de M. Chartier de Lotbinière (publié avec la bienveUlanfe autorieation de M. Parker, chef de la Chambre des
ManuBcrits aux Archives nationales.) — (2) Blason de la famille de Lotbiniêre.— (3) Portrait de M.-G.-E. Chartier de Lotbiniftre.
— (4)Carte de la seipieurie de Beaiihamois (1793) bous les de LUbinitre (gracieusement fournie par M. Holmden, chef de la
division des Cartes aux Archives nationales.)
^
La Seigneurie de Beauharnois
XI
d'Allainville. L'acte de vente stipulait
que l'acquéreur donnerait des titres de
propriété aux colons déjà établis.
Le nouveau seigneur parut vouloir s'oc-
cuper sérieusement du développement de
son domaine. Un agent, Francis Winter,
fut établi, et l'arpenteur William Waller fit
un plan général de la seigneurie et la divisa
en lots.
Chaque section principale reçut le nom
d'un membre de la famille Ellice; toute la
seigneurie s'appela Annfield,'-^^ et la partie
qui va de la rivière Saint-Louis à la ligne
seigneuriale de Chajteauguay s'appela Anns-
town, du nom (Ann) de Madame Ellice.
Du nom des enfants on dénomma les
autres parties: Marystown désigna le ter-
ritoire de la rivière Saint-Louis à Saint-
Timothée, et en profondeur, entre le Saint-
Laurent et la rivière Saint- Louis. Helens-
town comprit Saint-Timothée actuel et
deux longueurs de terre dans Saint-Louis-
de-Gonzague. Catherinestown comprit Val-
leyfield actuel, Sainte-Cécile, la Grande
Isle, une partie de Saint-Stanislas et de
Saint-Louis. Ormstown comprit le village
et une partie d' Ormstown et une partie de
Saint - Stanislas. North Georgetown com-
prit le terrain entre la ligne d' Ormstown
et le rang du Quarante et va de la rivière
Saint-Louis à la rivière Chateauguay.
Jamestotrn comprit une partie d'Ormstown
et de Saint-Antoine Abbé, sur les confins
d'Huntingdon. South Georgetown comprit
à peu près Howick actuel. Williamstown
comprit le reste de Howick et partie de
Saint-Antoine et de Saint-Urbain. Russel-
town et Edwardstown se partagèrent Saint-
Antoine, Sâint-Jean-Chrysostôme et Sainte-
Clotilde.
Alexandre Ellice mourut en 1804; il
avait fait diviser la seigneurie, avait établi
un moulin à farine à Beauharnois, mais
peu de défrichement et de colonisation
avaient été faits.
(b) GEORGES
A la mort d'Alexandre Ellice, il semble
que son fils aîné, Georges, hérita de la
seigneurie; mais le riche héritier s'embar-
qua un jour pour l'Amérique du Sud et n'en
revint pas. Et ce fut alors une période
d'inaction presque complète dans la sei-
gneurie.
(c) ROBERT
Vers 1817, Robert EUice apparaît comme
héritier, et les travaux de défrichement
recommencent.
(d) EDOUARD
Presque en même temps, entre 1817 et
1820, Edouard Ellice, autre fils d'Alexandre
Ellice,'^' est à la tête des intérêts seigneu-
riaux de sa famille; par achat ou par héri-
tage, tout le domaine seigneurial de Ville-
chauve ou Beauharnois lui écheoit et c'est
(1) C'est à cette époque que la seigneurie cessa de s'appeler
Villechauve: dans un acte de concession de terre à Joseph
LegroB, le 2 février 1798, il est question de seigneurie "Ann-
field, cydevanl Villechauve."
(2) Cet Edouard Ellice a été un personnage considérable
du commerce et de la politique. Outre la seigneurie de Beau-
harnois, il avait de gros intérêts dans la Compagnie de la
Baie d'Hudson. Il fut député au Parlement anglais, secré-
taire du trésor, et secrétaire de la guerre; sur la politique colo-
niale du Canada, il fut ardent promoteur de l'Union des Pro-
vinces; il ne fut pas l'ami des Canadiens-français (Garneau
Vol. III — quatrième édition— p. 229, etc.) Comme seiAeur, il
travailla fortement à l'abolition de la tenure seigneuriale, qui
ne payait pas suffisamment.
XII
La Seigneurie de Beauharnois
alors que véritablement commence la pros- Edouard séjourna à Beauharnois, au manoir
périté de ce qui est aujourd'hui le comté
de Beauharnois; le moulin est réparé, les
terres sont concédées en grand nombre;'"
des immigrants sont envoyés d'Ecosse et
s'établissent à l'intérieur des terres, à
Saint-Louis, Ormstown, Howick; des ma-
gasins et des moulins sont établis; les
chemins s'ouvrent en tout sens.
Quand il prit pos-
session de la sei-
gneurie, vers 1817,
le quart à peu près
du grand nombre de
terres concédées
étaient défrichées et
habitées,'^' dont ICO
dans Russelltown, 17
dans South George-
town, 110 dans Wil-
liamstown, 95 dans
Annstown, 43 dans
North Georgetown
47 dans Ormstown,
57 dans Marystown,
61 dans Helenstown,
20 dans Catherin es-
town."' En 1827,
20,000 acres de ter-
res avaient été con-
cédées à 228 person-
nes; l'année suivan-
te, une société d'agri-
culture était fondée,
et ainsi, lentement, progressa la seigneurie.
En 1832, le seigneur Edouard EUice visita
ses domaines du Canada; en 1838, son fils
(1) Au recensement de 1822, Saint-Clément a une popu-
lation de 1,069, Sainte-Martine 1,3)6, Saint-Timothée, 688.
(2) Ces chiffres sont donnés par l'arpenteur Bouchette dans
sa Description lopographigue du Bas-Canada, et constituent
le renseignement le plus précis possible sur l'état réel de la
seigneurie en 1815.
(3) Le nombre relativement petit des terres défrichées
s'explique par ce fait qu'on refusait aux habitants les "titres"
des terres, d'où insécurité de possession.
seigneurial construit vers 1810, et fut fait
prisonnier lors des troubles du 4 novembre.
4° Scott et London Land Co.
Après la rébellion de 1838, Edouard El-
lice, jr., retourna en Angleterre, et sug-
géra de se débarrasser de la seigneurie,
ce qui fut fait en 1839. Un banquier
londonnien,M. Scott ,
acheta la seigneurie;
ne pouvant, à cause
de grandes pertes
pécuniaires, conser-
ver seul le domaine,
il organisa une com-
pagnie, la London
Land Co., à qui il
vendit la seigneurie
pour la somme de
$750,000, dont $156,-
000 devaient être
payées au seigneur
Ellice.
5° Ellice
En 1851, la sei-
gneurie dut être ré-
trocédée aux Ellice, à
cause de la mauvaise
administration de
l'agent Colville; les
Ellice gardèrent leur
domaine jusqu'en
1866. C'est durant
cette période, en 1854, que la tenure
seigneuriale fut abolie au Canada;'*' par
©rdre du Parlement, un cadastre fut pré-
paré de toutes les seigneuries; pour la sei-
gneurie de Beauharnois, le commissaire
fut Henry Judah, dont le rapport est
LE TRÈS HONORABLE EDOUARD ELLICE
Seigneur de Beauharnois
(4) Sous la domination française, il y avait dans Québec:
1° le domaine royal; 2° Les seigneuries el les fiefs, concédés à
des personnes de distinction; les seigneuries étaient subdi-
La Seigneurie de Beauhàrnois
XIII
l ■' 1
La Seigneurie de Beauharnois
XV
daté du 1er décembre 1860. D'après ce
rapport, la seigneurie avait 3,354 lots ou
concessions; la valeur totale en était esti-
mée à $402,834.00, et la compensation due
par le gouvernement à $78,890.83.
6° The Montréal Investment Association"'
Le 18 décembre 1866, devant le notaire
J.-O. Bureau, Edouard EUice, Jr., vendait
la seigneurie de Beauharnois à la Montréal
Investment Association pour la somme de
$276,000, plus $1,666.67 pour le fief Pri-
meau.*^*
7° The Montréal Investment Trust'''
Enfin, le 24 septembre 1880, la Montréal
Investment Trust succédait légalement à la
Montréal Investment Association, et acquérait
la seigneurie de Beauharnois au prix de
$240,000. C'est à cette compagnie, re-
présentée à Beauharnois par son agent, M.
le notaire J. Claver Trudeau, que sont
actuellement payés les droits seigneu-
riaux.
Les agents seigneuriaux ont été: Francis
Winter, de 1795 à 1808; Thomas McCord,
de 1808 à 1810; John Milne, de 1810 à 1821;
Lawrence George Brown, de 1821 à 1851;
James Keith, K. Nicholson, Browning,
É.-H. Bisson, J.-C. Trudeau, depuis 1851.
Primitivement, vers 1810, le château
seigneurial fut à l'embouchure de la rivière
visées en concessions séparées par des roules ou montées; de
chaque côté des montées, le terrain était partagé en lots
lonps et étroits, p.e. 3 x 30, 3 x 20, 3 x 40, etc. Chaque lot
était numéroté. Ces lots étaient concédés au censitaire
moyennant une redevance annuelle. Sous la domination
anglaise, le même mode continua, avec addition de township,
concédés pour prix de vente seulement, sans rente annuelle.
Des difficultés continuelles ayant existé entre seigneurs et
censitaires, le système seigneurial fut aboli en 1854. H fut
décidé ceci : le régime seigneurial serait aboli, mais des rentes
seigneuriales seraient payées en compensation des anciens
droits et rentes qui allaient disparaître. Les censitaires, depuis
1854, peuvent, ou bien continuer à payer la rente, pendant 99
ans à partir de 1854, et les seigneurs ne peuvent exiger autre
chose; ou bien se racheter, c'est-à-dire, payer le capital re-
présenté par la rente qu'ils paient à raison de 6 pour oent
Saint-Louis, à l'endroit aujourd'hui occupé
par la résidence privée de l'agent seigneu-
rial, M. le notaire J.-C. Trudeau.
Plus tard, en 1852, le "manoir" seigneu-
rial actuel, aujourd'hui manoir Robert,
fut la résidence des agents seigneuriaux,
et le bureau d'affaires était à l'endroit du
bureau d'enregistrement.
Les seigneurs— quand ils venaient à
Beauharnois — et leurs agents, menaient un
grand train de vie; des visiteurs de marque
séjournèrent au Château seigneurial, entre
autres, le général Williams, commandant
des troupes anglaises au Canada et admi-
nistrateur du Canada vers 1855.
Les chemins de la seigneurie semblent
avoir été ouverts assez tard; d'après une
carte publiée par Jobin en 1802, il n'y a
d'ouverts que les chemins du bord du fleuve,
de la rivière Saint-Louis et de la Beauce; en
1818, le rang Sainte-Marie est ouvert, c'est-
à-dire, un chemin allant du fleuve à la ri-
vière Saint-Louis; en 1827, les rangs Saint-
Georges et Saint-Laurent existent aussi;
les autres existèrent quelques années plus
tard.
C'est dans cette seigneurie de Beau-
harnois que furent taillées les paroisses de
Beauharnois, Saint-Timothée, Sainte-Mar-
tine, Valleyfield, Saint-Louis-de-Gonzague,
Saint-É tienne. Saint -Stanislas, Ormstown,
par an, et alors, les seigneurs sont tenus d'accepter et de
donner quittance finale. En 1953 les seigneurs pourront forcer
les censitaires à payer le capital. A Beauharnois, le taux du
cens est de 103^ centins de l'arpent, à l'exception d'une partie
de Saint-Clément et de Saint-Timothée où les rentes sont
moins élevées, parce que les terrains furent les premiers con-
cédés.
(1) Une copie du contrat de vente du 18 décembre 1866
nous a été gracieusement fournie par M. E.-Z. Massicotte,
archiviste au Palais de Justice de Montréal.
(2) L'arrière-fief Primeau avait des droits de $100 annuelle-
ment envers les seigneurs de Beauharnois.
(3) L'agent seigneurial, M. le notaire J.-C. Trudeau, nous
a gracieusement fourni une copie du dernier contrat de vente
de la seigneurie.
XVI
La Seigneurie de Beauharnois
Howick, Saint-Urbain, Saint-Jean-Chrysos- n'entendait que les coups de hache ou le
tome, Sainte-Clothilde, Saint- Antoine- bruit des arbres s'abattant avec fracas; le
Abbé. soir venu, on riait, on chantait, on dansait
Avant de raconter comment fut fondée même au son du violon, ou bien on allumait
et se développa celle dont nous commençons des feux sur quelque éminence pour donner
l'histoire — Saint-Clément^rendons justice des nouvelles du jour aux parents et amis
à la mémoire des hardis pionniers qui, les
premiers, s'établirent dans ce qui est au-
jourd'hui Beauharnois.
D'où venaient-ils
et quelle était leur
vie ? Un illustre en-
fant de Beauharnois,
l'avocat A.-N. Mont-
petit, le rappelait,
en 1885, dans une
conférence que pu-
blia la Presse du 30
octobre 1885:
"Vers 1780, disait
le conférencier, les
établissements sur la
côte nord s'arrêtaient
aux Cèdres et sur la
côte sud à Chateau-
guay. 11 y avait des
églises à ces deux en-
droits; le Canadien-
français suit les égli-
ses qui sont les vrais
jalons de la civilisa-
tion; mais sous le
couvert de la forêt
primitive, des jeunes
gens de l'Ile Perrot avaient découvert un sol
plantureux, auquel il rêvaient comme d'une
autre terre promise. Un bon jour, un groupe
d'entre eux se décida d'y aller tenter un
établissement, et à peu d'années de là
on voyait les rives du lac Saint-Louis
bordées de nombreuses cabanes, qu'égayaient
de jeunes couples entourés de vigoureux
A. N. MONTPETIT
Avocat, littérateur
de l'Ile Perrot. On n'avait que ce seul
moyen de télégraphie.
"Pendant que l'homme jouait de la
cognée, la femme sar-
clait, ramassait les
branches, faisait des
tas et y mettait le
feu à la grande joie
des enfants ébahis.
Le temps de la ré-
colte venu, elle ma-
niait la faucille à
côté de son mari,
après avoir déposé
son nourrisson sur
une javelle dorée, au
milieu des souches
noircies à demi-brû-
lées, à portée de sa
voix, avec un ra-
meau d'érable pour
tout parasol, un vrai
berceau canadien.
"Bientôt de nou-
veaux colons affluè-
rent de toutes parts.
Il en vint des Cè-
dres, de la Pointe -
Claire, de Vaudreuil, de Québec. Le pre-
mier Bergevin, dit Langevin, qui s'établit
à mi-chemin entre le Buisson et la chute aux
Bouleaux, dans Saint-Timothée, était monté
en bateau avec sa famille, de la côte Beau-
pré au-dessous de Québec. Des Acadiens se
groupèrent sur les bords du lac Saint-Louis,
où ils ont laissé de nombreux rejetons, ainsi
petits enfants. Tout le long du jour on que sur les bords du lac Saint-François.
La Seigneurie de Beauharnois
XVII
GROUPE DE PIONNIERS
(1) Joseph Hainault. — (2) Antoine Saintonge et son épouse. — (3) Etienne Crête, un des premiers colons de Saint-Georges.-
(4) Louis Thibault et son épouse Joséphine Prégent.
Yv'
La Seigneurie de Beauharnois
XIX
"Les colons de Beauharnois allaient faire
leurs dévotions à Chateauguay, distance de
trois à quatre lieues qu'il leur fallait par-
courir à pied ou à cheval. On conduisait
ainsi les enfants au baptême et Dieu les
bénissait tous.
"Dans ces humbles cabanes de pièces
sur pièces bâties en queue d'aronde, à
même les arbres de la forêt dont elles pre-
naient la place, il y avait plus de bonheur,
plus d'espérances légitimes que bien des
maisons bourgeoises n'en contiennent ou
n'en contiendront jamais. On avait de la
jeunesse, de l'amour, de la vigueur, de la
santé; cela suffisait pour faire face aux
privations et aux plus durs labeurs. Plus
on avait travaillé le jour, mieux on dormait
la nuit. Souvent on s'endormait à genoux
les coudes sur l'escabeau ou la bûche ser-
vant de siège, au milieu d'un chapelet in-
terrompu qu'on laissait au bon ange le soin
d'achever; il n'en était que mieux dit et
plus méritoire. Le bon ange recueillait les
sueurs sur le front du bon travailleur pour
les répandre comme de l'eau bénite sur la
terre.
"Le ciel bénissait ces braves cœurs qui
se fiaient à leur travail pour gagner leur
vie, à leur énergie pour acquérir le bien-
être, à leur conscience pour être de nobles
citoyens. Il les bénissait par des récoltes
d'une abondance prodigieuse.
"On mourait comme on avait vécu, dans
les bras des parents et le regard du ciel.
Chacun portait ses titres de noblesse dans
ses bras, dans son intelligence et dans son
cœur. ...
"C'est ainsi que les familles du bord de
l'eau se dédoublèrent sur les rangs du Car-
can et de Sainte-Martine, pour aller peupler
bientôt d'autres terres des profondeurs
destinées à former plus tard de florissantes
paroisses sous les noms de Saint-Louis-de-
Gonzague, de Saint-Etienne, de Saint-
Stanislas, de Sainte-Cécile et des deux
villes, Beauharnois et Salaberry de Valley-
field."<'>
(1) L'auteur des pai?es que nous venons de citer, A.-N.
Montpetit, était fils d'Etienne Montpetit, cultivateur, dont le
nom apparaît souvent dans les requêtes relatives à l'organisa-
tion de la paroisse Saint-Clément. A.-N. Montpetit naquit à
Beauharnois, le 4 juillet 1840; il fit ses études classiques au
collège de Saint-Hyacinthe, à la même époque que Sir Alexan-
dre Lacoste, Sir J.-A. Chapleau, Sir François Langelier et
Mgr Gravel, premier évêque de Nicolet. Il devint avocat,
mais pratiqua peu m profession ; il lui préféra le joumaligme
où il excellait. Il collabora au Journal de l'Instruction Pu-
blique, à VOpinion Publique et à plusieurs autres journaux et
revues. Il a publié plusieurs volumes, entre autres, une série
de livres de lecture pour les écoles primaires, et les Poissons
d'eau douce. Il a laissé plusieurs ouvrages inédits. Il a pris
Î)art à plusieurs polémiques retentissantes. Les écrits de ce
ittérateur et penseur sont trop peu connus; un choix de ses
meilleures pages ferait un volume remarquable
Saint-Clément de Beauharnois
L'AUTEUR^^^ d'un "Précis historique (inédit) sur la
Seigneurie et la Paroisse de Beauharnois et quelques
paroisses qui y ont été formées," commence ainsi l' histo-
ricité de la paroisse et de la ville de Beauharnois: "En parlant
du début et du développement de ce territoire qui porte aujourd'hui
les noms de Saint-Clément de Beauharnois et de ville de Beau-
harnois, il conviendrait de ne pas séparer l'histoire religieuse et
l'histoire politique et civile, car l'Eglise et l'Etat se sont toujours
donné la main pour travailler au progrès de cette paroisse. Il
serait même difficile de séparer les intérêts de l'une et de l'autre.
Cependant, pour plus de clarté, j'ai cru devoir ranger sous
deux titres séparés, les événements religieux et les faits politiques
et civils."
Le même désir de clarté nous pousse à adopter la même
division. Nous ajouterons le récit des fêtes du Centenaire, les 14
et 16 juin 1920. Dans ce travail, il sera donc question de
1^ — L'Histoire religieuse de Beauharnois.
2° — L'Histoire civile et politique de Beauharnois.
S° — Le Centenaire de Beauharnois.
(1) Feu Monsieur l'Abbé C.-A. Santoire.
V
Hlël-OIRE RELIGIEUSE DE BeAUHARNOIS
PREMIÈRE PARTIE.
Histoire Religieuse de Beauharnois
1 'HISTOIRE religieuse de Beauhar- curé résidant; c'est la période de /ondaiion.
J nois comprend deux périodes. La La seconde est celle des événements qui,
première est celle des négociations qui, depuis la fondation, se sont succédé pour
commencées en 1794, aboutissent, en 1819, la paroisse: c'est l'évolution de Saint-
à l'établissement d'une desserte avec im Clément.
Fondation de la Paroisse
CHAPITRE PREMIER.
Fondation de la Paroisse Saint-Clément
A période de fondation s'étend
des tout commencements à
la nomination du premier
prêtre résidant, c'est-à-dire,
jusqu'au 3 octobre 1819.
Avant 1819, les fidèles de
Beauharnois, ou Villechauve, ou Anns-
town, dépendirent de la paroisse voisine,
Saint-Joachim de Chateauguay, fondée en
1736.
C'est, en effet, à l'égUse paroissiale de
Chateauguay qu'ils se rendaient pour les
offices religieux; c'est au curé de Chateau-
guay qu'ils payaient dîme. Le curé de
Saint-Joseph des Cèdres reçut, il est vrai,
à plusieurs reprises, des évêques de Québec,
commission "de célébrer la messe et d'admi-
Uistrer les sacrements à Beauharnois" ; mais,
à la même époque, les évêques de Québec
écrivent au curé de Chateauguay, comme
au pasteur des censitaires de Beauharnois;
les habitants de Beauharnois, dans leurs
requêtes, se donnent toujours comme pa-
roissiens de Chateauguay; enfin, c'est de
Chateauguay qu'en 1819, l'évêque de Qué-
bec détache Saint-Clément. Les commis-
sions données au curé des Cèdres furent donc
exceptionnelles et temporaires; jusqu'en
1819, c'est de Chateauguay qu'a canonique-
ment dépeindu Saint-Clément.
Cependant, les fidèles de Beauharnois
désirèrent d'assez bonne heure leur auto-
nomie reUgieuse. Dès 1793 ou 1794, ils en
exprimèrent le désir à l'évêque de Québec;
plus de vingt-cinq ans devaient s'écouler
avant que ce désir fût complètement réalisé
par la nomination d'un prêtre résidant.
Ces vingt-cinq années d'attente furent
une période d'activé correspondance entre
les habitants de Beauharnois et l'évêché
de Québec. Les gens de Beauharnois
alléguaient les raisons ordinaires de dé-
membrement de paroisse: éloignement
de l'église paroissiale, impraticabilité des
chemins, difficultés de jouir du ministère
pastoral; au besoin, ils en ajoutaient d'autres
plus extraordinaires, comme le danger des
morts subites, etc. De leur côté, les évêques
de Québec alléguaient le petit nombre de
prêtres; au reste, ils tâchaient de satisfaire
les gens de Beauharnois en demandant au
curé de Chateauguay ou à celui des Cèdres
d'aller quelquefois à Beauharnois faire les
offices religieux.
*
La première requête connue est celle de
1793 ou 1794: "Les habitants et tenanciers
"de la Seigneurie de Villechauve (vulgaire-
ment dénommée Beauharnois) représentent
à Sa Grandeur (l'évêque de Québec) par
6
Histoire religieuse de Beauharnois
Paul Hébert, Louis Julien, Charles Laberge
et Pierre RoUin dit Malonnois, leurs cote-
nanciers et avoués; qu'étant par le présent
attachés à la paroisse Chateauguay et des-
servis par Monsieur Bruyer,^'' curé de la
dite paroisse, éloignée de près de deux lieues
et trois quarts, par le plus court chemin et
presqu'impratiquable jusqu'à la rivière de
Saint-Louis; que cet éloignement considé-
rable même pour les plus près de Chateau-
guay, les met dans la dure nécessité de
manquer le plus souvent les offices divins
par la difficulté des chemins, les expose dans
les maladies de voir arriver assez souvent
leur curé trop tard pour pouvoir adminis-
trer à temps les secours spirituels aux
malades, et fait courir les plus grands
risques aux enfants nouveau-nés de périr
avant d'avoir reçu- le saint baptême.
"Ce considéré, Monseigneur, il plaise à
Votre Grandeur de permettre aux tenan-
ciers de ladite Seigneurie de construire
d'avance sur ledit domaine de la rivière
Saint-Louis (à la place qu'y fixera le Sei-
gneur pour la plus grande commodité de
tous) un presbytère à peu près pareil à
celui de Vaudreuil, dont les hauts seraient
réservés pour servir de chapelle, en atten-
dant qu'ils se vissent en état de construire
une église auprès; de permettre et même re-
commander à mon dit Sieur Bruyer, présent
curé de Chateauguay, d'y venir célébrer les
saints offices et de la desservir alternative-
ment lorsqu'elle sera construite, et ce pour la
sûreté et la plus grande commodité de ses
paroissiens dans ladite Seigneurie de Ville-
chauve."
Nous avons là le thème que ne cesseront
de reprendre les fidèles de Beauharnois,
tant qu'ils n'auront pas atteint leur but.
(1) Le vrai nom de ce curé, d'après les archives, est
Bruguier.
(2) Première statistique connue ?ur la population de
Beauhamoia.
De nouveau, en 1798, — le 19 mars —
Charles Laberge et Antoine Boyer "re-
montrent très humblement à Sa Grandeur
qu'ils sont nommés et autorisés par les
habitants de la Seigneurie de Beauharnois,
au nombre de cent cinquante-quatre établis
et bâtis, ^^^ à exposer à Sa Grandeur que la
distance où ils sont de l'égUse de Chateau-
guay fait qu'il est impossible à eux d'assis-
ter aux offices des dimanches et fêtes la
plus grande partie de l'année, et particulière-
ment dans les mauvaises saisons, et d'en-
voyer leurs enfants aux instructions et
catéchismes." Au surplus, les suppliants
ajoutaient qu'ils se croyaient être en état de
faire subsister un curé. D'où ils deman-
daient qu'un délégué, à défaut de l'évêque
lui-même, vînt fixer et marquer l'endroit
le plus convenable pour la bâtisse d'une
église, presbytère et dépendances.'"
Deux ans plus tard, le 27 juillet 1800, en
la salle presbytérale de Chateauguay, se
tient une assemblée de paroisse. Monsieur
le curé Bruguier la préside, le diacre J.-J.
Lartigue'*^ en est le secrétaire; Monsieur le
curé lit et explique les ordonnances rela-
tives à un démembrement de paroisse; les
paroissiens se soumettent à toutes les
prescriptions, et le notaire P.-H. Turgeon
rédige en leur nom, à l'adresse de l'évêque de
Québec, une humble requête rappelant que
la distance trop grande de leurs foyers à
l'église paroissiale Saint-Joachim constitue
"des obstacles insurmontables à l'exercice
de leurs devoirs comme chrétiens;" en
outre, "depuis que les morts subites sont
si fréquentes, ils sont exposés à expirer
sans avoir le temps de se procurer les se-
cours spirituels; heureusement que l'exem-
(3) Cette requête est signée à Montréal, devant le notaire
L. ChaboiUez.
(4) M. J.-J. Lartigue sera plus tard vicaire-général, à
Montréal, de l'évêque de Québec, puis premier évêque de
Montréal.
Fondation de la Paroisse
ÉvÊouEs OUI ont eu juridiction sur beauharnois
,ox »i^ ^ '''^' ^^'"'"■'^' P'"^""®"' ^^*<l"e de Valleyfield, 1892.— (2) Mgr Hubert, évêque de Québec, 1788-1797.—
(3) Mgr Denaut, 1 797-1 80r,.-(4) Mgr Plessis, 1806-182.5.-(5) Mgr Panet, 182.5-1833.-(6) Mgr Signay, 1833-1850.-(7)
Mgr J. Lart.gue, évéque de .Montréal, 1836-1840.— (8) .Mgr I. Bourget, 1840-1870.— (9) Mgr E.-C. Fabre, 1876-1897.
Jill
Fondation de la Paroisse
9
pie des accidents fâcheux qui peuvent résul-
ter de l'éloignement ne s'est pas jusqu'à
présent fait ressentir," ajoutent prudem-
ment les suppliants; néanmoins, ils ne vou-
draient pas éprouver une manifestation
aussi funeste pour y obvier. Dans ce but,
ils demandent "à bâtir une église, en espé-
rant un prêtre."^"
Cette démarche eut, en partie, son effet;
le 27 septembre, Mgr Denaut donnait, de
Longueuil, commission à Monsieur Deguire,
curé de Vaudreuil, "de se transporter sur la
Seigneurie de Beauharnois pour juger sur
les lieux de la nécessité de la bâtisse de-
mandée, pour en désigner la place et pour
marquer les dimensions nécessaires à cet
édifice."
Monsieur Deguire vint-il à Beauharnois ?
Si oui, rédigea-t-il un rapport? Fut-il ou
non favorable à la requête des habitants
{l) Signataires (par marque): Joseph Deschamps, Chs
Bourdon, Louis Juhen, jr., Jacques Bougie, Joseph Pitre, J.-
Bte Langevin, Aug. IVfathieu, Franc. Hurteau, Ant. Daigneau,
Jean Pitre, Franc. Hébert, M. Deschamps, Ls Barthélémy,
Jacques Tessier, Joachim Lefebvre, Pre Pitre, Chs Lebœuf,
Fr. Leduc, Franc. Roux, Jacques Bourbonnet, Ls Leduc,
Franc. Lardon, Jos. Chatigny, J. B. St. Michel, Antoine Boyer,
Jos. Hénaut, Frs Grenier, Hyacinthe Lefebvre^ J.-B. Lebœuf,
Jacques Tessier, J.-B. Lebœuf, Ls. Julien, J.-M. Gendron,
Signé Alexis Simpson, Frs Tessier, Chs Branchaud, Ls Gen-
dron, Franc. Branchaud, Jos. Tessier, Constant Denau, Chs.
Laberge, Mich. Roy, Eustache Péladeau, Ant. Leduc, Jos.
Tessier, Jos. Poitra, Fr. Lépine, Basile Roi, Jos. Lebœuf, Jac-
ques Lebœuf, Franc. Lépine, Jos. Concourt, Paul Hébert, Jos.
Goncourt, Chs. D'Os, Pré. Auge, Pr. Cotrez, Amable Mayoux,
Bruguier, Ptre.
(2) Wm. Maclean, Michel Deschamps, Joseph Poirier,
Charles Chatigny, Thomas Gendron, François Leduc, Louis
Hébert, Bazil Mathieu, Antoine Leduc, François Tessier,
Laurent Leduc, Adrien Hébert, André Hébert, Paul Gendron,
Bazile Roy, Hyacinthe Primault, Joseph Lebœuf, Louis Tes-
sier, Antoine Daigneau, Joseph Hénault, Hyacinthe Le-
febvre, Joachim Primault, Etienne Hénault, Firmin Bou-
dreau, Paul Hébert, Jean-Bte Gendron, Charles Laberge,
Ignace Tessier, Michel Roi, Jacques Tessier, l'Amant Hébert,
Ignace Hébert, Jacques Bougis, Joseph Secour, Pierre Daigrai,
Charles Bourdon, Jean Langevin, Charles D'Aut, François
Branchau, Jean-Bte Faubert, Hyacinthe Monpetit, Jean-Bte
Branchaud, Joseph Pitre, Pierre Monpetit, Paul Maroi, Fran-
çois Roux, Basil Roi père, Alexandre Simpson, Frs Faubert,
Antoine Boyer, Pierre Lalonde, Pierre Lefêvre, Jean Bte
Pitre, Amable Broissoit, Albert Mercier, Pierre Contant,
Amable Migneron, Michel Bourdignon, Joseph Darpentigny,
François Gaigner, Pierre Leduc, Michel Jourdain, Guillaume
Leduc, J.-Bte Lebœuf, Pierre Bergevin, Joseph Lefêvre,
JoachJXD Lefêvre, Charles Laroche, Basil Lebœuf, Augustin
de Beauharnois? Nous l'ignorons, les
archives sont muettes sur ce sujet.
En tout cas, rien ne se fit. Et quatre ans
plus tard, les fidèles de Beauharnois en
sont encore à recommencer leurs instances
auprès de l'évêque de Québec.
En 1804, le 15 février,^^ puis en 1808, le
11 juillet, ils supplient l'évêque de Québec
"d'être séparés de l'église Saint-Joachim
dont ils sont trop éloignés: ils ne peuvent
se rendre en quelque saison, ni à l'église
de l'isle Perrault ni à celle des Cèdres, d'où
ils ne peuvent s'acquitter de leurs devoirs
de chrétiens, ni procurer à leurs enfants
l'éducation nécessaire; pour ces raisons, ils
demandent la permission de construire un
presbytère-chapelle, et d'y être desservis de la
manière que Sa Grandeur jugera à propos."''^
Ces deux requêtes, rédigées par le no-
taire Louis Demers, furent positivement
Leduc, Charles Sauvée, Louis Augée, Louis Julien, Louis Le-
duc, François Hénault, Jacques Gendron, Joseph Héneault,
Jacques Bougis, Jacques Bourbonais, Ve J.-Bte Tessier, Jean
Bergevin, fils, Louis Bougis, Charles Lebœuf, Bazil Lieduc,
Augustin D'Aut, Louis Trudelle, François Lebœuf, Pierre Au-
ge, Charles Leduc, J.-Bte Gendron, Tous. Lassiseroit, Pierre
Lemay, Charles Branchaud, Ls Julien, fils, Jean Mathieu,
Pierre Bougis, Chs Lebœuf, fils.
(3) Signataires Pierre Monpetit, Ignace Tessier, Hya-
cinthe Monpetit, Paul Hébert, Adrien Hébert, Joseph Robi-
dou, Antoine Daigneau, Bazil Roy, fils, Pierre Leduc, Jacques
Bougie, père, Hyacinthe Lefêvre, Charles Bourdon, Pierre
Lefêvre, Joseph Pitre, Frs Lebœuf, Michel Roy, fils, Pierre
Parrée, J.-Bte Gendron, Jacques Lebœul, Pierre Hénault,
Frs. Hénault, Joseph Poirier, Paul Roy, Michel Bourdignon,
Louis Gendron, la Veuve Antoine Boyé, J.-Bte Lebœuf,
Venance Lefêvre, Chs Chatigny, Joseph Hénault, fils,
Antoine Houle, Etienne Hénault, Joseph Lebœuf, Charles
Lebœuf, Joseph Roy, Charles Leduc, Louis Tessier, Joseph
Secours, Paul Marois, Pierre Augée, J.-Bte St. Michel,
Amable Migneron, Pierre Daigray, Louis Julien, J.-Bte
Branchaud, François Doray, Chs Laberge, père, Louis
Doray, Bazil Roy, père, Joseph Boyé, Charles Cousigny,
Joachim Lefêvre, Ignace Tessier, Louis Trudelle, Antoine
Leduc, Pierre Bergevin, Louis Hébert, Joseph Doray, Pierre
Lemay, Guillaume Leduc, Joseph Baillard, Ant. Daigneau,
fils, Bazil Galipeau, Pierre Leduc, fils, Etienne Monpetit,
Etienne Lebœuf, Pierre Gendron, Etienne Faubert, Pierre
Leduc, Joachim Faubert, Antoine Leduc, Adrien Hébert,
fils, Joseph Chatigny, J.-Bte Marois, Pierre Poirier, Paul
Gendron, Frs Branchaud, Ignace Hébert, Joseph Daigneau,
J.-Bte Marois, père, Chs Lebœuf, père, J.-Bte Ruhange,
Jacques Bougy, fils, Michel Descbamps, Charles Allard,
J.-Bte Rufiance, dit La violette, François Gendron, Joseph
Hénault père.
10
Histoire religieuse de Beauharnois
approuvées par le curé des pétitionnaires;
elles portent, en suscription, l'expression
de son désir que la demande des suppliants
soit exaucée. Cependant, plusieurs années
devaient encore s'écouler avant que cette
demande fût totalement exaucée.
Entre temps, le curé des Cèdres venait
à Beauharnois, et y célébrait la messe dans
des maisons privées ; les documents con-
tiennent, à cette fin, une autorisation si-
gnée par Mgr Plessis, le 6 mars 1815;
mais c'est une permission toute temporaire.
Plus durable était celle que, vers le même
temps, donnait l'évêque aux curés de Cha-
teauguay et des Cèdres, "de célébrer la
messe et d'administrer les Sacrements à
Beauharnois, lorsqu'il y aura des édifices
convenables," ce qui n'arriva qu'en 1818.
En 1817, les habitants de Beauharnois re-
commencent à assiéger l'évêque de leurs re-
quêtes, et cette fois avec succès.
Le 4 juin, ils se plaignent, une fois de
plus, qu'ils souffrent très misérablement
dans le lieu qu'ils habitent, faute d'église;
ceux qui sont au-dessus du Buisson, des-
servis de l'église des Cèdres, ne peuvent
guère s'y rendre, à cause des traverses dures
et difficiles du fleuve Saint-Laurent. Ceux
qui sont en bas du Buisson et dans les con-
cessions adjacentes sont trop loin de l'église
de Chateauguay qui les dessert; d'où,
difficulté d'envoyer les enfants pour s'ins-
truire de leurs devoirs de chrétiens, diffi-
culté de faire son salut, difficulté pour les
malades de recevoir les secours de la reli-
gion. Conclusion: l'étabhssement d'une
égUse est indispensable. Et les pétition-
naires supplient l'évêque "de vouloir bien
se transporter sur les lieux ou son sub-
délégué, pour y fixer la situation et les
dimensions de ladite église."
Cette fois, la cause était en bonne voie.
Le 19 novembre, Mgr Plessis permet aux
pétitionnaires'^* "de construire sur la rivière
Saint-Louis, entre Annstown et Marystown,
en tel Ueu qui sera désigné par M. Bourget,
prêtre, curé de Chateauguay, sur une étendue
de six arpents de terre à donner par le Sei-
gneur du lieu, une chapelle de mission, sous
l'invocation de saint Clément pape et mar-
tyr; elle pourra réunir tous les habitants de
la devanture de la Seigneurie d'Annfield
depuis la Pointe du Buisson en descendant
jusqu'à la ligne seigneuriale de Chateauguay,
et tous ceux des habitants de la profondeur
qui seront plus près de cette chapelle que
de celle que nous avons permis d'ériger dans
un autre endroit de la Seigneurie, en un
lieu nommé La Pêche au Saumon (Sainte-
Martine) sur la rivière de Chateauguay."
(1) Les signataires étaient Etienne Hénault, J.-B. Gen-
dron, Frs Leduc, Adrien Hébert, Pierre Paré, Pierre Auge,
Pierre Bergevin, Frs Bergevin, Frs Dorais, Louis Julien,
Pierre Auge, Ant. Mathieu, Léon Bourdon, Tous. Lefebvre,
J.-B. Gendron, J.-B. St. Michel, Jos. Léeer, Amand Hébert,
Pierre Leduc, Pierre Lalonde, Jacques Goyette, Pierre Ber-
gevin, Joseph Ranger, Frs Poirier, Aug. Lafleur, Paul Hé-
bert, J.-M. Cuvillon, Chs Poirier, Guillaume Laberge, Et.
Monpetit, Aug. Poirier, Frs Bourbonnais, Pierre Leduc,
Frs Leduc, Basile Roy, J.-B. Montpetit, Ant. Boyer, Ignace
Tessier, Ant. Leduc, Frs Poirier, Paul Roy, Ant. ^Ûger,
Frs. Poirier, Paul Gendron, Jos. Daigneau, P. Poirier. Joseph
Leduc, Jos. Mathieu, Frs Poirier, Pierre Pitre, Jos. Gendron,
Aug. Maillou, Joseph Roy, Baz. Roy, fils, Joach. d'Arpen-
tigny, Paul Fournier, P. Montpetit, Frs d'Aoust, Chs
D'Aoust, Jos. Héneau, Frs Lebœuf, Frs Tessier, Jacques
Lebœuf, J.-B. Lebœuf, Paul Lefebvre, Hyac. Monpetit,
Jos. Secours, Louis Hébert, Nie. St. Onge, Amable Migneron,
Joseph Hébert, Frs Brancheau, Ant. Laplante, Chs Laberge,
Jos. Roy, Pierre Cotua, Ant. Cbarlçbois, Nie. Marchand,
Pierre Lemay, Louis Tessier, Ig. Hébert, Pierre Noël, Mi-
chel Deschamps, Joach. Gobert, Am. Bourdon, Michel Roy,
Jos. Rollin, J.-B. Léger, Louis Roy, G. Laberge, Jos. Marois,
Pierre Lemay, G. Lalonde, Michel Brossois, Chs Allard, P.
Desgrais, Pierre Peltier, Ignace Pitre, Venant Lefebvre,
Joseph Lebœuf, Louis Hébert, Louis Dorais, Louis Trudel,
Ant. Daigneau, Albert Mercier, Baâile St. .Jean, J.-B. Poirier,
Aug. Lefebvre, Hyacinthe Héneau, Michel Longuetin, Paul
Leboeuf, Hilaire Tellier, J.-B. Hébert, Geoffroy Hébert,
Béni. Poitras, Bazile Roy, Louis Bougie, J.-B. Gervais,
Michel Héneau, Jacques Bourbonnais, P. Leduc, Michel
Leduc, Pierre Boyer, Ad. Hébert, Michel Longuetin, Chs
Petitbierge, Ant. Leduc, Joseph Monpetit, Gabriel Ranger,
Albert Mercier, Chs Lebœuf, Lambert Péladeau, Ant.
Léger, Chs Bougie, Jos. Desgrais, Félix Grenier, Toussaint
Laberge, Frs Grenier, Etienne Léger, J.-B. Bonhomme,
Paul Léger, André Hébert, J.-B. Descôtes (sig.) Ls Sarault,
N.P.
Cl. Gauvreau, soud. sécr.
Fondation de la Paboisse
11
Le lendemain, il écrit à M. Milne, agent troisième depuis le Buisson en montant,
des Seigneurs Ellice, et demande discrète- D'autres, parmi lesquels M. Manseau, curé
ment la concession des lots nécessaires pour des Cèdres, et M. Milne, agent de la Sel-
la construction de la chapelle projetée.
Le même jour, 20 novembre, il écrit au curé
de Chateauguay, qu'il suppose anxieux d'être
réduit à la seule desserte de sa paroisse et
délivré de celle des habitants de la Sei-
gneurie de Beauharnois, que le moyen d'accé-
lérer cette délivrance
est d'encourager la
construction des cha-
pelles projetées dans
cette seigneurie.
L'évêque parle d'a-
bord de celle de La
Pêche au Saumon
puis de celle de Beau-
harnois: "Quant à
celle qui doit avoir
lieu sur le fleuve, je
vous charge d'en dé-
signer la place . ' ' Quel-
ques jours après, il
écrit encore au mê-
me: "Dans la fixa-
tion de la chapelle
sur le fleuve, dont
vous êtes, chargé il
ne faut tenir nul
compte des h a b i-
tants établis au-des-
sus du Buisson. Elle
n'est pas pour eux."
Ces hgnes révèlent l'existence d'une di
MESSIRE ANTOINE MANSEAU
qui a béni la prcntièrc église
le 17 décembre 1818.
gneurie, ne voulaient qu'une paroisse sur
tout le front de la Seigneurie.
Mgr Plessis, bien qu'avec répugnance,
sembla accepter ce dernier projet, mais,
en fait, tint à son idée de trois paroisses
distinctes dans la Seigneurie.
Pendant ce temps,
les paroissiens, se
servant de la permis-
sion donnée, bâtis-
saient leur chapelle.
Ils faisaient si bonne
diligence qu'à l'au-
tomne de 1818, la
chapelle s'élevait à
l'endroit du collège
actuel: Mgr Plessis
permettait à Mon-
sieur Bourget, curé
de Chateauguay,
d'en faire la béné-
diction.
Cette bénédic-
tion était faite le
17 décembre par
Monsieur Manseau,
curé des Cèdres, et
la première messe
était célébrée \[e
même jour par Mon-
sieur Dufresne, curé
du Sault-Saint-Louis et assistant de Mon-
vergence de vues au sujet des limites de la .sieur Bourget, curé de C'hateauguay. Mgr
paroisse projetée.
En effet, les uns, pâmai lesquels était
l'évêque de Québec, voulaient l'organisa-
tion de la Seigneurie en trois paroisses.
Sainte - Martine , Saint - Clément, et une
Plessis ne pouvait donner un desservant
pour cette nouvelle chapelle: " Le bon
Dieu, disait-il, ne le veut pas pour le
présent; peut-être le permettra-t-il dans
la suite. C'est à vous et à moi d'adorer
12
Histoire religieuse de Beauharnois
ses desseins et de le prier de multiplier ses
ouvriers."
L'attente ne devait pas être longue: les
lignes qui précèdent sont de la fin de no-
vembre 1818; un an ne s'était pas écoulé
que Mgr Plessis envoyait à Beauharnois le
prêtre que, sans doute, les prières des
fidèles de Beauharnois l'avaient aidé à
trouver. C'est, en effet, le 3 octobre 1819,
que Mgr Panet écri-
vait à Messire Pierre
Clément, les lignes
qui suivent:
Monsieur,
"Vous êtes chargé,
par la présente, de
la mission de la Sei-
gneurie de Beauhar-
nois appelée Saint-
Clément, dont vous
recevrez les revenus
et où vous exercerez
les fonctions de mis-
sionnaire, jusqu'à la
révocation de Mon-
seigneur l'évêque de
Québec ou de ses
successeurs."
En l'attendant, le
curé de Chateauguay
avait pris l'habitude
de venir faire le servi-
ce divin dans la nou-
velle chapelle; assez souvent, il disait une
première messe à Chateauguay et une
seconde à Beauharnois. Mgr Plessis trouva
que c'était trop: il ne permit à Monsieur
Bourget de biner qu'une fois en trois mois.
"Ce sera assez, disait l'évêque, si vous y
ajoutez l'officB de quelques fêtes de dévo-
tion, et si vous y allez coucher sur semaine
MESSIRE NICHOLAS DUFRESNE
qui a célébré la 'première messe dans la première église
le 17 décembre 1818.
enfants, célébrant la messe le lendemain,
prêchant et confessant les adultes."
Et c'est ainsi que commença le culte
catholique à Beauharnois. D'abord, les
curés de Chateauguay, des Cèdres, de
Vaudreuil et de l'Ile Perrot vinrent, d'oc-
casion, y célébrer la messe dans des maisons
privées; lorsqu'à force d'instances, les gens
de Beauharnois eurent obtenu une chapelle,
le curé de Chateau-
guay y vint quel-
quefois le dimanche,
plus souvent sur se-
maine, catéchiser,
prêcher, confesser,
et surtout célébrer
la messe.
Dès lors, Saint-
Clément a ses regis-
tres paroissiaux. Le
3 janvier 1819, le
curé Bourget y ins-
crit le premier acte
de baptême, celui
d'Adrien Hébert,
fils de François Hé-
bert et de Françoise
Couillard, lequel a
pour parrain Adrien
Hébert et pour mar-
raine Catherine Ma-
chabé; le 12 janvier,
a lieu le premier ma-
riage entre Joseph
Tessier dit Lavigne, cultivateur, et Mar-
guerite Lebœuf dit Saint- Jean; le 8 février,
la première sépulture d'enfant, Charles Poi-
rier (4 mois) fils de Charles Poirier; le 17
février, la première sépulture d'adulte, Mar-
guerite Tessier, 76 ans, épouse de Josephta
Poirier.
Vienne un prêtre résidant, et ce sera
une fois en quinze jours, y catéchisant les la vie paroissiale dans toute son ampleur.
Fondation de la Paroisse
13
Beauharnois a un patron, saint Clément,
et une chapelle; il aura bientôt son pres-
bytère et son cimetière. Pendant quelque
temps, ce ne sera qu'une mission; mais,
autour de ce nouveau noyau religieux,
puis dans les rangs, des familles nom-
breuses se grouperont. De Saint-Clément
essaimeront des groupes qui deviendront
des paroisses, et l'Eglise comptera un
nouveau foyer de vie chrétienne.
Mais pourquoi ce foyer a-t-il tant tardé
à paraître ? Pourquoi les évêques de Qué-
bec ont-ils tant tardé à se rendre aux requê-
tes si pressantes et apparemment si justi-
fiées des fidèles de Beauharnois ? Pour plu-
sieurs raisons.
Tout d'abord, Mgr Plessis semble avoir
craint qu'une desserte à Beauharnois ne
nuisît à l'unité paroissiale; le 18 octobre
1813, il écrivait au curé des Cèdres: "Je ne
désire pas de chapelle à Beauharnois. Plus
il y aura de dessertes, plus l'ouvrage sera
multiplié, et la paroisse peu fréquentée."
En outre, il semble que l'évêque ait
beaucoup compté sur le don d'un terrain,
de la part des Seigneurs; nous le voyons
en faire la demande à l'agent Milne, et
plus tard, nous le verrons préoccupé d'avoir,
en bonne forme, le contrat de cession
ou de donation.
Nous constatons aussi que l'évêque
accusait d'apathie les habitants de la
Seigneurie; à plusieurs reprises, il écrit au
curé de stimuler l'ardeur de ses gens, que
la première chapelle construite aura le
premier desservant.
Enfin, il y avait différence de vues entre
les fidèles de Beauharnois et leur évêque,
au sujet de la disposition de la chapelle
projetée. L'évêque voulait que, dans le
presbytère-chapelle, le bas fût la chapelle,
et le haut, le presbytère; les paroissiens
s'obstinaient à vouloir le contraire. Les
choses allèrent au point que l'évêque me-
naça de ne point donner de desservant et de
ne point permettre le culte. Le conflit se
termina par un arrangement qui était
pour le mieux: l'édifice ne fut qu'une cha-
pelle; tout à côté, les habitants élevèrent
un presbytère où bientôt entra le premier
prêtre résidant de Saint-Clément, Messire
Pierre Clément.
Tels furent les commencements de notre
paroisse; c'est la période de sa fondation,
c'est l'âge héroïque de notre histoire pa-
roissiale.
Saluons, au passage, la mémoire de ceux
dont nous avons, tantôt, donné les noms;
ils furent les pionniers, ils sont nos pères;
gardons le souvenir de leur attachement
à la foi catholique; leurs requêtes révèlent
des chrétiens soucieux du salut de leur
âme et de l'avenir religieux de leurs en-
fants; c'est parce qu'ils sont exposés à
languir dans la foi qu'ils demandent une
chapelle où ils pourront jouir sans obs-
tacles des bienfaits du culte catholique.
Que leur ténacité dans la foi nous soit un
exemple et une leçon!
Il nous faut, maintenant, suivre l'évo-
lution de cette nouvelle paroisse et ses
développements.
Fondation de la Paroisse
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Évolution de la Paroisse
17
CHAPITRE SECOND
Évolution de la Paroisse Saint-Clément
LA PAROISSE
ARTICLE PREMIER— LES DEMEMBREMENTS
E territoire confié à la solli-
citude pastorale de Mon-
sieur Pierre Clément était
vaste; ses délimitations ne
furent pas précisées dès le
commencement, mais le
nouveau desservant de Saint-Clément tenait
à connaître les bornes exactes et l'étendue
de sa mission; à plusieurs reprises, il en fit
la demande à l'évêque de Québec; celui-ci
répondit qu'il "avait toujours entendu que
la mission de Saint-Clément serait bornée
au Nord-Est par la ligne seigneuriale de Cha-
teauguay; au Nord-Ouest par la Pointe du
Buisson; au front par le fleuve ou lac Saint-
Louis, et en profondeur, par une ligne paral-
lèle au fleuve tirée d'égale distance des deux
chapelles de Sainte-Martine et de Saint-
Clément; Saint-Timothée, prenant de la
Pointe du Buisson, doit aller jusqu'à la
ligne de God Manchester en comprenant
la Grande Ile."
En droit, Saint-Clément avait donc à
peu près ses bornes actuelles; en fait, pour
quelques années, il en eut de plus grandes,
puisque, de son curé, dépendirent Sainte-
Martine et Saint-Timothée.
Saint-Timothée et Sainte- Martine
Jusqu'en 1823, le curé desservant de
Saint-Clément régit simultanément les trois
groupes de Saint-Clément, de Sainte-Mar-
tine et de Saint-Timothée; comme en
1818-1819, avait fait pour Saint-Clément
le curé de Chateauguay, ainsi, à son tour,
fit pour Sainte-Martine et Saint-Timothée
le curé de Saint-Clément.
A la vérité, c'était une tâche délicate
de satisfaire ces groupes assez distants
les uns des autres: chacun tenait à avoir
le plus souvent possible chez lui le prêtre
desservant, d'où contestations et rivalités.
L'itinéraire de Monsieur Clément n'est
pas aisé à reconstituer, il semble avoir varié.
Toutefois, la vie paroissiale, dans ces
groupes, semble avoir suivi à peu près le
mouvement suivant: l'évêque de Québec
avait permis l'érection d'une chapelle à
Sainte-Martine, mais les gens de Beau-
harnois avaient devancé leurs voisins et,
selon la promesse épiscopale, avaient, les
premiers, reçu un prêtre. Les fidèles de
Sainte-Martine, quelques mois plus tard,
commençaient à construire une chapelle. Le
curé de Chateauguay était chargé de la
18
Histoire Religieuse de Beauharnois
conduite de cette bâtisse, mais, "pour le
reste, le curé de Saint-Clément devait con-
sidérer cette mission comme faisant partie
de la sienne; les habitants de Sainte-Martine
devaient lui payer la dîme, faire chez lui la
communion pascale, y porter les enfants au
baptême et leurs morts à la sépulture."
Au 1er septembre 1821, la division de
paroisse n'est pas encore faite: Monseigneur
Lartigue écrit au curé qu'il n'a "à faire
mémoire de Sainte-Martine qu'au cas où
elle serait divisée de Saint-Clément et
seulement dans l'église dédiée à cette sainte.
De même jusqu'à cette division, le curé
n'est tenu à dire la messe pour les habi-
tants de ce canton que collectivement."
Vers le milieu de l'année 1822, la cha-
pelle de Sainte-Martine est terminée, et la
division de mission est faite; le curé de
Saint-Clément reste desservant de Sainte-
Martine, mais les habitants de la nouvelle
mission ont maintenant leurs offices chez
eux.
Vers le même temps, le curé Clément
est chargé — le 24 septembre — de la des-
serte de Saint-Timothée. Saint-Timothée
a alors, d'après les recensements officiels,
une population de 888 habitants, Sainte-
Martine 1306, et Saint-Clément, 1069.
Voilà le troupeau confié aux soins de
Monsieur Clément.
Le pasteur a le désir de satisfaire aux
besoins de ces trois groupes; comment y
réussir? Sous la direction épiscopaie, il
adopte un mode de desserte qui, peut-être,
n'empêcha pas toute réclamation, mais
qui, à distance, apparaît comme raison-
nable et équitable: il est entendu que
Saint-Clément a la messe tous les diman-
ches,— c'est justice, puisque c'est l'église
principale; Saint-Timothée et Sainte-Mar-
tine l'auront de deux dimanches l'un, le
curé binant un dimanche à Saint-Timothée
et l'autre à Sainte-Martine; aux fêtes
d'obligation, une seule messe alternative-
ment à Sainte-Martine et à Saint-Timothée
et aucune messe à Saint-Clément; les jours
de fête où le peuple n'est pas obligé d'as-
sister à la messe, les offices se font unique-
ment à Saint-Clément; aux Rogations, l'offi-
ce a lieu, à chaque mission, un des trois
jours; les baptêmes et les mariages doivent
se célébrer à Saint-Clément, et les sépul-
tures dans chaque mission respective, con-
formément à l'usage du diocèse.
En novembre 1823, Saint-Timothée était
confié à la desserte des Cèdres."' Le curé
de Saint-Clément n'avait plus à s'occuper
que de Saint-Clément et de Sainte-Martine;
l'évêque régla que les offices se feraient
alternativement, sans biner, à Saint-Clé-
ment et à Sainte-Martine, et que les fêtes
d'obligation ne se feraient qu'à Sainte-
Martine; les jeudi et vendredi saints en-
semble se célébreront une année dans la
même mission et une année dans l'autre;
la procession solennelle du dimanche dans
l'octave de la Fête-Dieu, se fera aussi
une année dans une paroisse et une année
dans l'autre.
Au surplus, chacune des deux missions
a sa fabrique administrant, sous la pré-
sidence du curé, les biens de la paroisse.
Les choses vont ainsi jusqu'en 1826.
A cette date, Sainte-Martine, à son tour,
se sépare de Saint-Clément. A vrai dire,
l'idée de séparation n'était pas nouvelle:
dès 1820, les habitants de ce territoire
demandaient à être détachés de Saint-
Ci) Précédemment Saint-Timothée avait été sous la
desserte des Cèdres. En 1826, il reviendra pour deux ans, à
celle de Saint-Clément; en 1828, il aura un curé missionnaire
résidant; en 1832, de nouveau, il sera sous la juridiction du
curé de Beauharnois; cette même année, il sera définitive-
ment érigé en paroisse distincte.
Évolution de la Paroisse
19
Clément; en 1825, ils faisaient une nou-
velle requête et l'autorité diocésaine leur
accordait leur demande; en 1826, Sainte-
Martine recevait son premier curé, Messire
Pierre Mercure, et Saint-Clément con-
tinuait, seul, sa vie paroissiale, sous un
nouveau curé. Monsieur François Labelle.
Ërection Canonique
Dégagée de Saint-Timothée et de Sainte-
Martine, la paroisse Saint-Clément a une
population d'à peu près 1,300 âmes dont,
environ, 700 communiants.
En étendue, elle "comprend tout ce
territoire irrégulier qui part de la Sei-
gneurie de Chateauguay sur le fleuve Saint-
Laurent et remonte le dit fleuve jusqu'au
et compris le domaine du Buisson dans
la dite Seigneurie de Beauharnois et qui
a dans cette ligne deux lieues et quinze
arpents, de là qui suit la ligne sud-ouest
du dit domaine du Buisson jusqu'à la
rivière Saint-Louis et qui a dans cette
ligne cent cinquante arpents, de là qui
descend la dite rivière Saint-Louis jusque
vis-à-vis la ligne divisant ces deux parties
de la dite Seigneurie de Beauharnois con-
nues sous le nom de North Georgetown
et d'Annstown, et qui a ici quatre-vingt-
deux arpents, de là qui traverse la dite
rivière Saint-Louis et suit la susdite ligne
de division jusqu'à la ligne ou base de pro-
fondeur des terres de la concession du
grand marais de la susdite Seigneurie
de Beauharnois et qui a dans cette ligne
quatre-vingt-deux arpents, de là qui suit
la ligne de profondeur des terres de la
susdite concession du grand marais et qui
a dans cette ligne quatre-vingt-seize ar-
pents, de là qui suit la ligne de profondeur
des terres prenant leur front à la rivière
du Loup dite Chateauguay jusqu'à la
dite ligne seigneuriale de Chateauguay et qui
contient ici soixante-dix arpents, et de là qui
suit la dite Seigneurie de Chateauguay
jusqu'au point de départ et qui a dans
cette ligne quarante-six arpents."
Sur ce territoire, il y a 21 terres de 3
arpents de front sur 60 de profondeur,
excepté quelques-unes qui en ont quatre-
vingts, 18 terres de 4 arpents sur 40, et
149 de 4 arpents sur 25, outre 60 emplace-
ments du village, et deux grands domaines
à concéder, l'un en emplacements et l'autre
en terres.
C'est ce territoire qui comprend Saint-
Clément actuel, plus Saint-Etienne et une
partie de Saint-Louis, que, peu après la
séparation d'avec Sainte-Martine, les pa-
roissiens de Saint-Clément demandent, à
Mgr Panet, d'ériger en paroisse canonique.
Ils rappellent que la distance et les mauvais
chemins les ont obligés jadis à bâtir une
chapelle, que, depuis 1818, le culte divin
se fait dans cette chapelle; ils ajoutent qu'ils
pourraient fournir annuellement, par leurs
dixièmes, pour la subsistance d'un prêtre, la
quantité de 300 minots de froment, de 100
minots de pois, de 100 minots d'avoine, et
de 10 minots d'orge; pour toutes ces raisons,
ils supplient Sa Grandeur de bien vouloir
ériger canoniquement, sous l'invocation de
Saint-Clément, tout le territoire ci-dessus
mentionné.^"
(1) Les signataires de cette requête furent: Hyae. Mont-
petit, marguillier 1er, Ant. Leduc, Jos. Marois, Joseph Des-
prés, Lambert Palade, Hyac. Jjefebvre, J.-B. Gendron, fils,
Jos. Daoust, I>ouis Lefebvre, Joach. Gendron, J.-B. Gervais,
Pierre Pelletier, Joach. Gendron, fils, Pierre Leduc, Chs
Noël, Pierre Bélair, Louis Labrecque, Ant. Boyer, Jos.
Giroux, Gabriel Daoust, Augustin Barrette, Frs Tessier,
J. B. Bougie, Joach. Brossois, Chs Gendron, Frs Bougie,
J.-B. Branchaud, Jos. Couillard, Jos. Huneau, Augustin
Leduc, Joach. Gendron, f. de Pr., Chs Bougie, Adrien Hé-
bert, f . Basile Matthieu, J.-M. Bergeron, Jacques Bougie, p.,
Béloni Lafleur, Jos. Bergeron, Jacques Bougie, f., Pierre
Leduc, f., J.-B. Monpetit, Pierre Lemai, Jos. Roy, jun.,
Ant. Léger, Pierre Després, Frs. Dandurand, Marg., Louis
20
Histoire religieuse de Beauharnois
Cette requête est du 26 juillet 1826; elle
fut rédigée par le notaire Ovide Leblanc.
Un an plus tard, le 11 mai 1827, Monsei-
gneur Panet donnait à Messire Joseph
Marcoux, desservant du Sault Saint-Louis,
commission "de se transporter à Saint-
Clément, de vérifier les faits énoncés en
la requête, de dresser du tout un procès-
verbal de commodo et incommodo, lequel nous
sera renvoyé pour être ultérieurement pro-
cédé en ce qui concerne l'érection d'une
paroisse au dit lieu."
Ce n'est que deux ans plus tard que M.
Marcoux exécuta sa commission. Le 2
avril 1829, il se rendait à Beauharnois,
s'arrêtait auprès de la chapelle, dans la
salle appelée salle des habitants: il y tenait
une assemblée; les allégués de la requête
des paroissiens étaient trouvés exacts et
le procès-verbal était rédigé en consé-
quence.^"
Toutefois, le décret d'érection canonique
ne suivit pas immédiatement. Une oppo-
sition avait été faite, celle des habitants et
propriétaires de terres des côtes Saint-
Georges et Saint-Laurent. Se trouvant plus
près de Sainte-Martine que de Beauharnois,
ayant contribué pour leurs parts aux tra-
vaux publics et notamment à l'édifice d'une
église et d'un presbytère à Sainte-Martine,
ayant de bons chemins pour s'y rendre, ils
déclaraient avoir toujours été, de fait,
regardés comme paroissiens de Sainte-Mar-
tine; d'où, ils demandaient à ne pas être
compris dans les limites de Saint-Clément,
mais dans celles de Sainte-Martine, comme
d'ailleurs, M. Marcoux les y avait placés
en faisant, presque simultanément, une
enquête pour l'érection canonique de la
paroisse Sainte-Martine.'^^
A cela, le curé et les principaux parois-
siens de Saint-Clément répondaient: "Accor-
der aux paroissiens de Saint-Georges et
Saint-Laurent leur demande, serait rétrécir
beaucoup trop l'étendue non déjà trop
grande de Saint-Clément, et en faire une
paroisse insuffisante pour la subsistance
d'un curé; en outre, les habitants de Sainte-
Martine n'ont jamais demandé, comme ont
fait ceux de Saint-Clément, à inclure les
côtes de Saint-Georges et de Saint-Laurent
dans leur paroisse; de plus, la paroisse
projetée de Saint-Clément, par sa situation
centrale, par son port, par son grand village
exposeront toujours le curé à des dépenses
extra et quasi inévitables et à un surcroît
d'occupation; de plus, la paroisse, trop
petite, serait irrégulière dans sa forme et
incertaine dans ses démarcations; quant
aux opposants, on les accusait de ne con-
sidérer que leur commodité privée; ou-
bliant combien il est probable qu'ils ne
Trudel, Ignace Longtin, Augiistin Dandurand, Jos. Hénault,
p., J.-B. Gendron, p., Fre Léger, Hyac. Héneau, Joseph
Poirier, p., Frs Daoust, Michel Brossoit, p., Michel Hénault,
Chs Daigneault, Michel Broissoit, f., Michel Lalonde,
J.-B. Gendron, Aug. Brossoit, Maurice Quebillon, Paul
Daignault, Chs D'Aoust, Michel Longuetin, Michel Roy, p.,
Ls. Hébert, f., B. Poitras, Michel Roy, f., Frs Beaudoin,
Léon Clément, Michel Deschamps, P. Tholin, Jos. Clément,
Frs Houle, Jos. Branchaud, Paul Lebœuf, J,-M. Latrémouille,
Joach. Faubert, F. Jos. Gendron, J.-B. Poirier, Amant
Hébert, Pierre Petit, Joseph Mathieu, Pr. Gendron, Ignace
Tessier, p., Jos. Daignault, Paul Hébert, François Petit,
Guillaume d'Arpentigny, Adrien Hébert, Michel Labom-
barde, Joach. Daignault, Chs Roy dit Lapensée, Guillaume
Laberge, Pierre Monpetit, Jos. Hébert, Joseph Lebœuf,
J.-B. Montpetit, jun., J.-B. Branchaud, p., Gabriel Ranger,
Jos. Dupont, Jacques Goguette, Ignace Tessier, J. Roy dit
Lapensée, Paul Fournier, Etienne Lebœuf, Mich. Tondu dit
St-Onge, Alexis Lebœuf, Frs Laberge, Jos. Leduc, J.-B.
Bourdon, Chs AUard, Ign. Pitre, Chs Allard, Léon Bourdon,
Frs Tessier, marguilHer, Geoffroy Bourdon, Paul A. Sarault,
Chs Laberge, p., Antoine Tessier, Philistin Boyer, Ls
Hébert, p., Chs Lefebvre, Jos. Dandurand, Pr. Pitre dit
Lajambe, Joseph Hébert, P. Fison, Ovide Leblanc, notaire.
(1) Signèrent ce procès-verbal comme témoins: Ignace
Bourget, prêtre, alors secrétaire de Mgr Lartigue et futur
évêque de Montréal, et Hyacinthe Hudon, curé de Rigaud.
(2) Signataires: Chs Archambault, Louis Turcot, Jean
Leclaire, Paul Grandbois, f., Pierre Poisson, Ignace Poisson,
Louis Turcot, f., Nicolas Craite, Amable Lefebvre, Alexis
Sauvageau, Ls Dumouchel, Alexandre Grandbois, Michel
Lazare, Jean-B. Malette, Michel Laberge, Frs Desgro-
seilliers, Chs Bergevin, Augustin Mathieu.
Evolution de la Paroisse
21
soient plus propriétaires dans un an ou
deux (les nouvelles terres étant sujettes à
de fréquentes commutations) et combien
il serait du plus grand intérêt, surtout de
celui de la religion, que les susdites côtes
appartinssent en entier à Saint-Clément."^'^
Ces raisons triomphèrent et le 1er août
1829, Mgr Panet érigeait canoniquement
la paroisse Saint-Clément, "sans avoir
égard à la requête des dix-huit habitants
des côtes de Saint-Georges et Saint-Lau-
rent," donc, en incluant leurs terres dans
les limites de la nouvelle paroisse. Les li-
mites approuvées étaient celles de la re-
quête de 1826; la nouvelle cure et paroisse
de Saint-Clément était mise entièrement
sous la juridiction spirituelle des évêques
de Québec, "à la charge pour les curés ou
desservants qui y sont établis de se con-
former aux règles de discipline ecclésias-
tique en usage dans ce diocèse, spéciale-
ment d'administrer les sacrements, la parole
de Dieu et les autres secours de la religion
aux fidèles de ladite paroisse, enjoignant
à ceux-ci de payer aux dits curés et des-
servants les dîmes et obligations telles
qu'usitées et autorisées dans ce diocèse
et de leur porter respect et obéissance
dans toutes les choses qui appartiennent à
la religion et qui intéressent leur salut
éternel."
En terminant, l'évêque rappelait aux
fidèles de Beauharnois qu'ils devaient de-
mander l'érection civile de leur nouvelle
paroisse canonique. La reconnaissance
civile fut effectivement donnée le 10 juillet
1835, par Lord Aylmer, sous la signature
de D. Daly, secrétaire de la province.
Saint-Louis-de-Gonzague
Le territoire érigé sous le nom de pa-
roisse Saint-Clément comprenait une éten-
due d'à peu près 2 lieues 3^ de front sur
3 de profondeur, c'est-à-dire de la ligne
seigneuriale de Chateauguay à la ligne
ouest du Buisson sur le front, et du lac
Saint-Louis à la rivière Chateauguay sur
la profondeur. Saint - Clément se trou-
vait à inclure tout le Beauharnois actuel,
plus le territoire s'étendant des limites de
Saint-Clément jusqu'au rang du Vingt
inclusivement et assez loin sur la rivière
Saint-Louis-Nord. Au reste, du territoire
qui va jusqu'à Sainte-Barbe, une partie
appartenait à Saint-Timothée, une partie
n'appartenait à aucune paroisse.
Il en fut ainsi pendant une dizaine
d'années. En 1842, 67 habitants de la
rivière Saint-Louis demandent à Mgr Bour-
get d'être séparés de Saint-Clément et
réunis en paroisse distincte; Mgr Bourget
demande à Monsieur Carron, curé de Saint-
Clément, d'envoyer un vicaire, de temps en
temps, pour dire la messe et confesser.
En 1845, une lettre de Monsieur Viau,
curé de Beauharnois, nous apprend que
"les habitants du haut de la rivière Saint-
Louis se remuent pour avoir une église
et même pour former une paroisse. Ladite
paroisse se composerait du rang du 'Vingt"
faisant partie de la paroisse Saint-Clément,
puis des rangs "Trente" et "Quarante" qui
n'appartiennent à aucune paroisse; plus
d'un rang non encore établi faisant partie
de Saint-Timothée, tout près de Roque-
ville où devrait être placée la nouvelle
église; puis enfin, du haut de la rivière Saint-
Ci ) Signataires: Paul Roy, Augustin Brossoit, Etienne
Montpetit, marg., J.-B. Montpetit, l'ancien, J.-M. Bergeron,
Frs Dandurand, ex. marg., Ant. Tessier dit Lavigne, Louis
Lemai, Michel Hénault, Deschamps, J.-B. Tondu, Pierre
Leduc dit Pilote, J.-B. Poirier, Michel Broissoit, f., Joseph
Monpetit, Frs Hénault, Hya. Heneau, Grégoire Bergeron,
Pierre Pelletier, Pierre Matthieu, Michel Leduc, Jos. Poirier,
P. Tondu, Chs Bougie, M. Tondu, M. Longuetin, H. Mont-
petit, anc. m., N. Boyer, P. Petit, J.-B. Gendron, F.-B. Roy,
P. anc. m., Ls Trudel, p. anc. m., Basile Matthieu, Ovide
Leblanc, not.
22
Histoire religieuse de Beauharnois
Louis dont quelques habitants appartiennent
à Saint-Clément, les autres n'étant d'aucune
paroisse."
Les désirs des fidèles ne tardèrent guère
à se réaliser. Le 19 avril, ils faisaient une
requête pour l'érection canonique de la
nouvelle paroisse. Le 26 mai, ils élisaient
des syndics^'^ pour les nouvelles construc-
tions. L'église, après une longue discussion
fut d'abord fixée au nord de la rivière, à
peu près chez M. Elie Léger, et on en com-
mença la fondation. Le 24 septembre,
Mgr Bourget permettait d'abandonner le
premier site et de bâtir au sud. La cha-
pelle, en bois, fut élevée de septembre
1845 à avril 1846; elle était située dans le
parterre actuel du presbyl^re. Elle fut
bénite par Monsieur Charland, curé de
Beauharnois, le 21 avril 1847; elle était
sous le vocable de Saint-Louis-de-Gonzague.
La nouvelle mission, pendant quelques
années, 1846-1849, fut desservie par les
prêtres de Beauharnois, par M. Groulx
en 1846, par Monsieur F.-X. Caisse, de
l'automne de 1846 à octobre 1847, par
M. Nazaire Hardy, de 1847 à 1850. En
1849, Monsieur Hardy fut nommé curé de
la nouvelle paroisse; enfin, en 1851 — ^le
30 décembre— elle recevait l'érection ca-
nonique; son territoire avait 40 milles
carrés (10 par 4) et s'étendait du rang du
Vingt à Sainte-Barbe actuelle ;^*^ ce fut
(1) Monsieur Groulx, vicaire à Saint-Clément et Mes-
sieurs Benjamin Leduc et François Leduc.
(1) Voici les limites officielles de la nouvelle paroisse:
"La dite paroisse comprendra une étendue d'environ dix
milles de long sur environ quatre milles de large, bornée
comme suit, savoir: au nord-ouest par la cinquième con-
cession de Helenstown et la quatrième concession de Cathe-
rinestown inclusivement; au sud-ouest par le township de
Godmanchester, au sud-est de la quatrième concession
d'Ormstown inclusivement, et par la ligne longeant et allant
jusqu'à l'extrémité des terres de la rivière Châteauguay,
dans la paroisse de Sainte-Malachie; et enfin au nord-est par
la ligne de séparation entre les première et seconde concessions
de North-Georgetown et la ligne de séparation entre les
terres des sieurs Louis Gendron et André Roy, sur la rivière
Saint-Louis."
donc un démembrement de Saint-Clément
et de Saint-Timothée.
Saint-Ëtienne
Après l'érection canonique de Saint-
Louis-de-Gonzague, Saint-Clément de Beau-
harnois ne comprenait plus que les terri-
toires constituant aujourd'hui la paroisse
de Saint-Clément et celle de Saint-Ëtienne;
dans ce territoire une nouvelle paroisse
ne tarda pas à se former.
Comme dans toutes les fondations de
paroisse, il y eut d'abord des requêtes;
l'une des premières, signée par 85 francs-
tenanciers, est du 9 février 1852 et attira
les protestations du curé de Saint-Louis,
M. Burke et du curé de Beauharnois,
M. Charland. En 1855, une nouvelle
requête de 104 francs-tenanciers deman-
dait l'érection d'une paroisse sous le vo-
cable de Notre-Dame des Victoires; d'au-
tres requêtes suivirent et aboutirent, en
1863-1864, à la construction d'une chapelle
bénite par Monsieur Charland le 1er
août 1864, et dédiée à saint Etienne, pre-
mier martyr.
De 1864 à 1869, la nouvelle mission fut
desservie de Beauharnois. En 1869, elle
reçut son premier curé. Monsieur Antoine
Giguère, et fut érigée canoniquement par
l'évêque de Montréal, d'après les délimi-
tations suivantes: "1° du territoire qui suit,
faisant aujourd'hui partie de la paroisse
Saint-Clément de Beauharnois, savoir: le
rang appelé Saint - Laurent en entier, la
première concession de North-Georgetown,
depuis le numéro un inclus jusqu'au numéro
vingt-cinq aussi inclus, le rang au nord
de la petite rivière Saint-Louis, depuis le
numéro A inclus, jusqu'à celui actuelle-
ment occupé par Grégoire Bergeron et
Alexis Hébert aussi inclus, et celui du
Evolution de la Paroisse
23
sud de ladite rivière, à partir en haut du
lot (inclus) actuellement possédé par Is-
raël Laberge, jusqu'à celui actuellement
possédé par Jacques Brunel, aussi inclus;
2° du territoire qui suit, faisant aujour-
d'hui partie de la paroisse de Saint-Louis-
de-Gonzague, savoir: la seconde conces-
sion de North-Georgetown des deux côtés
depuis le numéro un inclus, jusqu'au nu-
méro vingt-six, aussi inclus, laquelle dite
nouvelle paroisse sera bornée par l'extré-
mité des susdites paroisses de Saint-Clé-
ment de Beauhamois et de Saint-Louis-de-
Gonzague ainsi démembrées et par celle
de la paroisse de Sainte-Martine."
Ces limites telles que fixées ne plurent
pas à quelques cultivateurs de Saint-Clé-
ment; à plusieurs reprises, des requêtes,
signées par des francs-tenanciers des rangs
Sainte-Anne et Saint-Joseph et aussi du
sud de la rivière Saint-Louis, furent en-
voyées à l'autorité diocésaine, notamment
en mars 1869, en avril 1871, en novembre
1884; elles demandaient que les terres occu-
pées par les signataires fussent annexées
à Saint-Êtienne; les raisons alléguées étaient
la distance, le mauvais état des chemins,
d'où la difficulté d'assister aux offices
divins, d'entendre la parole de Dieu, de
recevoir les sacrements, etc.
Chaque fois, cependant, des contre-re-
quêtes furent aussi envoyées. Elles ré-
pondaient aux allégations annexionnistes
que la paroisse de Saint-Clément était
déjà réduite, que les revenus ne seraient
plus suffisants, qu'en s'annexant à Saint-
Êtienne, les habitants devraient faire de
nouvelles dépenses pour l'église et le pres-
bytère, que les chemins et ponts étaient
déjà faits pour aller à Saint-Clément,
qu'au reste les habitants devaient aller
à Saint-Clément pour le marché, pour la
vente des grains, pour le palais de justice,
pour le commerce, pour le bureau seigneu-
rial, le bureau d'enregistrement, le moulin
à farine, pour consulter les hommes appar-
tenant aux professions libérales.
Jusqu'ici, ces raisons et d'autres ont
été jugées sérieuses et Saint-Clément n'a
subi aucun démembrement depuis l'éta-
blissement de la paroisse Saint-Étienne,.
en 1869.
* *
*
En résumé, lors de sa fondation, Saint-
Clément de Beauhamois comprenait tout
le territoire occupé aujourd'hui par les
paroisses Saint-Clément, Saint-Êtienne, et
une partie de Saint-Louis-de-Gonzague;
temporairement, ses curés eurent juridic-
tion sur Sainte-Martine et Saint-Timothée;
pendant quelque temps même, les fidèles de
Sainte-Martine et de Saint-Timothée vin-
rent à l'église de Beauhamois, mais, dans
l'intention de l'évêque de Québec, des cha-
pelles devaient s'élever simultanément aux
trois endroits. Sainte-Martine et Saint-
Timothée se détachèrent de bonne heure
de Saint-Clément.
En 1829, Saint-Clément fut érigé en
paroisse canonique s'étendant jusqu'au
rang du "Vingt"; en 1847, Saint-Louis-
de-Gonzague eut une chapelle desservie de
Beauhamois et, en 1851, fut érigé canoni-
quement. En 1864, Saint-Etienne eut aussi
sa chapelle et reçut, en 1869, l'érection
canonique.
Depuis cette date, ces trois paroisses
n'ont pas été modifiées. Saint-Clément
a continué à progresser; ses institutions
religieuses se sont développées et en ont
fait l'une des plus belles et des plus pros-
pères paroisses du district de Beauhamois.
Nous venons de voir comment notre
24
Histoire religieuse de Beauharnois
paroisse a été fondée et comment elle a
évolué dahs son cadre extérieur, dans ses
délimitations territoriales. Maintenant,
il faut pénétrer à l'intérieur, et rappeler
les personnes et les choses qui ont été les
artisans ou les éléments de la vie parois-
siale, à Saint-Clément, depuis cent ans.
Les personnes constituent le personnel pa-
roissial; les choses sont les établissements
paroissiaux.
ARTICLE DEUXIÈME— LE PERSONNEL PAROISSIAL
Nous voudrions, ici, rappeler le sou-
venir de tous ceux qui ont fait notre pa-
roisse de Beauharnois; ils se rangent sous
deux groupes distincts: le clergé et les
laïques.
Le Clergé
Les paroissiens de Saint-Clément se doi-
vent de conserver religieusement la mé-
moire des prêtres que, depuis cent ans,
l'Eglise a préposés à leur bien-être spi-
rituel. Pendant un siècle, le clergé a ac-
compli à Beauharnois l'œuvre bienfaisante
qu'ont connue toutes les paroisses cana-
diennes. Depuis 1819, les fidèles de Saint
Clément ont toujours pu compter et s'ap-
puyer sur le prêtre; la vie du prêtre s'est
dépensée à leur service. Le prêtre a été
constamment, leur consolateur, leur guide,
leur pasteur, le distributeur des choses
saintes. Les personnes ont pu changer,
le dévouement n'a pas cessé. Les carac-
tères ont pu être différents, le zèle des
âmes a toujours été apostolique. A l'œu-
vre pastorale, chaque prêtre a apporté un
cachet propre et caractéristique; l'un aura
eu la manière forte et rude, l'autre la
manière tendre et douce: tous ont voulu
le bien de notre population et l'ont opéré.
Que toujours Beauharnois se souvienne de
ses pères dans la foi!
Des premiers prêtres qui passèrent à
Beauharnois, nous ne savons rien avec
certitude. Il est cependant légitime de
croire que des missionnaires Jésuites ou
même Récollets vinrent à Beauharnois
de très bonne heure. L'on sait qu'il y
avait au Buisson une colonie de sauvages
Mount Builders'^'^ même avant Champlain,
et qu'un sentier les conduisait du Buisson
aux États-Unis; et il ne paraît guère
possible qu'en remontant le fleuve Saint-
Laurent, les missionnaires et les explo-
rateurs ne se soient arrêtés "chez nous."
D'ailleurs, les missionnaires du Sault-Saint-
Louis (fondé en 1668) et de Chateauguay
(fondée en 1736, mais qui eut une chapelle
au Bassin vers 1668) devaient tout na-
turellement se rendre à Beauharnois.
Nous savons que, plus tard, les curés
de Chateauguay et des Cèdres vinrent à
Beauharnois, qu'ils y célébrèrent le culte
dans des maisons privées, en attendant
l'érection de la première église en 1818.
Les premiers noms connus de prêtres qui
célébrèrent à Beauharnois sont ceux de
M. Bruguier, curé de Chateauguay de
1789 à 1815, de M. Nicolas Dufresne,
curé de Caughnawaga de 1814 à 1819, de
M. P. Bourget, curé de Chateauguay de
1817 à 1822, de M. Antoine Manseau, curé
des Cèdres de 1817 à 1827, de M. J.-Bte Dé-
guire, curé de Vaudreuil de 1780 à 1815.
(1) Les sauvages Mount Builders doivent leur nom à la
coutume de construire des monticules où ils amoncelaient
les cadavres de leurs morts.
Le Personnel paroissial: les Curés
25
Que de fois ces missionnaires inconnus Et maintenant, souvenons-nous de notre
et ces curés voisins ne sont-ils pas venus propre clergé, celui qui, depuis cent ans,
dans les limites de notre paroisse! Que a été le pasteur de nos âmes à Saint-
de fois ne sont-ils pas venus porter à nos Clément; pour le compléter nous y join-
premiers défricheurs les secours de la re- drons la série de prêtres, religieux ou re-
ligion catholique! Que ne donnerions- ligieuses originaires de la paroisse Saint-
nous pour savoir au juste en quel en- Clément,
droit de la paroisse Saint - Clément ils LES CURES
s'arrêtèrent, dirent la messe, prêchèrent Depuis sa fondation, Saint-Clément a
et "vinrent aux ma-
lades." Sans doute,
leur besogne aposto-
lique achevée, ils
montèrent la colline
du "domaine" où
maintenant s'élève
le groupe si impo-
sant de nos édifices
paroissiaux. De là,
par-dessus les arbres
du village, au-delà
du lac Saint-Louis,
ils apercevaient le
clocher de l'Ile
Perrot; plus loin, ils
savaient être le clo-
cher de Vaudreuil, ce-
lui des Cèdres, ce-
lui de Pointe Claire
et celui de Chateau-
guay. Et tous ces
temples déjà élevés
leur faisaient rêver
d'une nouvelle église
en ce sol qu'ils foulaient, dans ce milieu
que la nature a fait si pittoresque, et où
commençaient à émigrer leurs paroissiens.
N'oublions pas ces précurseurs! Sou-
venons-nous, en particulier, des curés de
Chateauguay qui furent nos curés! C'est
MESSIRE PIERRE CLÉMENT
Premier ouré de Saint-Clément.
(1819-1826)
eu dix curés; sans
doute, à parler en
toute rigueur de ter-
mes, les deux pre-
miers ne furent pas
curés, ils ne furent
que desservants, jus-
qu'à l'érection cano-
nique en 1829. Tou-
tefois, conformément
à l'usage, nous les
appelons curés; com-
me leurs successeurs
ils ont eu charge
d'âmes.
Monsieur
Pierre Clément
(1819-1826)
Le premier prêtre
résidant à Beauhar-
nois fut Messire
Pierre Clément; sa
lettre de nomination
est du 3 octobre 1819 ;
elle lui confiait la
charge de la desserte naissante de Saint-
Clément à titre de mission jusqu'à révo-
cation.
Monsieur Clément était né à Terrebon-
ne, le 26 novembre 1788, de Jean-Baptiste
Clément et de Marie-Françoise Lapointe.
à leur zèle et à leur désintéressement que II fut ordonné prêtre le 21 septembre 1816;
Beauharnois dut de recevoir, en 1819, il fut vicaire à la cathédrale de Québec
son autonomie paroissiale. de 1816 à 1819; c'est de là qu'il fut envoyé
26
Histoire religieuse de Beauharnois
à l'âge de 31 ans, après trois ans seulement
de sacerdoce, fonder la paroisse de Beau-
harnois.
Pendant six ans, il travailla à affermir
la fondation naissante. Sa correspondance
avec les évêques de Québec atteste un
souci presque scrupuleux de respecter et
de faire respecter les règles de la discipline
ecclésiastique; il ne cesse de recourir à
l'évêque pour la solution non seulement
des cas de conscience, mais aussi des diffi-
cultés de fabrique; s'il forme beaucoup de
projets, il n'en est aucun qu'il ne soumette
à son supérieur; il a à cœur de promouvoir
les intérêts temporels et spirituels de ses
paroissiens; il n'épargne aucune démarche
dans le but d'obtenir la cession par les
seigneurs d'un terrain pour l'église, le
presbytère et le cimetière. Il ne redoute
aucune fatigue pour desservir sa paroisse
et ses missions; il s'efforce d'éloigner de
Beauharnois les débits de boisson; il veut
donner aux enfants de bons maîtres et de
bonnes maîtresses, il cherche aussi à pro-
mouvoir chez ses paroissiens le culte de la
Passion de Notre-Seigneur et celui de la
Sainte Vierge.
Avec cela, qu'il ait été original et brus-
que, on ne peut le nier; qu'il ait eu des
contrariétés, c'est certain; mais, quel curé
fondateur n'en eut pas ? Où une église, un
presbytère ou un cimetière ont-ils été éta-
blis sans quelques froissements ? Les débuts
de Beauharnois n'échappèrent pas à la règle
générale. Tout de même, quand le curé Clé-
ment quitta sa paroisse, — où il rêva toujours
de revenir, — ses fidèles, dans une lettre col-
lective à l'évêque, lui rendirent ce témoigna-
ge: "On le trouvait toujours chez lui, tou-
jours disposé à nous entendre et nous satis-
faire, toujours prêt pour les malades sans
que ni l'obscurité de la nuit, ni l'inclémence
des temps, ni l'horrible état des chemins,
pussent jamais le retarder d'un instant.
Combien de fois l'a-t-on vu endurer avec
un courage et une douceur presque sans
exemple, la faim, la soif, le froid, la fatigue,
surtout dans ses pénibles et nombreux
voyages aux missions."
Cette lettre, signée de 130 noms, est le
plus bel éloge que puisse désirer un pas-
teur.
En quittant Beauharnois, Monsieur Clé-
ment fut curé des Éboulements (1826-
1835) de la Petite Rivière Saint-François
(1835-1844) de Saint-Urbain de Charle-
voix (1844-1859). En 1859, il se retira à
la Baie Saint-Paul; c'est là qu'il mourut le
15 novembre 1877 à l'âge de 89 ans.
Monsieur François Labelle
(1826-1830)
Monsieur Pierre Clément fut remplacé
à Beauharnois par Monsieur François La-
belle, ci-devant curé des Éboulements.
Quand il vint à Beauharnois, il avait 31
ans; il était originaire de la Pointe-Claire,
avait fait ses études partie à Montréal,
partie à Nicolet. Il était l'aîné de deux
autres prêtres, dont l'un (Edouard) fut
directeur du Collège de l'Assomption et
l'autre (Jean-Baptiste) curé de Chateau-
guay (1833-1840).
Monsieur Labelle passa quatre ans à
Beauharnois. Les grandes préoccupations
de son administration semblent avoir été la
construction d'une église et l'établissement
d'une école. Le projet d'église ne fut réa-
Usé que vingt ans plus tard; quant à l'école,
nous verrons plus loin ce qui se passa.
C'est aussi sous son administration que
Beauharnois fut érigé en paroisse cano-
nique.
Monsieur Labelle fut aimé de ses pa-
Le Personnel paboissial: les Curés
27
roissiens; ceux-ci, en 1829, adressèrent à
Mgr Lartigue une requête le suppliant
de leur laisser leur curé.
En quittant Beauharnois, il fut nommé
curé de l'Assomption, et il y passa quinze
ans (1830-1845). Il fut l'un des fondateurs
du collège de l'Assomption, en 1832; de
l'Assomption il passa à Repentigny dont il
fut curé pendant 10 ans (1845-1855) où il
se retira en 1855, et
mourut en 1865.
Un contemporain
l'a décrit ainsi: "Sa
taille était avanta-
geuse, au-dessus de
la moyenne, de larges
épaules, une démar-
che imposante; il
avait les yeux grands
et noirs, le teint brun.
Au premier abord, ce
qui frappait surtout
dans sa figure, c'était
la virilité; on ne pou-
vait le regarder en
face sans éprouver ce
respect qui s'impose
et subjugue."
Élève, ecclésiasti-
que, professeur, curé,
il fut homme de de-
voir; il joignait à cela
une grande piété,
simple et douce, et un
zèle ardent pour les âmes. Il y avait en cet
homme un rayonnement de vie intérieure
qui exerçait sur les âmes confiées à sa garde
une action merveilleuse. Au surplus, sa
modestie et sa délicatesse étaient prover-
biales.
MËSSIRE MICHEL OL'INTAL
Quatrième ouré de Saint-Clément
(1832-18i0)
Monsieur Hubert-Joseph Tétreau
(1830-1832)
Le troisième curé de Beauharnois fut
M. Hubert-Joseph Tétreau. Il était né à
Verchères, le 25 février 1803, de Jean-
Baptiste Tétreau-Ducharme et de Marie-
Anne Gagnon; il fit ses études au séminaire
de Montréal et à celui de Nicolet; il fut
ordonné prêtre le 8 janvier 1826. Quand il
vint à Beauharnois,
il avait été vicaire et
curé de Richibouc-
tou. Quand il quitta
Beauharnois, il fut
curé de Saint-Da-
mase (1832 - 1833),
vicaire à la Beauce
(1833-1836), à la
Rivière-Ouelle(1836-
1838), curé des Ebou-
lements (1838-1843).
Il se retira alors du
ministère, et mou-
rut en 1877.
Il passa deux ans
à Beauharnois (1830-
1832). Peu d'événe-
ments importants
marquèrent son ad-
ministration. L'on
voit par les archives
qu'il fut question
d'un nouveau cime-
tière et aussi que le
curé de Beauharnois fut définitivement dé-
chargé de la desserte de Saint-Timothée.
Monsieur Michel Quintal
(1832-1840)
M. Tétreau fut remplacé à la cure de
Beauharnois s'honore toujours de compter Saint-Clément par M. Michel Quintal; il
parmi ses curés, le fondateur d'un collège arrivait de Saint-Damase où il fut rem-
classique, placé par son prédécesseur à Beauharnois,
28
HlS'toiRE RELIGIEUSE DE BeAUHARNOIS
M. Tétreau. Il était originaire de Boucher-
ville et avait fait ses études partie à Mont-
réal, partie à Nicolet. Ordonné prêtre en
1822, il fit du ministère comme vicaire
à Sorel, à Champlain, aux Trois- Rivières ;
comme curé à Saint-Damase (1825-1832).
Plus tard, il fut curé de Lanoraie (1840-
1850), de Saint-Luc (1850-1854); il se re-
tira du ministère en 1845 et mourut à
Boucherville, le 8 mars 1875.
A Beauharnois, il fut curé de 1832 à 1840.
Son souvenir y reste attaché aux événe-
ments de 1838. Ce n'est pas ici le lieu de
raconter en détail la part que prit Beauhar-
nois à la rébellion, mais il faut noter celle
qu'y prit le curé Quintal.
Le 3 novembre 1838, un groupe de "pa-
triotes" du village de Beauharnois s'empa-
rèrent du manoir seigneurial, conduisirent le
seigneur, son agent, les marchands "loya-
listes" en captivité à Chateauguay; Mada-
me EUice et sa suite furent enfermées au
presbytère de M. Quintal. Le lendemain,
le vapeur Henry Brougham, que l'on disait
rempli de soldats loyalistes, était envahi
par les patriotes et les passagers étaient à
leur tour confiés à M. Quintal; en tout, le
presbjrtère abrita 40 personnes; elles y res-
tèrent jusqu'au 11 novembre. Pour tout
ce personnel composé en majorité d'anglais
protestants, le curé Quintal fut d'une cha-
rité qui lui a mérité cet éloge d'un protes-
tant au-dessus de tout soupçon d'impartia-
lité: "They had noihing to complain of, the
priest, the Rev. M. Quintal, being exceedingly
kind."
Au procès des révoltés, en 1839, il témoi-
gna d'une grande loyauté à la couronne
britannique et d'une grande obéissance à
l'autorité épiscopale.
Monsieur Jean-Zéphirin Carton, V.G.
(1840 - 1844)
Le cinquième curé de Beauharnois fut
l'abbé Zéphirin Carron, originaire de Sainte-
Anne d'Yamachiche ou de la Rivière-
Ouelle. Avant de venir à Beauharnois, il
avait été secrétaire privé de Mgr Panet lors-
que ce prélat, bien qu'évêque de Québec,
était encore curé de la Rivière-Ouelle. Il
fut curé de Sainte-Foy, de l'Ile Perrot, de
Saint-Luc sur Richelieu, puis de Beauhar-
nois. Presque en même temps que cette
cure, il recevait ses lettres de vicaire-général
et de chanoine honoraire de la cathédrale
de Montréal.
Les contemporains'" louent son urbanité,
sa modestie, la rectitude de son jugement,
la variété de ses connaissances et l'onction
apostolique de son ministère.
Il passa à Beauharnois quatre années.
Elles furent marquées par un événement
important dans notre vie paroissiale, la
construction d'une nouvelle éghse. C'est
lui qui fit les démarches décisives à ce
sujet et qui commença l'œuvre que com-
plétèrent et achevèrent ses successeurs.
La tradition locale veut que le curé
Carron ait de longtemps pressenti sa fin.
Pendant la construction de l'église, il disait
souvent: "Je ne verrai pas mon éghse se
terminer." En effet, les murs du nouveau
temple s'élevaient à peine à la hauteur des
fenêtres, lorsque le curé Carron mourut,
après une courte maladie, le 19 juillet 1844.
Jusqu'à la fin, il fut homm^ de devoir: les
registres portent sa signature au bas d'un
acte de baptême, quelques jours à peine
avant sa mort.
Son service fut chanté par Mgr Bourget
dans la vieille église — ^le collège d'aujour-
(1) Lea Mélanges Religieux, 23 juillet 1844.
Le Personnel paroissial: les Curés
29
d'hui — ^mais on l'inhuma dans la nouvelle
église, le 22 juillet. Dans le nouveau cime-
tière, une station du chemin de la croix
rappelle son souvenir.
Il est le premier de nos curés qui soit
mort à Saint-Clément, et le premier défunt
qui ait été inhumé dans l'église actuelle.
Monsieur Pierre Viau, V.G.
(1844-1845)
Le successeur de Monsieur Carron fut
l'abbé Pierre Viau. Quant il vint à Beau-
harnois, il était vicaire-général de Montréal
depuis 1836 et avait déjà une carrière
ecclésiastique longue et honorée.
Né en 1784 à Saint-Régis, il avait fait ses
études partie à Montréal et partie à Nico-
let; ordonné prêtre le 3 décembre 1809, il
avait fait du ministère à Vaudreuil, à la
cathédrale de Québec, au Cap Saint-Ignace,
à Saint-Nicolas, à Yamachiche, à Saint-
François de la Rivière-du-Sud, à la Rivière-
Ouelle et à Saint-Sulpice ; il avait fait de
l'enseignement au séminaire de Québec, et
y avait été, pendant deux ans, directeur des
ecclésiastiques; pendant 10 ans(1826-1836) il
avait été vicaire-général de Québec ; à la cré-
ation du diocèse de Montréal, son diocèse
d'origine, il y était revenu, et de suite, insti-
tué grand-vicaire, le premier croyons-nous,
et U conserva ce poste jusqu'à sa mort.'"
A Beauharnois, il ne passa que quelques
mois; il les occupa à continuer la construc-
tion de l'église qu'il fit "fermer et couvrir."
Sentant diminuer ses forces, il obtint d'être,
pour toujours, déchargé du ministère curial.
II se retira à l'hospice Saint- Joseph de
Montréal où il mourut le 13 juin 1849.
Il fut un prêtre remarquable; homme
d'étude, il aimait les livres; sa bibliothèque.
(1) Mélangée Reliyieux, 13 juin 1849.
assure-t-on, était l'une des plus considé-
rables de l'époque; plusieurs collèges et
l'évêché de Montréal lui sont redevables de
précieuses collections. Homme apostolique,
il employa ses revenus au soulagement des
pauvres, à l'encouragement de l'éducation,
surtout à l'œuvre des vocations sacerdotales.
Son zèle le porta, même retiré du ministère
curial, à travailler au salut des âmes. Il
aimait à s'associer aux travaux de ses con-
frères. Volontiers, il prêchait des retraites.
Ce fut en terminant, à Longueuil, un de ces
pieux exercices qu'il se sentit frappé. Trois
mois de souffrances terminèrent cette belle
vie toute pour l'Ëglise et pour les âmes.
Monsieur Louis-David Charland, V.F.
(1845-1881)
Le septième curé de Saint-Clément fut
l'abbé Louis-David Charland. Son sé-
jour à Beauharnois fut d'une durée et
d'une 'activité qui font de lui le second
fondateur de notre paroisse. Quand il
vint à Beauharnois, en 1845, les murs de
l'église étaient à peine élevés; quand il se
retira du ministère en 1881, l'église était
achevée, un presbytère avait été construit,
un nouveau cimetière avait été établi; un
collège sous la direction des Frères des
Écoles Chrétiennes et un couvent sous la
direction des Sœurs des Saints Noms de
Jésus et de Marie donnaient l'instruction
aux enfants de la ville; un hospice recevait
les enfants et les vieillards pauvres; par un
heureux hasard, au cours des 36 années
d'administration du curé Charland, Beauhar-
nois connut une prospérité matérielle qu'il
n'a pas retrouvée; Saint-Clément, de village
se changea en ville; un district judiciaire
se forma qui eut Beauharnois comme chef-
lieu; le commerce des grains prit un essor
tel que notre marché ne fut pas loin
d'être le plus considérable de la Province
30
Histoire religieuse de Beauharnois
de Québec; dans ce cadre la figure du curé
Charland se détache avec un singulier relief.
Le curé Charland était né à Saint-Luc,
le 14 septembre 1809, d'Isidore Charland,
cultivateur, et de Marie- Anne Darche; il
fit son cours d'études classiques au collège
de Chambly où il eut comme compagnons
de classe Mgr Charles et Mgr Joseph
Larocque, plus tard évêques de Saint-
Hyacinthe; il fut
ordonné prêtre à
Montréal le 6 sep-
tembre 1835. Il fut
vicaire de Sainte-
Marie de Monnoir,
desservant de Saint-
André d'Argenteuil
en 1839, curé de Ri-
gaud de 1841 à 1845.
En cette dernière
année il fut institué
curé de Saint -Clé-
ment de Beauhar-
nois; il le fut jus-
qu'au mois de sep-
tembre 1881.
L'abbé Charland
était doué d'une
belle intelligence
qu'il cultiva par un
développement in-
tellectuel peu ordi-
naire; il avait l'esprit
vif et caustique; sa
conversation abondait en reparties pro-
verbiales.
D'un caractère vif, d'une franchise pres-
que rude, d'une nature impétueusement
généreuse, il ne faisait pas bon d'être d'un
avis différent du sien; il se départait rare-
ment d'un extérieur sévère qui faisait s'éloi-
gner ceux qui ne savaient pas pénétrer j us-
qu'au cœur bon, sympathique et tendre.
MESSIRE LOUIS-DAVIU CHARLAND
Septième curé de Saint-Clément
(184&-1881)
L'écorce était rude, le cœur était bon. A qui
avait su gagner son affection, il ne savait
rien refuser; c'est ainsi qu'un petit orphelin
irlandais, Michael Cayley, devint, grâce à lui,
avocat et député du comté de Beauharnois.
Il fut un orateur sacré de haute marque;
une belle connaissance de l'Écriture Sainte
et des auteurs ecclésiastiques, une voix
forte et souple tout ensemble, une âme
sensible et ardente,
donnaient à sa parole
une autorité et un
charme irrésistibles;
il excellait dans le
pathétique et le
véhément, mais il
savait aussi se servir
de l'ironie, du sar-
casme ou de la dou-
ceur; au surplus, par-
lant la langue an-
glaise avec une pu-
reté d'accent et une
richesse de vocabu-
laire qui laissaient
à deviner si elle
n'était pas sa langue
maternelle. En
chaire comme dans
les conversations
privées, il ne con-
naissait aucun mé-
nagement, il allait
au but, déclamant
contre les scandales, avec une force et une
fougue non toujours contrôlées, avec une
parole acerbe, que d'aucuns trouvaient
blessante. Par contre, les jours de grande
fête, son éloquence trouvait des accents
émus qui rencontraient une unanime admi-
ration.
Le curé Charland comprit l'importance
de l'éducation chrétienne de la jeunesse;
Le Personnel paroissial: les Curés
31
et c'est pour l'assurer aux enfants de
Beauharnois qu'il travailla et réussit à
confier à des religieux et à des religieuses
les écoles du village. En 1849, les Frères
des Ecoles Chrétiennes prenaient la di-
rection de l'école des garçons, dans l'an-
cienne église; en 1853 les Sœurs des Saints
Noms de Jésus et de Marie étaient chargées
de l'école des filles. Nous raconterons, au
chapitre des écoles, l'établissement et le
développement de ces deux communautés
à Beauhar-
nois; il suffit,
ici, d'attri-
buer au curé
Charland le
mérite de les
avoir établies.
C'est à lui
aussi que
Beauharnois
doit l'asiile
où, depuis
bientôt 60
ans, tant de
bien s'est opé-
ré; c'est lui
qui, en avril
1861 acquit de
John Swans-
ton le terrain
de l'hospice et en fit don aux Sœurs Gri-
ses de Montréal.
C'est sous son administration que les
paroisses de Saint-Louis-de-Gonzague et de
Saint-Étienne furent détachées de Saint-
Clément.
C'est aussi sous son administration que
l'église actuelle fut achevée ; quand il vint
à Beauharnois les murs et le toit étaient
à peine terminés, l'abbé Charland fit finir
l'intérieur, fit construire les tours et acheta
des cloches.
NOS DESSERVANTS:
l.-Messire Eugène Desmarals;
(1854)
En 1854, l'abbé Charland alla à Rome
pour les fêtes de la définition du dogme de
l'Immaculée Conception; Mgr Bourget l'y
avait amené comme compagnon. En son ab-
sence, la paroisse fut administrée par l'abbé
Eugène Desmarais, plus tard curé de Saint-
Placide, de Pointe-aux -Trembles et de Saint-
Louis où il mourut le 30 septembre 1901,
En septembre 1881, l'abbé Charland dut
abandonner le saint ministère; l'abbé
Siméon Rouleau fut desservant jusqu'à
l'arrivée du
nouveau curé.
Le curé dé-
missionnaire
se retira au
couvent des
Sœurs des
Saints Noms
de Jésus et de
Marie, dans la
partie ouest
dont la cons-
truction était
due en par-
tie à sa cha-
rité.
Il y mou-
rut, le 25 octo-
bre 1882. Il
fut inhumé,
deux jours plus tard,dans cette éghse pa-
roissiale qu'il avait tant aimée, si généreuse-
ment servie pendant trente-six ans, et où
son souvenir est fidèlement gardé.
Monsieur Martin-Raphaël Caillé-Jasmin
(1881-1886)
A la retraite de l'abbé Charland, en sep-
tembre 1881, l'abbé Martin - Raphaël
Caillé - Jasmin fut nommé curé de notre
paroisse Saint-Clément; depuis deux ans,
il était curé de Chateauguay. Précédem-
2.-Messlre Siméon Rouleau
(1881)
32
Histoire religieuse de Beauharnois
ment, il avait été curé de Saint-Janvier
(1869-1879), vicaire à Lavaltrie, à Laprai-
rie, à Mascouche, à Saint- Vincent-de-Paul
de l'Ile Jésus et à Saint-Jean d'Iberville;
pendant quelques mois, il avait été pro-
fesseur à Sainte-Thérèse. Son ordination
datait du 29 décembre 1861.
L'abbé Jasmin était originaire de Saint-
Laurent près Montréal. Il y était né le 12
novembre 1835, de
Raphaël Caillé -Jas-
min et de Marguerite
Meilleur.
Son séjour à Saint-
Clément fut mar-
qué par la construc-
tion de nouvelles or-
gues et des clochers,
des réparations au
presbytère, et la ve-
nue des Clercs de
Saint- Viateur.
Il mourut le 28
octobre 1886, après
quelques jours seu-
lement de maladie;
il fut inhumé dans
l'église paroissiale;
son cercueil est près
de celui de l'abbé
Charland, du côté de
l'Évangile.
Le curé Jasmin a
laissé, à Beauharnois,
le souvenir de sa bonté et de sa piété.
C'était un cœur très charitable, géné-
reux à l'excès. Sa piété envers le Sacré-
Cœur était remarquable; il aimait à prier
devant sa statue, et il le faisait avec une
confiance enfantine, simple et rayonnante
dont on se souvient encore, à trente ans
de distance.
MESSIRE M. -RAPHAËL CAILLÉ- JASMIN
Huitième curé de Saint-Clément
(1881-1886)
Monsieur Pierre-Eucher Lussier
(1886-1904)
Le neuvième curé de Beauharnois fut le
chanoine Pierre-Eucher Lussier. Il était
né à Boucherville le 21 octobre 1835,
d'Antoine L|U'ss,ier, cultivateur, et de
Marie- Anne Roch-Célérier; il fit ses études,
grâce à la protection de M. Pépin, curé de
Boucherville, au collège de Saint-Hyacinthe
et au séminaire de Montréal. Il fut or-
donné prêtre à Mont-
réal le 2 septembre
1860 par Mgr Bour-
get. Il fut d'abord
vicaire à Laprairie
(1860-1862) puis à
Boucherville, chez
son protecteur M.
Pépin, de 1862 à
1886. En 1868, il
partit avec le pre-
mier détachement
des Zouaves cana-
diens pour Rome ; il y
fut l'assistant de l'ab-
bé E. Moreau à l'au-
mônerie des Zoua-
ves canadiens; il
suivit aussi des cours
de droit canonique,
et le 17 août 1870 il
reçut le titre de doc-
teur. Le 20 septem-
bre de la même année
il fit, en compagnie
de M. Archambault, curé de Saint-Hughes,
et de M. Primeau, futur curé de Boucher-
ville, un pèlerinage aux Lieux Saints de
Jérusalem. Il revint au Canada en 1871.
Il fut d'abord vicaire desservant de Bou-
cherville jusqu'à la mort de M. Pépin, son
protecteur, le 29 décembre 1875. Appelé à
l'évêché de Montréal en janvier 1876, il fut
Le Personnel paroissial: les Curés
33
nommé, deux ans plus tard, chanoine et
chancelier du diocèse. En juin 1879, il était
desservant, puis en 1880, curé de Saint-
Henri-des-Tanneries; en 1882, Mgr Fabre le
nommait curé de Contrecœur. Enfin, en
1886, le Chanoine Lussier était nommé curé
de Saint-Clément de Beauharnois ; il resta à
ce poste pendant 18 ans, jusqu'au 1er octo-
bre 1904. A cette date, il se retira à l'hos-
pice Saint- Joseph, et
y mourut le 24 dé-
cembre 1911. Le 6
septembre 1910. dans
l'intimité du presby-
tère de Beauharnois,
il célébrait ses noces
d'or sacerdotales.
A Saint-Clément,
son administration
fut remarquable: au
presbytère il fit ajou-
ter une aile, pour la
construction de la-
quelle il prêta à la
fabrique $3,000.00 à
5% à fonds 'perdu,
et amena l'eau de
l'aqueduc ; à l'égli-
se il fit crépir les
murs, acheta une
nouvelle cloche,
procura de magnifi-
ques ornements, des
chandeliers, des
statues, des bannières, des vases sacrés.
Jusqu'à son arrivée à Beauharnois, seules
existaient la confrérie du Saint-Rosaire, la
société des Dames de Sainte- Anne, et celle
de la Tempérance ;'" quand il quitta la cure
en 1904, Saint-Clément avait V Union de
M. LE CHANOINE PIERRB-EUCHER LUSSIER
Neuvième curé de Saint-Clément
(1886-1904)
(1) Etablie en 1846, au cours d'une retraite, par les PP.
Brunet, Bourassa, Fiset et Guigues, O.M.I. Ce dernier
devint, l'année suivante, 1er évêque de Bytown (Ottawa).
Prières, la Congrégation des Enfants de
Marie (1887) l'archiconfrérie du Très Saint
et Immaculé Cœur de Marie, la Petite
Ligue (1889), la confrérie du Scapulaire
du Mont-Carmel (1887), la Sainte-Famille
(1892), V Adoration perpétuelle — adoration
tous les vendredis (1890), Le Tiers-Ordre de
Saint - François, le Pain de Saint-An-
toine (1894), l'œuvre de Saint - François
de Sales, l'œuvre de
la Propagation de
la Foi, l'œuvre de la
Sainte - Enfance. A
l'hospice, il donna
de fortes sommes
pour aider à la cons-
truction de l'aile
nouvelle où il vint
mourir.
A la tête de la pa-
roisse, il fit si bien
qu'à la fin de son
administration, la
fabrique adopta, à
l'unanimité de ses
membres, la résolu-
tion suivante: "At-
tendu que depuis
bientôt 18 ans, M.
P.-E. Lussier est
curé de cette parois-
se et président de
cette fabrique; at-
tendu que durant ce
laps de temps, les rapports les plus paisibles
et les plus sympathiques ont toujours
existé entre le dit curé et les marguilUers
de cette paroisse comme avec tous les fa-
briciens et les paroissiens; attendu les nom-
breux services rendus à cette paroisse, spé-
cialement à cette fabrique, par le dit curé
qui, en même temps que président, a
tenu les comptes de la dite fabrique au
34
Histoire religieuse de Beauharnois
nom et à la place du marguillier en charge
et à la satisfaction de tous les intéressés;
attendu que l'assemblée de ce jour est la
dernière sous la présidence du dit M. P.-E.
Lussier, je, Ferdinand Leduc, propose, se-
condé par Ovila Daoust, que cette assem-
blée des anciens et nouveaux marguilliers
offre à M. P.-E. Lussier ses plus sincères re-
merciements et lui assure, au nom de tous les
paroissiens, un long souvenir reconnaissant."
Cet hommage officiel était mérité; et le
long souvenir reconnaissant n'est pas près
de disparaître; au contraire, il suffit de
causer avec un paroissien de Saint-Clément,
pour se convaincre que le souvenir du
père Lussier y reste vivace; les parents se
font un devoir de piété familiale de trans-
mettre à leurs enfants et de perpétuer
ainsi la mémoire de leur ancien curé.
Quelle est donc la raison de l'extraordi-
naire attachement des gens de Beauharnois
à la mémoire de ce prêtre ? D'autres furent
plus éloquents, firent plus d'oeuvres, admi-
nistrèrent plus longtemps la paroisse;
entre tous pourtant, il émerge. C'est que
cet homme fut bon; la bonté, la bien-
veillance, fut la note caractéristique de son
tempérament et de sa vie; d'autres furent
bons, lui le fut excellemment.
Sa bonté d'âme se tournait d'abord
vers Dieu pour le remercier: De stercore
erigens pauperem, écrivait-il un jour de
lui-même, en rappelant comment Dieu, de
la pauvreté, l'avait élevé au sacerdoce.
Elle allait ensuite à sa mère: "J'étais un
pauvre qui n'avait d'autre mérite que
d'aimer beaucoup à servir la messe basse.
Je me trompe, j'avais un grand mérite car
Dieu m'avait fait don d'une mère, je devrais
dire d'une sainte mère; que Dieu bénisse ma
pauvre mère, c'est elle qui me val,Ut la pro-
tection si honorable du curé qu'elle véné-
rait." Ces dernières lignes s'adressaient
au curé Pépin, dont M. Lussier fut le pro-
tégé de choix; rarement protection plus
intelligente causa reconnaissance plus
touchante. Monsieur Lussier s'attacha à
son bienfaiteur comme un fils à son père;
à deux reprises, de 1862 à 1868, puis de
1871 à 1876, il le servit comme vicaire,
puis comme desservant, avec un dévoue-
ment tout fiUal; dans son dernier séjour
à Boucherville (1871-1876) l'abbé Lussier
fut vraiment le curé de la paroisse; il
voulait à force de labeur et de dévouement
témoigner à son protecteur l'intensité de
sa reconnaissance: il resta avec lui jusqu'à
sa mort. Par une délicate attention de
Mgr Fabre, les deux seuls témoins men-
tionnés personnellement dans le procès-
verbal de la sépulture de M. Pépin, sont
ceux de l'honorable C.-B. de Boucherville,
premier ministre de la Province de Québec,
et de "messire Pierre-Eucher Lussier, pro-
tégé et aide du vénérable défunt depuis
quelques années."
De ce qu'il avait beaucoup reçu de
Dieu, de ses parents et de son protecteur,
le chanoine Lussier se crut obligé de donner
aux autres; sa vie sacerdotale fut un don
continuel surtout de lui-même.
Jeune prêtre, il accompagna à Rome les
Zouaves Canadiens; il s'y fit tout à tous,
s'ingéniant à rendre service, à désennuyer,
à soigner les malades, à secourir d'une
bonne aumône, à procurer des livres, en
outre de ses devoirs essentiels de chapelain
pour l'administration des sacrements.
Vicaire ou curé, la même bonne cha-
rité l'accompagna sans cesse: '^ J'aimerai
tellement mes paroissiens, disait-il en com-
mençant sa carrière de curé à Saint-
Henri, qu'ils finiront par m'accorder tout
ce que je leur demanderai." Ce mot révèle
Le Personnel paroissial: les Curés
35
MONSIEUR LE CHANOINE THÉODULE NEPVEU, V. F.
Dixième curé de Saint-Clément
(depuis 1904)
Le Personnel paroissial: les Curés
37
l'homme et explique ses succès. En vérité
il a aimé ses paroissiens de Saint-Clément;
eux-mêmes, dans l'adresse d'adieu qu'ils
lui présentaient le 25 septembre 1904,
l'ont proclamé: "Pour les affligés, vous
étiez un tendre père; vous mettiez votre
bonheur à compatir à nos épreuves et à
partager nos deuils; les malades que vous
avez visités et assistés vous garderont un
éternel souvenir; vous avez aimé les pau-
vres; votre bourse, comme une maison
sans porte, était toujours à la disposition
des nécessiteux, les ténèbres de la nuit
n'ont pas pu tout cacher;*" les petits
enfants désiraient se trouver sur votre
passage; vous les vouliez nombreux près
de vous pour les bénir, les encourager et
les conduire; vous avez cherché, avec pru-
dence et avec de sages ménagements, à
étabUr le règne de Dieu; vous avez fondé
de pieuses confréries pour les hommes, les
femmes et les enfants; votre hospice avec
ses orphelins et ses infirmes est devenu
votre maison de prédilection; le collège
et le couvent ont reçu tout votre encou-
ragement; la Fabrique, par votre sage
administration, est maintenant libérée de
toutes ses dettes et en plus, l'église a été
enrichie d'habits et d'ornements somptueux;
et la maison curiale a été agrandie et
pourvue d'améliorations modernes."
Un ancien zouave pontifical a écrit:
"Nous aimant tous, il se faisait aimer de
nous tous"; ce jugement porté sur l'au-
mônier, nous le retiendrons, quand nous
penserons à Monsieur le chanoine Pierre-
Eucher Lussier, neuvième curé de Beau-
harnois.
(1) Allusion à une rencontre, en pleine nuit, d'un médecin
de Beauhamois allant aux malades, et du curé Lussier portant
sur 8on dos un sac de provisions pour les pauvres.
Monsieur le Chanoine Théodule Nepveu,
Vicaire Forain
(1904)
En répondant à l'adresse d'adieu de
ses paroissiens, le curé Lussier disait:
"Si j'eusse eu à choisir moi-même mon
successeur, c'est lui (M. Nepveu) que
j'aurais désigné à Sa Grandeur." Il est
bien délicat de parler des vivants, même
quand les éloges qu'on voudrait leur dé-
cerner sont parfaitement mérités; mais
après 16 années d'administration de Mon-
sieur le curé Nepveu, nul n'est tenté de
contredire aux paroles par lesquelles son
prédécesseur annonçait sa venue à Beau-
hamois; au contraire, les paroissiens de
Saint-Clément vénèrent et estiment le pas-
teur dévoué, sage, discret qu'en octobre
1904, leur envoyait Monseigneur l'évêque
de Valleyfield.
Monsieur le Chanoine Théodule Nepveu
est né à Sainte-Scholastique, comté des
Deux-Montagnes, le 25 décembre 1863;
son père était Augustin Nepveu, culti-
vateur, et sa mère, Arthémise Lafrance-
Darragon; il a fait ses études classiques à
Sainte-Thérèse; il fut ordonné prêtre à
Montréal, par Mgr Fabre, le 26 mars
1887; il a été vicaire à Huntingdon, en
1887, au Mile-End (1887-1888), à Sainte-
Cunégonde de 1888 à 1892. En 1892, peu
après l'érection du diocèse de Valleyfield,
il remplaçait, à la cure d'Huntingdon,
Monsieur C.-A. Santoire, nommé curé de
la cathédrale et vicaire-général; après 12
ans d'administration, il était promu à
la cure de Saint-Clément de Beauhamois.
En 1908, il accompagnait Mgr l'évêque
de Valleyfield au Congrès eucharistique
de Londres. Il fut sous-promoteur, puis
promoteur à l'officiaUté diocésaine; à la
retraite de M. Chaput de la cure de Cha-
38
HiSTOIHE RELIGIEUSE DE BeAUHARNOIS
teauguay, il fut nommé vicaire-forain; en
janvier 1920, à l'érection du chapitre dio-
césain, Mgr l'évêque dé Valleyfield le
nommait chanoine titulaire.
Depuis son arrivée à Beauharnois, Mon-
sieur le Chanoine Nepveu a marqué son
administration par d'importants travaux.
Il a réalisé le projet formé par son précé-
cesseur d'un nouveau cimetière qui est l'un
des plus beaux de la province; il a procuré
la sécurité des archives paroissiales par la
construction de parfaites voûtes de sûreté;
il a amélioré le logement des vicaires par
d'importantes réparations au presbytère;
pour donner plus de solennité aux céré-
monies reUgieuses, il a promu le culte du
chant d'église; il a puissamment aidé à la
formation d'une fanfare paroissiale remar-
quable; surtout il a fait faire à notre église
paroissiale des réparations qui en ont re-
nouvelé l'intérieur et que nous rappellerons
plus loin: pour toutes ces œuvres que la
générosité des paroissiens lui a permis d'ac-
complir, et aussi à cause de la sagesse de
son administration, de sa ponctuaUté pro-
verbiale, de son dévouement au bien-être
spirituel et temporel de la paroisse, que
son séjour à Beauharnois soit long comme
durable y sera son souvenir!
LES VICAIRES
C'est très haut dans l'histoire rehgieuse
de Beauharnois que l'on constate le désir
des paroissiens d'avoir un vicaire; la des-
serte simultanée de Saint-Clément, de Saint-
Timothée et de Sainte-Martine, avec le
surcroît de besogne qu'elle imposait au
curé de Saint-Clément, puis, peu à peu,
l'importance croissante de Beauharnois,
firent éprouver le besoin d un deuxième
prêtre. En 1832, le notaire Leblanc pre-
nait sur lui de demander à Mgr Lartigue,
alors vicaire-général de Québec pour le
district de Montréal, un vicaire, et Mgr
Lartigue de répondre "qu'il n'en peut
donner actuellement." En 1839, les Ir-
landais catholiques demandaient qu'on leur
députât un prêtre auxiUaire qui les des-
servît dans leur langue.
Toutefois, ce ne fut qu'en 1844 que
Saint-Clément reçut son premier vicaire;
notre paroisse le dut probablement, aux
travaux du canal; la construction du canal
de Beauharnois, en effet, amena dans la
paroisse Saint-Clément un grand nombre
d'étrangers, au point qu'en 1844 une cha-
pelle fut érigée; pour faire face à tous ces
besoins nouveaux, un prêtre ne suffisait
pas. C'est alors que l'évêque de Montréal
députa à Beauharnois comme vicaire de
l'abbé J.-B. Bourassa, curé de Chateau-
guay, et desservant de Beauharnois à la
mort de M. Carron, l'abbé Fabien-Sébastien
Jeannotte; sa première signature comme
"vicaire de la paroisse" est du 26 août
1844, sa dernière, du 18 septembre. Il
ne passa donc à Beauharnois que quelques
semaines. L'abbé Jeannotte devint en 1846
curé de Sainte-Mélanie; il le fut pendant
41 ans, se retira du ministère en 1887, et il
mourut en 1907, âgé de 87 ans, après 63
ans de vie sacerdotale.
Après l'abbé Jeannotte, les vicaires se
sont succédé à Beauharnois, comme il suit:
1844 - 1846; l'abbé Antoine Fleury-
Groulx (1819-1868) plus tard curé de
Saint-Benoît, de l'Ile Perrot, de Saint-
Jérôme.
1846 - 1847: l'abbé François-Xavier
Caisse (1822-1881) directeur du collège
de Chambly, plus tard curé de Saint-Bruno,
de Saint-Jacques-le-Mineur, de Saint-Hi-
laire, de l'Epiphanie, et pendant 17 ans,
procureur du collège de l'Assomption.
Le Personnel paroissial: les Vicaires
39
GROUPE DE vicaires
Messieurs F.-S. Jeannette (14).— F.-X. Caisse (3).— Urg. Archambault (16).— A.-A. Toupin (12).— F. Perrault (4).^. Loner-
gan (19).— L.-A. Picard-Dequoy (20).— F.-X.-L. Vézina (8).— J.-L. Mongeau (21).— P. Fortin (17).— J.-C. Daigneault (2).—
F.-X. Geoffroy (9).— J.-B. Beauchamp (13).— L.-A. Lavoie (10).— F.-X. Sauriol (16).— P. Bérard (7).— M. Martineau (6).—
P. Godin-Châtillon (6).— R.-M. Descarries (1).— J.-B. Bourget (11).
Le Personnel paroissial: les Vicaires
41
1847 - 1849: l'abbé Nazaire Hardy
(1823-1894) premier curé de Saint- Louis-de-
Gonzague et de Saint-Roch sur Richelieu.
1849 - 1850: l'abbé William Dolan
(1810-. . . .) irlandais d'Irlande; passa aux
Etats-Unis après son vicariat de Beau-
harnois.
1850 - 1851: l'abbé Guillaume Fitzge-
rald (1822- . . . . ) curé de Durham et assis-
tant-curé de Saint-Georges d'Henryville.
1851 - 1852: l'abbé Urgel Archambault
(1827-1899) futur curé de Saint-Urbain de
Chateauguay et de Saint-Félix-de- Valois,
où il meurt en 1900.
1852 - 1853: l'abbé François-Antoine-Al-
fred ToupiN (1825-1877) curé - fondateur
de Saint-Placide.
1853-1862: l'abbé Félix Perrault (1808-
1883) curé de Saint-Georges d'Henryville
pendant la rébellion 1837-1838, de Saint-
Chrysostôme et de Sainte-Philomène de
Chateauguay.
1858 - 1859: l'abbé Jacques Lonergan
(1834-1905) professeur du Collège de Sainte-
Thérèse, directeur du Collège de Chambly,
plus tard, aumônier du pénitencier de
Kingston, curé d'Hochelaga et de Sainte-
Brigide à Montréal.
N.-B. A partir de cette date, Beauhar-
nois a eu habituellement deux vicaires.
1862 - 1863: l'abbé Louis-Alfred Picard-
Dequoy (1834-1894) plus tard curé de
Sainte-Adèle, de Saint-Placide et de La-
noraie. Il avait été ordonné prêtre en
juillet 1859 à Chateauguay, où son frère
était curé.
1863: l'abbé François-Xavier-Louis VÉ-
zina (1837- . . . .) desservant de Saint-Sta-
nislas en même temps que vicaire de Saint-
Clément, plus tard curé de Sainte-Justine
de Newton.
1863 - 1864: l'abbé Joseph-Louis Mon-
GEAU (1835-1888) plus tard chanoine de
la cathédrale de Montréal et curé de
Saint-Rémi de Napierville.
1863 - 1866: l'abbé Pierre Fortin (1837-
1885) plus tard curé de Sainte-Agnès de
Dundee et de Saint-Basile de Chambly.
1864 - 1867: l'abbé Joseph-Camille Dai-
GNEAULT (1839-1904) plus tard curé de
Saint-Michel-des-Saints et de Sainte-Julie
de Verchères.
1866 - 1868: l'abbé François - Xavier
Geoffroy (1835 - 1898) plus tard curé
d'Hemmingford et de Saint-Paul de Jo-
liette.
1867: l'abbé Jean-Baptiste Beauchamp
(1841- ) plus tard curé de Saint-Téles-
phore.
1868: l'abbé Louis- Amable Lavoie (1836-
1901) plus tard curé d'Alfred, Ont.
1868 - 1869: M. l'abbé François-Xavier
Sauriol (1837) plus tard directeur du
collège de Varennes, curé de Sainte-Adèle,
de Sainte-Marthe pendant une tren-
taine d'années; assesseur dans l'ofïicialité
diocésaine de Valleyfield, et vicaire forain;
actuellement retiré dans sa paroisse natale,
Sainte-Rose de Laval.
1868 - 1871: l'abbé PhiUppe Bérard
(1840-. . . .) plus tard curé de Saint- Jean-
de-Matha.
1871 - 1872: l'abbé Marcel Martine au
(1847- . . . .) plus tard entra chez les Pères
Jésuites; fut premier curé de Nominingue;
il est l'auteur de la généalogie de la Fa-
mille Martineau-Lormière.
1872 - 1873: M. l'abbé Pierre Godin-
Chatillon (1843) plus tard curé de Saint-
Philippe d'Argenteuil où il a construit une
église, de Luskville et de Wendover, actuel-
lement retiré à l'hôpital de Buckingham.
42
Histoire religieuse de Beauharnois
1873: l'abbé Pierre Lefebvre (1848-
1896) plus tard vicaire à différentes paroisses
de Montréal.
1873 - 1875: M. le chanoine Rémi-Marie
Descarrie (1845-1920) plus tard vicaire
de Saint-Jean-Baptiste-de-Montréal, des-
servant de Saint-Henri de Montréal, vi-
caire aux États-Unis; depuis 1883, curé
de Saint-Henri de Montréal; chanoine ho-
noraire de la cathédrale de Montréal,
vicaire forain, assesseur de l'officdalité dio-
césaine.
1875: l'abbé Jean - Baptiste Botjrget
(1840-. . . . ) plus tard curé de Saint- Janvier.
1875 - 1876: l'abbé Gaspard Bérard
(1848-1897) plus tard curé de Saint-André
d'Argenteuil et de Saint-Clet.
1876 - 1878: l'abbé Êlie Martel (1847-
1893) plus tard curé dans le Michigan.
1878 - 1881 : l'abbé Louis-Théophile Des-
CARRIES (1849-....) plus tard, curé fon-
dateur de Saint-Adrien-de-Ham, curé de
Valcourt d'où il a fondé Sainte-Marie
d'Êly et Racine.
1878: l'abbé Pierre Pelletier (1851-
. . . . ) plus tard curé de Lachenaie et de
Saint-Félix-de- Valois .
1878 - 1879: Monsieur l'abbé Joseph-
Octave RoussiN (1855) plus tard curé de
Valleyfield, de Sainte-Adèle, et depuis 1899,
de la Pointe-aux-Trembles de Montréal.
1879 - 1880: l'abbé Joseph-Edouard Ga-
DOURY (1851-1904) plus tard curé de Sa-
lem, Mass., É.-U.
1880: Monsieur l'abbé Joseph-Edouard
Prieur (1853) plus tard curé de Sainte-
Sophie et de Saint-Édo'iiard; actuellement,
chapelain à la ferme Youville des Sœurs
Grises d'Ottawa, à Orléans, Ont.
1880 - 1881: l'abbé Onésime Lacha-
PELLE, plus tard curé de Lanoraie.
1881-1882: l'abbé Thomas-Napoléon Le-
MoYNE (1847-1905) plus taj-d curé de
Fort-Coulonge.
1882 - 1885: l'abbé Azarie Provost
(1848-1907) plus tard curé à la Pointe-aux-
Trembles.
1886 - 1890: Monsieur l'abbé Joseph-
Edouard Contant (1859), plus tard curé
de Sainte-Adèle, et de Maisonneuve depuis
1907 ; vicaire forain.
1887 : l'abbé Louis-Napoléon-Alphonse
Gravel (1859-1896) plus tard aumônier
des Sœurs de la Providence à Montréal.
1887 - 1888: l'abbé Joseph Forest, plus
tard curé dans le Maine.
1888 - 1891: le Chanoine Damase La-
fortune (1858- . . . .) depuis, curé de l'Ile
Dupas, de la Cathédrale de JoUette et de
Saint-Paul de Joliette, chanoine de la Ca-
thédrale de Joliette.
1890-1893: l'abbé Jean-Baptiste-Edmond
Jeannot-Lachapelle (1860-. . . .) depuis,
curé du T. -S. Rédempteur et de Saint-
Urbain-Premier.
1891 - 1895: Monsieur l'abbé Octavien
Lagacé (1864) depuis aumônier de l'hos-
pice Gamelin et de l'hospice Saint-Benoît.
De nouveau, vicaire en 1897.
1893 - 1897: M. l'abbé Adélard Fer-
re ault (1863) depuis, curé de Sainte-
Philomène de Chateauguay et de Saint-
Timothée.
1895 - 1899: M. l'abbé Herménégilde
Tremblay (1864) depuis, desservant à
Bellerive, curé à Howick, desservant aux
Cascades, curé au Côteau-Station, retiré
au Côteau-du-Lac.
1897 - 1898: M. l'abbé François-Xavier
Martin-Pelland (1861) depuis, curé de
Sainte-Barbe et de Saint-Étienne de Beau-
harnois.
Le Personnel paroissial: les Vicaires
43
GROUPE DE vicaires
M. J.-O. Uoussin (3).— M. J.-K. Gadoury (4).— M. J.-E. Prieur (8).— M. T.-N. LeMoyne (6) — M. A. Provost (7).— M. J.-E. Contant (22),—
M.U-. Lafortune (5).— M. J--B. Lachapelle (11).— M. O. I^gacé (10) —M. A. Perreault (12).— M. H. TrembUy (20).— M. F.-X. Pelland (17)— M.
J.-E. Qauthifir (»).— M. J.-H. Martel (21).— M. J.-A. Lacerte (14).— M. V. Primeau (13).— M. L.-M. Borrel (19).— M. L. Lafranoe (18).— M.
L. Rolland (16).— M. F.-A. Thibaudeàu (1«).— M O. Déliais (1).— M. D. Saint-Aubio (2).
Le Peesonnel paeoissial: les Vicaires
45
1898-1912: M. l'abbé Joseph-Exéas Gau-
thier (1873) depuis, curé de Notre-Dame
de Bellerive où il a construit une église et
un presbytère.
1900-1903: M. l'abbé Joseph-Hormisdas
Martel (1868) depuis, curé du T.-S.
Rédempteur et de Saint-Clet.
1903 - 1904: M. l'abbé Joseph- Avila
Lacerte (1872) depuis, curé de Sainte-
Agnès de Dundee.
1904 - 1906: M. l'abbé Augustin Ber-
trand (1874) plus tard, au ministère aux
États-Unis.
1906 - 1908: M. l'abbé Victor Primeau
(1883) depuis, curé à Chicago, Ë.-U.
1908 - 1911: M. l'abbé Louis-Marie
BoRREL (1872) depuis, vicaire de Saint-
Enfant-Jésus du Mile-End.
1911 - 1912: M. l'abbé Lucien Lafrance
(1888) depuis, vicaire à Saint-Louis-de-
Gonzague et au Côteau-du-Lac.
1912 - 1916: M. l'abbé Louis Rolland
(1884) depuis, vicaire à Saint -Jean-Chry-
sostôme et à Saint-Poly carpe.
1912-1913: M. l'abbé F.-ArthurTmBAu-
DEAU (187.-1918) depuis, vicaire à Rigaud,
curé à Pointe-Fortune, mort en novembre
1918, victime de l'épidémie de grippe es-
pagnole.
Les deux vicaires actuels de Beauharnois
sont M. l'abbé Octave Delisle, depuis 1913;
M. l'abbé Damien Saint- Aubin, depuis 1916.
De tous ces prêtres qui, comme curés,
desservants ou vicaires ont été préposés
au soin spirituel des paroissiens de Beau-
harnois, que le souvenir se conserve et se
perpétue !
Et maintenant, il nous faut faire la
nomenclature des prêtres, des religieux
non-prêtres et des religieuses nés ou élevés
à Beauharnois.
PRÊTRES DE BEAUHARNOIS
Depuis sa fondation en 1819, la pa-
roisse Saint-Clément de Beauharnois a
donné à l'Église quinze prêtres; voici
quelques notes biographiques sur chacun
d'eux, d'après l'ordre chronologique.
L'abbé Wenceslas Clément naquit à
Beauharnois le 14 septembre 1824; son
père est Amable Clément. Il fut ordonné
prêtre à Montréal le 29 août 1847. Il
fut curé de Milton (1848-1849); premier
curé de Dunham (1850) premier curé de
Sainte-JuUenne (1850-1852) de Saint- Alexis
de Montcalm (1852-1881) curé de Saint-
Norbert de Berthier (1881-1884) de Saint-
Gabriel de Brandon (1884-1899). En 1899,
il se retira à Saint-Damien de Brandon.
Quelques années plus tard, il se retira
dans une retraite et un silence plus com-
plets à l'hôpital des Incurables de Notre-
Dame-de-Grâce ; c'est là qu'il mourut,
le 2 avril 1906, dans la 83ième année de
son âge, et la 60ième année de sa vie
sacerdotale; il était le doyen des membres
du clergé séculier du diocèse de Montréal.
Dans les différents postes qu'il occupa,
notamment à Saint-Gabriel de Brandon,
il a laissé le souvenir d'un ministère et
d'une vie vraiment apostoliques: "C'est
vraiment un saint prêtre que nous per-
dons", disait, à la mort de l'abbé Clément,
Monseigneur l'Archevêque de Montréal.
Sa modestie et sa simplicité étaient
admirables; les paroissiens de Saint-Ga-
briel durent faire violence à sa volonté
pour lui faire accepter la célébration de
ses noces d'or sacerdotales. Après avoir
été curé-fondateur de Saint-Alexis des
Monts pendant vingt-neuf ans, il crut
n'être pas aimé de ses paroissiens; pen-
sant qu'un autre prêtre y ferait plus de
bien il demanda à son évêque un change-
46
Histoire religieuse de Beauharnois
ment de cure. Dès qu'ils apprirent qu'un
départ était possible, les paroissiens de
Saint-Alexis signèrent unanimement une
requête en faveur du maintien de leur curé
à son poste. Un seul paroissien refusa de si-
gner, indifférent qu'il était à tel ou à tel
curé.
A Saint-Gabriel de Brandon, son sé-
jour de 15 années fut marqué par son zèle
pour l'instruction populaire; il paya une
partie des frais de construction de l'agran-
dissement du couvent.
Son successeur d'aujourd'hui à la cure
de Saint-Gabriel a pu lui rendre ce témoi-
gnage qui est le plus éloquent des éloges:
"il a laissé une réputation de saint; sa
mémoire est encore en vénération chez
ses anciens paroissiens."
L'abbé Joachim Malette, né à Beau-
harnois le 13 mai 1850, était fils de Jean-
Louis Malette, boucher, et de Zoé Noël-
Çliche. Il fit ses études primaires à l'école
des Frères des Écoles Chrétiennes du village,
et ses études secondaires au petit sémi-
naire de Sainte-Thérèse; il fut ordonné
prêtre à Saint-Antoine- Abbé le 16 juillet
1877. Il fut vicaire de Sainte-Philomène de
Chateauguay (1877-1878), à Saint-Paul
l'Ermite (1878-1880); professeur au petit
séminaire de Sainte-Thérèse (1880-1886);
vicaire à Saint-Charles de Montréal (1886-
1887); curé à Saint-Hippolyte de Kil-
kenny (1887-1893); curé de l'Ile Bizard
(1893-1906) où il est mort d'un cancer
à l'estomac, le 2 avril 1906.
Ses paroissiens ont gardé le souvenir de
ses quatorze ans de travail au milieu d'eux;
il leur fut toujours un conseiller sincère et
dévoué; orateur sans prétention, mais d'une
grande facilité de parole, d'une simplicité
qui attirait jusqu'aux plus humbles, d'une
remarquable connaissance du coeur hu-
main, qui lui en faisait scruter et deviner
les besoins, d'une bonté qui savait com-
patir à toutes les souffrances, d'une fran-
chise qui ne connaissait aucune acception
de personnes, d'une rigidité de principes
qui ne savait pas reculer devant le devoir
si pénible fût-il, il fut un pasteur d'un
dévouement inlassable, un vrai prêtre de
Jésus-Christ.
L'abbé Joachim Malette, nature rude,
était doué d'un coeur sensible, bon, recon-
naissant; il fut toujours fier de ses parents,
bien qu'ils fussent de condition modeste.
Ses contempjorains de collège ont gardé le
souvenir des visites du père Jean-Louis
Malette à son fils étudiant ou surveillant;
un jour, les élèves de Saint-Thérèse voient
arriver dans la cour de récréation un vieil-
lard très pauvrement vêtu, et les élèves de
sourire tout en allant chercher M. Joa-
chim Malette, qu'il demande : M. Ma-
lette descend sans savoir qui le de-
mande: à la vue du vieillard, M. Malette
se hâte, presse avec émotion les mains du
vieillard en disant: "Bonjour, papa, comme
je suis heureux de vous voir." Et les élèves
qui tantôt souriaient, maintenant d'admi-
rer le respect filial de leur surveillant qui,
même sous des haillons, avait reconnu son
père et n'avait pas rougi de lui devant un
auditoire d'élèves. Ce trait achève de
peindre, croyons-nous, le caractère de notre
concitoyen.
Le troisième prêtre né à Beauharnois est
Monsieur l'abbé David Grenier, baptisé
dans l'église de Saint-Clément le 19 no-
vembre 1859. Monsieur Grenier a fait ses
études au collège Bourget de Rigaud; il a
été ordonné prêtre dans l'église de Saint-
Isidore de Prescott, par Mgr Duhamel, le
15 janvier 1891. Il a été professeur de belles-
lettres à son aima mater; vicaire à Notre-
Le Personnel paroissial: les Prêtres nés a Beauharnois
47
PRÊTRES DE LA PAROISSE SAINT-CLÉMENT
(1) T. R. P. M.-E. Marchand, O.P.— (2) M. D. Grenier.— (3) R. P. A.-A. Leduc, O.P.— (4) M. A. Hébert.— (5) M.
Mailloux.— (6) M. L. Blondin.— (7) M. W. Clément.— (8) M. G. MaiUoux.— (9) M. F.-X. Tisseur.
(10) M. G. Bonnier.— (11) M. A. Goyette,— (12) M. J. Malette. (13) M. E. Maheu.
L
-,.
Le Personnel paroissial: les Prêtres nés X Beauharnois
49
Dame de Worcester; desservant au Saint-
Rosaire de Gardner, Mass; vicaire à Saint-
Joseph de Cleghorn, de Fitchburg (1892-
1894); vicaire à Notre-Dame de Pittsfield;
desservant à Guilbertville, Mass, de 1895
à 1901; vicaire à Notre-Dame de North
Adams, Mass., de mai 1901 à mai 1904;
depuis 1904, curé de Notre-Dame de Wor-
cester, Mass.
Le quatrième prêtre originaire de Saint-
Clément est l'abbé Léonide S. Blondin.
Il y naquit le
15 février
1862, de Louis
Blondin et
de Margue-
rite Pinault.
Il fit ses étu-
des aux écoles
de Beauhar-
nois, au col-
lège Bour-
getdeRigaud,
au grand
séminaire
d'Ottawa. Il
fut ordonné
prêtre dans
la Cathédrale
d'Ottawa par
Mgr Duhamel, le 8 février 1891, et curé de
Martindale, de 1892 à 1905, année de sa
mort.
Monsieur l'abbé François-Xavier Tis-
seur, actuellement curé de Saint-Ignace de
Côteau-du-Lac, est né à Beauharnois, dans
le rang Saint-Georges, le 3 décembre 1868,
de Jean-Baptiste Tisseur et de Marie Bour-
sier; il a fait ses études à la petite école du
rang, à l'école des Frères de Saint-Louis-de-
Gonzague, au petit et au grand séminaire
de Montréal. Il fut ordonné dans notre
église paroissiale, le 3 décembre 1893, par
Monseigneur Émard; le sermon d'ordina-
PRÊTRES NÉS A
M. A. Dupras^ T. R.
tion fut donné par feu M. François Reid.
Monsieur l'abbé Tisseur a exercé le mi-
nistère à l'évêché de Valleyfield (1893-
1894); à Saint-Urbain de Chateauguay
(1894); à Saint-Jean Chrysostôme (1894-
1897) ; au Côteau-du-Lac (1897-1898) ; il fut
professeur au collège de Valleyfield pendant
l'année scolaire 1898-1899; vicaire à Rigaud
(1899-1905); de 1905 à 1913 curé fondateur
de PointeFortune; depuis 1913, curé de
Côteau-du-Lac.
Le T. Révé-
rend Père Ré-
ginald - Zenon
DUPRAS, O.P.
est né à Beau-
harnois le 28
août 1877, de
Louis D u -
p r a s , forge-
ron, et de Ra-
c h e 1 Lamar-
re; il a fré-
quenté l'école
paroissiale de
Maisonneuve,
dont il fut le
premier s e r -
vant de messe,
puis l'Acadé-
mie des Frères de Sainte - Croix, à Ho-
chelaga, l'Académie La Salle à Ottawa,
le collège de Sainte-Thérèse et le collège
de Montréal. Entré chez les Dominicains,
à Saint-Hyacinthe, en 1899, il y prononça
ses vœux en 1900, fut ordonné prêtre en
1904; il fut vicaire à Saint-Hyacinthe de
juillet 1906 à février 1907, procureur à
Québec et à Montréal, supérieur à Mon-
tréal du 6 août 1917 au 27 août 1919; actuel-
lement Prieur au couvent de Fall-River.
Monsieur l'abbé Aimé Dupras, frère
du précédent, est né à Beauharnois le
14 mars 1879; il a fréquenté l'école pa-
BEAUHARNOIS
P. R. Z. Dupras, O.P
\
50
HlSTOIKE RELIGIEUSE DE BeAUHARNOIS
roissiale de Maisonneuve, F Académie d'Ho-
chelaga, l'école de Saint-Urbain, de Marl-
boro, Mass, É.-U., le collège Sainte-Thé-
rèse et le grand séminaire d'Ottawa; il a
été ordonné prêtre en 1907, a fait du vica-
riat à Embrun, a été curé à Mayo, à Carls-
bad Springs et à Saint-Pascal-Baylon de
Russell, où il est depuis Pâques 1919.
Mpnsieur l'abbé Gustave Mailloux,
actuellement curé de Saint-Antoine-Abbé,
est né à Melocheville, le 20 août 1880,
d'Augustin Mailloux, maître-éclusier, et
de Célina Bourdon; il a fait ses études à
l'Académie Saint-Clément de Beauharnois,
au Collège Bourget de Rigaud, au grand
Séminaire de Montréal et au grand sémi-
naire de Valley field. Il a été ordonné prêtre
par Mgr Émard, dans la cathédrale de
Valleyfield, le 18 octobre 1904. Pendant
douze ans, il a été vicaire à Saint-Jean-
Chrysostôme; depuis 1916, il est ciu-é de
Saint- Antoine- Abbé.
Monsieur l'abbé David Mailloux, frère
du précédent, est né à Melocheville, le 14
décembre 1894. Il a fait ses études classi-
ques et ses études théologiques au collège
de Valleyfield. Il a été ordonné prêtre le
27 juin 1920, dans la cathédrale de Valley-
field, par S. G. Monseigneur Emard.
Monsieur l'abbé Arthur Goyette est
né à Beauharnois, le 22 janvier 1884,
d'Alphonse Goyette et de Flavie Gariépy.
Il a fait ses études à l'Académie Saint-
Clément, où il obtint son diplôme com-
mercial en 1898, ses études classiques au
collège de Valleyfield, ses études théo-
logiques au grand séminaire de Valleyfield
et au collège Angelico de Rome. Il a été
ordonné prêtre par Mgr Émard dans la
cathédrale de Valleyfield, le 9 janvier 1910.
Il a été successivement professeur de
sciences, de philosophie et de théologie
à son Aima Mater; il est actuellement
professeur de théologie dogmatique.
Le T. Révérend Père Mannes-Émile Mar-
chand, O.P., naquit à Beauharnois le
4 novembre 1883, du mariage d'Achille
Marchand, marchand, et de Justina Gui-
mond. Il a fait ses études primaires au
collège des Frères du Sacré-Cœur d'Ar-
thabaska, ses études classiques au petit
séminaire de Québec; il entra dans l'ordre
de Saint-Dominique, au couvent de No-
viciat de Saint-Hyacinthe, te 3 août 1905,
y fit profession le 3 août de l'année sui-
vante; il a fait ses études théologiques au
couvent d'études des Dominicains à Ot-
tawa; ordonné prêtre le 8 mai 1910, par
Mgr E.-A. Latulipe; il a fait du ministère
au couvent de Saint-Hyacinthe, à celui
de Fall-River et à celui d'Ottawa; à ce
dernier endroit, il est, depuis décembre
1917, curé de la paroisse Saint-Jean-Baptiste,
et depuis septembre 1920, sous-prieur du
couvent.
Le Père Augustin- Aldéric Leduc, O.P.,
est né à Beauharnois, le 6 juin 1886, du
mariage de François-Xavier Leduc, mar-
chand, et de Rose-de-Lima Boursier dit
Lavigne. Il a fait ses études primaires à
l'Académie des Clercs de Saint- Viateur de
Saint-Louis-de-Gonzague, et ses études clas-
siques au collège de Valleyfield (1898-1906).
Entré dans l'Ordre de Saint-Dominique,
à Saint-Hyacinthe, il y fit profession le
29 août 1907. Il a fait ses études théolo-
giques au couvent d'Ëtudes des Domi-
nicains à Ottawa; il a été ordonné prêtre
le 2 juillet 1911, par S. É. Mgr Stagni,
délégué apostolique; a passé deux ans à
Saint-Hyacinthe (1913-1915) comme sous-
maître des novices; depuis 1915, à Ottawa,
professeur d'histoire de l'Église et de droit
canonique au couvent d'Études des Domi-
Le personnel paroissial: les Religieux de beauharnois
51
GROUPE DE RELIGIEUX NÉS À BEAUHARNOIS
(I) C. Fr. Maximaien [H. Bertrand] (des Éc. chrét.)— (2) Fr. L. Bertrand (Ste-Croix.)— (3) Fr. Maximinus [HenriJBoyer,]
des Éc. chrét.)— (4) Fr. Manès-Irénée [Joseph Poirier,] (des Éc. chrét.)— (5) Fr. Léopold Daoust, S.J.— (6) Fr. J.-Z. Maheu,
^.8.\.~(7) Fr. R. Bourdon, C.8.V.— (8) Fr. E. Gariépy, C.S.V.— (9) Fr. L.-J. Lefebvre, C.S.V.— (10) Fr. J. Daoust, C.S.V.
(II) Fr. P. Théoret, C.S.V.— (12) Fr. J.-C. Leduc. C.8.V.— (13) Fr. P. Dickner, C.S.V .—(14) Fr. N. Morrisseau C.S.V.
Ë
/
Le Personnel paroissial: les Religieux de Beauharnois
53
nicains de septembre 1917 à septembre
1920, il a été sous-prieur du couvent.
M. l'abbé Aimé Hébert est né à Beau-
harnois, le 17 octobre 1888, du mariage d'A-
lexis Hébert, cultivateur, et de Marie-
Bibiane Faubert. Il a fait ses études pri-
maires à la petite école, à l'Académie
Saint-Clément de Beauharnois, et ses études
secondaires au collège de Valleyfield (1903-
1911); il a fait ses études théologiques au
grand séminaire de Valleyfield; il a été
ordonné prêtre dans notre église parois-
siale Saint - Clément, le 6 janvier 1913;
il a fait du professorat au collège de Val-
leyfield; il est vicaire à Rigaud depuis 1916.
M. l'abbé Ernest Maheu n'est pas
originaire de Beauharnois, il naquit à
Ormstown du mariage de Charles Maheu
et d'Olivine Châtillon. Cependant, tout
jeune, il vint à Beauharnois avec sa mère
devenue veuve par la mort accidentelle de
M. Maheu. Il a étudié à l'Académie Saint-
Clément, puis au collège de Valleyfield
(1904-1912); il a fait ses études théologiques
au grand séminaire de Valleyfield; il a
été ordonné prêtre dans la cathédrale
de Valleyfield, par S. G. Mgr Ëmard, le
10 octobre 1915; il a fait du professorat
au collège de Valleyfield et du vicariat
à Saint-Polycarpe, à la cathédrale de Val-
leyfield, et, depuis, 1917 à Saint-Timothée.
Monsieur l'abbé Joseph-Antoine-Géra-
sime Bonnier est né à Beauharnois le 6
mars 1892, de Jean-Baptiste Bonnier et
de Marie-Louise Laurin. Il a étudié aux
écoles de Beauharnois et au collège de
Valleyfield. Il a été ordonné prêtre le 27
juin 1920, dans la cathédrale de Valley-
field, par S. G. Mgr Émard,
RELIGIEUX NON PRÊTRES DE
BEAUHARNOIS
Voici, aussi complète que nous avons pu
la dresser, la liste des religieux non-prêtres
nés ou ayant passé une partie de leur vie
à Beauharnois.
I. — Clercs de Saint- Viateur
1° Frère Joseph-Clovis Leduc, né le 26
avril 1865, de François Leduc et AngéUque
Chasles, profès le 31 juillet 1887, décédé
le 16 mars 1917.
2° Frère Edouard Garièpy, né le 4
décembre 1871, de Nazaire Gariépy et
Catherine Dazé, profès le 31 juillet 1893.
3° Frère Arthur Daoust, né le 17 jan-
vier 1891, d'Elzéar Daoust et Marie-
Louise Leduc, profès le 6 janvier 1912.
4° Frère Raïlil Bourdon, né le 31 oc-
tobre 1892, de Wilbrod Bourdon et Élodie
Deneault, profès le 6 janvier 1912.
5° Frère Patrice Dickner, né le 17 juin
1898, d'Ernest Dickner et d'Alexina Gosse-
Un, profès le 6 janvier 1919.
6° Frère Joseph-Zéphir Maheu, né le
21 novembre 1899, de Léandre Maheu et
d'Ëvélina Cecyre, profès le 6 janvier 1919.
7° Frère Normand Morrisseau, né le
26 août 1900, d'Arthur Morrisseau et Ed-
widge Faubert, profès le 6 janvier 1919.
8° Frère Paul Théoret, né le 26 dé-
cembre 1899, d'Euclide Théoret et Anna
Brouillet, entré chez las Clercs de Saint-
Viateur en 1919.
9° Frère Louis- Joseph Lefebvre, né le
24 octobre 1899, de Louis-Joseph Lefebvre
et Marie Daigneault, entré chez les Clercs
de Saint-Viateur en 1919.
54
HlSTOIBE RELIGIEUSE DE BeAUHARNOIS
10° Frère David Boucher, prof es le 31
juillet 1899, et Frère Minrad Bonin, profès
le 6 janvier 1917, ne sont pas nés à Beau-
harnois; mais ils ont été élèves de notre
Académie Saint-Clément.
IL — Frères des Ecoles Chrétiennes
• Quelques religieux de l'Insûtut des Frères
des Écoles Chrétiennes sont de Beauhar-
nois par la naissance ou par l'éducation.
1° Frère Maximini an (Henri Bertrand)
né à Rigaud en 1848, de Louis- Antoine
Bertrand et Angélique Poirier; profès en
1865, décédé le 7 janvier 1900; a été di-
recteur à Lachine, à Saint-Jean d'Iber-
ville, à HuU, à Saint-Laurent, à Longueuil,
à Saint- Jérôme.
2° Frère Maximinus {Henri Boyer) né
à Beauharnois, en 1853, de Charles Boyer
et Félicité Hébert, profès en 1870, décédé
le 14 octobre 1877.
3° Frère Manes-Irénée {Joseph Poi-
rier) né à Saint-Louis-de-Gonzague le 28
novembre 1878, de Léandre Poirier et Gla-
phyre Leduc; profès en 1895; a été directeur
à Saint - Edouard de Beauport, à Saint-
Raymond de Portneuf, à la Rivière-du-
Loup, et à Saint-Jean-Baptiste de Québec
depuis 1918.
III. — Compagnie de Jésus
Frère Léopold Dagust, né à Beauhar-
nois, le 30 mars 1864, de Etienne Daoust et
Bibiane Trottier; çrofès le 24 mai 1890, en
mission depuis cette date.
IV.— Frères de Sainte-Croix
Frère Louis Bertrand, né le 2 juin
1900, de Télesphore Bertrand et Suphrénie
Couillard, entré au noviciat en août 1915.
RELIGIEUSES DE BEAUHARNOIS
Voici la liste — peut-être incomplète — des
religieuses que la paroisse Saint-Clément
a données à différentes congrégations reli-
gieuses; le plus grand nombre appartient
aux Sœurs des Saints Noms de Jésus et
de Marie; c'est la récompense du dévoue-
ment que, depuis bientôt 70 ans, cette
communauté a manifesté à notre pa-
roisse.
I. — Sœurs des Saints Noms de Jésus et de
Marie
Nous donnerons, en premier lieu, la
liste des religieuses nées à Beauharnois,
puis celle des religieuses qui y sont de-
meuré.
1 ° Sœur Marie de l'Assomption {Mar-
celline Tessier); parents: Ignace Tessier
et Scholastique Lemay; naissance, le 27
novembre 1834; profession, le 16 août
1853; a été supérieure locale en Orégon;
décédée le 16 juillet 1904.
2° Sœur Marie Ambroise {Marcelline
Leduc); parents: Antoine Leduc et Angé-
lique Pilon; naissance, le 11 février 1832;
profession, le 6 mars 1857; décédée le 30
mars 1857.
3° Sœur Marie Charles {Adèle Daoust);
parents: Charles Daoust et Françoise
Dandurand; naissance, le 14 octobre 1833;
profession, le 16 août 1857; décédée le 1er
décembre 1860.
4° Sœur Marie Mélanie {Virginie
Roy); parents: Joseph Roy et Madeleine
Lecavalier; naissance, le 13 août 1835; pro-
fession, le 16 août 1857; décédée le 3 no-
vembre 1906.
5° Sœur Marie Félicité {Léocadie Le-
bœuf) ; parents : Eustache Lebœuf et Sophie
Boudria; naissance, le 2 février 1835; pro-
Le Personnel pabôissial: les Religieuses de Beauharnois
55
(1) Sr Goyette (Hôtel-Dieu).— (2) Sr Thérèse-de-Jésus (Carmélite). (3) Sr Guimond (des Sœurs Grises).— (4) Sr Marie du
Crucifix (Bon-Pasteur). — (5) Sr M. Rose de Viterbe (Précieux-Sang).— (6) Sr Marie-Modeste (Sœur de Sainte-Anne). — (7)
Mère Martin de l'Ascension. — (8) Sr Marguerite de Saint-Joseph. — (9) Sr Maiie-Célinie. — (10) Sr M. Laurence.— (11) Sr Marie- ■
Pierre. — (12) Sr Ambroise de Sienne. — (13) Sr M. Maximilienne. — (14) Sr Paul de Nicée.— (15) Sr Pierre de Sienne.— (16) Sr
Louise Émélie. — (17) Sr Ixjui.s Bertrand. — (18) Sr Marie-Hyacinthe.— (19) Sr Marie-Eucher. — (20) Sr Marie-Eudoxie.— (21 Sr
Marie-Joseph.— (22) Sr Marie-Irénée.— (23) Sr Henri de Citeaux.— (24) Sr Pierre d'Alcantara.— (25) Sr Marie-Norbert.— (26)
Sr Marie-Léonie. — (27) Sr Marie Adhémard. — (28) Sr Marie-Symphorien.
Le Personnel paroissial: les Religieuses de Beauharnois
57
fession, le 3 août 1858; a été supérieure
locale dans Québec et en Floride; décédée
le 17 décembre 1905.
6° Sœur Marie de l'Ange Gardien
{Marguerite Blondin); parents: Jean-Bap-
tiste Blondin et Marguerite Pinault; nais-
sance, le 30 novembre 1839; profession, le
27 juillet 1859; a été maîtresse des novices
et supérieure locale en Oregon.
7° Sœur Pierre d'Alcantara {Emélie
Boyer); parents: Célestin Boyer et Angé-
lique Tessier; naissance, le '23 novembre
1839; profession, le 14 janvier 1860; a été
supérieure locale en Orégon; décédée le
30 mai 1909.
8° Sœur Marie Anseline {Léocadie
Sarault); parents: Pierre Sarault et Anas-
tasie Laferrière; naissance, le 6 juillet 1836;
profession, le 14 janvier 1860; a été supé-
rieure locale dans Québec; décédée le 20
février 1910.
9° Sœur Marie Ambroise {Angèle Le-
duc); parents: Antoine Leduc et Apolline
Montpetit; naissance, le 20 mars 1842; pro-
fession, le 17 juin 1862; décédée le 8 juil-
let 1915.
10° Sœur Marie Clément (Archange
Daignault) ; parents: Paul Daignault et
Angélique Lefebvre; naissance, le 23 mars
1834; profession, le 22 janvier 1863.
11° Sœur Marie Dorothée (Philomène
Labelle) ; parents : François Labelle et Mar-
guerite Hainault; naissance, le 29 septem-
bre 1839; profession, le 22 janvier 1863;
décédée le 29 juillet 1879.
12° Sœur Marie Eudoxie (Elise Pré-
gent); parents: Joachim Prégent et Reine
Lefebvre; naissance, le 6 novembre 1844;
profession, le 19 janvier 1864; a été supé-
rieure au Manitoba; décédée le 6 mars 1903.
13° Sœur Marie Nathalie (Josephte
Leduc) ; parents: Antoine Leduc et Apolline
Montpetit; naissance, le 20 mars 1842;
profession, le 19 janvier 1864.
14° Sœur Marie du Scapulaire (Caro-
line Gendron); parents: Pierre Gendron et
Angélique Boyer; naissance, le 3 décembre
1848; profession, le 8 décembre 1860; dé-
cédée le 19 janvier 1877.
15° Sœur Martin de l'Ascension (Odi-
le Leduc); parents: André Leduc et Ëmélie
Trudelle; naissance, le 29 février 1848; pro-
fession le 1er février 1865; a été supérieure
locale au Manitoba et dans Québec, supé-
rieure provinciale de Californie et d'On-
tario, et supérieure générale.
16° Sœur Marie Léocadie (Angélique
Leduc) ; parents : Antoine Leduc et Apolline
Montpetit; naissance, le 15 juin 1851;
profession, le 19 octobre' 1867; a été supé-
rieure locale en Orégon et économe générale.
17° Sœur Marie Pierre (Julie La-
berge); parents: Pierre Laberge et Julie
Laberge; naissance, le 9 septembre 1847;
profession, le 12 mars 1867; décédée le
1er février 1873.
18° Sœur Marie Hyacinthe (Félicité
Tisseur); parents: Jean-Baptiste Tisseur et
Marie Boursier; naissance, le 22 septembre
1848; profession, le 19 octobre 1867; a été
supérieure locale au Manitoba; décédée le
7 février 1891.
19° Sœur Marie du Bon-Pasteur (An-
gélique Tessier); parents: Charles Tessier
et Catherine Boyer; naissance, le 8 avril
1845; profession, le 10 mars 1867; a été
supérieure locale et supérieure provinciale
dans Québec; décédée le 20 septembre
1908.
20° Sœur Marie Alix (Célina Ledu^);
parents: Antoine Leduc et Apolline Mont-
petit; naissance, le 21 octobre 1848; pro-
fession, le 22 octobre 1868.
58
Histoire religieuse de Beauharnois
21° Sœur Marie Damien {Celina Blon-
din); parents: Jean-Baptiste Blondin et
Marguerite Pinault; naissance, le 1*5 août
1847; profession, le 15 août 1870.
22° Sœur Marie Irénée {Marie Leduc);
parents: François Leduc et Angélique Châ-
les; naissance, le 28 février 1854; profession,
le 30 août 1871 ; décédée le 15 novembre 1877.
23° Sœur Marie Eucher {Rose- Anna
Lécuyer) ; parents : Pierre Lécuyer et Célina
Montpetit; naissance, le 11 janvier 1871;
profession, le 5 août 1872; a été supérieure
locale dans Québec.
24° Sœur Marie Lutgarde {Emma Bros-
sait) ; parents: Julien Brossoit et Zoé Le-
febvre; naissance, le 14 mars 1853; pro-
fession, le 19 mars 1873.
25° Sœur Marie Eugénie {Eugénie
McCully); parents: James McCuUy et An-
gélique Harbourg; naissance, le 5 mai
1855; profession, le 20 mars 1874.
26° Sœur Marie Apollinaire {Liliane
Côté) ; parents : Moïse Côté et Marguerite
Lefebvre; naissance, le 31 mai 1854; pro-
fession, le 18 janvier 1876.
27° Sœur Marie Cézarine {Marcelline
Latour); parents: Olivier Latour et Rosalie
Meloche; naissance, le 10 février 1857;
profession, le 29 janvier 1879.
28° Sœur Marie Cézarie {Marie La-
tour); parents: Olivier Latour et Rosalie
Meloche; naissance, le 10 février 1857; pro-
fession, le 29 janvier 1879.
29° Sœur Marie Léonie {Mathilde Mar-
chand); parents: Isidore Marchand et Adé-
laïde Daignault; naissance, le 17 avril
1862; profession, le 6 août 1883; a été
supérieure locale dans Québec, et supé-
rieure provinciale au Manitoba.
30° Sœur Marie Adhémard {Agnès
Lebœuf); parents: Paul Lebœûf et Amable
Legault; naissance, le 13 février 1867; pro-
fession, le 31 janvier 1888; a été supérieure
locale dans Québec; décédée le 10 mai 1912.
31° Sœur Marguerite de Saint Jo-
seph {Noémie Couillard) ; parents : Jacques
Couillard et Émélie L'Écuyer; naissance,
le 31 mai 1872; profession, le 5 août 1892;
a été supérieure locale dans Québec.
32° Sœur Marie Symphorien {Amanda
Montpetit); parents: Alphonse Montpetit
et Marcelline Lefebvre; naissance, le 4
avril 1877; profession, le 5 août 1896.
33° Sœur Marie Maximilienne {Justina
Lebœuf); parents: Paul Lebœuf et Amable
Legault; naissance, le 21 avril 1875; pro-
fession, le 5 août 1896.
34° Sœur Louis Bertrand {Louise Ber-
trand); parents: Télesphore Bertrand et
Hélène Quig; naissance, le 13 décembre
1876; profession, le 5 août 1897; décédée
le 1er mars 1904.
35° Sœur Henri de Cite aux {Graziella
Renaud); parents: Edouard Renaud et
Éléonore Patenaude; naissance, le 9 jan-
vier 1877; profession, le 5 août 1899;
décédée en mai 1916.
36° Sœur Paul de Nicée {Amélia Le-
bœuf); parents: Paul Lebœuf et Amable
Legault; naissance, le 30 septembre 1877;
profession, le 5 août 1899.
37° Sœur Marie Laurence {Eloria La-
berge); parents: Napoléon Laberge et Mal-
vina Beaudry; naissance, le 10 juin 1880;
profession, le 8 décembre 1901.
38° Sœur Françoise du Saint-Sacre-
ment {Marie- Anna Leduc); parents: An-
toine Leduc et Elmire Daoust; naissance,
le 30 juillet 1883; profession, le 5 février
1902.
39° Sœur Marie Zéphirin {Euphémie
Châles); parents: Jean-Baptiste Châles et
Le Personnel paroissial: les Religieuses de Beauharnois
59
Julie Brault; naissance, le 6 janvier 1875;
profession, le 2 février 1902.
40° Sœur Alexandre de Rome {Noémie
Huot) ; parents : Alexandre Huot et Azilda
Lapointe; naissance, le 13 octobre 1878;
profession, le 1er février 1905; a été supé-
rieure locale dans Québec.
41° Sœur Françoise de Sainte-Marie
{Eugénie Lafrancé); parents: F.-X. La-
france et Malvina Bissonnet; naissance,
le 27 décembre 1876; profession, le 1er
février 1905.
42° Sœur Marie Héliana {Marie-Loui-
se Bisson); parents: Êlie Hercule Bisson
et Virginie Rapin; naissance, le 23 mai
1876; profession, le 5 août 1905.
43° Sœur Antoine Alphonse {Marie
Montpetit); parents: Alphonse Montpetit
et MarceUine Lefebvre; naissance, le 1er
juillet 1884; profession, le 24 septembre
1906.
44° Sœur Marie Eugénius {Claire Sul-
livan); parents: John Sullivan et Brigide
Kellj^; naissance, le 30 octobre 1874; pro-
fession, le 1er février 1906.
45° Sœur Pierre de Sienne {Marie
Louise Pouliot); parents: Pierre Pouliot
et Marie Louise Charlebois; naissance,
le 22 novembre 1887; profession, le 5
août 1907.
46° Sœur Pierre Eu cher {Angélina
Poissant); parents: Pierre Poissant et Del-
phine Lefebvre; naissance, le 8 octobre
1886; profession, le 1er février 1908.
47° Sœur Marie-Joseph {Marie-Louise
Leduc); parents: Antoine Leduc et Malvina
Viau; naissance, le 20 novembre 1888;
profession, le 5 février 1909.
48° Sœur Marie Gertrude {Annette
Robillard); parents: Ulysse-Janvier Robil-
lard et Virginie Lanaud; naissance, le 5
février 1881; profession, le 5 février 1910.
49° Sœur Marie Israël {Albertine Le-
febvre); parents: Antoine Lefebvre et Dé-
lima Laberge; naissance, le 10 juillet- 1885;
profession, le 16 novembre 1911; décédée
le 11 janvier 1915.
50° Sœur Thérèse de Saint-Augustin
{Célina Lefebvre); parents: Israël Lefebvre
et Célina Loiselle; naissance, le 12 août
1886; profession, le 5 août 1913.
51° Sœur Rose de Saint Dominique
{Bernadette Sauvé); parents: Louis Sauvé
et Rosanna Pilon; naissance, le 24 novembre
1892; profession, le 5 août 1915.
52° Sœur Jeanne du Carmel {Sara
Saint-Michel); parents: Wilbrod Saint-Mi-
chel et VitaUne Reid; naissance, le 5 avril
1896; profession, le 5 août 1916.
53° Sœur Louise Émélie {Adrienne Ga-
riépy); parents: Désiré Gariépy et Marie-
Louise Leduc; naissance, le 11 juillet 1896;
profession, le 5 août 1918.
A ces noms de rehgieuses nées à Beauhar-
nois, doivent s'ajouter ceux des religieuses
qui, sans y être nées, sont de Beauharnois
par l'éducation ou par un séjour plus ou
moins long.
1° Sœur Marie-Alexandre {Oméline
Lambert); née à Saint-Denis, le 16 octobre
1840, de Joseph Lambert et MarceUine
Gareau; professe le 5 août 1858; décédée le
15 novembre 1901; a été supérieure pro-
vinciale en Ontario et secrétaire générale.
2° Sœur Marie de Gonzague {Eugénie
Charland); née à Saint- Athanase, le 22
août 1843, de Joseph Charland et Elmire
Duquette; professe le 29 janvier 1862;
décédée le 25 septembre 1868.
3° Sœur Marie de la Passion {Cécilia
O'Doherty); née à Montréal, le 1er janvier
1841, de Charles O'Doherty et Catherine
Perkins; professe le 22 janvier 1863.
60
Histoire religieuse de Beauharnois
4° Sœur Marie de la Sainte-Famille
{Delphine Côté); née à Saint-Hyacinthe, le
3 septembre 1844, d'Eugène Côté et de
Marguerite Guy on; professe le 19 janvier
1864; a été supérieure locale aux États-
Unis.
5° Sœur Marie Félicienne (Marie-
Anne Allard); née à Chateauguay, le 30
mars 1840, de Joseph Allard et de Marie
Grenier; professe le 8 février 1866; décédée
le 21 février 1906.
6° Sœur M.-Jean de Dieu (Clémence
Cadieux) ; née à Sainte-Martine, le 6 juillet
1847, de Antoine Cadieux et de Josephte
Patenaude; professe le 12 mars 1867;
décédée le 22 juillet 1917; a été supérieure
locale, supérieure provinciale et assistante
générale.
7° Sœur Marie Alphonse (Rose La-
berge); née à Sainte-Martine, le 20 mai
1853, de Toussaint Laberge et d'Adélaïde
Lefebvre; professe le 5 août 1872; décédée
le 29 juin 1884.
8° Sœur Marie Florentine (Georgine
Duhamel); née à Saint-Ephrem d'Upton,
le 25 février 1858, de Joseph Duhamel et
de CéUne Provost, professe le 19 mars 1873;
décédée le 19 juin 1901; a été supérieure
locale en Floride et maîtresse des novices.
9° Sœur Philippe de Néri (Hermine
Brunet); née à Montréal, le 10 décembre
1853, d'Alexis Brunet et de Rosalie Ro-
billard; professe le 6 août 1873; décédée le
14 juillet 1915; a été supérieure locale dans
Québec et dans Ontario.
10° Sœur Électa du Sacré-Cœur (Ma-
ry-Anna Lynch); née à Longueuil, le 24
juillet 1849, de Patrick Lynch et de Mary
Crowny; professe le 5 août 1874; décédée
le 1er mai 1879.
11° Sœur Marie Norbert (Marie Loi-
selle); née à Sainte-Philomène, le 25 août
1856, de Louis Loiselle et de Sophie Bar-
rette; professe le 18 janvier 1876; décédée
le 3 novembre 1883.
12° Sœur Marie Hippolyte (Adèle La-
berge); née à Sainte-Martine, le 7 août
1857, de Toussaint Laberge et d'Adélaïde
Lefebvre; professe le 18 janvier 1876;
décédée le 31 janvier 1905; a été supérieure
locale dans Québec et au Michigan.
13° Sœur Marie Hildegarde (Lucy
Verity); née à Hemmingford, le 25 juillet
1846, de Frédéric Verity et d'Ann MerUn;
professe le 15 août 1878; a été supérieure
locale au Manitoba et dans Québec.
14° Sœur Marie Célanie (Armanda
Bisson); née à Saint-Louis-de-Gonzague,
le 19 mars 1862, d'Élie Hercule Bisson et
de Virginie Rapin; professe le 5 août 1880;
a été supérieure locale dans Québec et
dans Ontario.
15° Sœur Marie Adéline (Elisa La-
londe); née à Vaudreuil, le 27 août 1854,
de Narcisse Lalonde et de Marguerite
Valois; professe le 5 août 1881.
16° Sœur Marie Héliodore (Eulalie
Boursier); née à Sainte-Philomène, le 18
novembre 1867, d'Etienne Boursier et de
Marie Picard; professe le 5 août 1888;
décédée le 31 août 1911.
17° Sœur Antoine de Milan (Georgian-
na Boursier); née à Sainte-Philomène, le
7 février 1867; de Basile Boursier et de
Rachel Hurtubise; professe le 5 août 1892.
18° Sœur Ambroise de Sienne (Rose-
Anna Laplante); née à Saint-Thimothée,
le 27 juillet 1872, de Henri Laplante et de
Catherine Lefebvre; professe le 2 février
1893; a été supérieure locale au Manitoba.
19° Sœur Paul de Sainte-Marie (Phé-
lonise Normandeau); née à Saint-Êtienne,
le 1er mars 1880, de Napoléon Normandeau
Le Personnel paroissial: les Religieuses de Beauharnois
61
et de Françoise Daignault; professe le 5 août
1899; a été supérieure locale dans Québec.
20° Sœur Jean de la Croix (Evélina
Péladeau); née à l'Ile Perrot, le 16 août
1879, d'Eustache Péladeau et de Hedwidge
Cousineau; professe le 5 aoûf 1901.
21° Sœur Marie Norbert {Ozélina Loi-
selle); née à Sainte-Martine, le 28 août
1880; de Louis Loiselle et d'Odile Boursier;
professe le 5 août 1902; a été supérieure
locale dans Québec.
22° Sœur Marie de la Trinité (^Z-
bina Leduc); née à l'Ile Perrot, le 26 no-
vembre 1868, d'Antoine Leduc et d'Elmire
Daoust; professe le 5 août 1905.
23° Sœur Marie de Jérusalem {Cléo-
phée Laurin); née à Embrun, Ont., le 1er
janvier 1883, d'Adolphe Laurin et de Marie
Paquette; professe le 5 août 1906.
24° Sœur Charles Edouard {Nathalie
Laberge); née à Sainte-Philomène, le 24
octobre 1873, d'Edouard Laberge et de
Nathalie Poulin; professe le 6 août 1909;
décédée le 15 avril 1912.
25° Sœur Véronique du Calvaire {Eli-
sa Perron); née à Montréal, le 7 juin 1891,
de Joseph Perron et de Marie-Louise Fré-
nette; professe le 1er février 1913.
26° Sœur Madeleine Angélique {Ber-
nadette Tessier); née à Saint-Jean-Chrysos-
tôme, le 3 novembre 1890, d'Alfred Tessier
et de Sophie Bella Baillargeon; professe le
5 août 1914; décédée le 10 octobre 1915.
27° Sœur Marie Gaston {Berthe Na-
don); née à l'Ile Perrot, le 11 février 1894,
de Pacifique Nadon et de Délima Quenne-
ville; professe le 5 août 1914.
28° Sœur Geneviève de France {An-
toinette Miller) ; née à Montréal, le 25 dé-
cembre 1892, de Louis Joseph Miller et de
Marie- Anne Tougos; professe le 5 août 1914.
29° Sœur Philomêne de Rome {Berthe
Bergevin); née à Chateauguay, le 14 juillet
1894, d'Honoré Bergevin et de Philomêne
Giroux; professe le 5 août 1915.
30° Sœur Georges de Palestine {Ma-
rie Louise Prévost) ; née à Saint-Edouard de
Napierville, le 1er février 1890; de Georges
Prévost et d'Octavie Lussier; professe le
5 août 1915.
31° Sœur Théodule de Rome {Zéphi-
rine Nepveu); née à Sainte-Scholastique, le
27 mai 1894, d'Alphonse Nepveu et de
Célina Lacroix; professe le 5 août 1915.
32° Sœur Thérèse de Notre-Dame
{Ernestine Contant); née à Montréal, le 2
janvier 1894, de Stanislas Contant et
d'Ernestine Lachapelle; professe le 5 août
1917.
IL — Sœurs Grises (de Montréal)
A la communauté des Sœurs Grises de
Montréal établie à Beauharnois en 1861,
la paroisse Saint-Clément a fourni onze
sujets:
1° Sœur Tisseur {Marie); née le 4
janvier 1839, de Jean-Baptiste Tisseur et
de Marie Boursier; professe le 6 novembre
1861; décédée le 10 janvier 1916.
2° Sœur Papineau {Marguerite); née
le 12 avril 1832, d'André Papineau et de
Marie Madore; professe le 31 mai 1862;
décédée le 31 décembre 1909.
3° Sœur Noël {Elmire Lévêque); née
le 8 avril 1851, de Paul Lévêque et de
Claire CUche; professe le 27 septembre
1881 ; décédée le 9 octobre 1917.
4° Sœur Guimond {Marie Elodie); née
le 8 octobre 1863, de Cyrille Guimond et
de Justine Dubreuil; professe le 27 décembre
1888; supérieure à l'Hôpital Saint-Roch
de Saint-Boniface, Manitoba.
62
Histoire religieuse de Beauharnois
5° Sœur Olivier {Marie Célanire);nêe
le 24 septembre 1870, de William Olivier
et d'Adèle Grenier, professe le 11 décembre
1894; née à Coaticook; elle était paroissien-
ne de Saint-Clément à son entrée en religion.
6° Sœur Lefrançois {Marie-Louise-Vic-
toria); née le 29 juin 1873, de Joseph Le-
françois et de Sophranie Brunelle; professe
le 11 décembre 1894; née à EUenburg,
É.-U.; elle était paroissienne de Saint-
Clément à son entrée.
7° Sœur de Lorimier {Corinne); née le
15 avril 1874, de James de Lorimier et de
Honorine Héroux; professe le 21 juin 1899.
8° Sœur Faubert {Célina); née le 15
juin 1873, de Damase Faubert et de Zoé
Hébert; professe le 18 avril 1902.
9° Sœur Bayard {Marie Exélire); née
le 10 octobre 1881, de François-Xavier
Bayard et de Zoé Leduc; professe le 19
avril 1904.
10° Sœur Saint - Théodore {Marie-
Mérisa Laberge); née le 25 août 1879, de
Théodore Laberge et d'Adèle Normandeau;
professe le 29 avril 1903.
11° Sœur Élise {Elise Bazinet); née le
24 mars 1865, d'Augustin Bazinet et de
Délima Dubuc; professe le 11 avril 1894;
décédée le 22 juin 1898.
III. — Sœurs de la Congrégation de Notre-
Dame
1 ° Sœur Saint-François Régis {Marie-
Josephte Bergevin); née le 18 juin 1822, de
Louis Bergevin et de Josephte Moisan;
professe le 12 mai 1845; décédée le 13
septembre 1853.
2° Sœur Saint - Clément {Angélique
Boyer); née le 7 janvier 1829, de Célestin
Boyer et d'Angélique Tessier; professe le 27
octobre 1846; décédée le 4 novembre 1846.
3° Sœur Saint -Marc {Françoise Le-
febvre); née le 13 décembre 1826, de Hya-
cinthe Lefebvre et de Marie Bergevin; pro-
fesse le 31 janvier 1847; décédée le 8
février 1850.
4° Sœur Sainte - Euphrosyne {Eulalie
Bergevin); née le 12 mai 1839, de Louis
Bergevin et d'Angélique Huneau; professe
le 5 mai 1858; décédée le 7 mars 1862.
5° Sœur Saint-Pierre de Damas {Au-
rore Maheu); née le 31 août 1896, de Léan-
dre Maheu et d'Êvélina Cécyre; professe
le 21 août 1917.
6° Sœur Tessier {Marie-Célina-Aimée);
née le 6 mars 1833, de Jean-Baptiste Tes-
sier et de Victoire Daignault; professe le
11 décembre 1890.
7° Sœur Boyer {Marie-Clotilde) ; née le
17 février 1849, de Moïse Boyer et de Mar-
tine Lebœuf ; professe le 11 décembre 1890;
décédée le 24 août 1897.
8° Sœur Prime au {Marie Rose-de-Lima
Boyer); née le 1er mars 1847, de Moïse
Boyer et de Martine Lebœuf; professe le 2
février 1892; décédée le 24 juiUet 1896.
IV. — Sœurs de la Providence
1 ° Sœur Clément {Charlotte Marchand) ;
née le 2 novembre 1835, de Joseph Mar-
chand et de Julie Santennes; professe le 23
août 1854; décédée le 19 janvier 1916.
2° Sœur Zéphirin {Marie - Adélirie
Daoust); née le 19 janvier 1847, de Joseph
Daoust, seigneur de l'Ile Perrot, et de
Victoire Caron; professe le 8 novembre
1870; décédée le 15 juin 1919.
3° Sœur Marie Anselma {Marie Aldéa
Huot); née à Saint-Urbain, le 7 juillet 1890;
d'Alexandre Huot et d'Ozanna Patenaude;
professe le 28 février 1917; domiciliée à
Beauharnois, lors de son entrée.
Le Personnel paroissial: les Religieuses de Beauharnois
63
V. — Sœurs de Sainte-Anne (de Lachine)
1° Sœur Marie de la Présentation
{Julie Montpetit); née le 10 juillet 1815, de
Hyacinthe Montpetit et d'Euphrasie Le-
duc; professe le 18 février 1851; décédée le
12 décembre 1903.
2° Sœur Marie Georgine (Georgine
Brault); née le 1er mai 1892, de Hercule
Brault et d'Anna Desparois; professe le 23
janvier 1918.
VI. — Sœurs du
Bon - Pasteur
(de Montréal)
Sœur Marie
DU Crucifix
{Lydia Pate-
navde) ; née
le 24 juin
1883, d'Alex-
andre Pate-
naudeetd'Oli-
vi ne D ai -
gnault, pro-
fesse le 21
novembre
1907.
VIL— Carmélites
Mère Thérèse de Jésus {Alhertine Gui-
mond); née le 15 novembre 1858, de J.-B.
Guimond et de Marie Champeau; pro-
fesse le 1er juin 1883; a été Prieure du Car-
mel de Montréal.
VIII. — Sœurs du Précieux Sang
Sœur Marie de Viterbe {Sophranie
Primeau); née le 16 septembre 1873, de
Louis Primeau et de Marguerite Viau; pro-
fesse en 1895; décédée en 1903.
RELIGIEUSES NEES A BEAUHARNOIS
Sr Marie Aftnès de Jésus (l)—SrMarie-Gertrude [S.des SS.NN.] (3)
Sr M. de Saint-François d'Alverne (3).
IX. — Sœurs de Saint«-Anne
Mère Marie de l'Ange Gardien {Zélie
Bourbonnais.) Ex-supérieure générale.
X. — Sœurs de Saint-Joseph
Sœur Marie Albert a (McMartin). Rue
St. Albans, Toronto; supérieure générale
actuelle.
XI. — Sœurs Dominicaines
Sœur Ma-
rie-Agnès-
de-Jésus(M.
Joséphine
Laherge); née
le 12 mars
18 7 5, de
Pierre La-
berge et de
Joséphine
Boursier ;
professe chez
les Domini-
caines de
Gand, Belgi-
que, en 1910.
XIL— Sœur
de Marie - Ré-
paratrice
Sœur Marie de Saint-François d'Al-
verne {M. Gertrude Robillard), née le 11
novembre 1889, d'Ulysse-Janvier Robil-
lard et de Virginie Lanaud; professe chez
les Sœurs de Marie-Réparatrice, en 1914.
XIII.— Sœurs de l'Hôtel-Dieu
Sœur Goyette (Victorine) ; née le 24
décembre 1871, de Joseph Goyette et
d'Euphrosine Daoust; professe chez les
Sœurs de l'Hôtel-Dieu (Arthabaska), le
14 mai 1901.
64
Histoire religieuse de Beauharnois
LES LAÏQUES
Après avoir parlé du clergé paroissial de
Beauharnois, il convient de parler des
laïques qui ont été ses fidèles coopérateurs
dans la fondation et le développement de
la paroisse. Nous aimerions à pouvoir
citer tous ceux qui ont appartenu à Saint-
Clément, à faire l'histoire de toutes nos
familles; il est aisé de comprendre que la
tâche est impossible. •
Nous ne pouvons, cependant, dans l'his-
toire religieuse de Beauharnois, omettre
les noms de ceux des laïques qui y ont été
mêlés de plus près. Il y a d'abord les mar-
guilliers, qui, sous la présidence du curé,
administrent les affaires temporelles de la
paroisse; il y a les syndics chargés plus
spécialement de la construction des édifices
reUgieux; il y a les officiers de l'église qui,
sous la direction du curé, comme bedeaux,
constables, organistes, chantres, assurent le
bon fonctionnement du culte divin. Nous
avons la bonne fortune de connaître les
noms de tous ces paroissiens, et d'avoir la
photographie d'un grand nombre d'entre
eux.
I. Marguilliers
t
Grâce aux notes d'un ancien de Beau-
harnois,*" nous connaissons les paroissiens
de Beauharnois qui furent marguilliers à
Chateauguay, avant l'érection de notre
égUse paroissiale: ce sont, avant 1788,
Guillaume Leduc, Pierre Montpetit, An-
toine Lalonde, Augustin Daoust, Joseph
Bourbonnais, Louis Prégent, Charles-/2ené
Leduc, Pierre Hénault. Depuis 1788, il y
eut Michel Saint-Denis, Charles Léger,
Pascal Boyer, Charles Daoust, François-
Guillaume Leduc, François-Marie Daoust,
Dominique Sabourin, A. Montpetit Potvin,
(1) M. André Leduc, père de M. André Leduc de cette ville.
Charles Leduc, Joseph Lalonde, Guillaume
Paladeau, A. Michel Leduc, Pierre Hénault,
Joseph Daoust, Etienne Léger, Joseph
Héneault, Toussaint Repentigny, Hyacin-
the Lalonde, Augustin Lefebvre, Michel-
René Leduc, Gabriel D'Aoust, François
Sauvé, François Montpetit, Antoine La-
londe, Etienne Montpetit, Eustache Pala-
deau, Augustin Campeau, Michel Léger,
Pierre Daoust, Jean-Baptiste Montpetit,
Amable Bourbonnais.
A partir de 1819, des marguilhers furent
élus pour la nouvelle paroisse Saint-Clé-
ment; nous en donnons la hste avec la
date d'élection:
1819— Basile Roy;
1819— Pierre Montpetit;
1819— Louis Trudel;
1819 — Ignace Tessier;
1820— Paul Hébert;
1821 — Antoine Leduc;
1822— Jos. Roy (Basile) ;
1823— Hyacinthe Montpetit;
1824 — François Dandurand;
1825 — François Tessier;
1826— Etienne Montpetit;
1827 — François Daoust;
1828— Ignace Pitre;
1829— Michel Longtin;
1830 — ^Joseph Daoust;
1831— Pierre Pitre;
1832 — ^Joseph Hainault;
1833 — ^Joseph Daignault;
1834 — Chs-Roy Lapensée;
1835 — J.-B. Poirier-La^ewr;
1836— Chs Daigneault;
1837—0. Leblanc, N.P.;
1838 — ^Antoine Boyer;
1839— Pierre-M. Leduc;
1840 — Alexis Lebœuf ;
1841 — Hyacinthe Lefebvre;
1842 — FieTTe-Guillaume Leduc;
Le Personnel Paroissial: les Laïques
65
GROUPE DE MARGUILLIERS
MM. (1) Antoine Leduc— (2) Paul Lebœuf, jr.— (3) Onésime Haineault.— (4) Narcisse Goyette.— (5) Damase Charlebois.—
(6) Paul Gendron.— (7) Alexis Lebœuf —(8) Antoine Bover.— (9) Joseph Goyette.— (10) Antoine Bonnier.— (11) Geoffroy
Hébert.- (12) Jean-Baptiste Tisseur.— (13) Joseph Hainault.— (14) Jérémie Gendron.— (15) Olivier Ixjfebvre, sr.— (16) Jo-
seph Prégent.— (17) Ix)ui8 Gagné.— (18) David Viau.— (19) Francis Leduc— (20) Louis Trudel, jr.
Le Personnel paroissial: les Laïques
67
GROUPE DE MARGUILLIERS
MM. (1) p'erdinand (ioyette.— (2) Louis Brazcau.— (3) J.-B. Boyer.— (4) Joseph Gendron.— (5) Jean-E. Dussault.— (6) Ovi-
de OaRné— (7) F.-X. Ixîduc— (8) Odilon Paciuette.— (9) Léon Vincent.— (10) J.-B. Tisseur.— (11) Ovila Daoust.— (12) J.-
.■\rthur Goyette.— (13) Télesphore Bertrand.— (14) Chas Boyer— (15) Joseph Ix>fpbvre.— (16) Jér^-mie Bougie.— (17) Antoine
Reid.— (18) André Trudel.— (19) David Couillard.
Le Personnel paroissial: les Laïques
69
1843— Louis Hainault, N.P.;
1844 — Joachim Brossoit;
1845 — Joseph Marchand;
1846— Louis Trudel (fils) ;
1847 — Casimir Daoust;
1848— David Viau;
1848 — François Branchaud;
1848 — Louis Laberge;
1850 — Isidore Tremblay;
1850— J.-Bte Tisseur;
1851— Benoît Montpetit;
1851 — Paul Lebœuf (père);
1852— Chs Faubert Masson;
1853 — Eustache Audet-Lapointe;
1854 — Joseph Roy;
1855 — Michel Saint-Denis;
1856— Paul Gendron;
1857 — Narcisse Touchette;
1859 — Toussaint Rochon ;
1858— Frs Montpetit;
1860— Louis Thibault;
1861 — Louis Gagné;
1862— F.-X. Daigneault;
1863- J.-B. Charlebois;
1864— André Leduc;
1865— J.-B. Leduc;
1866 — Jos. Goyette;
1867 — Isaïe Garand (père);
1868— J.-B. Houle;
1869— Jos. Meloche;
1870— J.-U. RobiUard;
1871— Paul Lebœuf (fils);
1872— J.-B. Gendron {fds de Chs) ;
1873 — Jos. Daoust;
1874— Paul Gendron;
1875 — Antoine Bonnier;
1876 — Oliv. Lefebvre (père);
1877— Oliv. Lefebvre (fils) ;
1878 — Narcisse Goyette;
1879 — Damase Charlebois;
1880— F.-X. Primeau;
1881— Frs Leduc;
1882—01. Marchand;
1883— Pierre Pouliot;
1884— Michel Gendron;
1885— Michel Lebœuf;
1886 — Juhen Leduc;
1887— Jos. Prégent;
1888 — Jérémie Gendron;
1891— On. Hénault;
1890— Geoffroy Hébert;
1890— Frs Primeau;
1891 — ^Jos. Lefebvre;
1892— J.-B. Groulx;
1893— Ant. Lefebvre;
1894— Ant. Boyer;
1895 — Jos. Danjou;
1896— D. Couiliard;
1897— Aug. Hébert;
1898— Odilon Raquette;
1899— F.-X. Leduc (Paul);
1900— L.-Ovide Gagné;
1901 — Ferdinand Leduc ;
1902— Ovila Daoust;
1903— Charles Boyer;
1904 — ^Antoine Reid;
1905 — Louis Brazeau;
1906 — Léon Vincent;
1907 — Guillaume Leduc;
1908 — Télesphore Bertrand;
1909— J.-Bte Primeau;
1910— Arth. Goyette;
1911— André Trudel;
1912— J.-G. Léonard;
1913 — ^Jérémie Bougie;
1914 — Narcisse Deslauriers;
1915— J.-Bte Tisseur;
1916 — Ferdinand Goyette;
1917— J.-E. Dussault;
1918— J.-Bte Boyer;
1919— Joseph Gendron.
70
Histoire religieuse de Beauharnois
II. Syndics
L'on sait que dans la province de Qué-
bec, les syndics remplacent les marguiUiers
pour la construction des édifices religieux.
La paroisse Saint-Clément, au cours de son
histoire, a eu les syndics dont les noms
suivent.
1° Pour la construction de la première
église: Ignace Texier
dit Lavigne, Joseph
Roy dit Lapenséie,
Hyacinthe Mont-
petit dit Pot-de-Vin,
Antoine Leduc, Jo-
seph Montpetit dit
Pot-de-Vin {Paite-
vin).
2° Pour la cons-
truction du premier
presbytère : Mi-
chel Longuetin, fils,
NicolasBoyer, Antoi-
ne Daigneault, Paul
Gendron.
3° Pour la cons-
truction de l'église
actuelle: Henry Bo-
gue, pour le village,
Antoine Marchand
pour le bas de Saint-
Clément; Célestin
Boyer pour le rang
de Saint-François
ANTOINE LEDUC
Syndic de la première église.
Georges; David Viau pour Saint- Laurent;
J.-Bte Bonhomme pour Saint-Edouard;
Louis Laberge pour Saint-André.
Pour l'achèvement de l'église actitelle,
les syndics ont été Moïse Branchaud,
Louis Hainault, Louis- Antoine Bertrand,
Bénoni Montpetit, Luc Paquette.
III. Officiers de l'Eglise
Dans la célébra-
tion du culte divin
et dans l'entretien
des édifices parois-
siaux, le curé est
aidé d'un certain
nombre d'auxiliai-
res, bedeau, cons-
table, chantre, or-
ganiste. A Saint-
Çlément, nous avons
les noms de quel-
ques - uns de ceux
qui furent préposés
à ces emplois:
Bedeaux:
Au recensement
de 1831, F. Huneau
est bedeau; de 1840
à 1861, cette fonc-
tion fut remplie par
Jean Ginestet, fran-
çais; de 1861 à 1865,
de Beauce; Michel Brossoit pour le haut de par Gilbert Montpetit,
Saint-Clément; Casiiriir D'Aoust pour Sain- De 1865 à 1907, notre bedeau a été M.
te-Marie; Bénoni Montpetit pour Saint- Jean-Baptiste Julien; à sa retraite, nous
Joseph et Sainte- Anne; Louis Trudel pour Usons dans les délibérations de fabrique
le bas de la rivière Saint-Louis, à prendre que "la fabrique voit avec regret J.-B.
au chemin Saint-Laurent; Ignace Laberge Julien abandonner la charge de bedeau,
pour le haut de la rivière Saint-Louis; dont il s'est acquitté à la satisfaction de
Grégoire Bergeron, pour Saint- Joachim, tous pendant 43 ans." A sa mort, un service
nord de la rivière; Paul Roy pour Saint- fut chanté aux frais de la fabrique.
Le Personnel paroissial: les Laïques
71
Depuis 1907, notre bedeau est Monsieur
Joseph Julien, fils du précédent.
Nos bedeaux, depuis 1840, sont logés
dans une maison de la fabrique. En 1840,
le bedeau Ginestet prit logement dans la
salle publique. Plus tard la fabrique cons-
truisit une maison, souvent transformée
depuis, au coin du chemin de la rivière
Saint-Louis et de la rue de l'Église; c'est,
aujourd'hui encore, la résidence du bedeau
Joseph Julien.
Constables
Les cons-
tables de
l'église ont
été J.-B. Gen-
dron, Maxime
Harvey, Bel-
larmin De-
neau, Hégé-
sippe Four-
nier, Siméon
Faubert et
Cyrille Pri-
meau, asser-
mente en
1902, et qui,
aujourd'hui
encore, est
chargé d'assurer le bon ordre dans l'église.
Les chantres
Les chantres de notre éghse paroissiale
ont été Charles Gravelle et Benjamin
Joachim; ce sont les premiers dont les
noms nous aient été conservés jusqu'en
1825; en 1841, Messieurs Daigneault et
Héroux étaient chantres; en 1850, Jean-
F. Gigoux et G. Montpetit; de 1854 à
1864, L.-A. Bertrand; de 1864 à 1891,
M. Médard Gariépy; de 1891 à 1901,
M. Cyprien Fortin; de 1901 à 1905, M.
Alphonse Roy; en 1905 et 1906, MM.
Cyprien Fortin et F.-X. Leduc; en 1906 à
1908, M. F.-X. Leduc; depuis 1908, MM.
Albert Contant, J.-C. Bellefleur, Alphonse
Reid, David Manny et Albert Tessier.
En parlant de chantres de Beauharnois,
il n'est que juste de signaler les services
rendus à l'église par les Clercs de Saint- Via-
teur; les maîtres de chapelle ont toujours pu
compter sur
leur dévoue-
ment; la pré-
occupation
qu'ils ont té-
moignée d'en-
seigner le
chant d'église
à leurs élèves
assure à l'é-
glise un re-
marquable
service de
chant.
Organistes
NOS SACRISTAINS
1— M. J.-B. Julien (1865-1907)
3— M. Jos.
2— M. G. Montpetit (1861-1865)
Julien (1907).
Les orga-
nistes ont été
Mesdames D.
A. St-Amour, 1874, D.-A.-R. Primeau,
Mademoiselle Albertine Guimond, 1878,
Révérende Sœur Marguerite, 1881, Mesde-
moiselles Êva Béique, 1882-1885, Albina
Bisson, 1885-1891, Clara Fortin, 1891-1904,
Eugénie Fortin, 1904-1905, Marie -Anne
Huot, 1906.
Depuis 1907, nos organistes ont été
MM. Albert Contant, J.-(l Bellefleur et
l'organiste actuelle. Mademoiselle Hélène
Manny.
72
Histoire religieuse de Beauharnois
ARTICLE TROISIÈME— LES ÉTABLISSEMENTS PAROISSIAUX
Nous venons de voir passer devant notre
mémoire les divers groupes qui composèrent,
au cours des cent années de notre histoire
religieuse paroissiale, le personnel parois-
sial; tour à tour ont défilé les curés, les
vicaires, les prêtres, les religieux et les re-
ligieuses originaires de "Chez nous", puis les
marguilliers, les bedeaux, les chantres, les
organistes qui ont été mêlés à notre vie
paroissiale.
Et maintenant, tout naturellement, des
personnes notre pensée descend aux choses
paroissiales; c'est ce que nous appelons les
établissements paroissiaux: églises, presby-
tères et cimetières où se concentre la vie
paroissiale.
I. NOS ÉGLISES
Jusqu'en 1818, Beauharnois n'eut pas
d'église; les fidèles allaient à Chateauguay
— leur paroisse — à l'Ile Perrot, aux Cèdres
ou à Vaudreuil; parfois aussi, les curés de
ces paroisses venaient à Beauharnois et y
célébraient la sainte messe dans des mai-
sons privées.
De sa fondation à nos jours, Beauhar-
nois a eu deux églises; une première qui
servit au culte de 1818 jusqu'à 1845, alors
qu'elle fut transformée en école; cette
vieille église était située à l'endroit du col-
lège, et même, pour parler plus justement,
le collège actuel n'est que notre vieille
église réparée et transformée; sa porte
d'entrée donnait sur la rue Saint- Louis;
on peut encore en discerner les lignes dans
le mur latéral. L'église actuelle a été
ouverte au culte en 1845. C'est l'histoire
de ces deux églises que vont raconter les
pages suivantes.
La vieille église
L'histoire des négociations entre les fi-
dèles de Beauharnois et les évêques de
Québec au sujet de l'érection d'une égUse,
est l'histoire de la fondation même de la
paroisse; nous l'avons racontée plus haut.
Nous avons vu avec quelle insistance qui
ne connaissait aucun découragement, nos
ancêtres, de 1794 à 1818, ne cessèrent de
demander une chapelle pour Beauharnois;
l'éloignement de l'église de Chateauguay,
l'impraticabilité des chemins, l'incapacité
de subvenir à un établissement religieux,
soutinrent leur désir, pendant ces vingt-
cinq années de requêtes.
Enfin, le 19 novembre 1817, Mgr Plessis,
évêque de Québec, permettait de construire
sur la rivière Saint-Louis, entre Annstown
et Marystown, en tel lieu qui serait désigné
par M. Bourget, prêtre, curé de Chateau-
guay, une chapelle de mission, soit en
bois,soit en pierre, laquelle n'aurait pas
moins de soixante-quinze pieds de long —
mesure française — sur trente pieds de large
et douze de carré au-dessus des lambourdes;
elle serait sous l'invocation de saint Clé-
ment, pape et martyr.
Monsieur le curé Bourget exécutait sa
commission quelques jours plus tard, et
fixait le site de la chapelle à construire,
"dans le domaine Saint -Louis, entre
Annstown et Marystown; il y aurait six ar-
pents de terre en superficie; entouré le
dit morceau de terre par le domaine de la
Seigneurie, de sorte qu'il y aura un chemin
de sortie ouvert depuis le dit morceau de
terre jusqu'au chemin du Roi, en passant
par le chemin du Moulin qui y est déjà
établi et en fera partie."
Les Établissements paroissiaux
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Les Établissements paroissiaux
75
Le 3 mars 1818, les habitants de Beau-
harnois faisaient, devant le notaire Louis
Sarault, un acte d'accord au sujet de la
Chapelle. Ils élisaient comme leurs syndics
Ignace Texier dit La vigne, Joseph Roy dit
Lapensée, Hyacinthe Montpetit, dit Pot-
de-vin, Antoine Leduc et Joseph Mont-
petit dit Pot-de-vin; les cinq élus accep-
taient volontairement les dites charges et
promettaient et s'obligaient "à faire leur
devoir en icelles, c'est-à-dire sans aucune
récompense pour leur temps, excepté les
déboursés et frais qu'ils feront." Ces
syndics devaient accepter et recevoir le
terrain des représentants de la Seigneurie;
ils devaient faire faire un état et estimation
des dépenses de la bâtisse, et un acte de
répartition de ce que chacun des habitants
aurait à payer en proportion de l'étendue de
ses terres; ils devaient faire crier les ou-
vrages au rabais aux portes des églises des
Cèdres, Isle Perrot et Chateauguay, à
l'issue du service divin, pendant trois di-
manches consécutifs; ils devaient, ensuite,
conclure les marchés nécessaires, surveiller
et faire exécuter les travaux; ils devaient
enfin faire payer tous les habitants de leur
quote-part, et leur faire fournir et livrer
tous les matériaux nécessaires.
La bâtisse projetée devait être en pierre,
avoir trente-six (36) pieds de large de dehors
en dehors, sur soixante-quinze (75) de long
et douze (12) de carré au-dessous des
lambourdes, et trois cheminées.
Pour réussir dans l'exécution de ce man-
dat, les syndics recevaient des habitants
"plein pouvoir et l'engagement d'avoir pour
agréable tout ce qu'ils feraient".
Munis de ces pouvoirs, les syndics se
mirent à l'œuvre. Le même jour, 3 mars
1818, devant le même notaire Louis Sarault,
au manoir principal de la Seigneurie, était
fait un acte de donation. "John Forsyth,
Alexander Thain — ^négociants — procureurs
de l'Honorable John Richardson, exécu-
teur testamentaire de feu Alex. EUice, en
son vivant propriétaire, et curateur de
George Ellice en son vivant seigneur aux
lieu et place de Alex. EUice, son père",
donnaient à la nouvelle paroisse de Beau-
harnois représentée par ses syndics, le ter-
rain de la future égUse: Un certain mor-
ceau de terre sis et situé dans le domaine
Saint-Louis, près du moulin de la dite
Seigneurie, de la contenance de six arpents
de terre en superficie, et plus s'il s'y trouve,
et entouré par le domaine Saint- Louis, avec
un chemin de sortie convenable depuis le dit
morceau de terre jusqu'au chemin du Roi,
en passant par le chemin du Moulin qui y
est déjà et en fait partie, ainsi que le tout se
poursuit, comporte et étend de toutes
parts, circonstances et dépendance." — Sur
ce morceau de terre on devait ériger église,
presbytère, cimetière et autres bâtiments et
dépendances jugés convenables. Cette
donation fut faite à la paroisse et aux
curés et missionnaires qui la desserviront
à l'avenir et aux habitants qui auront droit
à la dite église et paroisse et leurs successeurs
ayant cause, sous l'autorité de Mgr l'Evê-
que de Québec. De ce terrain, les dona-
taires pourront jouir, user, faire et disposer
en toute propriété comme de choses à eux
appartenant et à leurs successeurs. Cette
concession seigneuriale était faite "sans
aucunes charges, dettes, redevances, indem-
nités, hypothèques quelconques envers les
Seigneurs, et sans aucune réserve, sinon
d'un banc seigneurial et des autres droits
honorifiques, suivant la coutume, usage
et lois établies à cet égard dans ce pays."
Soucieux de bien remplir leur mandat,
76
Histoire religieuse de Beauharnois
les syndics, ayant à leur disposition un
terrain gracieusement concédé par les Sei-
gneurs, vont maintenant procéder à l'érec-
tion de l'église. Le 31 mars, ils comparais-
sent devant le notaire Sarault, ainsi que
François Branchaud. Dans l'intervalle, du
3 au 31 mars, les criées ont été faites à la
porte des églises voisines, il s'est trouvé que
François Branchaud, entrepreneur, a offert
le plus bas prix, et
on va lui confier la
construction de la
nouvelle église pa-
roissiale.
Par acte notarié,
les syndics "s'obli-
gent à faire rendre
sur place tous les
matériaux nécessai-
res tels que la pierre,
la chaux et le sable,
le bois de charpente,
les madriers, les plan-
ches et tous les au-
tres matériaux qui
entreront dans la dite
bâtisse, bons, vala-
bles, sains et saufs,
recevables à dire d'ex-
perts, et au fur et à
mesure que le dit
François Branchaud
en aura besoin; et lui
Uvrer et fournir tous
les fers, chaux, ferblancs et bois nécessaires
pour s'échafauder et ériger la dite bâtisse,
ainsi que toutes les vitres proportionnées
et coupées et le mastique nécessaire et la
peinture que lesdits syndics voudront faire
appUquer et poser."
Nous avons dit plus haut comment les
paroissiens s'obstinaient à avoir dans leur
première chapelle le presbytère ou logement
ADRIEN HÉBERT
Premier baptisé dans la première église de Beauharnois
du curé en bas, et la chapelle en haut; Mgr
Plessis demandait le contraire. Dans l'oc-
troi du contrat à François Branchaud, les
paroissiens s'en tiennent à leur idée; l'en-
trepreneur s'oblige à faire toute la maçon-
nerie de l'édifice qui aura 36 pieds de lar-
geur sur 75 de long et 18 pieds de haut de
quarré d'une pierre à l'autre du fond des
fondations au haut du quarré, avec deux
pignons en pierre de
17 pieds 9 pouces
d'équilles au-dessus
des sabUères; les fon-
dations en pierre au-
ront 31/2 pieds de bas ;
il y aura trois che-
minées brutes dans
les pignons; il y aura
trois ouvertures pour
trois portes, les châs-
sis seront de six ver-
res de haut; il y
aura une grande ou-
verture pour porte
dans la chapelle en
haut, avec deux ou-
vertures pour châs-
sis de chaque côté, et
un œil-de-bouc en
rond-point dans cha-
que pignon; dans
l'étage du bas il y
aura douze ouver-
tures pour châssis ; les
balustres de la chapelle devaient être en
madriers de trois pouces avec des barreaux
de plomb enjolivés, avec une porte et deux
volets pour entrer dans le sanctuaire; il
devait y avoir quatre rangées de bancs de
trois places, dont un pour le seigneur, et
tous ces bancs devaient être dans le goût de
ceux de Chateauguay.
Enfin, l'entrepreneur s'engageait à com-
Les Établissements paeoissiaux
77
mencer les travaux le 8 de juin; le contrat
était pour 11,560 livres, ou $1,940.00; ce
montant était payable en quatre verse-
ments égaux de 2,890 livres, le premier le 18
juin, le deuxième à la moitié de l'ouvrage, le
troisième à la livraison de l'ouvrage, le
quatrième six mois après la fin des travaux.
L'entrepreneur fit bonne diligence; en
six mois, l'édifice était assez avancé pour
qu'il pût servir au culte. Le 17 décembre
1818, la nouvelle chapelle était bénite par
M. Manseau, curé des Cèdres, qui y faisait
aussi le premier sermon. Immédiatement
après, M. Dufresne, desservant de Cha-
teauguay, y chantait la première messe.
La construction de cette église avait prouvé
la bonne volonté des fidèles de Beauharnois;
l'autonomie paroissiale sera leur récompense.
A peine un an après l'érection de leur chapelle,
ils reçoivent un prêtre résidant "chez eux."
Nous avons dit, plus haut, que les évo-
ques de Québec insistaient pour avoir les
titres du terrain de l'église; par un acte
notarié du 3 mars 1818, les Seigneurs de
Beauharnois avaient fait don d'un "certain
morceau de terre" que nous avons décrit
plus haut; en 1823, devant le notaire Sa-
rault, était fait un nouvel acte de donation
annulant et résiliant le premier.
Le nouvel acte était en faveur de la nou-
velle mission Saint-Clément représentée au
contrat par Ignace Texier dit Lavigne et
par Messire Pierre Clément — "tant pour la
nouvelle mission Saint-Clément de Beau-
harnois que pour Messieurs les curés et
missionnaires qui la desserviront à l'avenir
et pour les habitants et paroissiens qui
auront droit à la mission de paroisse ou en
feront partie, et leurs successeurs ou ayant
cause." Il concédait deux lots contigus du
Domaine Saint-Louis, près du MouUn bâti
dans l'embouchure de la rivière Saint-
Louis. Le premier lot, destiné pour le ter-
rain de l'église, était de la contenance de
deux arpents, six perches, et trois pieds de
front, sur deux arpents et trois perches de
profondeur; il touchait au terrain non con-
cédé, à un terrain réservé pour un chemin
de concession, probablement la concession
de la rivière Saint-Louis, et au second lot.
Le second lot était destiné à servir pour
une représentation du Calvaire; il était de
forme triangulaire, avait 14 perches et 16
pieds au sud, six perches et 3^2 pieds à l'est,
16 perches et 3 pieds au nord, sur la longueur.
Les deux lots ensemble formaient une
superficie de six arpents, quatre-vingt-dix
perches, et deux-cent-soixante-dix pieds.
Ils couvraient à peu près, croyons-nous, le
terrain aujourd'hui occupé par le couvent,
le collège, l'église et le presbytère. Ils
étaient donnés "pour seulement servir, le
premier, à ériger l'église, chapelle, presby-
tère et autres bâtiments et dépendances et
cimetières jugés convenables et pour l'uti-
lité, instruction et éducation de tous les
paroissiens y ayant droit; le second était
destiné au Calvaire de M. Clément." Ils
étaient donnés "en toute propriété et jouis-
sance rétroactivement depuis que la mis-
sion et fabrique en est en possession."
Les seigneurs se réservaient un banc sei-
gneurial, d'abord celui "que la fabrique a
déjà fait ériger dans le lieu où se fait le ser-
vice divin, ou d'un autre banc à la place
du premier, si le lieu du service divin est
changé;" les autres droits seigneuriaux
étaient aussi garantis. Cette concession était
plus considérable que la première et assurait
l'avenir non seulement religieux, mais aussi
éducationnel de Beauharnois.
La première église a servi au culte pen-
dant une trentaine d'années, de 1818 à 1845.
Quand, à cette date, l'église actuelle fut
78
Histoire religieuse de Beauharnois
ouverte, l'ancienne ne fut pas détruite; elle
ne l'a jamais été; elle servit et elle sert en-
core d'école. Elle a été comme enclavée dans
une construction plus vaste qui est devenue
le collège actuel; les lignes de ses pignons, les
contours de la porte d'entrée, le cercle de son
ceil-de-bouc en rond-point sont encore visi-
bles dans le mur latéral ouest du collège.
N'oublions pas cette vieille église; c'est là
que nos pères se sont
réunis si souvent;
'c'est là qu'en 1838,
pendant les troubles,
ils reçurent direction
et consolation; c'est
là qu'en 1844, l'on a
chanté le service d'un
de nos curés; c'est là
que pendant trente
ans, a été le centre
de la vie religieuse de
notre paroisse; quand
nous passons près du
collège, rappelons-
nous avec émotion
que les pierres qui
le composent ont
été apportées par
nos pères il y a cent
ans, et qu'elles sont
les témoins des
temps héroïques de
notre paroisse.
L'église actuelle
L'église actuelle n'a pas été construite
en une seule fois, mais partie par partie et
petit à petit. Nous voudrions rappeler ici
les principales étapes de ce travail. Les
dates à retenir sont celles de 1845, 1867,
1871-1872, et 1919.
La première église ou chapelle avait été
construite en 1818; elle ne tarda pas, cepen-
dant, à paraître insuffisante.
L'ÉGLISE ACTUELLE.
Dès le 4 septembre 1820, une lettre du
curé Clément apprend que "à entendre
parler les gens, ils ne seront pas longtemps
sans bâtir une église." La chapelle n'avait
pas de sacristie, les paroissiens en voulaient
une; le curé Clément trouvait qu'il suffi-
rait pour sacristie d'un petit rond-point
qui donnerait de la mine à ce bâtiment.
La correspondance du curé Labelle (1826-
1830) et de ses suc-
cesseurs atteste
également un grand
désir d'avoir une
église plus grande ;
le 3 mars 1827, le
curé Labelle écrit à
l'évêque de Québec
qu'il a recueilli 50
louis pour la future
église que tous de-
maîident; il deman-
de la permission de
bâtir en prenant
dans le coffre de la
fabrique 200 louis
pour les ouvriers et
ensuite 50 louis par
année. Le 24 du
même mois, l'évêque
répond qu'il est "bien
disposé à permettre
de prendre sur l'ar-
gent de la fabrique
250 à 275 louis pour aider à bâtir une nou-
velle église, puisque la chapelle est trop petite.
Cette église devrait être d'une bonne gran-
deur puisque la population de cette pa-
roisse augmente beaucoup; alors cette
somme me paraît bien modique pour une
semblable entreprise; il est vrai que les
habitants pourraient fournir tous les maté-
riaux, journées, en un mot, tout ce qu'ils
pourraient assurer à l'entrepreneur; c'est-à-
Les Établissements paroissiaux
79
dire, 50 louis tous les ans." L'évêque recom-
mandait la prudence; il demandait qu'on
ne s'engageât envers l'entrepreneur pour
50 louis par année "autant que la chose
serait possible ou au fur et à mesure que la
fabrique aurait des revenus suffisants." En
terminant, l'évêque avertissait le curé qu'il
devait prendre les ordres et les avis de Mgr
de Telmesse (Mgr Lartigue) qui le dirigerait
en tout; au reste, il promettait d'auto-
riser Mgr de Telmesse à marquer la place
et à régler les
dimensions de
la future égli-
se, si "l'entre-
prise a lieu
de se faire."
Plusieurs
années toute-
fois devaient
passer avant
que s'exécu-
tât ce projet;
il semble qu'a-
près avoir
grandement
désiré une
église, les fa-
briciens aient
reculé devant
la dépense;
peut-être aussi des difficultés avec M.
Quintal, curé de 1832 à 1840, furent-elles
la cause du retard. En tout cas, Mgr de
Telmesse dut les menacer de les priver de
leur curé, s'ils ne bâtissaient pas une église ;
malgré tout, en 1840, ils hésitaient encore
à accepter les frais de construction d'une
nouvelle église.
Ce ne fut qu'en 1842 qu'ils prirent une
détermination pratique. Le 12 juin, les
franc-tenanciers, en assemblée de paroisse,
décidaient de faire à Mgr Bourget, évêque
l-F.-X.
CONSTRUCTEURS DE L'ÉGLISE ACTUELLE.
Poitras, charpentifr: 2 — François Branchaud,
3 — J.-Btc Branchaud, maçon.
de Montréal, une requête pour la construc-
tion d'une nouvelle église. Ils constataient
que la chapelle était devenue depuis long-
temps "trop petite pour contenir la popula-
tion de la paroisse accrue rapidement tant
par le défrichement des terres nouvelles que
par les nouveaux établissements du vil-
lage;" ils voulaient bâtir l'église "tant à
l'aide des sommes déjà souscrites et pro-
mises à cette fin et se montant déjà à 1607
livres que de celles qui seraient souscrites ou
données par
la suite: "com-
me ces som-
mes étaient
manifeste-
ment insuffi-
santes, les pa-
roissiens s'o-
bligeaient "à
mettre et à
transporter
sur la place
de la bâtisse
tous les ma-
tériaux né-
cessaires, tels
que choisis et
désignés par
les entrepre-
neurs;" ils
substituaient à leur place les marguilliers de
l'œuvre et anciens qu'ils autorisaient "à faire
les devis, passer les marchés, employer la
somme susdite ainsi que celles qui pour-
raient advenir par la suite;" chaque pro-
priétaire s'obligeait "à passer un billet pro-
missoire au nom et en faveur de la fabrique
Saint-Clément, pour la sûreté du recouvre-
ment du montant de la souscription, ainsi
que de quelques jours de corvée pour le
transport des matériaux;" il ne s'agissait
pour lors que de "finir le dehors de l'église
80
Histoire religieuse de Beauharnois
et la fermer, les paroissiens étant prêts à
se cotiser de nouveau pour finir l'intérieur;"
l'assemblée nommait ensuite "comme syn-
dics ou chefs d'arrondissement pour régler
et ordonner les corvées, placer les matériaux
et autres objets: MM. H. Bogue, pour le
village; Antoine Marchand, pour le bas de
Saint-Clément ; Célestin Boyer, pour le rang
de Saint-François de Beauce; Michel Bros-
sait, pour le haut de Saint-Clément; Casi-
mir d'Aoust, pour Sainte-Marie; Bénoni
Montpetit, pour Saint-Joseph et Sainte-
Anne ; Louis Trudel, pour le bas de la rivière
Saint- Louis depuis le chemin Saint- Laurent ;
Ignace Laberge, pour le haut de la rivière
Saint-Louis; Grégoire Berger on, pour Saint-
Joachim (nord de la rivière); Paul Roy,
pour Saint-Georges; DawVi Viau, pour Saint-
Laurent; J.-Bte Bonhomme, pour Saint-
Edouard; Louis Laberge, pour Saint-André.
Le 28 juillet, Mgr Bourget répondait
favorablement à cette requête et nommait
M. Carron, curé, "commissaire à l'effet de
désigner la place et les principales dimen-
sions de la future égUse."
En 1843, M. Carron exécutait sa com-
mission. Le 25 avril, il tenait une assemblée
dans la salle publique de la paroisse; il
constatait d'abord que les 263 signataires
de la requête de juin 1842 formaient bien la
majorité des propriétaires de la paroisse;
il constatait ensuite "que la chapelle était
depuis longtemps trop petite pour loger la
foule qui s'y rendait les jours destinés au
culte, et que, par suite, une église était de-
venue depuis longtemps nécessaire."
Quant au site, M. Carron déterminait le
plus convenable comme étant "l'emplace-
ment à cinquante pieds environ de la cha-
pelle actuelle, le devant du portail de
l'église devant regarder le fleuve, suivant
une Ugne prolongée du côté sud de la cha-
pelle vers le presbytère; il marquait les
dimensions de la future église: 126 pieds
d'oeuvre sur 60 pieds de largeur et 35 pieds
de hauteur hors de terre sur telle fondation
que la qualité du terrain rendra nécessaire.
Enfin, une sacristie de 46 pieds sur 30, et
dont la muraille aurait 18 pieds de haut,
serait construite au pignon sud de l'église
dont la forme sera un parallélogramme.
Le 29 mai 1843, Mgr Bourget approuvait
le procès-verbal et permettait de procéder.
Le 14 août, l'entreprise était confiée à
MM. François et J.-Bte Branchaud ; le
contrat fut signé devant le notaire Louis
Hainault, par les entrepreneurs et par
M. J.-Z. Carron, curé; MM. Pierre Leduc,
marguillier en charge, Alexis Lebceuf, deux-
ième marguillier, Hyacinthe Montpetit,
Frs Daoust, Etienne Montpetit, Michel
Longtin, représentaient la paroisse.
D'après le contrat et le devis annexé,
l'église devait avoir 120 par 60 pieds et 35
pieds de hauteur en quarré au-dessus du sol
(mesure française); la sacristie devait être
de 36 par 30 pieds et 18 pieds de hauteur y
compris les fondations. L'église devait
avoir sept fenêtres de 17 par 6 pieds "en
cintre parfait;" le portail devait être en
pierre taillée, avec une ouverture de forme
ovale, quatre pilastres de l'ordre dorique
simplifié et une porte entre chaque pilastre;
la charpente de l'église devait s'appuyer sur
sept piliers de chaque côté; la voûte devait
être "en cintre parfait;" la colonnade de-
vait être de l'ordre corinthien.
La fabrique s'engageait à faire faire les
corvées promises pour le charroyage des
matériaux, et à payer aux entrepreneurs
2,050 livres en quatre paiements annuels
égaux. De leur côté, les entrepreneurs s'en-
gageaient comme suit: le 1er novembre
1843, l'éghse serait à la hauteur du bas des
Les Établissements paroissiaux
81
fenêtres; le 1er novembre 1844, les mu-
railles seraient montées jusqu'au quarré;
le 1er novembre 1845, le résidu des ouvra-
ges serait terminé.
Les entrepreneurs Branchaud confièrent,
en sous-contrat, une partie de l'ouvrage à
M. F.-X. Poitras; M. Poitras devait s'oc-
cuper du bois, du vitrage et du "masti-
quage;" le bois devait être pris sur les ter-
res non concédées de la Seigneurie. Les
entrepreneurs Branchaud s'engageaient à
payer à l'entrepreneur Poitras 380 livres;
par contre M. Poitras devait "fournir aux
sieurs Branchaud, à chacun une sleigh
semblable à celle que Joachim Brossoit a
eue du Dr Surveyer!"
Les ouvriers se mirent à l'œuvre; nous
savons qu'à la mort du curé Carron, en
juillet 1844, les murs de la nouvelle église
s'élevaient à la hauteur des fenêtres. Le
curé Viau la fit fermer et couvrir. Le curé
Charland la fit terminer telle que le con-
trat le déterminait. Le clocher, dont il
n'était pas question dans le contrat, fut
fait par l'entrepreneur F.-X. Poitras, au
prix de 150 livres; la croix et le coq du clo-
cher furent donnés par Joachim Brossoit,
les bancs furent faits par le même entre-
preneur au prix de 210 livres courant.
Le 20 novembre 1845, eut lieu la béné-
diction de la nouvelle église. La cérémonie
fut accomplie par Mgr Prince, alors coad-
juteur de Montréal et plus tard évêque
de Saint-Hyacinthe; les prêtres présents
furent MM. H.-L. Girouard, L.-D. Char-
land, J.-O. Archambault, P.-S. Archam-
bault, C. Champoux, E. Blyth, A. Groulx.
Le maître-autel fut consacré; les reliques
des saints Quirin et Clément y furent insé-
rées. L'évêque consécrateur accorda pour
ce jour une indulgence d'un an et une in-
dulgence de quarante jours pour une visite
au jour anniversaire; en outre, une indul-
gence plénière était concédée pour le jour
de la consécration et le jour anniversaire.
L'autel ainsi consacré était déclaré pri-
vilégié pour tout prêtre célébrant, séculier
ou régulier.
A cette date du 20 novembre 1845, l'é-
glise actuelle n'allait que de la sacristie aux
portes d'entrée; le portique, les tours et les
clochers actuels n'étaient pas faits; à l'in-
térieur, manquaient les jubés latéraux, les
bancs, la chaire, l'autel et toutes les déco-
rations; l'achèvement de ces travaux fut
l'œuvre de Monsieur le Curé Charland;
cette œuvre se fit lentement, partie par
partie.
En 1850, le deuxième jubé, celui de l'or-
gue, était construit par M. F. Branchaud,
au prix de 32 livres. La même année, M.
Nicolas Manny sculptait pour 300 livres
la chaire, et pour 400 livres l'autel et le ta-
bernacle; en 1859, le même M. Manny
faisait tout le travail d'ornementation du
chœur; c'est donc à cet habile artiste pein-
tre, sculpteur et architecte, que Beauhar-
nois doit l'incomparable ornementation du
chœur de son église.'"
En 1855, d'après un plan de M. Manny,
l'on commença les jubés de côté, afin de per-
mettre aux Sœurs du Couvent et à leurs
élèves d'assister aux offices paroissiaux.
En 1860, il fut question de construire
deux chapelles latérales de 40 par 20 pieds;
le coût en eût été défrayé avec les revenus
des bancs que l'on eût placés dans cette
chapelle. Monsieur Manny fut prié d'exa-
miner la possibilité de réalisation de ce
plan; son rapport fut défavorable; la con-
(1) L'artiste Manny avait trouv<S un procédé spécial de
dorure; lors des travaux de restauration en 1919, les peintres
trouvèrent avec admiration qu'après 60 ans, les dorures du
père Manny n'avaient pas encore besoin d'être retouchées.
Il suffit d'ôter la poussière qui les recouvrait et elles eurent tout
leur éclat.
82
Histoire religieuse de Beauharnois
fection de ces chapelles parut un danger
pour la solidité des murs de l'église et on
y renonça; les jubés commencés en 1855
furent continués et achevés tels qu'ils
sont encore aujourd'hui. En 1860 aussi,
l'on plaça la rangée de bancs au milieu
de l'église; l'acte de fabrique qui auto-
risait ce travail réservait explicitement
au curé et aux marguilliers le droit de
faire enlever cette
rangée de bancs lors-
qu'ils le jugeront utile
et nécessaire, ce qui a
eu lieu en 1919. En
1860, Beauharnois
avait une prospérité
sans égale dans son
histoire, sa popula-
tion augmentait con-
sidérablement et la
fabrique cherchait les
moyens les plus effi-
caces d'assurer aux fi-
dèles l'assistance aux
offices divins. C'est
l'explication de ces
plans d'agrandisse-
ment de notre église.
Pendant cinq ans,
de 1860 à 1865, au-
cun travail considé-
rable ne se fit. En
1865, la fabrique au-
torisa une dépense de
$1 ,500 pour construire une tour. Le contrat
fut accordé à l'entrepreneur C. Content qui
bâtit les deux tours, la première, celle de l'est,
en 1866, la seconde, celle de l'ouest, en 1867.
La tour est s'élevait à peu près à la hauteur
des clochers; la tour ouest ne fut achevée
qu'en 1870. Elles ne furent pas construites
sans difficultés. L'on craignit qu'elles ne
fussent pas solides; ces craintes étaient sans
NICOLAS
Architecte de la chaire, de l'autel
fondement; après 50 ans, elles sont encore in-
tactes et n'ont pas travaillé. Les tours fu-
rent terminées en 1881 par l'addition des
clochers. L'architecte Lévêque fut chargé
de ce travail, à commission de 7 pour cent;
le contrat fut définitivement octroyé aux
entrepreneurs Valiquette et Drapeau, au
coût de $3,610.00. Pour soutenir le poids des
clochers et des cloches, huit boulons en fer
furent insérés dans
la maçonnerie des
tours. Ces travaux
aux tours sont les
premiers en impor-
tance, après la cons-
truction du corps
principal de l'église.
En 1867, Monsei-
seigneur Bourget,
dans une ordonnance
de visite pastorale,
avait demandé que
la fabrique achetât
des cloches. Dès le 17
novembre, une réso-
lution de fabrique
autorisa le curé Char-
land à acheter trois
cloches "convenables
à l'importance de la
place." Ce ne fut,
cependant, que trois
ans plus tard que les
cloches furent ache-
tées, chez Darling, d'Angleterre. Elles
furent bénites par Mgr Bourget, le 31 mai
1871, et reçurent les noms de Marie-Clément-
Joseph, Louis - Antoine - Zenon et Jgnace-
Charles-Zép hirin .
En 1872, la grosse cloche du être ré-
parée; on la trouvait défectueuse, de so-
norité insuffisante; de fait, l'examen
prouva que cette cloche avait des cavités
MANNY
et du chœur de l'église actuelle
Les Etablissements paroissiaux
83
remplies au ciment. Cependant, ce ne
fut qu'en 1888, pendant l'administration
de M. Lussier, que cette affaire de cloche
fut terminée. Il fut parfois question de
procéder par voie judiciaire contre le ven-
deur Darling; en 1888, M. Lussier résolut
la question en vendant la vieille cloche
pour $240.00 et en en achetant une nouvelle
(Chanteloup) de 1,860 livres pour $636.
Cette nouvelle cloche fut bénite par M. le
curé Lussier le 9 décembre 1888 et baptisée
sous les noms de Marie-Clément- Joseph qui
étaient les noms de l'ancienne cloche. La
cloche qui était en usage avant 1871 a
servi, depuis lors, à l'hospice Saint-Joseph.
Vers le temps que s'élevaient les tours,
les paroissiens de Saint-Clément songeaient
à achever aussi l'intérieur de l'église; en
1868, l'on confiait à M. Nicolas Manny le
soin de faire le travail de décoration, comme
il avait fait celui du chœur en 1859; bientôt,
cependant, ce contrat fut brisé, et ce ne fut
qu'en 1874 que la décoration intérieure de
l'église fut faite par l' artiste-peintre James
Weston, de Montréal, au coût de $4,000.
En 1871-1872 eurent lieu de grands
travaux de réparation; depuis quelque
temps, la voûte de l'église laissait à désirer;
un rapport de MM. N. Manny, J.-R.
Poitras et Augustin Laberge l'avait décla-
rée dangereuse. Le temps parut venu
d'une réparation générale de l'édifice. Une
requête de 207 habitants de Saint-Clément
— du 23 mars 1871 — demandait à l'évéque
la permission de faire ces travaux. L'abbé
H. Moreau fut envoyé à Beauharnois
comme commissaire enquêteur. Son rap-
port fut favorable à l'entreprise des tra-
vaux. Il demandait: 1° Une nouvelle cou-
verture de l'église, avec combles plus à pic
si possible; des châssis doubles; des en-
duits aux murs intérieurs. 2° Une nou-
velle voûte de l'église; l'achèvement des
jubés latéraux; l'amélioration de l'inté-
rieur de la sacristie. 3° Un chemin couvert.
Le rapport était approuvé par l'évéque
le 12 août 1871.
Conformément à ce rapport, le 21 sep-
tembre, des syndics étaient nommés "pour
surveiller les travaux de réparation de
l'église et de la sacristie:" ces syndics
étaient MM. Moïse Branchaud, C. R.,
président, Louis-Antoine Bertrand, Louis
Hainault, Bénoni Monpetit et Luc Ra-
quette.
Le 5 septembre 1872, les syndics com-
paraissaient devant Mtre Joseph Léonard,
N.P., pour faire un acte de répartition.
La répartition — de $16,000 — affectait des
biens évalués à $310,950; elle devait se
faire pendant six ans en deux versements.
Voici le détail des travaux à faire: "Toi-
ture; tringier les murs; glacer les murs;
calfeutrer les châssis; faire des châssis-
doubles; faire un chemin couvert et ou-
vrir une porte au côté de l'église; rem-
placer les colonnes des jubés par des
pihers; faire les galeries des jubés; réparer
la sacristie; boiser l'église; vitrer les châssis
en verre colorié; décorer les murs en orne-
ments de style renaissance et les colonnes
en imitation de marbre."
L'architecte fut M. Lévesque, de Mont-
réal; l'entrepreneur, M. Valiquette, aussi
de Montréal; le décorateur, M. James
Weston, de Montréal.
Les travaux commencèrent immédiate-
ment. En 1872, les bancs étaient con-
cédés d'après un nouveau règlement qui a
fait loi jusqu'ici pour Saint - Clément.*"
En 1874, le vieux banc d'œuvre est rem-
(1) Voici le résumé de ce règlement: 1° Chaque banc à
crier devra être annoncé deux dimanches ou fêtes consé-
cutifs. 2° Il sera laissé au dernier et plus haut enchérisseur
pour argent comptant. 3° Seuls les paroissiens majeurs et
jouissant de droits civils peuvent avoir un banc. 4° Un seul
banc ù, chaque paroissien. 5° Le preneur d'un banc peut le
84
Histoire religieuse de Beauharnois
placé par le premier banc dans la petite
rangée du côté droit. En 1874 James Weston
décore l'église; l'année suivante, change-
ment définitif du banc d'oeuvre. En 1876,
l'on prépare des bancs pour les élèves
du collège au jubé de l'orgue. En 1877,
M. Philippe Deslauriers— pour $900.00—
couvre l'église du côté est, et, en 1879, la
sacristie et le presbytère. En 1877 aussi, dédi-
légale de 1871 se firent au milieu de graves
difficultés de fabrique consignées aux regis-
tres; il serait d'autant plus inutile de les nar-
rer qu'elles sont étrangères aux travaux eux-
mêmes. Il s'agissait simplement desavoir jus-
qu'à quel point le marguillier en charge est
tenu de rendre ses comptes à la fabrique, et
les cours décidèrent que ce devoir est strict
et absolu.
SYNDICS DE 1871
(1) Moïse Branchaud. — (2) Louis-Antoine Bertrand.— (3) Bénoni Montpetit.-^(4) Luc Paquette. — (5) Louis Hainault, N.P.
cace des deux autels latéraux par Mgr Fabre.
En 1879-80, le système de chauffage à eau
chaude est inauguré dans l'égUse. En 1881,
la fabrique cède gratis un banc au curé. *"
Les travaux prévus par la répartition
En 1881, les syndics rendirent leurs
comptes; ils avaient reçu $16,268.54 et
dépensé $13,280.51.
Depuis cette réparation générale de 1871-
1881, il n'y a guère eu de travaux considé-
garder toute sa vie ou le remettre. 6° La veuve peut garder le
banc de son mari défunt aussi longtemps qu'elle reste veuve.
7° Les enfants ont le privilège de racheter le banc paternel
immédiatement après l'adjudication en payant le prix adjugé.
8° Le prix d'adjudication est le montant de la rente annuelle.
9° La rente est payable au marguillier en charge. 10° Si le
preneur ne paie pas avant le 31 décembre, la fabrique reste
en possession du banc.
(1) En 1904, cette concession d'un banc — No 54 — a été
renouvelée en faveur du curé actuel, M. Nepveu.
Les Établissements paroissiaux
85
râbles jusqu'à la restauration de 1919.
Signalons, toutefois, certains travaux et
certaines dates.''*
En 1883, la fabrique achète un nouvel
orgue Brodeur au prix de $2,000; il rem-
plaçait le 1er orgue construit^ — $600 — en
1852. En 1890, l'on crépit les murs de
l'église. En 1896, l'on peintura la cou-
verture de l'église, l'on plâtra l'intérieur
des tours. En 1900 l'on répare le para-
tonnerre brisé par la foudre le 26 juin. En
1902 l'on fait des améliorations au système
de chauffage. En 1908, l'orgue est re-
construit et bénit le 17 mai. En 1905, l'on
répare le toit de l'église, l'on renouvelle la
couverture des ponts des cloclers. En 1913,
l'église et la sacristie ont un système d'é-
clairage à l'électricité. En 1915, Monsieur
Joseph Charlebois donne $200 pour la
décoration à l'électricité des chapelles de la
Sainte Vierge et de Sainte Anne. La même
année, l'honorable A. -A. Thibaudeau donne
une statue du Sacré-Cœur et l'honorable
M. Achille Bergevin, une statue de la Sainte
Vierge pour le fronton de l'église.
En 1917, l'on commença à penser sé-
rieusement au centenaire de la paroisse,
et l'idée s'imposa d'une restauration en
grand de l'église paroissiale; si, en effet,
l'extérieur de l'église était magnifique, il
était évident que l'intérieur ne l'était
plus; les bancs étaient vieux et démodés.
(1) Voici quelques détails sur le mobilier de notre église
paroissiale: Le chemin de la Croix qui a été remplacé en 1919
avait été acheté en 1880; les stations avaient été données
($10.00) par le juge L. Bélanger, MM. L.-R. Baker, maire,
Célestin Bergevin, M.P.P., Julien Leduc, Leduc et Fortin,
L.-T. Descarries, vicaire. Napoléon et Pierre Laberge, L.-A.
Seers, John O'SuUivan et Achille Marchand, P.-N. Trottier,
et les familles de la ville, les familles de Melocheville, les
familles du Bas du Fleuve, les familles de Saint-Georges.
Un chemin de croix avait été antérieurement érigé en 1848.
Vases sacrés: Un calice doré acheté par M. Charland en
1848, et deux autres calices dont l'un acheté en 1885 par les
Congrégations. Un ostensoir, don du Dr Perreault, bénit par
S.8. Léon XIII, le 4 novembre 1886, et deux autres; quatre
ciboires.
les planchers menaçaient ruine, les pein-
tures, défraîchies par l'usure et la pous-
sière, faisaient oublier les belles lignes
architecturales de notre temple. Pour
toutes ces raisons, en 1917, les marguilliers
autorisaient Monsieur le curé Nepveu "à
consulter pour réparations et décorations."
En janvier 1919, une assemblée des mar-
guilUers anciens et nouveaux déclarait: "Il
n'est pas à propos d'attendre plus long-
temps pour procéder à la restauration
de notre église; que la fabrique avise aux
moyens à prendre pour commencer ces
travaux aussitôt que possible; lesquels
travaux devant être faits par et aux frais
de la fabrique, à même ses revenus ordi-
naires, et au moyen d'emprunt si besoin."
Le 2 février une assemblée de paroisse
confirmait et ratifiait les délibérations de
fabrique de janvier précédent.
Le même 2 février 1919, une assemblée
de fabrique autorisait le curé et les mar-
guilliers "à faire préparer par MM. Gau-
thier et Daoust, architectes, des plans,
devis et spécifications des travaux à faire
à l'église et à la sacristie, à demander
des soumissions et à signer des contrats."
Les travaux étaient confiés à M. Joseph
David, entrepreneur de Valleyfield, lequel
donnait le sous-contrat de décoration à
Monsieur l'artiste-peintre T.-X. Renaud, de
Montréal. Ces travaux comprenaient prin-
Candélabres: Les candélabres-chandeliers du maître-autel
ont été achetés par M. Charland pendant son voyage d'Eu-
rope en 1854.
Ornements: Le vestiaire de l'église est bien pourvu d'orne-
ments grâce surtout à M. le curé Lussier; il compte un com-
plet en drap d'or, un complet en drap d'argent, un autre en
satin rouge, un autre en moire antique noire, un autre en ve-
lours noir, 3 chapes noires, 4 chaînes blanches, 1 en drap dor ,
1 en soie violette, 2 rouges, 1 verte.
Statues: La statue de Saint-Joseph a été donnée par Ma-
dame Tranchemontagne, les deux anges de cha<)uc côté de
l'autel sont un don de M. l'avocat Seers; les autres ont été
fournies surtout par les Congrégations.
86
Histoire religieuse de Beauharnois
cipalement une nouvelle décoration com-
plète de l'église, la confection de nou-
veaux bancs, d'un bas-chœur, d'un plancher
en bois-franc, le renouvellement de la
boiserie latérale, 2 confessionnaux, la res-
tauration de la sacristie, la construction
d'une voûte de sûreté, le percement d'une
porte du côté ouest. Ils furent exécutés
aussi rapidement que le permirent des
en ciment à la façade de l'église, plancher
en tuiles pour le porche. La fabrique et la
paroisse acceptèrent ces réparations que
permit Sa Grandeur Monseigneur l'Evêque
de Valley field.
Ces différents travaux ont été menés
à bonne fin: à la volonté de M. le curé
Nepveu, qui a su en faire admettre l'oppor-
tunité, ont répondu chez les ouvriers une
RESTAURATEURS DE L'ÉGLISE (1919)
(1 et 2) MM. les architectes Gauthier et Daoust. — (.3) M. Renaud, peintre-décorateur.— (4) M. J. David, entrepreneur-général.
contretemps indépendants de la volonté
de l'entrepreneur.
En juillet 1919, il parut que des travaux
supplémentaires s'imposaient ; réparation
des châssis de l'extérieur, plancher de bois-
franc dans le sanctuaire, changements à
l'installation de l'électricité pour fins d'é-
clairage, d'illumination et de balayage, ainsi
que pour la soufflerie de l'orgue, perron
habileté qui en assura le succès.
Et maintenant, notre beau temple pa-
roissial est terminé. Si déjà, en 1908,
un envoyé de la Presse pouvait dire qtie
notre église faisait l'orgueil de toute la
population, que n'en dira pas celui qui
la visitera après les récents travaux de
restauration? La beauté de son site, l'élé-
gance et la majesté de ses tours et de ses
Les Établissements paroissiaux
87
INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE ACTUELLE
(Apr^K IfiH r(''parii1 ions de 1919.)
Les Etablissements paroissiaux
89
clochers, le fini de ses décorations, l'heu-
reuse proportion de ses lignes architectu-
rales, la richesse et la délicatesse de ciselure
de son chœur, la commodité de ce qu'on est
convenu d'appeler les améliorations mo-
dernes font certainement de notre église
paroissiale un très digne objet de notre ad-
miration et de notre vénération. Qu'ils
soient remerciés et bénis, tous ceux qui ont
contribué à l'élever: curés, desservants et
vicaires, marguilliers et paroissiens, archi-
tectes et ouvriers! Qu'elle demeure long-
temps, toujours, au haut de cette colUne
dont tant de générations n'ont cessé de
faire la montée! Qu'elle soit pour Beau-
harnois une protection constante et une
bénédiction.
II. NOS PRESBYTÈRES; NOS SALLES
PAROISSIALES
Dans la paroisse canadienne, à côté de
la maison de Dieu est la maison de son mi-
nistre, ou presbytère. Saint-Clément, de-
puis sa fondation, a eu deux presbytères;
le premier a été construit en 1819, le
presbytère actuel en 1846.
Nous avons dit déjà, en passant, que
dans leurs requêtes aux évêques de Québec,
les fidèles de Beauharnois demandèrent
d'abord la construction d'un seul édifice
qui aurait servi de chapelle et de presby-
tère; Us voulaient mettre la chapelle au
haut de l'édifice et le presbytère au bas, et
c'est d'après ce plan que le contrat fut
signé en mars 1818. Sur les vives instances
de Monseigneur Plessis,ce plan fut modifié;
le 17 septembre 1818, l'entrepreneur Bran-
chaud reçut l'ordre de construire l'intérieur
de l'édifice de façon à ce que le bas servît
comme chapelle, et le haut comme presby-
tère. Quelque temps après, nouveaux change-
ments; tout l'édifice servira comme chapelle,
et l'on construira un presbytère distinct.
C'est le 4 mars 1819 que les habitants
de Saint-Clément font, devant le notaire
Louis Sarault, leur acte d'accord à cet effet.
Ils décident la construction d'un édifice
"pour le logement d'un curé et autre utiUté
des dits habitants", c'est-à-dire que le
presbytère sera "salle des habitants;" ce
presbytère "sera bâti sur leur place d'église,
près de la chapelle, au choix de leur desser-
vant, en pierres; il aura 45 par 30 pieds, et
16 pieds de haut. Quatre syndics sont
nommés: Michel Longuetin fils, Nicolas
Boyer, Antoine Daigneault, Paul Gendron.
Les habitants décident de faire une répar-
tition: "ils s'engagent à payer leur quote
part de l'argent en bonne espèce ayant
cours, et à livrer sur place les matériaux
nécessaires. Il n'y aura que les habitants
qui auront payé qui participeront aux
droits et privilèges."
Le 3 avril de la même année, le con-
trat de construction du nouveau pres-
bytère était octroyé à François Bran-
chaud. Le presbytère devait être de 30 pieds
par 45 pieds; il devait être divisé en deux
parties, dont l'une serait la "salle des
habitants" et l'autre le logis du curé;
le logis du curé serait divisé en cinq par-
ties, comme suit: "une salle, une cham-
bre de compagnie, une chambrette, une
cuisine, et un corridor de la salle à la
cuisine;" le coût stipulé était de 5,700 livres
de 20 sols à payer en quatre versements.
Ainsi fut fait; la salle-presbytère s'éleva
non loin de la chapelle, à l'endroit où est
aujourd'hui la "salle des habitants."
A son arrivée à Beauharnois, en octobre
1819, l'abbé Clément trouva les deux
édifices paroissiaux — chapelle et presby-
tère— achevés. Le presbytère lui parut
trop petit. En effet, en déduisant la partie
90
Histoire religieuse de Beaitharnois
réservée comme salle publique, il ne lui
restait qu'un logis de 25 par 28 pieds. A
sa demande, les habitants lui laissèrent
l'usage de tout l'édifice, et construisirent
un autre bâtiment en bois, comprenant
la salle publique et le logis du bedeau.
Le presbytère et la salle servirent aux
curés et aux paroissiens de 1819 à 1846.
En 1845, le curé Charland fut autorisé à
Il fut immédiatement
cessé, depuis lors — ^75
sidence de nos curés,
réparé et amélioré,
fut changé en toit dit
tème de chauffage à
installé. En 1888, on
sine. En 1899, on y
électrique. En 1904,
construit, et il n'a
ans — d'être la ré-
II a été souvent
En 1881, le toit
français, et le sys-
eau chaude y fut
y ajouta une cui-
installa la lumière
on y construisit
LE PRESBYTÈRE (1846)
faire au presbytère toutes les réparations
intérieures et extérieures. On renonça
à ce plan, et l'année suivante, la fabrique
résolut de construire un nouveau pres-
bj^re. Le contrat — de 128 livres an-
cien cours — fut donné à Jacques Goyette
et Paul Gendron; l'édifice devait être de "45
par 34 pieds de bonne maçonnerie de
pierre, avoir trois portes et onze châssis."
une voûte de sûreté pour les documents
paroissiaux et l'on améliora les chambres
des vicaires. En 1905, on renouvela toutes
les peintures de l'intérieur.
L'ancien presbytère, remplacé en 1846,
devint, en 1848, salle publique; en 1855,
il fut démoli; sur ses fondations l'on éleva
la "salle des habitants" qui existe encore
aujourd'hui. De sorte que depuis 1855,
Les Établissements paroissiaux
91
le groupe des établissements paroissiaux
n'a pas varié, si ce n'est dans quelques
améliorations ou réparations de détail.
III. NOS CIMETIÈRES
De sa fondation jusqu'à son centenaire,
la paroisse Saint-Clément a eu quatre ci-
metières, bénits en 1819, en 1823, en 1848
et en 1904.
Le premier fut établi en même temps
qu'était construite la première église, et
tout à côté d'elle; au témoignage du curé
Clément il était fort petit. En effet, l'on
n'y inhuma que 263 cadavres. Ce pre-
mier cimetière était à l'endroit occupé
aujourd'hui par la cour des élèves du
collège.
Tout près de ce cimetière, de l'autre
côté du chemin, dans le défaut de la côte
qui va du presbytère à la rivière Saint-
Louis, fut érigé le fameux Calvaire du curé
Clément. C'était un demi-cercle de 272
pieds de circonférence et de 72 pieds de
diamètre; le curé Clément y avait éta-
bli des stations du Chemin de la Croix
et un oratoire où les fidèles devaient se
rendre comme en pèlerinage, spécialement
le premier vendredi du mois. Les évo-
ques de Québec refusèrent de laisser dire
la messe dans la chapelle de ce Calvaire,
à deux pas de l'église paroissiale. Néan-
moins, le calvaire lui-même semble avoir
été fréquenté. En 1827, le curé Labelle
demande "de changer de place le Calvaire,
qui est trop près du moulin." En 1829,
il projette d'ériger un nouveau Calvaire
qui aurait 80 pieds par 60 pieds, joi-
gnant, au nord-est, au domaine et les
trois autres côtés sur le terrain de l'église.
Nous ignorons quelle suite fut donnée à
ce projet: les archives n'ont pas con-
servé d'autre mention de ce calvaire.
Le deuxième cimetière de Beauharnois
fut étabU en 1823. Dès 1822, l'évêque
avait demandé à ce qu'on plaçât le nou-
veau cimetière autour de la future église
et il avait permis les exhumations né-
cessaires; le curé devait donner au ci-
metière "telles positions et dimensions
qu'il trouverait convenables." En 1823,
le juge Mondelet permit,à cet effet, l'ex-
humation des corps du vieux cimetière;
les paroissiens avaient choisi comme ter-
rain le site où se trouvent aujourd'hui
les remises de la fabrique. En 1832,
c'est-à-dire après 10 ans d'usage, le cime-
tière était rempli; l'on y avait inhumé
418 corps. Les paroissiens de Beauhar-
nois adressèrent à l'évêque une requête
pour agrandir le cimetière; ils demandaient
de destiner à cette fin un morceau du ter-
rain vacant contigu au cimetière. L'abbé
Marcoux, curé du Sault Saint-Louis, était
envoyé, peu après, comme commissaire;
il reconnaissait le bien-fondé de la re-
quête, approuvait le lieu désigné par les
paroissiens et bénissait le nouveau ci-
metière qui n'était qu'un prolongement
de l'ancien.
En 1848, le cimetière de 1823, agrandi en
1832, était de nouveau devenu insuffisant;
de 1832 à 1848, on y avait inhumé 1063
corps. Le 22 juillet 1848, le curé Char-
land bénissait le troisième cimetière de
Saint-Clément; c'est le cimetière qui est
en arrière de l'église, et qui, agrandi de
moitié en 1878, a servi jusqu'en 1905;
environ 5,200 corps y reposent.
En 1904, la fabrique résolut d'acheter
un nouveau terrain de cimetière pour
remplacer l'ancien devenu insuffisant.'"
(1) L'importance de cet établissement paroissial noua justi-
fie, croyons-nous, de parler plus longuement de notfe cime-
tière. Les notes qui sont publiées ici sont empruntées presque
textuellement au BuUelin Paroissial de Valleyfield, de
1905 et 1907.
92
Histoire religieuse de Beauharnois
La paroisse approuva cette résolution et
l'on se mit à l'œuvre. En octobre 1904,
un terrain d'une superficie de 15 arpents
fut acheté de M. J.-Bte Gendron. M.
l'ingénieur-arpenteur J.-H. Sullivan, de Val-
ley field, fut chargé de le diviser. Le plan
qu'il prépara n'a cessé d'être fort admiré
pour l'heureuse disposition des lots, des
allées et des monuments funéraires.
Au centre du cimetière est une large
allée de 40 pieds dont deux plates-bandes de
5 pieds; une autre allée de ceinture de 30
pieds, dont 10 pieds de plate-bande, est
séparée de l'allée centrale, de chaque côté,
par une double rangée de lots de 15 pieds
par 16 pieds; ainsi, chaque lot donne
sur une allée transversale; 757 lots ont été
inscrits sur le plan officiel, 120 fosses par-
ticulières, un grand terrain pour la fosse
commune, et un terrain de 80 par 80 pieds
pour la partie réservée.
Le cimetière, déjà magnifique par la
belle ordonnance de ses divisions, s'est
constamment embelli par d'opportunes
améliorations.
En octobre 1905, les marguilliers ache-
tèrent de la maison H. E. Ives et Cie, de
Montréal, une magnifique clôture de fa-
çade, en fer, au prix de $1,400.00. Au-
dessus de la barrière d'entrée, l'on a ins-
crit en lettres dorées, ces mots de l'Ecri-
ture qui rappellent l'espérance de l'éter-
nité bienheureuse; Exsultahunt Domino
ossa humiliata. Au milieu du cimetière,
sur un tertre de 100 pieds de diamètre
et 3 de hauteur, l'on a placé une croix en
granit noir de 15 pieds de hauteur.
Au printemps de 1906, l'on a fait une
plantation d'arbres qui, dans quelques an-
nées, sera du plus bel effet. Mais surtout
cette plantation d'arbres rappelle à la
paroisse d'importants événements parois-
siaux. Ces arbres ont été offerts par les
paroissiens et rappellent le souvenir des
évêques qui ont eu à s'occuper de la pa-
roisse, des curés qui l'ont administrée,
des desservants et des vicaires qui y
ont exercé le ministère, des marguilUers
qui s'y sont succédé, enfin des principaux
événements accomplis. Le livre officiel
du cimetière rappelle le souvenir atta-
ché à chaque arbre, par qui et quel jour
il a été planté. Que l'on fixe à chaque
arbre sa carte d'identification et rien qu'à
parcourir le cimetière, l'on pourra lire
les principales pages de notre histoire
paroissiale.
Pendant l'hiver de 1906-1907 l'on ins-
talla un système d'aqueduc; M. W. Bell,
de Montréal, creusa un puits artésien;
à 145 pieds, il trouva une eau potable,
d'une quantité de 2,000 gallons à l'heure.
Au printemps de 1907, la fabrique fit
construire à cet endroit, par MM. Leduc
et Fortin, un kiosque de forme octogonale
qui est un abri pour les visiteurs et un
bureau d'affaire; là aussi est le réser-
voir d'une capacité de 1,000 gallons, d'où
une pompe distribue l'eau dans les prin-
cipales parties du cimetière.
En 1907, l'on installa dans le cime-
tière un Chemin de Croix dont on a dit
"qu'il est certainement l'un des plus beaux
monuments du genre en ce pays." Les
stations sont en granit gris de Stanstead
et ont 14 pieds de hauteur sur 6 de lar-
geur; les sujets en terre cuite avec relief
de huit pouces ont été fabriqués à l'Ins-
titut Catholique de Vaucouleurs, France.
Les plans et devis de ces stations ont été
préparés par M. Alphonse Content, ar-
chitecte de Montréal, et le granit a été
Les Établissements paroissiaux
93
travaillé aux ateliers de M. J.-G. Ficher, Pour assurer la propreté et éviter la dis-
de Montréal. Ce Chemin de Croix est dû grâce et l'abandon habituel des cimetières,
à l'initiative de M. le curé Nepveu; c'est les marguilliers ont décidé de créer un
lui qui en a conçu le projet et qui l'a fait fonds inaliénable pour l'entretien du cime-
se réaliser en obtenant des paroissiens for- tière. Tout acquéreur d'un lot doit payer
tunés des souscriptions. Ce Chemin de
Croix a coûté $7,000, soit $500 par station.
Voici la liste complète des souscripteurs:
1ère Station: M. Cyrille Guimond, M.
L.-C. Tassé.
2ème Station :
Mme ËHe Marchand,
M. Orner Marchand.
Sème Station:
M . Joachim Gendron ,
M. Trefflé Boyer.
4ème Station:
M. J. -B. Tisseur,
M. Eusèbe Boyer.
5ème Station:
M. Ferdinand Leduc,
M. Cyprien Fortin.
6ème Station:
M. Frs Vallée, Mme
Charles Lebœuf.
7ème Station:
M. Léon Vincent,
M. Paul Lebœuf.
Sème Station:
M. L. Ovide Gagner,
M. 0. Allard.
9ème Station:
M. Charles Boyer,
M. Joseph Boyer.
lOème Station: M. David Brisebois, M.
Moïse Viau.
llème Station: M. JuUen Leduc et ses fils.
12ème Station: M. L.-A. Seers, M. J.-G.
Laurendeau.
13ème Station: M. Louis Brazeau, Mme
J.-B. Maréchal.
14ème Station: M. l'abbé P.-E. Lussier,
M. l'abbé T. Nepveu.
CIMETIÈRE
Station du Chemin de la Croix.
un dollar de rente par année pour l'entre-
tien de son lot. Cette rente est rachetable
à $20.00. Des sommes ainsi acquises
l'intérêt annuel servira à perpétuité à
l'entretien du cime-
tière.
Par mesure d'or-
dre et d'uniformité,
les bornes de terrain
sont toutes sembla-
bles. Ces petites
pierres de granit gris
contribuent grande-
ment à la beauté de
l'ensemble.
Jusqu'à ce jour,
le cimetière a été le
théâtre de deux
grandes manifesta-
tions religieuses. Le
5 novembre 1905, il
était solennellement
bénit par l'ex-curé,
M. P.-E. Lussier; le
sermon de circons-
tance était prononcé
par le R.P. Jean-
Marie, O. F. M. Le
1er septembre 1907, avait lieu la béné-
diction des Stations du Chemin de la
Croix; la cérémonie était présidée par
M. le curé Nepveu, et le sermon prêché
par le Rév. P. C. Lemire, C. SS. R. A
part ces cérémonies extraordinaires, cha-
que année, la paroisse se rend en pèle-
rinage au cimetière. Nous avons été, déjà,
le témoin ému d'une de ces réunions
94
Histoire religieuse de Beauharnois
de la famille paroissiale au champ des morts,
et nous en avons gardé une inoubliable im-
pression. Que les fidèles de Beauharnois cou-
leurs parents, où eux-mêmes ils reposeront
un jour! Que le cri de triomphe qu'ils peu-
vent lire à la porte : "Les os humiliés ressusci-
tinuent la tradition qu'ils ont créée! Qu'ils teront dans le Seigneur," les aitire et soit pour
aiment à se rendre souvent où reposent eux un cantique d'espérance chrétienne!'"
LE cimetière paroissial
LES COMPLÉMENTS DE LA PAROISSE
Jusqu'ici nous avons parlé de ce qui
peut être appelé la paroisse proprement
dite, c'est-à-dire du personnel et des éta-
bUssements paroissiaux; successivement ont
passé devant nous le clergé et les laïques de
notre paroisse et aussi les églises, les pres-
bytères et les cimetières qu'ils ont eu à
administrer. Cependant, la paroisse, et
(1) En parlant des cimetières de Saint-Clément, il n'est que
juste de mentionner le cimetière qu'est le sous-sol de l'égÛse
actuelle. Aussi longtemps que furent permises les inhumations
dans les églises, plusieurs familles de Saint-Clément récla-
mèrent cet honneur pour leurs défunts. De 1844 à 1905, 212
cadavres ont été déposés dans l'église ; le premier est celui du
curé Carron, le dernier celui de Thomas Brossoit, avocat.
Nous remarquons aussi quelques noms bien connus: en 1845,
Charles Manuel, juge de paix, suisse converti; en 1861, Ludger
tout particulièrement la paroisse cana-
dienne, se complète par deux séries d'éta-
blissements, les maisons d'éducation et de
charité; il reste à dire ce qu'a été Beau-
harnois à ce double point de vue; c'est ce
que nous ferons en parlant de ses écoles
et de son hospice.
Leblanc, avocat; en 1866, Moïse Sabourin, médecin; en 1878,
Joseph Hainault, l'un des pionniers de Beauharnois; en 1877,
François Branchaud, le constructeur de nos églises; en 1878,
Michael Cayley, avocat, M. P.; en 1880 Louis Hénault, N.P.
shérif; en 1882, le curé Louis-David Charland; en 1883,
Nicolas Manny, le décorateur de l'égliseactuelle; en 1886^ le
curé Jasmin; en 1890, Philéas Verchères de Boucherville,
méc^ecin; en 1892, Frs Clovis Bazinet, N.P.; en 1893, Pierre
Casmiir Duranceau, avocat et protonotaire; en 1905, 'Thomas
Brossoit, avocat.
Compléments de xa Paroisse: les Ecoles
95
ARTICLE PREMIER: LES ÉCOLES
Ce n'est pas sans émotion que nous
entreprenons de faire l'historique de l'é-
ducation à Beauharnois. Nous voudrions
rendre le juste hommage qui est dû au
dévouement et au travail des apôtres et
des amis de l'éducation à Saint-Clément.
Dans une histoire de paroisse, les écoles
tiennent une large place; malheureuse-
ment, les documents font défaut qui per-
mettraient de faire le récit complet du
rôle qu'elles ont tenu à Beauharnois. Toute-
fois, certames données d'autant plus pré-
cieuses qu'elles sont plus rares, permet-
tent de dessiner au moins à grands traits
le mouvement éducationnel dans notre
paroisse.
1. Les débuts.— La période de début va
de l'arrivée des premiers colons à Beau-
harnois, vers 1730, jusqu'à l'érection de
la première école publique ou officielle, en
1830. De cette période nous savons très
peu de chose; on pourrait l'appeler la
période de l'éducation privée, car il n'ap-
paraît nulle part que les paroissiens de Beau-
harnois aient eu, jusqu'à 1830, d'école
subventionnée. Une telle école aurait pu être
établie soit par autorité de la "Commis-
sion d'Éducation" de 1789, soit par celle
de r "Institution Royale" de 1801, soit
par celle des "Ecoles de Fabrique" en
1824. Or, la "Commission d'Education"
ne fut guère qu'un projet sans suite;
l'"Institution Royale" ne fit pas béné-
ficier Beauharnois de ses largesses.
Quant à la Loi des "Ecoles de Fabriques"
de 1824, nous ne croyons pas que Beau-
harnois en ait bénéficié avant la "Loi
des écoles élémentaires" de 1829. Plu-
sieurs fois, surtout vers 1829, il fut ques-
tion d'ouvrir une école de fabrique, ce
fut même l'objet des constantes préoc-
cupations du curé Labelle, le futur fon-
dateur du collège de l'Assomption; il de-
manda à prendre l'argent de la fabrique
pour bâtir une école, et les marguilhers
autorisèrent une dépense de 25 livres à
cette fin. Le curé Labelle écrivit même
à Mgr Lartigue, alors auxihaire de l'évêque
de Québec: "Ça presse, car on va éta-
blir une école de syndics" et une école de
syndics signifiait une école soumise à
une commission à majorité protestante.
L'on n'alla pas assez vite, et, de fait,
l'école que redoutait le curé Labelle, fut
fondée en mai 1830.
Est-ce à dire, cependant, que jusqu'à
1830, Beauharnois n'eut pas d'écoles?
Non. Beauharnois eut des écoles, mais
des écoles privées. La correspondance du
curé Clément fait connaître l'existence,
en 1821, d'une école de filles. La même
année, les paroissiens Jos. Hainault, Joseph
Leduc, Pierre Leduc, Louis Gervais, Pierre
Poirier, Antoine Houle, Charles Bougie,
Ben Joachim, demandent à l'évêque de
confirmer le pouvoir d'avoir, sous l'Ins-
titution Royale, une école pour filles avec
un maître, mais Mgr Lartigue refusa cette
permission. Une demande analogue, vers
le même temps reçut la réponse qu'une
fille pouvait tenir une école "à condition
qu'aucun garçon ne fréquentât cette école."
L'année suivante— 1822— Mgr Lartigue per-
mit une école mixte— pour garçons et
filles— "pourvu qu'une femme âgée d'au
moins 40 ans et de mœurs approuvées par
le curé pût faire l'école aux filles et aux
garçons dans une même maison, mais dans
96
Histoire religieuse de Beauharnois
des appartements différents, sans commu-
nications, à des heures différentes." Ces
détails sont les seuls que révèlent les archi-
ves relativement aux écoles; elles ne disent
rien du site de cette école, ni du nom de ses
maîtres ou maîtresses.
Beauharnois eut donc une école dont
nous ne savons qu'une chose, l'existence
vers 1821. Antérieurement, Beauharnois
eut des maîtres et maîtresses ambulants.
Les premiers furent les missionnaires du
Sault-Saint-Louis et les curés de Cha-
teauguay, des Cèdres, de l'Ile Perrot et
de Vaudreuil. En portant à leurs parois-
siens émigrés dans ce territoire qui de-
viendra Saint-Clément, les secours de la
religion, ils donnèrent aux enfants les pre-
miers éléments d'instruction. L'histoire
nous a aussi conservé le nom d'une femme
du nom de Salé'" et d'un homme du
nom de Gigoux qui allaient de maison
en maison, enseignant le catéchisme et la
lecture.
Maîtres ambulants, écoles privées, pro-
jets d'école de fabrique, voilà en trois mots
l'histoire de l'éducation à Saint-Clément,
jusqu'en 1830. Ajoutons qu'en 1838, le
curé Quintal pouvait écrire à l'évêque:
"Il n'y a aucune école catholique réguliè-
rement tenue dans la paroisse." Et ce-
pendant, depuis 1830, il y avait une école,
la première école officielle établie à Beau-
harnois.
IL L'organisation scolaire. — En 1830,
Saint-Clément entre dans la période de son
organisation scolaire qui se marque par
deux dates principales: le 2 mai 1830,
établissement d'une école anglaise et d'une
école anglaise-française au village, sous
l'autorité de syndics; en 1845, le 18 juin,
érection de la municipalité scolaire Saint-
Clément.
En 1829, le parlement du Bas-Canada fit
une loi dite "Loi des écoles élémentaires" '.^^^
cette loi permettait d'établir des écoles
élémentaires dans chaque comté sous le
contrôle général des députés, et dans cha-
que paroisse sous la direction immédiate
de syndics élus par les contribuables au
fonds local des écoles; elle accordait à
chaque maître ou maîtresse d'une école
qui n'était pas sous la régie de l'Insti-
tution Royale, et qui comptait au moins
20 écoliers, un salaire de 20 livres courant,
et en outre 10 schellings pour chaque en-
fant pauvre. En 1830 une autre loi de-
mandait à chaque maître ou maîtresse
de faire deux rapports chaque année.'''
En 1831, dans un "Acte pour pourvoir ulté-
rieurement à l'encouragement de l'éduca-
tion"^*^ le parlement votait de nouveaux
subsides et nommait des visiteurs d'écoles.
En 1832 une nouvelle loi déterminait,
encore plus en détail, la distribution des
octrois scolaires.®
C'est grâce à ces différentes lois que
l'éducation a été organisée à Saint-Clément.
Dès le 2 mai 1830, une école anglaise-
française y fut établie, et simultanément
une école anglaise; le même maître, James
Hawker, était préposé aux deux écoles, ce
qui fait croire qu'il ne s'agissait que de
deux classes, l'une anglaise, l'autre anglaise-
(1) Dans sa Conférence de 1885, sur "Beauharnois et ses n'était pas forte en histoire voulait sans doute parler de
commencements," l'écrivain canadien A.-N. Montpetit — Mathusalem . . ."
un enfant de Beauharnois— disait de cette première ma!- (2) IX Georges IV, Ch. 46.
tresse d'école: "Elle était si yieille, si ratatinée que ma grand'- (3) x Georges IV.
mère prétendait qu'elle était la fille de Mathieu Salé dont il (4) i. Quill. IV., Ch. 7.
est parlé dans la Sainte-Écriture. . . Ma grand'raère qui (5) H Guill. IV., Ch. 30.
Compléments de là Paroisse: les Écoles
97
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Compléments de la Paroisse: les Écoles
99
française, ,dans une même école. Les
Archives fédérales possèdent quelques
rapports de ces écoles. Nous reproduisons
ici le fac-similé d'un de ces rapports, et
nous y apprenons que l'école fondée en
1830 a, jusqu'au 31 décembre 1831, reçu
99 écoliers, que pour la période novem-
bre-décembre 1831, elle comptait 55 éco-
liers, dont 22 de langue française'^' et 39
pauvres admis gratuitement; les livres dont
on s'y sert sont l'Ecriture Sainte et le
Lesson Book; les syndics à cette époque
sont Charles Manuel, D. Masson et J.-
Bte Poirier; l'école est soutenue par sous-
criptions; la méthode pédagogique suivie
est la méthode anglaise.
La loi de 1831 déclarait qu'une somme
n'excédant pas 50 livres courant devait
être payée "à chaque corps de syndics
qui pourront être élus dans les paroisses
ou missions de Sainte-Martine, Saint-Clé-
ment et Saint-Timothée, pour la moitié
du coût de la bâtisse d'une maison d'école
dans chacune des dites paroisses ou mis-
sions, pourvu qu'elle soit bâtie dans le
cours de la présente année." En 1832,
l'acte cité plus haut avait un paragraphe
spécial pour Beauharnois; il décrétait que
"la somme de 50 livres courant affectée
par l'acte de 1831, pour être payée à
chaque corps de syndics qui aurait pu être
élu dans les paroisses des missions de
Sainte-Martine, Saint-Clément et Saint-
Timothée, sera payée à chacun des dits
corps de syndics pour être par eux em-
ployée à aider à la bâtisse de la maison ou
des maisons d'écoles érigées dans chacune
(1) Le Conservateur des manuscrits, M. Parker, a bien
voulu nous permettre l'accès aux documents les plus pré-
cieux; nous tenons à lui en exprimer ici notre profonde gra-
titude.
(2) La page précédente du rapport donne le nom des 55
élèves de l'école; nous n'y trouvons que sept noms anglais;
des dites paroisses ou missions durant
l'année 1831, nonobstant aucune chose
qui se trouverait au dit Acte à ce con-
traire."
Il semble bien, en effet, qu'en 1831,
une ou des écoles aient été construites.
Un rapport de 1835 de Chs Archambault,
nommé visiteur en 1831, parle de trois
écoles à Saint-Clément, dont deux érigées
en 1831 et une en 1832. L'école n° 1
(1831) avait pour syndics L.-G. Brown, E.
Masson, O. Leblanc, et pour maître Chris-
tophe Purcele; elle comptait 27 enfants.
L'école n° 2 (1832) avait pour syndics
Joseph Daigneaux, Louis Trudel, Chs
Daoust, pour maître Jean Ginestet, et
comptait 35 élèves; l'école n° 3 (1831)
avait pour syndics Rob. H. Norval, Jacques
Goyette, Jean-Bte Branchaud, pour maître
Paul-Augustin Sarault, et comptait 31
élèves; une note du rapport dit que cette
dernière école a été omise sur la liste des
octrois parce qu'elle dépassait le nom-
bre d'écoles permises par la loi.
Il y eut donc, en 1830, une école an-
glaise-française et une école ou classe an-
glaise à Beauharnois; en 1831, il s'y trouve
trois écoles, dont deux à professeur fran-
çais et une à professeur anglais. Ces écoles,
cependant, semblent avoir été anglaises
de mentalité. Pour les écoles de 1830,
c'est évident: le maître est anglais, le
système d'éducation est anglais, les noms
français des élèves sont écrits à l'anglaise:
Gauthier devient Gatia, Bourbonnais est
Berbonnet, Gendron est Gondra et ainsi
de suite. Pour les autres, le rapport est
anglais. En outre, ces écoles ne parais-
sent pas avoir été catholiques en droit;
le maître Hawker a probablement voulu signifier par élèves
FraTHais ceux qui n étaient pas inscrits à l'école anglaise;
l'école anglaise, — où, probablement, l'on n'enseignait que
l'anglais, était aussi en majorité canadienne-française.
100
Histoire religieuse de Beauharnois
en 1838, le curé Quintal écrit à l'évêque qu'il
n'y a encore aucune école catholique régu-
lièrement tenue dans la paroisse. En 1843,
il n'y a encore que ces trois écoles: l'une,
anglaise, est au village, et au témoignage
du curé Carron, elle n'a pas de livres de
religion; les deux autres, françaises, sont
dans la campagne, probablement au Buis-
son et sur la rivière Saint-Louis. Nous
ignorons le site de l'école du village.
L'on dit qu'il y eut aussi une école dans
la grande maison grise située au coin des
rues de la Beauce et Saint-Laurent. Nous
savons, par le recensement officiel de 1842,
que dans ces trois écoles il y avait une
population écolière de 112 enfants, dont
50 à l'école du village et 62 dans les deux
autres écoles; le maître d'école du village
était James WUson, l'institutrice Lucie
Leduc; James Richardson était aussi ins-
tituteur. Vers la même période ou un
peu plus tard, il y eut, à Beauharnois, des
institutrices nommées Demers et Ducharme.
Telle était la situation scolaire à Beau-
harnois, quand fut établie la Commission
scolaire Saint-Clément en 1845.
Jusque là, nos écoles furent adminis-
trées par des syndics nommés d'après la
loi de 1829. En 1841, puis en 1845, le par-
lement des Canadas-Unis vota des lois
qui réorganisaient le système scolaire: les
écoles primaires furent placées sous la
juridiction d'un surintendant de l'édu-
cation, et sous le contrôle immédiat du
conseil municipal qui était transformé en
bureau d'éducation; à ce conseil ou bu-
reau d'éducation, dont les membres étaient
nommés par le gouvernement, des com-
missaires élus par les contribuables trans-
mettaient le rapport des écoles de leur dis-
trict; le bureau d'éducation, à son tour,
rendait ses comptes au gouvernement. D'a-
près la loi de 1841, les contributions étaient
obligatoires, d'après celle de 1845, elles
étaient libres et volontaires. C'est sous
ce régime que l'éducation se développa à
Beauharnois.
En 1845, un arrêté-en-conpeU provincial
du 18 juin érigea la municipaUté scolaire
de Saint-Clément de Beauharnois; la même
année fut créée la commission scolaire
du même nom; elle régit les écoles de
Beauharnois, tant celles du village que
celles de la campagne, jusqu'en 1876, date
de l'étabUssement de la municipalité sco-
laire de la ville. En 1866, fut détachée
de la municipalité de Saint-Clément celle
de Saint-Etienne. En 1863, la ville de
Beauharnois fut érigée, mais une seule mu-
nicipaUté scolaire continua à gouverner
les écoles tant de la ville que de la campagne
jusqu'en 1876.
Depuis l'érection de la ville, toutefois,
la division de la paroisse Saint-Clément
en deux commissions scolaires distinctes
fut souvent discutée. Le 24 juillet 1876,
la Commission vota la séparation; la même
année, par le statut 40 Victoria, chap. 22,
le parlement de Québec sanctionna cette
séparation; la municipalité scolaire de Beau-
harnois fut divisée en deux; l'une s'appela
la Municipalité scolaire de la ville de Beau-
harnois, avec les limites assignées à cette
ville en 1863; l'autre conserva son nom de
Municipalité scolaire de Saint-Clément et
comprit le reste de la ci-devant muni-
cipalité scolaire Saint-Clément. Depuis
1876, deux municipalités civiles ont été
créées, celles de Maple Grove et de Lac
Saint-Louis, mais, pour fins scolaires, elles
continuent à être régies par la Commission
scolaire Saint-Clément. Les écoles sont
Compléments de la Paroisse: les Écoles
101
commission scolaire saint-clément
Groupe d'anciens commissaires
(1) Stanislas Viau.— (2) Damase Bonnier.— (3) Donat Dagenais.— (4) Aurêle Vinet.— (6) Henri Boyer.— (6) Joseph
Tisseur.— (7) Isaïe Garand.— (8) Alexis Lemieux.— (9) Joseph Paré.-— (10) Léandre Maheu— (11) F.-X. Giroux.— (12)
Henh Gendron. — (13) J.-Nap. Laberge.
Compléments de la Paroisse: les Ecoles
103
soutenues par les contributions fixées, selon
le besoin, par les commissaires d'écoles; le
taux de cette contribution a bien varié; en
1863, il était de un sou dans le louis d'éva-
luation, et de quatre schellings et huit de-
niers par mois, pour chaque enfant de sept
à quatorze ans; en 1871, le taux était de
deux sous et un tiers, et de $1.00 par mois
par enfant; en 1875, le taux est de 10 sous
par mois pour chaque enfant; c'est le taux
habituel depuis 1888, sauf de légères ex-
ceptions.
Nous n'avons pas la hste de tous les com-
missaires d'écoles depuis 1845; quelques-
uns, cependant, nous sont connus; en 1863,
la Commission Saint-Clément se compose
du curé Charland et de Antoine Duquette,
Joseph Fichault, Olivier Bergevin, Charles
Boyer, Luc Paquette; en 1864, Octave
Marchand remplace Ohvier Bergevin; en
1865, François Leduc et Paul Lebœuf sont
commissaires; en 1868, Augustin Paré; en
1869, Louis Gagné; en 1871, François Le-
febvre et Joseph Daoust; en 1872, Olivier
Lefebvre; en 1873, Joseph Prégent, Thomas
Brossoit et Paul Gendron; en 1875, Tous-
saint Lemieux; en 1876, André Leduc.
De 1898 à 1919, la Commission scolaire
Saint-Clément a eu les présidents dont les
noms suivent: de 1898 à 1901, M. Benjamin
Vinet; de 1901 à 1902, M. Arthur Goyette;
de 1902 à 1904, M. J.-Nap. Laberge; de
1904 à 1906, M. Joseph Tisseur; de 1906 à
1909, M. J.-Bte Boyer; de 1909 à 1912,
M. Alexis Lemieux; de 1912 à 1913, M.
Henri Gendron; de 1913 à 1915, M. le curé
T. Nepveu; de 1915 à 1919, M. Jérémie
Bougie. En 1919, les conmiissaires d'é-
coles de Saint-Clément sont Monsieur Jo-
seph Lebœuf, président, et Messieurs Henri
Boyer, Donat Dagenais, Aurèle Vinet et
Arthur Hainault.
Pour la ville de Beauharnois, les com-
missaires d'écoles se sont succédé dans
l'ordre suivant: en 1875, MM. L.-A. Ber-
trand, Charles Boyer, Toussaint Lemieux,
Octave Daoust, Michel Leduc, fils, étaient
nommés d'autorité par le parlement; en
1877, furent commissaires MM. P.-C.
Duranceau, président, Cyrille Guimond,
L.-R. Baker, John 0' Sullivan, Eugène
Manny, et M. E.-H. Bisson, secrétaire; le
5 décembre 1877, M. Julien Leduc devint
secrétaire et il le fut jusqu'en 1909;
en 1878, M. Gilbert Montpetit; en 1879,
M. André Leduc; en 1880, M. le curé
Charland et M. E.-H. Bisson; en 1881,
MM. L.-A. Seers (président), Antoine Pri-
meau, Antoine Lefebvre; en 1882, M. J.-
Bte Roy (sellier); en 1885, M. J.-Bte
Roy (photographe) et le Dr Philémon La-
berge; en 1887, M. Jos. Mayer, M. le curé
Lussier; en 1888, MM. Cyprien Fortin,
André Leduc, Narcisse Deslauriers; en
1890, M. Sy. Gingras; en 1891, M. Pierre
Legault; en 1892, MM. Jos. Dehsle et
H. Normandeau; en 1893, M. Jos. Des-
lauriers; en 1894, MM. L.-C. Tassé et
Ferdinand Leduc (président); en 1895,
MM. J.-G. Laurendeau, L.-A. Seers, M. le
curé Lussier (président); en 1897, M. J.-
Bte Primeau, le Dr G. Huot; en 1898, M.
Cy. Guimond; en 1900, M. J.-G. Lau-
rendeau; en 1902, MM. J.-G. Léonard et
Ferdinand Leduc; en 1904, M. le curé
Nepveu (président) ; en 1907, M. E. Théoret;
en 1907, MM. F.-X. Leduc et W. Bourdon;
en 1909, M. L.-Z. Leduc; M. L.-C. Tassé
devient secrétaire; en 1910, M. E. Théoret;
en 1911, M. le Dr Desgroseilliers; en 1912,
MM. Stan. Dorais, J.-L.-E. Guimond,
Omer Marchand; en 1914, MM. J.-B. Roy,
Théodule Olivier; en 1915, M. J.-G. Léonard,
M. J.-Bte Gendron; en 1916, MM. Aimé.
104
Histoire religieuse de Beauharnois
Leduc, Toussaint Bénard, Emmanuel Ro-
bert; en 1919, la Commission est composée
comme suit: président, Monsieur le curé
Nepveu, et MM. Théodule Olivier, J.-B.
Roy, W. Noreau, Horm. Roy.
Depuis 1845, les commissaires d'écoles
de Beauharnois ont eu autorité sur des
écoles que nous pouvons grouper sous trois
titres, les petites écoles, le collège, le couvent.
La municipalité scolaire de Beauharnois
du Domaine Saint-Louis, propriété de Louis
Hainault.
N° 3.— La Côte Sainte-Marie.
N° 4. — Les Côtes Saint-Joseph et Sainte-
Anne.
N° 5. — Les terres du côté nord de la ri-
vière Saint-Louis, et celles depuis la Côte
Saint-Laurent jusqu'à Saint-Georges, du
côté sud de la rivière.
N° 6.— Côte Saint-Georges.
GROUPE D'EX-COMMISSAIRES DES ÉCOLES DE LA VILLE
MM. (1) Orner Marchand.— (2) André Leduc, fils— (3) J.-B. Gendron.- (4) J.-B. Rov [seUier.]— (5) Aimé Leduc— (6) F.-X.
Leduc— (7) J.-B. Roy [photographe.]- (8) Th. Olivier.— (9) André Leduc, père.- (10) D.-A. Saint-Amour.
a été divisée en arrondissements pour le sou-
tien des écoles; en 1867, ces arrondisse-
ments étaient répartis comme il suit:
N° 1. — La Ville — le Domaine Saint-Louis
— ^les terres jusqu'à la Côte Saint-Georges;
n" 1 et 2 du Bas du Fleuve jusqu'au n° 1 du
Haut.
N° 2. — Toutes les terres du Haut du
Fleuve à partir de la première terre le long
N° 7. — Beauce et Saint-Zéphirin.
N° 8. — Bas du Fleuve depuis les limites
de la ville.
En 1919, les arrondissements se répar-
tissent ainsi:
N° 1.— Haut du fleuve.
N° 2. — Rang Sainte-Marie.
N° 3. — Rang Sainte- Anne.
N° 4.— Rivière Saint-Louis.
Compléments de la Paroisse: les Écoles
105
►
N° 5. — Rang Saint-Georges.
N° 6.— Rang de la Beauce.
N° 7.— Bas du Fleuve.
N° 8.— Melocheville.
Nos "petites écoles"
Si nous parlons de "petites écoles", ce
n'est pas par mépris pour nos écoles des
rangs: ces écoles peuvent être petites de
dimension ou par le nombre d'élèves, elles
sont grandes par la place qu'elles tiennent
dans notre système éducationnel et par les
services rendus. A Saint-Clément comme
ailleurs, les "petites écoles" ont été pen-
dant longtemps, avec l'église, le seul foyer
d'instruction ; elles sont restées, même après
le collège et le couvent, fidèles à leur
mission éducatrice. Plusieurs familles qui
comptent parmi leurs membres des prê-
tres ou des hommes de profession, n'ont
cessé d'être le soutien de ces écoles.
Nous savons qu'en 1842, il y avait à Saint-
Clément deux écoles, probablement au Buis-
son et sur la rivière Saint-Louis. En 1845,
Michel Dumas et Charles Tessier, "vou-
lant faciliter l'établissement d'une école
élémentaire dans l'arrondissement N° 5,"
donnent un terrain de 45 x 180 pieds, sur
la rivière Saint-Louis; et la Commission
scolaire, par Alexis Lebœuf, accepte ce don
devant le notaire Hainault, le 15 septembre.
Le 25 août 1846, Augustin Lamoureux,
pour l'arrondissement n° 4 (Saint-Joseph
et Sainte- Anne) donne un lot de 180 x 80
pieds pour une école; ce lot est le n° 16 de la
concession de la rivière Saint-Louis.
Le 22 janvier 1847, Bénoni Bro (Brault)
et Amable Lemieux, pour l'arrondissement
n° 7, donnent un terrain d'école de 5 x 10
perches; ce lot est le n° 11 de Saint-Georges.
Le 12 avril 1847, Michel Longtin cède
aux commissaires d'écoles, pour l'arrondisse-
ment n° 2 (Haut du Fleuve) un emplace-
ment de 1 X 3/^ d'arpent; en retour, "il prend
la vieille maison d'école," dit l'acte notarié;
cela paraît bien confirmer l'opinion qu'il
y eut de très bonne heure une école près du
Buisson. Le 11 mai, les commissaires d'é-
coles, Toussaint Paiement, tanneur, Paul
Roy, Etienne Hainault, et Louis Trudelle,
donnent un contrat de construction d'é-
cole pour 37 livres courant, à Amable
Berhnguette; cette école est de 24 x 36 x 9
pieds. Nous savons par ailleurs qu'en
1864, la Commission fit construire une
école en bois lambrissée en briques, pour
l'arrondissement n° 2; la même année, une
école de 20 x 25 était construite dans l'ar-
rondissement n° 3 (Sainte-Marie).
En 1853, Alexis Petit donne aux com-
missaires un terrain d'école, — nous igno-
rons pour quel arrondissement.
En 1919, les écoles sont sur les terres
suivantes: L'école n° 1, chez M. J.-Bte
Boyer; n° 2, chez M. Albini Leduc; n° 3,
chez M. Aimé Trudel; n° 4, chez M. Louis
Maheu; n° 5, chez M. Ab. Dagenais; n° 6,
chez M. Arthur Primeau; n° 7, chez M.
Adélard Goyette; n° 8, chez M. Hermé-
négilde Godin.
Nous n'avons pas les noms de tous les
instituteurs et de toutes les institutrices
qui ont enseigné à Beauharnois; en voici
quelques-uns trouvés dans lefe recensements
nominaux du Canada.
En 1851, François-Xavier Montmarquette
est instituteur; Alésire Fortin, '" Honorine
(1) Aldsire Fortin devint plus tard Madame J.-Bte Maré-
chal et est décsédée en 1006, a Beauharnois.
106
Histoire religieuse de Beauharnois
Montmarquette, Rosalie Pouliot, Odylle
Ducharme et Philomène Nicholson sont
institutrices. Vers le même temps, des de-
moiselles Saint-Pierre enseignaient dans
une école du village, située à l'endroit de
la propriété de M. F.-X. Leduc, rue Saint-
Laurent;"' une demoiselle Elmire Roy ensei-
gnait à Saint-Georges.
En 1861, le recensement fédéral nomme
comme instituteurs et institutrices: Joa-
chim Couillard, Hedwidge Labelle, Octavie
Couillard, Délima Couillard, Florida Couil-
lard, Elise Prégent, Marguerite Labelle,
Elise Vallée.
En 1871"* les institutrices de Saint-Clé-
ment étaient Virginie Marleau, Edwidge
Labelle, Célarine Thibault, Philomène Ban-
ville, Denise Lanctôt, Marguerite Allard.'^*
En 1881, Annie Fortune, Apolline
Dupuis, Rosanne Daigneau, Vitaline Ma-
lette, Octavie Gendron, Marie et Délia
Lebœuf, Malvina Leford, Martine Tou-
chette; en 1891, Marguerite Labelle, Rose-
Anna Boyer, Eliza Leduc, Eudonie Prégent,
Justine C'hâle; en 1901, Eliza Leduc, Aldéa
Charlebois, Albertine Labelle, Laura Loi-
selle, Marie Caron, Maggie Lebœuf, Marie
Leduc, Blanche Garand; en 1911, Anna
Dagenais, Piauline Mailloux, Régina Viau,
Lucienne Mailloux, Cora Charette, Florida
Haineau, Marie-Anne Dickner.
En 1919, année du centenaire, les institu-
trices de Saint-Clément sont: Mesdemoi-
selles Yvonne Viau à l'école du Haut du
fleuve, Bertha Péladeau au rang Sainte-
Marie, Joséphine Lefebvre au rang Sainte-
Anne, Blanche- Yvonne Dubuc, à la rivière
Saint-Louis, Florida Brazeau au rang Saint-
Georges, Régina Viau au rang de la Beauce,
Anita Lebœuf au Bas du fleuve, Bella Le-
bœuf et Eva Poissant à Melocheville.
Toutes ces institutrices et les autres dont
nous regrettons de ne pas connaître le nom
ont bien mérité de notre population. Dans
une sphère restreinte peut-être, mais non
sans importance, elles ont contribué à
répandre l'instruction: c'est à leur dévoue-
ment que nombre de paroissiens doivent
de s'être illustrés dans l'agriculture, le
commerce, les professions libérales et le
clergé! Que leur souvenir se conserve
donc à jamais!
Le Collège
L'histoire de notre collège — ou acadé-
mie— paroissial comprend soixante-dix ans
— 1849-1919 — partagés en trois périodes:
de 1849 à 1881, le collège est sous la direc-
tion des Frères des Ecoles Chrétiennes;
de 1885 à 1919, sous la direction des Clercs
de Saint- Viateur ; de 1881 à 1885 Beau-
harnois n'eut que des maîtres laïques.
En 1847, les commissaires d'écoles de
Saint-Clément commencèrent à exprimer
le désir d'avoir une école modèle, et à cette
fin d'acheter la vieille église; des pour-
parlers s'échangèrent avec les marguil-
liers; le 17 septembre, à une assemblée de
fabrique, le curé et les marguilliers furent
(1) Madame Julien Leduc, veuve de M. Julien Leduc, ex-
maire de Beauharnois, se rappelle très bien être allée à cette
école.
(2) N'ayant pu refaire la liste complète des institutrices de
Saint-Clément, nous donnons la liste qu'il a été possible de
dresser d'après les recensements décennaux; par une faveur
spéciale, le Bureau Fédéral des Statistiques a bien voulu se
charger de faire faire ce relevé d'après l'original même du
recensement qui n'est pas encore accessible au public.
(3) Nous donnons les noms tels qu'inscrits au recensement;
ailleurs nous avons lu Edwidge Laberge et Philomène Bonne-
vUk au lieu de Labelle et Banville.
Compléments de la Paroisse: les Écoles
107
autorisés "à vendre aux commissaires d'é-
coles l'ancienne chapelle avec la vieille
sacristie y attenant et le terrain, avec le
terrain à l'est et au nord de la chapelle jus-
qu'à la distance d'environ 20 pieds au sud
d'icelle; le tout formant un terrain d'en-
viron 150 X 140 pieds borné en front, à
l'ouest, par le chemin de la concession de
la rivière Saint-Louis, en profondeur à
seul paiement le prix total de la vente"."'
Le 6 novembre de la même année, devant
Louis Hainault, N.P., était passé "un acte
de vente de l'ancienne chapelle pour être
un collège," d'après les conditions stipu-
lées à l'assemblée de fabrique du 17 sep-
tembre. Deux ans passèrent en répara-
tions de l'édifice et en négociations avec les
communautés religieuses enseignantes; le 9
ACADÉMIE SAINT-CLÉMENT
Groupe d'anciens directeurs: (1) Cher Frère Adalbertus. — (2) Cher Frère Hiéronymus. — (3) Cher Frère Hiérom.
l'est et du côté nord par le Domaine Saint-
Louis, et. du côté sud par le résidu du ter-
rain de la fabrique, pour 200 livres à payer
à première demande." La fabrique, ce-
pendant, gardait un droit de réméré dont elle
se réservait l'exercice "en aucun temps après
l'expiration de 15 ans en restituant en un
(1) Cette délibération de fabriqua est signée par Antoine
Boyer, Louis Hainault et L.-D. ChArland, curé.
septembre 1849, la fabrique décidait de
payer aux commissaires d'écoles 100 livres
en plus de ce qu'elle avait accepté de payer
pour son droit de réméré "en considération
des améliorations faites sur les proprié-
tés."
En juillet 1849, les Frères des Écoles
Chrétiennes, étabUs à Montréal depuis oc-
tobre 1837, prenaient charge de la nouvelle
108
Histoire religieuse de Beauharnois
école; ils devaient la garder jusqu'en
août 1881/"
Les religieux étaient au nombre de trois,
sous la direction du Frère Adalbertus;*^'
ce Frère fut directeur de 1849 à 1856; de
1856 à 1857 le directeur fut le Frère Ste-
phen; de 1857 à 1858, le Frère Hoséa;'''
de 1858 à 1861, le Frère Catulius; de 1861
à 1868, le Frère Amulwin; de 1868 à 1877, le
Frère Hiéronymus ;
de 1877 à 1881, le
Frère Hiérôm. Quel-
ques noms de Frères
qui ont enseigné à
Beauharnois sont
connus: Frère Géla-
sien, Salutian, Fran-
çois de Sales, Al-
bran, Martin, John,
Nethelm/''
Le nouveau col-
lège*'^* fit beaucoup
pour le progrès de
l'éducation à Beau-
harnois; dès 1861,
c'est - à - dire, une
douzaine d'années
après sa fondation,
les Commissaires du
Recensement '**' dé-
cennal disaient dans
leur rapport : ' ' Dans
son origine, le col-
lège ne comptait que
30 à 40 élèves, tous externes, et trois Frères;
aujourd'hui, il y a 275 élèves dont 120 pen-
sionnaires et demi-pensionnaires et sept
Frères. L'enseignement y est donné en
français et en anglais, et comprend toutes
les branches d'instruction nécessaires à une
bonne éducation commerciale et indus-
trielle : lecture, écriture, grammaire, arithmé-
tique, géographie, tenue des livres à simple
et double entrée, géo-
métrie, dessin li-
néaire, composition,
déclamation, histoire,
éléments d'algèbre et
de mensuration, cos-
mographie, etc."
Le séjour des Frè-
res des Ecoles Chré-
tiennes à Beauhar-
nois fut plus d'une
fois troublé par des
difficultés. En 1853,
l'inspecteur Lanctôt
fit un rapport défa-
vorable sur l'Aca-
démie de Beauhar-
nois; il se plaignait
surtout de ce que
l'anglais ne fût pas
suffisamment ensei-
gné, à son gré; Mon-
seigneur Charles La-
rocque, auxiliaire de
Montréal, vint faire
LE CHER FRÈRE NETHELM
(1) Nous regrettons de n'avoir pu guère trouver de ren-
seignements sur le séjour des Frères des Écoles Chrétiennes
à Beauharnois; "nous ne possédons plus l'historique de cette
maison", nous ont dit les Supérieurs de l'Institut.
(2) Le Frère Adalbertus est l'un des quatre premiers Frères
venus de France au Canada en 1837; il est mort en grande
réputation de sainteté à Maisonneuve, en 1891, après ^2 ans
de séjour au Canada. Le curé Lussier disait de ce religieux:
"Je tenais le Cher Frère Adalbertus pour un saint homme,
et je voudrais, après ma mort, avoir dans le ciel une place
comme la sienne."
(3) En 1919, le Frère Hoséa est à une école des Frères, en
Californie.
. (4) Le Frère Nethelm, qui a enseigné à Beauharnois en
1870-1871, est célèbre dans le monde religieux, par la gué-
rison miraculeuse opérée en sa faveur par saint Jean Baptiste
de la Salle, le 4 mai 1889. Ce miracle est l'un des deux qui
ont fait canoniser saint Jean Baptiste de la Salle et la photo-
graphie reproduite ici le rappelle. Depuis plusieurs mois, le
Frère Nethelm devait se servir de béquilles, ses jambes couver-
tes de plaies étaient d'une insensibilité complète. Le 4 mai
1889, fête du Fondateur de l'Institut, le Frère fut guéri
instantanément à la communion, après une neuvaine au
saint Fondateur.
(5) Le collège, alors, n'avait que les deux étages de l'an-
cienne chapelle. Les Frères achetèrent une terre qu'ils re-
vendirent en août 1881, à leur départ.
(6) Ces Commissaires étaient V.-A.-T. de Martigny, D.-A.
Saint-Amour et J.-Bte Charlebois.
Compléments de la Pakoisse: les Écoles
109
une enquête à Beauharnois et fit un rapport
favorable aux Frères. Plusieurs fois aussi
il y eut difficulté au sujet des salaires, mais
cela encore se régla à l'amiable, grâce à
l'intervention de l'évêque de Montréal.
En 1881, de nouvelles difficultés surgirent
qui amenèrent le départ des Frères. Les
commissaires d'écoles avaient cru devoir
demander aux Supérieurs de l'Institut, un
changement dans le personnel enseignant du
collège; sur le refus des Supérieurs les com-
missaires décidèrent de ne pas accorder
des réparations considérables*" deman-
dées pour le collège par les Frères, et alors
les Frères se retirèrent. Ils étaient à Beau-
harnois depuis 1849.'^'
Au départ des Frères des Ecoles Chré-
tiennes, les commissaires essayèrent, à
plusieurs reprises, d'avoir d'autres insti-
tuteurs religieux; il fut même question
d'établir à Beauharnois une succursale du
séminaire de Sainte-Thérèse; mais toutes
ces tentatives échouèrent, et de 1881 à 1885,
Beauharnois n'eut que des instituteurs laï-
ques; de ceux-là quelques-uns sont connus:
Joseph Arpin, Adrien Saint-Onge, Camille
Thumas, Victor Leblanc, Irénée Auclair,
David Vézina. Les classes eurent heu au
collège et aussi à la Salle du Marché.
En 1885, arrivèrent à Beauharnois de
nouveaux instituteurs religieux, les Révé-
(1) Ces réparations projetées comprenaient une "addition
de 30 pieds sur toute la largeur du collège, ainsi que toutes
les réparations nécessaires à l'intérieur, pourvu que la Fa-
brique et les Commissaires de la paroisse cèdent et aban-
donnent sans frais et sans espoir de rémunération tous leurs
droits et prétentions sur le terrain et les bâtisses mainte-
nant occupées par l'école." {Registres de la Commiasùm sco-
laire de la Ville.) En fait, le terrain fut cédé aux Commissaires
delaVille, le7août 1881.
(2) Un très grand nombre d'anciens de Beauharnois se
rappellent être allés au collège sous les Frères des Écoles
Chrétiennes; plusieurs anciens élèves de cette époque ont
rends Frères J.-C. Raymond, J.-E. Bélair,
J.-A. Descôtes, J. Richard, de l'Institut des
Clercs de Saint- Viateur; la proposition de
leur confier l'enseignement, au collège,
fut faite à la Commission par Messieurs Phi-
lémon Laberge (Shérif) et L.-R. Baker. Il
fut proposé, réglé et mutuellement accepté
par M. Jasmin, curé, et les commissaires
d'écoles d'une part, et les Clercs de Saint-
Viateur d'autre part, que ces derniers
prendraient charge, le 1er septembre 1885,
de l'Académie; ils s'engageaient à donner
un cours bilingue commercial complet, avec
la faculté d'ouvrir un pensionnat; de leur
côté, les commissaires d'école s'engageaient
à faire à la maison les modifications et
réparations nécessaires.
Ces conditions ont été de part et d'autre
remplies. Dès le 15 juin 1885, la Commis-
sion scolaire de la ville commençait les
réparations promises; Messieurs L.-A. Seers
et Ph. Laberge étaient, le 13 juillet, autorisés
à signer avec P.-N. Trottier, un contrat
pour "démoUr l'intérieur et la couverture
de l'Académie, et pour faire les répara-
tions, améhorations et reconstructions."
Un étage en pierre avec comble français
fut ajouté, et le collège'^' prit l'aspect
qu'il a gardé jusqu'à nos jourfe.**' Les
dépenses de ces travaux furent payées
par un emprunt de $5,000.00, rembour-
sables en 10 ans, de la succession Rodier.
A leur arrivée, les Frères logèrent dans
une maison de M. L.-A. Seers en attendant
occupé ou occupent un ranç élevé dans le monde laïque et
ecclésiastique, tels, pour ne citer que quelques noms:
Sir Joseph Dubuc, plus tard juge-en-chef du Manitoba;
l'Honorable Juge L.-A. Prud'homme, actuellement juge à
Saint-Boniface; Son Honneur le juge H.-A. Goyette, de HuU;
M^ A.-A. Cherrier, P.A.V.G., de Winnipeg; M. W. Reed,
MJ'.P. Tous ont gardé de leurs maîtres un souvenir qu'ils
aiment à rappeler.
(3) Le travail de maçonnerie fut fait par M. N. Goyette.
(4) En 1888, la Conunission emprunta de la Succession
Bruyère $8,000 à 5 pour cent pour travaux spéciaux: dépen-
dances, buanderies, cuisine, remise à bois, étable, et pour le
110
Histoire religieuse de Beauharnois
la fin des travaux à l'Académie. Le 2 sep-
tembre 1885, les classes sont ouvertes
dans la salle de l'hôtel-de-ville et dans un
autre local de la ville; le 28 septembre,
les Frères gardent les élèves à l'étude dans
la salle des habitants; le 1er octobre arrive
le premier pensionnaire, Joseph Maheu;
le 18 octobre, première réception de treize
élèves dans la Garde d'Honneur du Sacré-
Cœur de Jésus; le 11 novembre, une statue
du Sacré-Cœur est installée dans une niche
devant l'Académie. Le 11 janvier 1886,
les reUgieux quittent la maison de M. Seers
et logent à l'Académie dont on achève les
travaux de restauration; le 11 février vient
un cinquième religieux, le Frère Edmond
Brodeur.
Dès lors, commence pour de bon l'œu-
vre éducatrice des Clercs de Saint- Viateur
à Beauharnois; ce qu'ils ont dépensé de
dévouement, de zèle, de science au service
de nos concitoyens, ceux-là surtout le
savent qui, depuis 35 ans, ont profité
de leur direction et de leur enseignement.
Depuis que l'Institut des Clercs de Saint-
Viateur a accepté la direction du collège
il y a envoyé une centaine de professeurs'"
sous la direction des religieux dont voici
les noms: de 1885 à 1888, Frère J.-C.
remboursement de l'emprunt Rodier. En 1915, de nouvelles
réparations furent faites: mur de soutènement pour assurer la
solidité de l'édifice, fenêtres nouvelles, etc. En 1916, fut ins-
tallé un nouveau système de chauffage. Les dépenses occa-
sionnées par ces travaux d'agrandissement et de restauration
ont été payées, comme nous l'avons dit, au moyen d'emprunts;
la dette de $8,000 ainsi encourue a été consolidée par des
débentures émises en 1899. En 1909, une taxe spéciale de
$0.07Ji par $100.00 d'évaluation a été déterminée pour
payer la dette contractée pour les réparations du collège.
(1) Voici les noms des Frères de Saint-Viateur qui ont
enseigné à Beauharnois: J.-E. Bélair, J.-A. Descôtes, J.
Richard, E. Brodeur, A. Bacon, O. Lussier, V. Guèvremont,
T. Femet, Z. Lefebvre, G. Beauchemin, H. Langlais, A. Viau,
Z. Coutu, Ad. Roy, V. Nadeau, A. Saint-Jacques, H. Latour,
Z. Chenette, Jos. Goyet, A. Desrochers, E. Geoffroy, R. Rous-
seau, J.-B. Lussier, L. Perreault, T. LeBrun, A. Lussier,
W. Gascon, A. Beauregard, R. Coulombe, O. Bernier, Z.
Piette, B. Gareau, R. Beauregard, A. Poupart, R. Morin,
Raymond; de 1888 à 1891, Frère A.-D.
Richard ;<'' de 1891 à 1905, Frère L.-
B. Dufort; de 1905 à 1911, Frère W.
Denis; de 1911 à 1913, Frère O. Lussier;
de 1913 à 1915, Frère J.-A. Larose, de 1915
à 1918, Frère A. Poupart; de 1918 à 1920,
Fr. P. Croisetière; en 1920, Fr. N. Richard.
De 1885 à 1911, à la fin de chaque année
scolaire, quelques élèves, après avoir subi
avec succès des examens spéciaux, rece-
vaient le Diplôme d'études commerciales
complètes; en 1911, le nombre des ex- i
ternes augmentant sans cesse, la maison
devint trop petite pour recevoir des pen-
sionnaires, la communauté ferma le pen-
sionnat, et l'Académie commerciale de-
vint Ecole Modèle; en 1916, de nouveaux
arrangements furent faits entre la Com-
mission scolaire et les Clercs de Saint-
Viateur, et un cours académique conforme
au programme de l'Instruction publique de
la Province de Québec fut étabh.
A plusieurs reprises, des projets furent
étudiés pour l'agrandissement de la cour^'^
des élèves du collège; l'on suggéra de
prendre, à cette fin, le terrain occupé
par les remises de la fabrique et la maison
du bedeau, ou bien l'ancien cimetière,
ou encore un terrain acheté à l'hospice;
N. Lussier, H. Coulombe, L. Laferrière, A. Ethier, T. Tardif,
A. Généreux, H. Roy, A. Houle, O. Jalbert, Z. Pelletier, A.
Paré, T. Royer, J. Ladouceur, J. Favreau, P. Martel, Z.
Foumier, J. Fafard, H. Gauthier, G. Bourget, N. La voie,
J.-E. Bessette, J.-A. Roy, J. Marr, U. Faucher, J.-A. Larose.
A. Beaudoin, J.-M. de la Salle, J.-B. Laporte, P. Roy, J.
Girard, H. Poirier, J. Dionne, L.-M.-J. Viger, D. Charette,
Ad. Delisle, J. Ethier, J. Lorrain, P. Daigneault, U. Vincent,
O. Primeau, T. Pineault, N. Desjardins, O. Degrandpré, W.
Coderre, H. Delisle, N. Richard, G. Pineault, J.-B. Lauzon,
F. Deschênes, O. Gagné, A. Blain, L. Ducharme, J. Gravel,
J. Robillard, A. Jacques, V. Breton, A. Beauregard, L.
Gravel, A. Aubin, G. Raquette, J. Coulombe, A. Laurendeau,
A. Paquet, H. Robert, F.-X. Biron, P.-A. LeBel, H. Dutil,
A. Laneur, O. Grondin, C. Roy.
(2) Maintenant le R. P. Richard, curé de Saint-Viateur,
d'Outremont, ex-supérieur du Collège de Rigaud.
(3) Le jeu de balles de la cour des élèves date de 1891 ; il
a été renouvelé en 1911.
Compléments de la Paroisse: les Écoles
111
L'ACADÉMIE SAINT-CLÉMENT ET SES DIRECTEURS, C. S. V.
(1) L'Académie.— (4) Fr. J.-C. Raymond 1188.5-1888)— (5) Fr. A.-D. Richard [1888-1891]— (8) Fr. L.-B. Dufort [1891-1905)
(9) Fr. W. Denis [1905-1911].— (3) Fr. G. Lussier [1911-1913].- (6) Fr. J.-A. Larose [1913-1915]— (2) Fr. A. Poupart,
[1915-1918].— (7) Fr. P. Croisetière (1918-1920).
Compléments de la Paroisse: les Ecoles
113
jusqu'ici, aucun de ces projets n'a été
réalisé.
En 1919, l'Académie Saint-Clément donne
l'instruction à environ 225 enfants, an-
nuellement.
*
Quelques incidents de vie collégiale mé-
ritent d'être rappelés, si brièvement que
que ce soit.
Le 20 novembre 1892, Mgr Emard
bénissait, pour le collège, une cloche, don
des Clercs de Saint- Viateur et des parois-
siens. La cloche recevait les noms de
Médard-Eucher-Ludger, en l'honneur de
Mgr Emard, du curé Lussier, et du direc-
teur Frère Dufort. Les parrains furent
MM. Julien Leduc, L. Bélanger, Cyrille
Guimond, Cyp. Fortin, J. Delisle, L.-C.
Tassé, H. Normandeau, H. Bisson, P.
Legault, Fred. Leduc, Eug. Desmarais ptre,
Oct. Laurin, J.-G.-H. Bergeron, M. P., E.
Montpetit, C. Roy, J.-B. Primeau, F.-A.
Lavallée, ptre, C.-E. Durocher, C.S.V.,
J. Lussier, C.S.V., L. Dufort, C.S.V., N.-
A. LaFerrière, C.S.V., A. Martel, C.S.V.
En 1911 était établie au collège une
Caisse scolaire; elle a grandement con-
tribué à inculquer aux enfants le sens de
l'épargne.
La même année, la Commission scolaire
achetait les Tableaux antialcooliques des
Clercs de Saint-Viateur et les exposait
sur les murs des classes du collège; ces
cartes murales sont une continuelle prédi-
cation de tempérance des plus bienfai-
sante.
En 1918, le 3 décembre, un cercle d'études
était fondé au collège; il recevait le nom du
curé, — cercle Nepveu — et la devise Je veux;
il devait "grouper les élèves d'élite de l'A-
cadémie pour parfaire leur formation in-
tellectuelle, morale, sociale et religieuse
et, ainsi, les préparer eflScacement à servir
la Patrie et l'Eglise." A poursuivre ce but
les membres*" trouvent des avantages:
" créer entre eux des liens de fraternelle
amitié; s'instruire en s'amusant, par des
travaux spéciaux: lectures, rédactions, dis-
cussions, etc.; s'exercer à l'art de la parole
en pubUc; développer le goût de la saine
littérature; s'habituer à parler un langage
soigné; se former à une aimable politesse
chrétienne; attiser leur amour de la patrie
par l'étude de l'histoire nationale; s'initier
aux œuvres d'apostolat social; vivre cou-
rageusement leur foi; se préparer à faire
partie du Cercle Beauharnois, affilié à l'A.
C. J. C." C'est donc, en réalité, une Avant-
garde de l'A. C. J. C. que le cercle Nepveu;
puisse-t-elle, dans la fidélité à son généreux
idéal, préparer à la Patrie et à l'Eglise les
serviteurs qu'elles attendent.
En 1919, un groupe d'élèves du collège
faisaient le pèlerinage Dollar d, à Carillon;
ce fut, croyons-nous, le premier de la série
de ces pèlerinages patriotiques que V Action
Française de Montréal a entrepris d'orga-
niser. Le Devoir croyait le geste assez im-
portant pour le signaler.
Pendant les travaux de restauration de
l'église paroissiale, en 1918-1919, la salle
de récréation des élèves du collège a servi
de chapelle temporaire pour les offices re-
ligieux sur semaine.
(1) Les membres-fondateurs du cercle Nepveu furent les
élèves Paul Charest, Eucher Lefebvre, Robert Daigneault,
Lucien Primeau, Antonio Ëmard, René Gervais, Walter
Renaud, Edmour Thibert, Orphir Gervais, Joseph-Médard
Leduc^ Claver Montpetit, Ernest Parent; les élèves peuvent
devenir membres aux conditions suivantes: Les élèves du
cours académique sont admis sur simple demande; les élèves
du cours intermédiaire doivent avoir une moyenne de 60
pour cent aux listes de classe; les élèves de 4e année doivent
avoir une moyenne de 70 pour cent; outre ces conditions,
tous les aspirants doivent mériter la note bien pour la con-
duite et très bien pour le travail.
114
Histoire religieuse de Beauharnois
Le Couvent
Tout près du collège, porte voisine, existe à
Beauharnois le Couvent des Révérendes
Sœurs des Saints Noms de Jésus et de
Marie; l'établissement date de 1853.
En 1850, le 8 juillet, la fabrique autorisa
le marguillier en charge, David Viau, à
"céder, transporter et abandonner aux
Commissaires d'écoles, un terrain de 130
X 192 pieds, à prendre sur le terrain de la
fabrique joignant, au sud, la clôture du
cimetière, au nord, le résidu du terrain à
l'usage du curé, à l'est la continuation de la
clôture du cimetière le long de l'église, et à
l'ouest, le Domaine Saint-Louis; gratuite-
mept, sans aucune charge que celle d'y
ériger, d'hui à trois ans, une maison et dé-
pendances, pour servir de logement à des
religieuses qui se chargeront de l'éducation
des filles de la paroisse, sous l'autorité des
dits Commissaires d'écoles et leurs succes-
seurs à perpétuité."
Les Commissaires s'entendirent avec les
religieuses des Saints Noms de Jésus et de
Marie, récemment fondées à Longueuil, et un
couvent en pierre, à deux étages, fut cons-
truit; en 1853, la fabrique donna à la
Communauté des SS.NN., pour fins d'édu-
cation, "pour par elles en jouir et en user
en propriété tant qu'elles y enseigneront,
le terrain de 1981/2 x 184'/2 x 180 pieds-
sur lequel est un bâtiment en pierres, à
deux étages — ^borné en front par la rue
Hannah, en profondeur par le Domaine
Saint- Louis, du côté nord-est par la moitié
N. E. du n° 115 du village, et du côté N.O.
partie par du terrain non concédé, et partie
par du terrain de la fabrique;" les reU-
gieuses étaient chargées de l'entretien.
Le 15 juillet 1853, Mgr Ignace Bourget,
évêque de Montréal, bénit le nouveau cou-
vent. Dès le 5 septembre de la même an-
née, 52 élèves s'inscrivaient aux registres
du pensionnat, 18 comme quart-pension-
naires et 60 comme externes"' En 1862,
les élèves étant devenues plus nombreuses,
on reconnut la nécessité d'une chapelle;
Monsieur le curé L.-C. Charland en assuma
les dépenses et la chapelle fut construite.
Quelques années plus tard, sous le supé-
riorat de Sœur Marie-du-Saint-Esprit, et
grâce encore aux largesses du curé Char-
land, le couvent fut exhaussé d'un étage;
enfin, quelque temps avant sa retraite du
ministère. Monsieur Charland fit cons-
truire une aile qui acheva définitivement
le couvent; c'est là qu'il se retira en sep-
tembre 1881 et qu'il mourut en octobre 1882.
Au recensement de 1861, on lit, relative-
ment au couvent, la note qui suit: "Le cours
d'étude se compose de six ans, il comprend
la lecture, l'écriture, la grammaire, la lo-
gique, la géographie sacrée et profane, l'u-
sage des globes, l'astronomie, un cours
complet d'histoire, l'art épistolaire, la rhé-
torique, la chronologie, l'arithmétique, l'hor-
ticulture, la tenue des livres, la musique
vocale et instrumentale, le dessin, la pein-
ture, l'art de bien tenir une maison, le tricot,
l'ouvrage à l'aiguille en tout genre, etc.,
etc.". On le voit, c'était déjà l'enseigne-
ment complet y compris celui des arts
d'agrément et aussi de l'enseignement
(1) Parmi les pensionnaires se trouvaient Melles Philomène
Martin, nièce de la Supérieure, décédée au couvent peu de
temps après son entrée; Lydie Leduc, fille d'André Leduc,
devenue Madame Pierre Montpetit; Archange Daignault
(Sr Marie-Clément); Adèle Daoust (Sr Marie-Charles);
Emélie Boyer (Sr Pierre d'Alcantara) ; Léocadie Sarault (Sr
Marie Ansehne); Josephte Leduc (Sr Marie-Nathalie);
Angèle Leduc (Sr Marie- Ambroise) ; Léocadie Lebœuf (Sr
Marie-Félicité); Oméline Lambert (Sr M. -Alexandre); Cé-
lina Lamoureux, Jeanne Bonhomme, Caroline Lamontagne,
Artémise Martin et M. Saint-Pierre.
Compléments de la Paroisse: les Écoles
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Compléments de la Pakoisse: les Écoles
117
LE COUVENT
Grourie de Directrices: Sr M. Thérèse de Jésus (14), 1853-1856.— Sr Marie Cécile (2), 1856-1859.— Sr Marie Stanislas (10),
1859-1863.— Sr M. Euphrasie (17), 1863-1868.— Sr M. de Bon Secours (9), 1868-1870.— Sr M. Eugène (1), 1870-1871.— Sr M.
Elisalx-th (13), 1873-1875.— Sr M. du Saint Esprit (18), 1868-1886.— Sr M. de la Présentation (11), 1886-1887— Sr M. Scho-
lastique (5), 1887-1890.-nSr M. Véronique (7) 1890.— Sr. M. Michel (3), 1890-1895.— Sr M. Damase (6), 1895-1899.—
Sr M. Albcrtine (15), 1899-1908.— Sr M. Arthur (16), 1908-1909.— Sr M. Valentine (8), 1909-1912.— Sr M. Louise (4),
1912-1913.— Sr du Saint Nom de Jéem (12), 1915.
Compléments de la Paroisse: les Écoles
119
ménager. Le couvent de Beauharnois n'a
cessé d'être fidèle à ce programme, il a pré-
paré à la vie religieuse une centaine de sujete
et au monde des milliers^" d'excellentes
chrétiennes qui ont porté au loin les qua-
lités éducàtrices des Sœurs des SS.NN. de
Jésus et de Marie.
Le couvent de Beauharnois est un exter-
nat et un pensionnat; l'externat est sous la
juridiction de la Commission scolaire de la
ville de Beauharnois; le pensionnat relève
directement des religieuses. Au début de
l'institution, les deux, externat et pen-
sionnat, furent dans le même édifice. Plus
tard, lorsque les religieuses acquirent le
manoir comme maison de repos, l'externat
y fut transporté;® en 1866, les Com-
missaires firent aux religieuses un octroi
de $50.00 "pour convertir en externat pour
enfants pauvres la petite maison ci-devant
occupée par le jardinier du Seigneur." En
1886, l'externat devint dépendant du ma-
noir; en 1893, il redevint attaché au
couvent.
Le couvent suit le programme d'études
du Département de l'Instruction pubUque
et prépare aux différents diplômes, élé-
mentaire, modèle, académique et à la gra-
duation.
De 1853 à 1919, le couvent de Beauhar-
nois a eu dix-neuf supérieures: les Révé-
rendes Sœurs Marie-Thérèse de Jésus, (1853-
1856); Marie Cécile, (1856-1859); Marie
Stanislas, (1859-1863); Marie Euphrosie,
(1863-1868) ; Marie de Bon Secours, (1868-
1870) ; Marie Eugène, (1870-1871) ; Marie
Ehzabeth, (1871-1875); Marie du Saint-
Esprit, (1875-1886); Marie de la Présen-
tation, (1886-1887); Marie Scholastique,
(1887-1890); Révérende Mère Marie Véro-
nique, ex-supérieure générale, de janvier à
juin 1890, supérieure à Beauharnois; Révé-
rendes Sœurs Marie-Michel, (1890-1895);
Marie Damase, (1895-1899); Marie Alber-
tine, (1899-1908) ; Marie Arthur, (1908-1909) ;
Marie Valentine, (1909-1912) ; Marie Louise
(1912-1913) ; Marie Hildegarde (1913-1915) ;
Sœur du Saipt Nom de Jésus, supérieure
depuis 1915. Ces supérieures ont eu comme
auxiliaires quelques centaines de religieuses.'^'
(1) De 1853 à 1919, le couvent a reçu 12,608 élèves dont
3,289 pensionnaires, 3,553 quart-pensionnaires, et 5,766
externes.
(2) L'externat logea non au manoir proprement dit, mais
dans une petite maison relevant du manoir, à l'endroit où la
rue vient finir, presque vis-à-vis de l'ancienne maison en
pierre de M. Baker.
(3) Voici les noms des religieuses de Jésus-Marie qui ont
été assignées au Couvent de Beauharnois: quelques-unes
sont venues à différentes reprises: Sœurs Marie-Thérèse
de Jésus, Patrick de l'Enfanfc-Jésus, Hyacinthe, Scho-
lastique, Fébronie, Cécile, François d'Assise, de la Visi-
tation, Antoine, Alphonse, Eugénie, Ignace, de Bon Secours,
Hedwidge, Stanislas, Justine, 'Théophile, Dominique,Euphra-
sie, Monique, Emérentienne, Eugène, Henriette, Félix,
Edmond, Narcisse, Madeleine de Pazzi, Elizabeth, Joséphine,
Ludivine, Jérôme, Mélanic, de Gonzague, de la Purification,
Philomène, Angélique, Simon, Théodosic, Paul Suzuki,
Eustache, de la Conception, Daniel, Marguerite,-Marie,
Catherine, Emilienne, Léonide, Cléophas, François de Borgia,
Jean Chrysostôme, Flavien, Paul, Eulalie, Philippe de Jésus,
Î5oé, Pierre d'Yédo, Prosper, Samuel, Boniface, Anseline,
Louise, Angéline, Isabelle, Léon, Emmanuel, Honorine,
Madeleine de la Croix, Lucie, Luce, Henri de Jésus, Gédéon,
Florentine, Zete, Rose de Marie, Rose du Sacré-Coeur, du
Saint-Esprit, Gabriel, Béatrix, Damase, Ladislas, Norbert,
Benoit, Anselme, Dosithée, Gaétan, Rosé du Crucifix, Charles
Borromée, Sophie, Justina, Isaïe, Martine, Antoine de .Jésus,
Hélène, Hermile, Angèle, Gérard, Jude, Ernest, de l'Incarna-
tion, Imelda, Célina, Pacifique, Victorin, Zénaïde, Alphonse
Rodriguez, Claire de la Croix, Léonie, Emilie, Maximilien,
Pierre, Joseph Labre, Alphonse Liguori, Suzanne, Martin,
Théodule, Adolphe, Madeleine, Magloire, Adrien, Valérie
de l'Espérance, Zenon, Catherine de Sienne, du Rédempteur,
Fortunate, Azarie, Philippe, Casimir, Adélaïde, Thomas de
Jésus, Bérence, Charles, Joachim, Michel, Alexandra, Louis
lîertrand, Jules, Zozime, Bernardine, Agnès, Léonard, Bi-
biane, Uldéric, Philippe de Néri, Angèle de Foligno, Cassien,
Minélas, Rose du Calvaire, Eulalie, Albertine, de la Foi,
Saturnin, Bertille, de la Salette, Pacôme, du Crucifix, Théo-
tiste, Siméon, Praxède, Eloi, Félicité, Céline, Ferdinand,
Juste, Raymond, Catherine de Gênes, Zéphirine, Clarence,
Beaudry, Ange du Sacré-Cœur, Aurélien, Nathalie, Damien,
EulaUe de Barcelone, Félix, Bnmi, Pierre Damien, Célina,
Aveline, Charles Spinola, Doraitien, Zenon, Lucien, de la
Providence, Charles Joseph, Herménégilde, Bertheline,
Albinus, Clarisse, EmUien, Valentine, Brigide de Suède,
Emestine, Elizabeth de Marie, du Saint-Nom de .Tésus,
François de Sienne, SilVina, Sébastien, Constancia, Marce-
line, Charles Henri, Geoffroy, Pierre de Saint-Joseph, Co-
lette, Virginie, de la Garde, Béthanie, Louis de Toulouse,
Joseph de Palestine, Thérèse Marguerite, Pauline, Louis
David, Arthur, Colombine, Anatole, Eugène de Home,
Madeleine de Saint-Joseph, Raymond, Anthime de Jésus,.
Jean Colombini, Stanislas Soltys, Jérôme Ëmilien, Jean de
120
Histoire religieuse de Beauharnois
En 1866, les religieuses de Jésus-Marie
achetaient le manoir seigneurial pour en
faire une maison de repos pour les reli-
giejises malades; cependant, elles ne l'habi-
tèrent et n'exploitèrent le terrain qu'en
1883; elles en ont eu la propriété jusqu'en
1896; en cette dernière année, elle l'ont
vendu à M. E.-A. Robert, le propriétaire
actuel. De 1867 à 1891, le manoir servit
1883 à 1886, Jude de 1886 à 1894, des Sept
Douleurs en 1894. Voici la liste des reli-
gieuses qui ont été assignées au Manoir.
Révérendes Sœurs Marie de la Concep-
tion, Julienne, Macaire, Adalbert, Gaspard,
Jude, Antoinette, Adeline, Pierre, Théodule,
Collette, Ludger, Césarie, Lazare, André
Avellin, Epiphane, Vincent, Canut, Berthe-
line, Léonard, Amut, Rodrigue, Firmin,
LE MANOIR
Supérieures: (3) Sr M. de la Conception — (4) Sr M. Jude. — (2) Sr M. des Sept-Douleurs.
comme maison d'école à l'externat. Le
manoir a eu trois supérieures: les Révé-
rendes Sœurs Marie de la Conception, de
la Paix, Louis Cozaki, Isidore, Antoine de Padoue, Catherine
d'Alexandrie, Angèle Marie, Martial, Léontine, Christin,
EUsa, de Portugal, Augustin, Hildegarde, Jeanne d'Aza,
Eudoxie, André de Florence, Albert de Rome, Bénilda, Ma-
caire, Marie Javénal, Adélie, Joseph Alfred, Vincent Ferrier,
Berdina, des Séraphins, Aloduis, Thérèse de Saint-Joseph,
Aimé de Jésus, Paule, Sophie d'Ancône, François de Paule,
Marguerite d'Ecosse, Charles de Blois, Dismas, Pierre-Mau-
rice, Dolorès, Robertine, Constant, Paul Miki, Marcienne,
Antoine, François Edme, Adelinde, Laurent Justinien,
Zénaïde, François d'Assise, des Sept Dou-
leurs.
Quelques incidents sont à signaler dans
Coeur de Marie, Sébastien, Madeleine du Calvaire, Apollonie,
Paul de Jésus, Biaise.
N.B. — Les fondatrices du Couvent de Beauharnois ont
été Sœur Thérèse de Jésus, qui devint supérieure générale en
1857; Sœur Marie-Patrice, Sœur Marie de l'Emant-Jésus,
sœur de Mgr Gravel, premier évêque de Nicolet, laquelle vit
encore en Orégon où elle est depuis 1863, et Melle Roussel,
plus tard M^ame D.-A. Saint-Amour; cette dernière vit
encore, 12 rue JoUette, Montréal, et a fourni à l'auteur, des
notes importantes sur Beauharnois.
Compléments de la Paroisse: les Ecoles
121
l'histoire de notre couvent: En 1862, une
chapelle, qui fut presque donnée totalement
par le curé Charland, était construite. En
1880, le 5 novembre, était bénite une cloche
avec les noms de Marie-Rose-Charles-Louis,
en l'honneur de la fondatrice des Sœurs de
Jésus-Marie (Marie Rose Durocher), de
l'évêque de Montréal (Mgr Charles Fabre),
du curé de la paroisse (M. Louis Charland).
Le premier avril 1882, le Chemin de la
Croix était installé dans la chapelle du
couvent. En 1903, Mgr Emard présidait
à de grandes fêtes pour le cinquantenaire
du couvent; ces fêtes jubilaires assem-
blaient au couvent 400 anciennes élèves.
En 1918-1919, la chapelle du couvent fut
utilisée pour plusieurs services religieux
pendant les grands travaux de restauration
de l'église paroissiale.
Voilà quelques notes bien brèves sur
l'éducation à Beauharnois, depuis l'arrivée
des Communautés religieuses; il y aurait
matière à un travail spécial sur l'œuvre
éducatrice de nos Frères et de nos Sœurs
depuis 1849; du moins, inscrivons ici l'ex-
pression de notre admiration pour l'œuvre
accomplie, de notre reconnaissance pour les
services rendus, de notre souhait que long-
temps encore, Beauharnois confie à ses
religieux et à ses religieuses l'éducation de
ses enfants.
Ainsi donc, des débuts jusqu'à nos jours,
l'éducation pubUque, à Beauharnois, a eu
plusieurs étapes: d'abord elle fut affaire
d'initiative privée; elle s'est organisée len-
tement; une école est étabUe au village,
vers 1815 probablement; des projets d'é-
coles de fabrique restent à l'état de projets;
en 1830 s'établit une école publique au
village; elle marque le commencement de
V organisation scolaire; deux autres écoles
suivent. En 1845, une commission scolaire
est étabUe; les écoles surgissent dans les
rangs; en 1849, les Frères des Ecoles Chré-
tiennes prennent la direction de l'école
du village qui est dans l'ancienne chapelle
transformée; en 1881, les Frères quittent
Beauharnois; pendant quatre ans, notre
ville a des maîtres laïques; en 1885, les
Clercs de Saint- Viateur acceptent la direc-
tion de l'école des garçons du village, deve-
nue Académie et Collège. En 1853, l'ensei-
gnement des filles est confié aux religieuses
des Saints Noms de Jésus et de Marie.
Plusieurs fois les inspecteurs d'écoles
ont rendu témoignage à la compétence
pédagogique des maîtres et des maîtresses
des écoles de Saint-Clément: "écoles bien
tenues avec sv/;cès" , "excellent enseignement" ,
"très bien", sont des termes qu'il fait plaisir
de savoir mérités; d'autre part, plusieurs
maîtresses des "petites écoles" ont obtenu
des primes du surintendant pour leur bon
enseignement; ce sont là autant de garan-
ties rassurantes pour la bonne formation
intellectuelle et religieuse de nos petits con-
citoyens!
En terminant ce chapitre sur l'éducation,
il convient de signaler deux initiatives inté-
ressantes.
Écoles du soir
En 1909, Vécole du soir fut étabUe à
Beauharnois. Depuis quelque temps, la
Chambre de Commerce locale se préoccupait
de cette question. La Commission scolaire
de la ville la résolut; le 16 novembre, les
classes du soir étaient établies. MM. Dori
Rochon et Camille Fournier en étaient
122
Histoire religieuse de Beauharnois
nomméB professeurs; leur salaire devait
être de $1.00 par jour de classe; les classes
avaient lieu le mardi, le mercredi, le jeudi
et le vendredi de chaque semaine de l'hiver;
chaque classe durait une heure, commen-
çait et finissait par la prière. Les élèves
devaient payer $1.00 par année et ce prix
nominal était remboursé si l'élève assistait
a,ux deux tiers des classes. Le 25 octobre
1910, il fut proposé, à la Commission sco-
laire, d'établir l'école du soir conformément
à la Loi provinciale des écoles du soir.
L'école du soir fut maintenue quelques
années, et la salle de l'Hôtel-de- Ville fut
le lieu des classes. Pour notre part, nous
regrettons que cette si utile institution
n'ait pas été continuée; puisse-t-elle être
un jour rétablie!
Cercle Beauharnois de l'A.C.J.C.
Un autre facteur d'éducation, à Beau-
harnois, est le cercle Beauharnois de 1' "Asso-
ciation catholique de la Jeunesse canadienne-
française." Comme tous les cercles de
l'A.C.J.C, celui de Beauharnois a pour
but de préparer "par la piété, par l'étude
et par l'action, à une vie efficacement mili-
tante pour les intérêts de la foi et de la
patrie." C'est, avant tout, un cercle d'é-
tudes.
Ce n'est pas le premier cercle d'études à
Beauharnois: vers 1875, il en existait un
qui avait nom "Le Cercle Canadien de
Beauharnois," dont M. Cyprien Fortin fut
le premier président, et M. L.-A. Prud'-
homme, aujourd'hui juge à Saint-Boniface,
le premier secrétaire; les règlements de ce
cercle furent préparés par M. Béliveau,
père de Mgr BéUveau, et alors comptable
chez M. U.-J. Robillard. Ce cercle exista
pendant plusieurs années; son premier acte
public fut la convocation d'une grande
assemblée pour adopter une résolution de-
mandant la commutation de la peine de
mort portée contre A. Lépine, de l'ouest.
D'autres séances suivirent; à l'une d'elles,
le conférencier fut M. L.-A. Prud'homme,
qui parla des "Qualités des Canadiens-
français."
Depuis la disparition du "Cercle Cana-
dien", nous ne croyons pas qu'il y ait eu
des cercles d'études proprement dits. De-
puis plusieurs années, le curé actuel. Mon-
sieur le chanoine Nepveu, songeait à com-
bler cette lacune. Au printemps de 1917,
le projet parut enfin réalisable. Monsieur
l'abbé D.-A. Saint-Aubin, vicaire, avec un
zèle et une constance que rien n'a jusqu'ici
découragé, commença le recrutement. Les
débuts furent difficiles; des réunions n'ont
eu que quatre membres; après quelques
mois de tâtonnement, le 1er mai 1917, le
petit groupe prenait vraiment figure de cer-
cle de l'A. C. J. C. Seize membres signaient
leur adhésion. L'été fut bien employé; les
réunions se firent plus fréquentes et plus
fréquentées. Tout alla si bien que le 24
avril 1919, dans une séance littéraire pu-
blique, MM. Aimé Parent et Guy Vanier,
du Comité central de l'A.C.J.C, vinrent
célébrer l' affiliation du cercle Beauharnois
à r A.C.J.C.
Le premier conseil régulier du nouveau
cercle se composait comme suit : Aumônier,
M. l'abbé J.-D. Saint- Aubin; président,
G.-H. Daigneault; vice-président, Jos.-Eug.
Leduc; secrétaire, Alfred Mailhot; tréso-
rier, DoUard Théoret; premier conseiller,
L.-J. Daigneault; deuxième conseiller; Flor.
Doyon; troisième conseiller, W. Doris; por-
te-drapeau, E. Lemay.
Le cercle compte une vingtaine de mem-
bres et de nombreux amis qui viennent
Compléments de la Paroisse: l'Hospice
123
assister de temps à autre aux réunions,
et l'aident pour les séances publiques;
parmi les derniers l'on remarque tout par-
ticulièrement MM. Alfred Trottier, Raoul
Lefebvre, Eugène Gariépy, etc. Les mem-
bres actifs du cercle, en janvier 1920,
étaient MM. G.-H. Daigneault, Emile
Lemay, W. Dorais, Alfred Mailhot, L.-J.
Daigneault, Ed. Gariépy, Chas Gariépy,
E. Parent, J.-E. Emard, C. Marchand, E.
Gendron, E. Gougeon, C. Huot, J.-B.
Primeau, D.
Théoret, J.-
E. Leduc, F.
Doy on, P .
Charet, Em.
Bourgie, F.
Tassé, A. Fo-
rest.
Le Cercle a
déjà étudié de
nombreux su-
jets religieux
et patrioti-
ques: la tem-
pérance, les re-
traites fermées,
la supériorité
de la religion
chrétienne, l'é-
conomie, le
suffrage féminin, la colonisation, la question
ouvrière, la langue française.
Puisse le Cercle Beauharnois voir long-
temps son oeuvre appréciée! Que la sym-
pathie du public l'aide à travailler efficace-
ment à la conservation, à la moraUsation, à
l'éducation de la jeunesse de Saint-Clément!
ARTICLE DEUXIÈME: L'HOSPICE
La paroisse se complète par les établisse-
ments dits de charité; depuis 1861, Saint-
A. c
1 — M. E. Lcmay; 2 — :
Clément de Beauharnois a un établissement
de ce genre, l'Hospice Saint- Joseph.
L'hospice est une fondation du curé
Charland. En 1861, le 1er avril, il achetait
de John Swanston, une jolie maison à deux
étages, ancienne résidence, paraît-il, d'un
bourgeois du Nord-Ouest; attenant à la
maison était un terrain de deux arpents et
demi en superficie; le tout est décrit comme
suit dans le contrat de vente: "Un mor-
ceau de terre de forme irréguUère, sis et
situé dans
Annstown,
borné du cô-
té ouest en
front, partie
par la pro-
priété du sei-
gneur, et par-
tie par la ri-
vière Saint-
Louis; du cô-
té nord - est,
par le terrain
de la fabri-
que; du côté
sud-est en ar-
rière, et du
côté-sud-
ouest, par le
terrain du sei-
gneur, et contenant un arpent, neuf per-
ches et treize pieds aussi de longueur dans
la ligne sud-ouest, formant deux arpents
et demi plus ou moins en superficie, le plus
ou le moins, quel qu'il soit, devant tourner
au profit ou à la perte de l'acquéreur; avec
une maison en pierre à deux étages, et autres
bâtisses dessus construites. Un chemin de
vingt pieds de largeur pour communiquer
du chemin public au dit morceau de terre,
icelui le chemin devant être pris entre la
. j. c.
M. G.-H. Daigneault.
124
Histoire religieuse de Beauharnois
rivière Saint-Louis et la propriété de la Fabri-
que, si telle largeur existe entre la chaussée
et l'angle où finit la clôture qui divise le
terrain de la dite Fabrique de celui-ci."
Tel était le terrain et telle la maison que
le curé Charland achetait au prix de 1,000
louis en 1861, avec l'intention d'y établir
un hospice pour les pauvres et les malades.
Cette propriété avait appartenu, aupara-
Le 26 août, la fondation était définitive-
ment acceptée; le 30 du même mois la Su-
périeure générale des Sœurs Grises, Mère
Deschamps se rendait à Beauharnois avec
le premier groupe de religieuses; ces fonda-
trices étaient Sœurs Dosithée Sauvé, supé-
rieure, Sœur Marie Louis Crooks et Sœur
Herminie Malépart. Saint Joseph était,
dès les débuts, proclamé le patron du nouvel
L'HOSPICE SAINT-JOSEPH
(1) Maison Swanston. — (2) Edifice Charland. — (3) Aile Lussier.
vant, à James Keith, l'agent des seigneurs,
qui en 1853 l'avait achetée des seigneurs
EUice; à leur tour les seigneurs l'avaient
eue de l'honorable S.-C. Monk.
Le 21 août de la même année 1861, le
curé Charland faisait don du nouvel éta-
blissement aux Sœurs Grises de Montréal,
à la condition que celles-ci y entretien-
draient, à perpétuité, un hôpital ou hospice.
établissement de secours; sa protection n'a
jamais manqué à l'œuvre charitable de nos
Sœurs Grises. A Beauharnois, comme en
maints autres endroits, dure depuis soixante
ans ce merveilleux spectacle d'une maison
qui ne vit que de charité et à laquelle Celui
qui aime les pauvres n'a pas encore fait
défaut; sans doute, la générosité des parois-
siens est grande, mais plus grande encore
Compléments de la Paroisse: l'Hospice
125
est la vertu des religieuses qui, à force de
privations, d'abnégation, d'amour des pau-
vres et de confiance en la Providence, sont
restées au poste que l'obéissance leur a
confié.
Un vieil aveugle et une pauvre épilep-
tique furent les premiers clients de l'hospice;
l'affluence d'indigents fut telle que dès
1864, il n'y avait plus aucune place vacante.
Un jour, une misérable infirme dut être
refusée; le curé Charland n'y tint plus; il
alla demander à la maison-mère d'agrandir
son hospice. Toutefois, ce ne fut qu'en
1867 que ses désirs se réaUsèrent; cette
année-là, sous la direction de Monsieur
Contant, entrepreneur, fut construite la
maison en pierre, — 72 x 52 pieds — à trois
étages, qui est la partie principale du
groupe de constructions dont est composé
l'hospice; une trentaine d'orphelins y fu-
rent recueillis, ainsi que des adultes invalides.
En 1900, de nouveau l'on dut agrandir;
on le fit en construisant l'aile dédiée Au
Christ Rédempteur; Monsieur le curé Lus-
sier rendit possible cette addition par ses
largesses personnelles et par son zèle à
procurer des secours à l'hospice. Messieurs
Baudreault, Leduc et Fortin exécutèrent le
plan tracé par M. Venue, architecte de
Montréal.
L'édifice a 56 x 34 pieds; il a été bénit par
Mgr Êmard le 19 mars 1900. Ces agran-
dissements ont permis aux religieuses de
développer leur œuvre en fondant un
jardin de l'enfance fréquenté par 90 enfants.
En 1904, le curé Lussier se retira à
l'hospice, dans les appartements que sa
générosité avait aidé à construire. Il y
mourut le 24 décembre 1911. Son succes-
seur. Monsieur le Chanoine Théodule Nep-
veu, n'a cessé de témoigner à l'hospice la
plus active bienveillance.
Depuis la fondation de l'hospice, en 1861,
les relations les plus cordiales ont toujours
existé entre la population de Beauhar-
nois et les autorités de l'hospice; entre les
deux ce fut un continuel échange de services.
Les paroissiens de Beauharnois, par des
contributions généreuses aux bazars en
faveur de l'hospice, par le soutien de l'œu-
vre du Pain de Saint- Antoine, par leurs
aumônes particulières et privées, ont permis
aux religieuses de prendre soin de 2,126
enfants et pauvres que la Providence leur a
envoyés; en retour, les religieuses se sont
fait un devoir de visiter les pauvres et les
malades à domicile; jusqu'en 1919, 9,368
visites ont été faites; et c'est toujours,
pour nos familles, une grande consolation
de voir les religieuses de l'hospice partager
leurs deuils et leurs autres épreuves.
Del861àl919, l'hospice de Beauharnois
a eu les supérieures dont les noms suivent : de
1861 à 1877, Sœur Sauvé, décédée en 1882,
le même jour que le curé Charland; de 1877
à 1880, Sœur Mailhot; de 1880 à 1894,
Sœur Sylvestre; en deux termes, cette digne
religieuse a donné 25 années de dévouement
à l'œuvre de l'hospice de Beauharnois; de
1894 à 1904, Mère Dionne, actuellement
deuxième assistante générale des Sœurs
Grises de Montréal; de 1904 à 1907, Mère
Letellier, actuellement supérieure de la pro-
vince You ville; de 1907 à 1911, Sœur
Desmarais, nièce du regretté curé Des-
marais, jadis desservant de Saint-Clément
en 1854; de 1911 à 1915, Sœur de Grandpré,
décédée; de 1915 à 1919, Sœur Saint Donat;
en 1919, Sœur Dubord.
Telle est l'histoire religieuse de Saint-
Clément de Beauharnois. Elle se compose
126
Histoire religieuse de Beauharnois
des éléments ordinaires d'une paroisse cana-
dienne. De 1819 à 1919, l'œuvre paroissiale
a été accomplie par le personnel paroissial,
clercs et laïques, curés, desservants, vi-
caires, syndics, marguilliers et autres qui ne
lui ont pas ménagé leur dévouement; la gé-
nérosité et l'esprit catholique des fidèles
ont permis la fondation d'établissements
paroissiaux remarquables: deux églises, deux
presbytères, deux salles paroissiales, trois
cimetières, un collège, un couvent, huit
écoles, un hospice, une paroisse bien ins-
truite des vérités de la foi par un clergé
éclairé et zélé, bien ferme dans son attache-
ment à la vérité catholique et généreuse
pour les oeuvres et le soutien de son clergé!
Voilà le bilan de nos cent années d'histoire
comme paroisse! Puisse le nouveau siècle
d'histoire religieuse être une continuation
plus parfaite encore, si possible, du passé!
Que la vie catholique devienne plus in-
tense, l'amour de l'Ëglise plus grand, le
respect de l'autorité plus profond, et Saint-
Clément continuera de recevoir du Ciel les
bénédictions qui lui ont déjà assuré une
existence séculaire!
VIE PAROISSIALE
Quelques faits — Quelques dates
Nous voudrions enregistrer, en quelques
pages, des incidents mémorables de notre
vie paroissiale qui n'entraient pas exacte-
ment dans le cadre des chapitres précédents.
Conversions. — La paroisse Saint-Clé-
ment a eu le bonheur de compter plusieurs
conversions au catholicisme. En voici
quelques-unes: le 2 mars 1845, Charles
Manuel, arpenteur de la Seigneurie de
Beauharnois; le 28 janvier 1906, James
Hope Ross; le 7 mars 1906, John A. Smith;
le 7 mai 1907, G. Prégent; le 25 mai 1909,
Hervé Prégent; le 15 avril 1917, Herbert
Cantwell; le 23 décembre 1917, Jane
Handerson; James Knight, en 1826.
Croix du chemin.— Comme les autres
paroisses canadiennes, Saint-Clément a ses
croix du chemin. En haut du fleuve, on en
voit deux, l'une sur la terre de M. T. Ber-
trand, l'autre chez M. Evariste Lebœuf;
sur le chemin de la Rivière Saint-Louis, il
y a une croix sur la terre de M. Henri
Hébert; Au rang double, il y en a une chez
M. Pierre Montpetit; dans la Beauté, chez
M. Josaphat Lebœuf; au rang Saint-Geor-
ges, chez M. Alexis Lemieux. L'érection de
ces croix est toujours l'occasion de belles
cérémonies reUgieuses; il y a sermon, chant,
bénédiction. Que Saint-Clément ne laisse
jamais tomber ces croix qui lui sont une
protection!
Visites pastorales. — A cause de la dis-
parition du premier registre de fabrique,
nous ne pouvons connaître exactement les
visites des évêques à Beauharnois avant
1846. Il est probable que les évêques de
Québec ne firent aucune visite pastorale à
Beauharnois. Quant à ceux de Montréal,
la première visite enregistrée est du 10 juin
1824, par Mgr Lartigue (185 confirmés).
Depuis lors, les visites pastorales ont eu lieu
comme suit: Mgr J.-C. Prince: le 11 oc-
tobre 1846; Mgr Ignace Bourget: le 3 août
1853, le 28 juin 1857, le 24 juin 1863, le
16 septembre 1867, le 26 septembre 1871.
Vie paroissiale
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Vie paroissiale
129
Mgr Edouard-Charles Fabre: le 9 juin
1874 — ^à titre de coadjuteur; — le 5 juillet
1877/ le 22 juin 1881, le 4 octobre 1883,
le 29 juin 1887, le 15 juillet 1890.
Mgr Joseph-Médard Émard: le 6 juillet
1893, le 13 juillet 1896, le 19 juin 1898,
le 26 mai 1901, le 12 juin 1904, le 24 mai
Tisseur, du rang St-Georges — était ordonné
par Mgr Emard; M. François Reid, curé
de Rigaud, faisait le sermon de circons-
tance.
Le 6 janvier 1915, M. l'abbé Aimé Hébert,
fils de H. Hébert, était ordonné par Mgr
Emard; le sermon était fait par un autre
Son Eminence le Cardinal Vincent Vannutelli, légat a latere au Congrès Eucharistique, passant à Beapbarnois.
(1) Le Cardinal parlant à la foule. — (2) La foule attendant l'arrivée du train.
1908, le 5 juin 1910, le 26 mai 1912, le 13
juin 1915, le 5 mai 1918.
*
Ordinations sacerdotales dans l'é-
glise PAROISSIALE. — Deux fois, la paroisse
a eu le bonheur d'assister à l'ordination sa-
cerdotale de ses enfants dans l'égUse pa-
roissiale.
Le 3 septembre 1893, M. l'abbé F.-X.
Tisseur, fils d'un vieux paroissien — ^J.-B.
prêtre enfant de la paroisse, M. l'abbé
Arthur Goyette.
*
Congrès Eucharistique de 1910. — ^Au
Congrès eucharistique de 1910, Saint-Clé-
ment était représenté par une nombreuse
délégation. La fanfare de Beauhamois eut,
à l'occasion de la procession du dimanche
après-midi, un succès remarquable. Mon-
sieur A. Contant, directeur de la fanfare et
130
Histoire religieuse de Beauharnois
maître de chapelle, avait composé une
marche de circonstance qui fut très ap-
préciée.
Quelques jours"^ plus tard, notre ville
avait la visite du légat a latere, S. E. le
Cardinal Vincent Vannutelli. En route
pour Valleyfield, Son Eminence avait bien
voulu accepter d'arrêter quelques instants
à Beauharnois. Lorsque le convoi du New
York Central arriva à la station, une foule
de plusieurs milliers de personnes accueillit
le Cardinal avec d'enthousiastes acclama-
tions, et la fanfare joua les airs nationaux
et pontificaux. Les sociétés de bienfai-
sance, les congrégations paroissiales, les
communautés enseignantes, les élèves des
écoles étaient là portant bannières et insi-
gnes. La gare et ses dépendances avaient
été décorées avec goût par le chef de gare,
M. Raoul Miron. Son Eminence était
accompagnée de S. G. Mgr Bruchési, ar-
chevêque de Montréal, de Mgr J.-C. AUard,
P. A., vicaire-général de Valleyfield, de Mgr
Lepailleur, P.D., et d'un grand nombre
de prêtres. Il y eut échange de souhaits.
Les paroissiens, par leur curé, M. Nepveu,
présentèrent au Cardinal-Légat leurs hom-
mages, et celui-ci, en retour, voulut bien
donner à la paroisse Saint-Clément une
bénédiction spéciale. Après un arrêt de
quinze minutes, le train cardinalice conti-
nua sa route vers Valleyfield. Cette visite
d'un cardinal-légat à Beauharnois est l'un
des événements mémorables de notre vie
paroissiale.
* *
*
Beauharnois et le pouvoir temporel
DU PAPE. — Coïncidence curieuse, cette visite
du légat du Pape arrivait au cinquantième
anniversaire d'une manifestation pro-papale
qui se fit à Beauharnois en 1860. Pourquoi
n'y verrait-on pas la récompense d'un dé-
vouement filial à la cause du Saint-Siège ?
Donc, au printemps de 1860, un dimanche
après la messe, eut lieu dans l'égUse, sous la
présidence de M. le curé Charland, une
assemblée de protestation contre l'invasion
des États pontificaux. Parlèrent Messieurs
les avocats Michael Cayley, André Mont-
petit, Louis Paré et M. le notaire A.-L.
de Martigny. Des résolutions de protes-
tation furent votées et envoyées au pape
Pie IX.
Quelques années plus tard, une autre
cérémonie avait lieu dans l'église parois-
siale. L'avocat Joseph Taillefer, de Sainte-
Martine, partait pour Rome; il vint à Beau-
harnois chercher la bénédiction de M. le
curé Charland.
Congrégations et confréries. — Dans
la paroisse sont établies les Congrégations
ou Confréries suivantes: La Société de
Tempérance (1846 et 1884), <'^ la Congréga-
tion des Enfants de Marie (1846 et 1887), les
Dames de Sainte- Anne (1882), le Rosaire
(1886 et 1899), l'Apostolat de la Prière
(1887), L'Union de Prières (1886)^'U'Archi-
confrérie du Saint-Cœur de Marie (1887),
La Ligiie du Sacré-Cœur (1889), la Con-
frérie de la Sainte-Famille (1890), V Adora-
tion perpétuelle — chaque vendredi — (1890),
le Tiers-Ordre de Saint-François (1890),
l'Œuvre de Saint-François-de-Sales (1902),
la Propagation de la Foi (1902), l'Œuvre de la
(1) Jeudi, le 15 septembre 1910. ^g^ ^^ ^g^^^ l'Union de Prihre devint diocésaine, et
(2) A la société de Tempéranae se rattache le sou vemr du Monseigneur l'évêque de Valleyfield abandonna à la Fabrique
passage à Beauharnois, en 1849, du P. Chimquy; au livre de „ . tV,,, ,, ,,„^.J. , . i, j m ■
la Fabrique nous lisons qu'il lui fut payé £2-10 d. des deniers de Saint-Clément les $1,834.74, fonds accumulé de 1 Umon
de la Fabrique. ' paroissiale.
Appendice: les Protestants à Beauharnois
131
Sainte-Enfance (1902), VŒuvre du Pain de
Saint-Antoine (1894)."'
à la sacristie; elle contient à peu près 600
volumes, dont plusieurs sur l'histoire du
Canada.
Visite du R. P. Frédéric— En 1906,
du 29 juillet au 19 août, le R. P. Frédéric,
franciscain, visita la paroisse et recueillit
des aumônes pour le ministère des Pauvres
Clarisses de Valleyfield. Sa quête consistait
à vendre la Vie de N.S.J.C. au profit de
cette œuvre. La paroisse, de cette manière,
fournit $478.00.
Jubilé épiscopal de Mgr Emard. — En
1917, Mgr J.-M. Emard, premier évêque de
Valleyfield, célébrait le 25ème anniversaire
de sa consécration épiscopale. Tout son
diocèse lui fit fête. La paroisse Saint-
Clément s'associa à ce jubilé; elle vota un
don de $125.00 au Comité diocésain, et elle
délégua M. Narcisse Deslauriers pour la re-
présenter officiellement aux grandes fêtes
de juin.
Bibliothèque paroissiale. — Vers 1860,
une bibliothèque paroissiale a été établie
par les Frères des Ecoles Chrétiennes; cette
bibliothèque a pour local une pièce attenant
Population de la paroisse Saint-
Clément.— A sa fondation en 1819, la pa-
roisse Saint-Clément a une population de
1,076 âmes. En 1831, 1,800 cathoUques;
en 1842, 1,768; en 1851, 2,872; en 1861,
4,934; en 1871, 3,346; en 1881, 3,240; en
1891, 3,274; en 1901, 3,323; en 1911, 3,296;
en 1919, la population catholique se répartit
comme suit: 624 familles, dont 386 en
ville et 238 à la campagne; 2,283 commu-
niants, dont 1,450 en ville et 833 à la cam-
pagne; 907 non-communiants, dont 554 en
ville et 353 à la campagne; soit une popula-
tion totale de 3,190, dont 2,004 pour la ville
et 1,186 pour la campagne. Enfin, en oc-
tobre 1920, après la visite paroissiale, la pa-
roisse Saint-Clément a une population totale
de 3,536 cathoUques, dont 2,300 en ville et
1,236 à la campagne; 643 familles, dont
406 en ville et 237 à la campagne; 2,615
communiants, dont 1,741 en ville et 874 à la
campagne; 921 non-communiants, dont 559
en ville et 362 à la campagne. La popula-
tion de 1920 est la plus élevée qu'ait eue
Saint-Clément depuis 1861, qui fut l'apogée
de sa prospérité.
APPENDICE
Les Protestants à Beauharnois
Il n'y eut guère de protestants à Beau-
harnois avant la fin du XVIIIe siècle, et il
n'y eut pas d'église protestante avant 1835.
Lorsque les EUice acquirent la seigneurie
en 1795, ils y étabhrent des colons; peu à
(l)De 1894 à 1905, l'Œuvre du Pain a procuré aux pauvres
18,095 pains; de 1905 à 1920, 10,234 pains; soit en 26 ans,
un total de 28,329 pains.
peu furent concédées des terres qu'occu-
pèrent les immigrants anglais et écossais,
protestants en grand nombre; et c'est
ainsi qu'un groupe de protestants de langue
anglaise se forma à Beauharnois. Les sei-
gneurs et leurs agents, des marchands, le
meunier, des cultivateurs, plus tard le
maître d'école étaient protestants et Beau-
132
HlSTOIBE RELIGIEUSE DE BeAUHARNOIS
hamois, à cause de cela, eut un cachet par-
ticulier; même, jusqu'en 1847, les procès-
verbaux de la municipalité furent rédigés en
langue anglaise.
Toutefois, nous ne croyons pas que les
protestants aient jamais été en majorité à
Beauharnois; depuis 1830, c'est un fait
certain attesté par les listes d'enfants
d'école et par le recensement officiel; avant
1830, nous n'avons aucune donnée certaine.
Un seul document fournit une donnée
sur la popula-
tion: en 1800,
une requête de
58 habitants
à l'évêque de
Québec repré-
sente que ce
nombre 58 for-
me la majori-
té des proprié-
taires de Beau-
harnois, les
protestants
exceptés; i 1
faut conclure
que les pro-
priét aires
non-signa-
taires catholi-
ques et les
protestants réunis étaient plus que 58, mais
nous ne savons si les protestants seuls dé-
passaient ce nombre.
Depuis 1830, nous avons des données plus
(1) RéT. J. Anderson, minUtre presbytérien. (3) Eglise presbytérienne.
et 101 protestants; en 1842, 1,856, dont
1,768 catholiques; en 1851, 3,212, dont
2,872 catholiques; en 1861, une population
totale de 5,204 — la plus forte dans son his-
toire— dont 4,934 catholiques; en 1871,
3,346 catholiques et 142 protestants; en
1881, 3,240 catholiques et 99 protestants;
en 1891, 3,274 catholiques et 87 protes-
tants; en 1901, 3,323 cathoUques et 161
protestants; en 1911, 3,296 cathoUques et
225 protestants; en 1919, 3,190 catholiques.
Églises
Beauhar-
nois a deux
éghses pro-
testantes, l'é-
glise vresbyté-
rienne Saint-
Edouard et
l'égUse angli-
cane Trinity.
C'est le pre-
mier décem-
bre 1833 que
le Révérend
Walter Roach
fut installé
comme pas-
teur des deux
communau-
tés protestantes presbytériennes de Beau-
harnois et de Chateauguay;"' à cette date
Beauharnois comptait 18 familles protes-
tantes, avec 39 enfants au-dessous de 12 ans.
précises: d'après quelques rapports d'écoles Au premier Lord' s Supper qui eut lieu dans
conservés aux Archives. fédérales, les élèves
de langue française et cathoUques sont plus
nombreux.
Nous avons, surtout, les recensements
officiels décennaux: en 1831, la population
totale est de 1,901, dont 1,800 cathoUques
une grange, le 22 juin 1834, le pasteur dis-
tribua 91 communions. Le 15 mars 1835,
une égUse en pierre qui existe encore, fut
bâtie complètement aux frais du seigneur,
le T. Hon. Edouard EUice, et plus tard fut
(1) Nous devons ces notes au Révérend J.-D. Anderson.
Appendice: les Protestants à Beauharnois
133
donnée à la congrégation presbytérienne de
Beauharnois. Le Rév. M. Roach dirigea le
groupe presbytérien de Beauharnois jus-
qu'à sa mort en 1849. Cette année-là, il fut
atteint du choléra et mourut le 27 août.
Il fut remplacé par le Rév. Thomas Haig,
qui resta à Beauharnois jusqu'en 1858.
En 1859, le Rév. L. P. Léger fut pasteur
pendant quelques mois. Le Rév. P. Sym
lui succéda en 1860 et fut pasteur jusqu'en
1874. De 1876 à 1881 le pasteur presbyté-
rien fut le Rev.
T. Bennett,
et de 1882 à
1896, le Rév.
J.-M. Boyd.
Depuis le 25
mars 1897, le
Rév. J. Dun-
canAnderson,
B.A., est le
pasteur des
presbytériens
de Beauhar-
nois.
Le 5 février
1907, le grou-
pe presbyté-
rien de Cha-
teauguay se
sépara de ce-
lui de Beauharnois; le pasteur de Beauhar-
nois, qui avait desservi jusque-là les deux
groupes, ne fut plus désormais qu'à la tête
de celui de Beauharnois.
L'église presbytérienne de Beauharnois
est l'une des plus anciennes du genre dans
la province.
L'église anglicane de Beauharnois ne date
que de 1895."' Avant cette date, les angli-
(t) Rév. A.-E. Mount, ministre anglican. (2) ËÊlise anglicane
cans de Beauharnois n'eurent que des ser-
vices d'occasion, soit par des missionnaires
régionnaux, soit par le pasteur de Chateau-
guay, soit par l'évêque au cours de ses
visites pastorales; missionnaires et évêques
anglicans recevaient l'hospitalité des agents
seigneuriaux. Lorsque les EUice cédèrent
leur seigneurie, il semble que les services
anglicans cessèrent.
En 1895, les employés de la Dominion
Woolen — originaires pour un bon nombre
d'Angleterre
— établirent
une desserte
régulière et les
services se fi-
rent dans la
maison d'éco-
le protestan-
te.
Vers le mê-
me temps fut
conçu le pro-
jet d'une égli-
se que permi-
rent d'élever
le dévoue-
ment de M.
R.-W. Léo-
nard et la gé-
néroisité du
Dr S. Webb, président du chemin de fer
Saint-Laurent et Adirondack. M. Léonard,
ingénieur en chef des travaux de construc-
tion du St. L. & A. sut intéresser au projet
d'éghse anglicane à Beauharnois, le richis-
sime président de la compagnie, le Dr
S. Webb; celui-ci fit don à la communauté
anglicane d'un terrain situé sur la rue
Sainte-Catherine, tout près de la station
de chemin de fer, et d'une somme addi-
(1) Notes fournies par le Rév. A.-E. Mount.
134
Histoire religieuse de Beauharnois
tionnelle de $500; d'autres généreux dona-
teurs, entre autres MM. E.-A. Robert et
R.-W. Léonard, aidèrent, et en 1897 une
église fut ouverte au culte; l'église est
dédiée à la Sainte-Trinité et a été formelle-
ment consacrée en octobre 1899 par l'évêque
W.-B. Bond, de Montréal; à cette occasion
le Dr Webb fit don d'une cloche. Le cime-
tière a été bénit en 1901.
Pendant un grand nombre d'années,
l'église fut desservie par différents pas-
teurs venus de Montréal. En 1914. un pres-
bytère fut bâti et le Rév. C.-E. Scrim-
gour fut le premier pasteur résidant, bientôt
remplacé par le Rév. S.-B. Lindsay. Ac-
tuelleinent — depuis janvier 1919— la com-
munauté anglicane de Beauharnois est
dirigée par le Rév. A.-E. Mount.
Education
L'éducation protestante remonte, à Beau-
harnois, à l'année 1830. C'est à cette date
que furent établies les premières écoles
officielles — sous des syndics — et ces écoles
furent protestantes par les maîtres, par les
livres, par la méthode d'enseignement. En
1838, le curé Quintal peut écrire à l'évêque
qu'il n'y a pas encore d'école catholique à
Saint - Clément. Catholiques et protes-
tants fréquentent la même école. En 1843,
la séparation se fait entre catholiques et pro-
testants. Le curé Carron se plaint qu'il n'y
a pas de livres de religion cathoUque à
l'école du village, et il met les catholiques
en garde contre l'usage de Bibles protes-
tantes. Alors, les protestants se retirent
et fondent une école distincte. Messieurs
Robert Wilson et Francis Cowan, mar-
chands, donnent un terrain sur la rue
Nicholson, à perpétuité, au Rév. Walter
Roach et à ses successeurs en office, dans le
but d'ériger une maison d'école. Une école
est immédiatement construite par sous-
criptions, et une somme de $200 est fournie
par des amis de Montréal.
Le Rév. M. Roach, pendant quelque
temps, ajouta à ses fonctions pastorales
celle d'instituteur, et il eut pour successeurs
des hommes qui acquirent plus tard de la
renommée, tels que James Richardson, le
plus précieux auxiliaire de Sir William Logan
dans ses explorations géologiques, et J.-C.
Wilson, manufacturier de papier. Ces
hommes donnèrent une éducation remar-
quable qui, temporairement, attira un
grand nombre d'élèves. L'évolution de la
population diminua l'importance de l'école,
et, actuellement, les registres attestent une
fréquentation scolaire d'à peu près ving-
cinq élèves. Cette école est sous le régime
des écoles dissidentes de la Province de
Québec; des syndics la gouvernent. Depuis
un grand nombre d'années, le président
des syndics est M. James Wilson, vice-
président de la manufacture Kilgour, et le
Rév. M. J.-D. Morrison, D.D., ministre en
retraite, occupe — à titre gracieux — la charge
de secrétaire-trésorier.
Lorsque M. E.-A. Robert acquit la pro-
priété du Manoir, il fit don d'un terrain sur
le côté est de la rue Richardson, et c'est là
qu'est maintenant l'école protestante; au-
paravant, elle était sur le terrain compris
dans la propriété du Manoir. Vers le
même temps, le Rév. J.-D. Anderson, mi-
nistre presbytérien, avec la sanction des
autorités de Montréal, céda aux syndics
son droit de propriété sur l'école, et c'est
de leur autorité que dépend maintenant
complètement le régime scolaire protestant
à Beauharnois.
Histoire civile de Beauharnois
135
DEUXIÈME PARTIE
Histoire Civile de Beauharnois
Dans cette deuxième partie, nous prenons
le mot civil dans le sens de laïque, comme
faisant pendant à l'histoire religieuse. Nous
voudrions essayer de donner une idée
aussi juste que possible de ce qu'a été
Beauharnois, au point de vue civil, depuis
sa fondation; pour cela, nous traiterons,
en quelques chapitres, de Beauharnois mu-
nicipal, politique, judiciaire, militaire, agri-
cole, industriel et commercial.
Beauharnois municipal
137
CHAPITRE PREMIER
Beauharnois municipal
I. PAROISSE SAINT-CLEMENT
U point de vue civil, Beauhar-
nois date de 1835. C'est le
10 juillet de cette année — le
même jour que la paroisse de
Sainte-Martine, et huit jours
après la paroisse de Saint-
Timothée -que Lord Aylmer, conformé-
ment à un rapport de MM. Michael O'Sul-
livan, Pierre de Rocheblave et Paul- Joseph
Lacroix, érigeait la paroisse civile de Beau-
harnois, avec les mêmes Hmites que la pa-
roisse religieuse, savoir:
"Les limites de la dite paroisse Saint-
Clément comprendront à peu près deux
lieues et demie de front sur à peu près trois
lieues, dans sa plus grande profondeur:
bornée au nord par le lac Saint-Louis; à
l'ouest par la ligne ouest du domaine du
Buisson, la dite ligne s'étendant à la rivière
Saint- Louis et montant la dite rivière jus-
qu'à la ligne de division, entre les seconde
et troisième concessions de North-George-
town; au sud-ouest, par la dite ligne qui
sépare la dite seconde concession de la troi-
sième, la dite ligne s'étendant jusqu'à la
jonction des terres, qui sont bornées au-
devant par la rive nord de la rivière du
Loup ou Chateauguay, au sud-est et est par
la profondeur des dites terres jusqu'à la base
des terres du Grand-Marais, suivant la dite
base jusqu'aux terres qui sont bornées au-
devant par la rivière Chateauguay; de là,
suivant la profondeur des dites terres jusqu'à
la ligne seigneuriale qui sépare Beauharnois
de Chateauguay; et finalement au nord-est,
à la dite ligne seigneuriale continuant jus-
qu'au lac Saint-Louis susdésigné."*"
Cependant, cette érection civile n'était
pas une érection municipale, ou une corpo-
ration; l'acte de Lord Aylmer ne faisait que
donner à la paroisse Saint-Clément la re-
connaissance civile.
*
Ce n'est qu'en 1845 que la paroisse Saint-
Clément fut érigée en municipalité distincte.
Le 29 mars 1845, le parlement des Cana-
das-Unis décrétait une loi*^^ "pour l'éta-
blissement d'autorités locales et munici-
pales dans le Bas-Canada"; et en vertu
de cette loi, le 18 juin suivant. Lord Met-
calfe proclamait l'érection de plusieurs mu-
nicipalités, parmi lesquelles la paroisse
Saint-Clément de Beauharnois. '''
Telle est l'origine du système municipal
à Beauharnois.
(1) Subdivisions du Bas-Canada en paroisses, Québec, 1853.
(2) 8 Victoria, chap. 40.
(3) Gazette de Québec, 1845.
138
Histoire civile de Beauharnois
Depuis, la paroisse Saint-Clément a été
plusieurs fois divisée; en 1846, on en a ex-
trait le village devenu en 1863 la ville de
Beauharnois; en 1866, la paroisse civile
de Saint-Etienne; en 1916, la municipalité
de Maple Grove, et en 1919 celle du Lac
Saint-Louis. Cependant, jusqu'ici, la pa-
roisse Saint-Clément a toujours subsisté
comme corporation municipale distincte.
Trudelle, de 1885 à 1892; Trefflé Vincent,
de 1892 à 1898; Joseph Boyer, de 1898 à
1900; Pierre Gauthier, de 1900 à 1902;
Louis Loiselle, de 1902 à 1908; Trefflé
Montpetit, de 1908 à 1909; Isidore Hébert,
de janvier à septembre 1909; Louis Pri-
meau, de septembre 1909 à 1910; Joseph
Lebœuf, de 1910 à 1914; Albini Leduc, de
1914 à 1915; Louis Maheu, de 1915 à 1916;
GROUPE DE MAIRES DE SAINT-CLÈMENT
MM. (1) Trefflé Vincent.— (2) Louis Maheu.— (3) Benjamin Vinet.— (4) Joseph Boyer.— (5) Pierre Gauthier.-
(7) Théophile Trudel.- (8) J.-B. Charlebois.
-(6) Louis Primeau.
Maires de Saint-Clément
MM. Henry Bogue, de 1845 à 1848; Xa-
vier Meloche, de 1848 à 1855; Antoine Du-
quette, de 1855 à 1858; Louis Hainault, de
1858 à 1859; Jean-Baptiste Charlebois, de
1859 à 1868; André Leduc, de 1868 à 1877;
L.-A. Bertrand, de 1877 à 1878; Célestin
Bergevin, de 1878 à 1882; François Leduc
fils d'Antoine, de 1882 à 1885; Théophile
Ferdinand Goyette, de 1916 à 1917; Louis
Primeau, de 1917 à 1919. Depuis 1919,
M. Benjamin Vinet.
Plusieurs de ces maires ont eu l'honneur
d'être préfets du comté de Beauharnois; ce
sont MM. André Leduc, de 1875 à 1877;
Louis Loiselle, en 1907; Trefflé Montpetit,
en 1908; Joseph Lebœuf, de 1911 à 1914.
Il est évidemment plus difficile de refaire
I
Beauharnois municipal
139
GROUPE DE CONSEILLERS DE SAINT-CLÊMENT
MM. (1) Napoléon Laberge.— (2) Henri Hébert.— (3) François Vallée.— (4) Arthur Gendron.— (5) Etienne Daoust.— (6) Israël
Lefebvre, père.— (7) Orner Bnère.— (8) Domina Hébert.— (9) Alphonse Allard.— (10) Arthur Hainault.— (11) Théophile Paquette.
(12) Osias Charlebois.— (13) Télesphore Boyer.— (14) Octave Allard.— (15) Israël Lefebvre, fils.— (16) Henri Gendron.—
(17 Charles Boyer.— (18) Urgel Lefebvre.
,/
Beauhaknois municipal
141
la liste des conseillers^' ici encore, voici
quelques noms connus: en 1845, Frs Daoust,
J.-Bte Poirier dit Lafleur, Louis Trudelle,
Joseph Fichaud, Isidore Tremblay; en 1847,
Pierre - Michel Leduc, Chas Legault, Chs
Bergevin, Louis Julien, Timothy Gor-
man, John Severs; en 1848, Toussaint Dan-
durand, Chs Legault, Chs Bergevin, Ar-
chibald O'Gilvie, John Graham, Louis Ju-
lien; en 1849, Louis Julien, Frs Daoust,
Toussaint Dandurand, Chs Bergevin, Chs
Legault, John
Graham, J.
Fournier; en
1850, R. Bil-
let, J. Dame,
Frs Daoust,
Joseph Dou-
tre, J. Fisher
J. Fournier,
J. Goyette,
Louis Julien,
Chs Legault,
John McGill;
en 1851, Ré-
myBillet,Wil-
liam Crops,
Joseph Dou-
tre, Louis Ju-
lien, Pierre-
Michel Leduc,
John McGill, Robert Selkirke; en 1852,
Pierre- Michel Leduc, Chs Tondu, J.-Bte
iJoutre, Isoël Marcille, Robert Colreich,
(1) Pour les secrétaires-trésoriers de la paroisse Saint-Clé-
ment, voici nuelques noms: Louis Hainault, Julien Leduc,
Napoléon Laberee, Joseph-Eugène Leduc. Voici quelques
noms de conseillers: Canal: Louis Gagné, Jérôme Longtin,
Michel Ijcduc, Alexis Doutre, Michel I^eboeuf, Ovide Ga-
gné, Ix)uis Loiselle, Télesphore Bertrand, Arthur Hainault,
Alfred Hainault. — Sainte- Marie: Jean-Baptiste Leduc, Chs
Bover, père, François Leduc, Jérémie Bougie, père. Napoléon
Laberge, père, Joseph Boyer, Pierre Gauthier, Télesphore
Boyer, Napoléon Laberge, fils, Osias Peladeau, Jérémie
Bougie, fils, Albini Leduc, Henri Gendron, Arthur Leduc —
Sainle-Anne: Bénoni Montpetit, Alexis Faubert, Michel
Gendron, F.-X. Leduc, Frs Houle, Urgel Lefebvre, Benjamin
Vinet, Guillaume Leduc, Trefflé Montpetit, Israël Lefebvre,
Henri Gendron, Albert Leduc. — Bivière Saint-Louis: André
MAIRES DE SAINT-CLÉMENT OUI ONT ÉTÉ PRÉFETS DU COMTÉ
André Leduc, 1875-1877 (3) Louis Loiselle, 1907 (2) Trefflé Montpetit, 1908 (4)
Joseph Lebœuf. 1911-1912-1913 (1)
Georges Brock, Louis JuUen, Narcisse Bru-
nette; en 1853, Pierre- Michel Leduc,
J.-Bte Hainault, Pierre Hainault, dit Des-
champs, J.-Bte Primeau, J.-Bte Doutre,
Joseph Doutre, Isaïe Garand, Robert Hall,
George EUiott, John Russell, Michael Cam-
pion, Alexis Gibeau, Chas Legault; en 1854,
P. - M. Leduc, J. - Bte Hainault, Georges
Elliott, Robert Hall, Pierre Hainault, Jo-
seph Doutre, Chas Legault, Isaïe Garand,
John Russell, J.-Bte Doutre;en 1855, Joseph
Shayer, Isaïe
Garand, Chs
Legault, J.-
Bte Doutre,
J.-Bte Hai-
nault, Pierre
Hainault,
James Mills,
Robert Hall,
John Russell.
En 1919, le
conseil de
Saint- C'ié-
ment est com-
posé comme
suit : Maire,
Benjamin
Vinet ; con-
seillers: MM.
Orner Laurin,
Omer Brière, Alexis Lemieux, Arthur Gen-
dron, Joseph Tisseur, fils, Joseph Reid.
Leduc, Jérémie Gendron, Frs Hébert, Théophile Trudel,
Octave AUard, Chs Boyer, Isidore Hébert, Alphonse AUard,
Louis Maheu, Henri Hébert, Arthur Gendron, Omer-J.-B .
Brière, Henri Boyer. — Saint-Georges: J.-Bte Tisseur, père, Frs
Primeau, Pierre Poissant, Trefflé Vincent, Damase Bonnier,
J.-Bte Tisseur, fils, Ixrnis Primeau, Théophilo Paquette,
Joseph Tisseur, Isaïe Laberge, Alexis Lemieux, Joseph Tis-
seur, jeune. — Sl-Francois de la lieauce: Arsène Charlebois,
atné, J.-Bte Charlebois, Paul Ijebœuf, Joseph Prégent, Arsène
Charlebois, Ovila Daoust, Joseph Laberge, Arthur Goyette,
Joseph Ijebœuf, Osias Charlebois, Omer Charlebois, Omer
Laurin. — Bas du Fleuve: Louis Hébert, Pierre Lajambe, Jo-
seph Goyette, Paul Gendron, Gieoffroy Hébert, Auguste
Hébert, Frs Hébert fils de Fra. Frs Hébert, Louis Brazeau,
Jules Boyer, Domina Hébert, Ferdinand Govette, Wilfrid
Hébert.
142
Histoire civile de Beauharnois
II.— VILLAGE DE BEAUHARNOIS»'
C'est en 1846 qu'a été démembrée la
paroisse civile de Saint-Clément de Beau-
harnois et qu'a été formé le village de Beau-
harnois. Le 29 mars 1845, nous l'avons
dit plus haut, le Parlement adoptait un
Acte pour rappeler certaines Ordonnances y
mentionnées, et pour mieux pourvoir à l'éta-
blissement d'autorités locales et municipales
dans le Bas-Canada.
Cette loi s'occupait, d'abord, des parois-
ses, et nous avons rappelé que c'est en vertu
de cet acte que la paroisse municipale Saint-
Clément a été érigée.
Dans une seconde partie, la même loi
permettait aux groupes de plus de soixante
habitations de se constituer en village, et
voici comment : les habitants d'un tel grou-
pement pouvaient — si la majorité y con-
sentait— s'adresser au conseil de la paroisse
pour que ce conseil voulût bien fixer les
limites du nouveau village à constituer.
Le conseil de paroisse devait envoyer une
copie de cette détermination de limite
au gouverneur-en-conseil, lequel érigeait
officiellement le nouveau village. Et c'est
ce qui eut lieu à Beauharnois.
La paroisse était constituée le 18 juin;
peu après, les gens du village manifestaient
l'intention de s'ériger en village distinct;
le conseil de paroisse fixait les limites, et le
23 juillet 1846, Lord Cathcart érigeait
le village de Beauharnois avec les limites
suivantes :
"Le dit village de Beau-
-harnois sera borné et limité comme suit: en
"front vers le nord-ouest par le lac Saint-
" Louis, en profondeur vers le sud-est par le
"lot numéro trente-et-un de Annstown, dans
(1) Ces notes sur le village et la ville de Beauharnois sont
dues, en grande part, au travail de l'ex-secrétaire de la ville,
feu F.-X. Leduc, qui avait bien voulu parcourir, à cette fin,
tous les procès-verbaux de la Corporation.
'la concession connue sous le nom de la
'Beauce; au nord-est par le chemin de des-
'cente conduisant de la dite concession de la
'Beauce au dit lac; au sud-ouest, partie par
'la Rivière Saint-Louis, depuis son embou-
'chure, dans le dit Lac St-Louis, jusqu'à
'l'extrémité nord-est du pont érigé sur la dite
'rivière; de là suivant le milieu du chemin
'de front vers le nord-est jusqu'au milieu du
'chemin conduisant à la terre de la Fabrique
'de la dite paroisse, de là vers le sud-est le
'long du milieu du dit chemin jusqu'à la ligne
'nord-ouest de la dite terre de la Fabrique, de
'là vers le nord-est le long de la dite ligne
'jusqu'à la ligne nord-est de la dite terre; de
'là vers le nord-ouest le long de la dite ligne et
'sa prolongation jusqu'à l'intersection de la
'ligne sud-est du lot numéro trente-et-un
'susdit, oxi borne du dit village ci-dessus
'mentionné" .
(Fyle Canada Gazette 1846, p. 3069).
Peu après, des élections étaient faites et
les conseillers élus étaient Lawrence George
Brown, Toussaint Payment, Jacob Lamon-
tagne, Robert Orr Wilson, Antoine Boyer,
Pierre Sarault, et Robert Johnston. A leur
première assemblée, le 10 septembre 1846,
Lawrence Beorge Brown — agent des sei-
gneurs EUice— «tait, à l'unanimité, choisi
comme maire, et Toussaint Champeau était
engagé comme secrétaire-trésorier.'^'
En septembre 1849, le Conseil se compose
comme suit: Maire, L.-G. Brown; con-
seillers, Toussaint Rochon, Luc Malette,
Alex. McMartin, Rob. Johnston, Jos. Thi-
bault, Toussaint Champeau, jr. Peu après
Jacob Lamontagne et Frs Boissonnault rem-
placent McMartin et Johnston. Chs T.
(2) Les procès-verbaux du village ont été rédigés en an-
glais, jusqu'au 2 novembre 1847. Aucun procès-verbal n'est
inséré du 26 juin 1848 au 8 juin 1855.
Beauharnois municipal
143
Champeau, jr., remplace Toussaint Cham-
peau comme secrétaire-trésorier, à un salaire
de $25 par année.
En 1855, le maire est le notaire Joseph
Léonard; les conseillers sont le Dr Moïse
Sabourin, MM. Toussaint Rochon, Geo.-B.
Duncan, N.-T. Sarault, David Lemerise,
John Caverhill; le secrétaire est le notaire
J.-G. Longpré. En juillet 1855, Robert
Johnston devient maiye, et les conseillers
sont Ovide Payment, D. Lemerise, N.-T.
Sarault, Pierre Gendron, Alex. McMartin.
En 1855, Joachim Brossoit remplace J.-
G. Longpré au secrétariat, et il est rem-
placé dans cette fonction par le notaire J.
Léonard, en novembre 1856.
En 1857, André Leduc est conseiller, ainsi
que H.-H. McFarlane, arpenteur.
En 1858, le maire est Thomas Caverhill;
les conseillers sont John L. Cassidy, Tous-
saint Rochon, Geo.-B. Duncan, Ls Bran-
chaud, O. Paj^ment, P. Gendron et James
Keith, agent du seigneur Ellice.
Le 18 août 1859, John L. Cassidy rem-
place à la mairie T. Caverhill. En janvier
1860, le maire est le Dr Moïse Sabourin ; les
conseillers sont Toussaint Rochon, Chas
Rapin, Michael Martin, Jos. Gendron, Ku-
tusoff Nicholson, André Leduc; le notaire
Longpré est secrétaire. Le 15 août de cette
année, Frs Secours devient conseiller à la
place de J. Gendron.
Le 25 février 1861, le conseil confie à C.
Contant la construction du Marché. La
même année, en septembre, on constate la
disparition du livre des minutes.
En 1862, Toussaint Rochon est maire; les
conseillers sont M. Martin, Wm. Hender-
son, Wm Crops, F.-X. Montmarquet, Paul
Gendron, J.-Bte Roy; N. Sarault est en-
gagé comme constable à la place de J.-Bte
Lefebvre.
IIL— VILLE DE BEAUHARNOIS
En 1863, "considérant l'accroissement
de la population du village de Beauharnois,
et que les dispositions des lois municipales
ne suffisent point à ses habitants pour
opérer les améliorations qu'ils se proposent
de faire, et que le conseil municipal du dit
village a représenté qu'il serait nécessaire
que de plus amples dispositions soient faites,
et qu'il serait désirable que le dit village fut
incorporé comme ville sous le nom de
"Beauharnois"; Sa Majesté, "par et de
l'avis et du consentement du conseil législa-
tif et de l'assemblée législative du Canada",
décrète l'incorporation de Beauharnois en
ville, sous le nom de le maire et le conseil de
la ville de Beauharnois. ^^^
A la nouvelle ville, la législature donnait
les bornes et les limites suivantes: "Com-
mençant au lac Saint-Louis sur la ligne entre
les lots 2 et 3, rang du Lac Saint-Louis, à
Annstown,*"' de là suivant la dite ligne dans
la direction sud-est jusqu'à ce qu'elle at-
teigne la continuation de la ligne de pro-
fondeur du terrain de la prison et cour de
justice du district; de là, vers l'ouest par
une ligne en arrière de la prison et cours de
justice jusqu'au chemin de Beauce; de là
vers l'ouest sur une ligne parallèle avec la
rue Hannah, dans la dite ville de Beauhar-
nois, jusqu'au côté nord-ouest du chemin
Saint-Louis; de là vers le nord-ouest et à
angles droits avec le chemin Saint-Louis
(1) Statuts du Canada, 1863. (Ilètne session), p. 157. de transcription; la faute est, d'ailleurs, corrigée dans I>e-
(2) Le texte porte Ormstown; c'est évidemment une cireur champs: "Liste des MunicipalUés," p. 19.
144
Histoire civile de Beauharnois
jusqu'au centre de la rivière Saint-Louis; de
là suivant la dite rivière Saint-Louis jus-
qu'au dit lac Saint-Louis; et de là jusqu'au
point de départ."
La nouvelle ville était divisée en trois
quartiers : le nord, comprenant la rue Saint-
Laurent, toutes les rues allant de cette rue
au fleuve, et tous les emplacements ayant
leur front sur cette rue; le centre, compre-
nant la rue EUice, toutes les rues allant de
la rue Saint-Laurent à la rue Ellice, et tous
les emplacements ayant leur front sur la
rue Ellice; le sud, comprenant la rue Han-
nay, toutes les rues allant au domaine Saint-
Louis, et tous les emplacements ayant front
sur la rue Hannah. Le conseil de ville de-
vait se composer d'un maire et de six con-
seillers. La charte de création de la ville
contient 56 articles et prend 30 pages des
Statuts; le mode d'administration de la
ville y est décrit par le détail, comme aussi
y sont précisés les droits et les devoirs des
divers officiers de la ville. Je note quelques
dispositions essentielles :
"Le maire sera élu pour une année seule-
ment. . les conseillers demeureront en office
pendant deux années." (Art. 8.) "Quatre
membres du conseil formeront quorum."
(Art. 9) "Toutes les séances du conseil se-
ront publiques, excepté seulement lorsque
le conseil aura à juger de la conduite des
membres de son propre corps pour quelque
cause que ce soit, cas auquel il sera loisible
au dit conseil de siéger à huis clos." (Art.
16.) "Les propriétés suivantes seront ex-
emptes de taxation: toutes terres et pro-
priétés de Sa Majesté; toutes propriétés et
constructions provinciales; tout lieu con-
sacré au culte public, maison presbytériale
et ses dépendances, ainsi que tout cime-
tière; toute maison d'école publique et le
(1) 38 Victoria, oh. 77.
terrain sur lequel elle est construite; tout
établissement ou maison d'éducation ainsi
que le terrain sur lequel il est construit;
tout bâtiment, terrain ou propriété occupé
ou possédé par des hôpitaux ou autres
établissements de charité ou d'éducation."
(Art. 46.)
Une douzaine d'années plus tard, en
1875,"' les limites de la ville furent mo-
difiées dans les termes et avec les effets sui-
vants: "Commençant au lac Saint-Louis, à
la Hgne entre les lots 2 et 3, concession du
lac Saint-Louis, dans Annstown; de là sui-
vant la dite ligne dans la direction sud-est,
jusqu'à ce qu'elle atteigne la continuation
de la ligne de profondeur du terrain de la
prison et de la cour de justice du district de
Beauharnois; de là vers l'ouest, par une
ligne en arrière de la prison et cour de justice
jusqu'au centre du chemin de la Beauce;
de là vers l'ouest sur une ligne parallèle,
avec la rue Hannah dans la dite ville,
jusqu'au côté sud-est de la rivière Saint-
Louis, à un point qui se trouve en droite
ligne, à une distance de 4,336 pieds du cen-
tre du dit chemin de Beauce, et aussi à une
distance en droite ligne, du centre du che-
min Saint-Louis, de 720 pieds; de là, tra-
versant la dite rivière Saint-Louis, en ligne
droite parallèle au chemin public qui con-
duit au canal de Beauharnois, jusqu'à la
ligne nord-est de la propriété de Louis Leduc
connue comme lot n° 2 du premier rang de
Marystown; de là, en continuant cette
ligne vers le nord-ouest, le long de la ligne
est de la dite propriété Leduc, jusqu'au dit
lac Saint-Louis."
Une modification de charte avait de
nouveau lieu en 1884, d'après laquelle le
pont de la rivière Saint-Louis était mis à la
charge de la Corporation de la ville de
Beauharnois. (47 Victoria, ch. 86.)
Beauhabnois municipal
145
GROUPE DE MAIRES DE LA VILLE DE BEAUHARNOIS
(1) U.-J. RobUlard.— (2) J. Lynch.— (3) P.-C. Duranceau.— (4) C. Guimond.— (5) A.-R. Primeau.— (6) L.-R. Baker.— (7) L.-A,
Seers.- (8) Ant. Lefebvre.— (9) Thos. Brossoit.— (10) Jul. Leduc— (11) E.-H. Bisson.— (12) J.-W. WUson.- (13) Ferd. Leduc
(14) Job. Deslaïuiers.— (15) J.-G. Laurendeau.— (16) G. Huot.— (17) Narc. Deslauriere. —(18) G. Léonard.- (19) J.-B,
meau.— (20) R. Miron.— (21) L. Z. Leduc— (22) H. Bourgie. —(23) Eue Théoret.
Pri-
Beauharnois municipal
147
GROUPE D'ECHEVINS DE LA VILLE DE BEAUHARNOIS
(1) Le notaireL.-C. Tassé, sec.-trés. pendant 29 ans.— (2) Am. Mathieu.— (3) Lionel Gougeon.— (4) J.-B. Roy, père.— (5) Ror.
Hébert.— (6) W Bourdon.- (7) L. Primeau.- (8) Alph.Goyette.— (9) Ulr.Laplante.— (10) H. Roy.— (11) J. Portier.- (12) Eus.
Boyer.— (13) Alf. LimoRes. -ri4) Stan. Dorais.— (15) And. Roy.— (16) J.-L.-E. Guimond.— (17) Cyp. Martin.— (18) Nap.
Primeau.— (19) W. Noreau.— (20) J.-B. Roy, fils.
Beauharnois municipal
149
En 1893, la ville passait sous la loi géné-
rale des villes telle que codifiée en 1888.
(56 Victoria, ch. 55.)
En 1907, une refonte plus importante
avait lieu, qui traitait surtout des taxes et du
système d'aqueduc. (7 Edouard VII, ch. 70.)
En 1908, la ville passait sous la loi géné-
rale des Cités et Villes; ses bornes étaient
quelque peu modifiées, au moins dans les
termes; au nord-est, la ville est bornée par
les lots connus et désignés sous les Nos 48 et
54 du livre de renvoi officiel de la paroisse
Saint-Clément; au sud-est par les lots Nos
51-125-128-266; au sud-ouest par les lots
Nos 267-268; au nord-ouest par le lac Saint-
Louis. (8 Ed. VII, chap. 93.)
De nouveau, en 1912, de légers amende-
ments étaient faits à sa charte, en faveur
de la compagnie de papier Howard Smith.
Voici maintenant le nom des maires et des
échevins de la ville de Beauharnois, depuis
sa fondation. —
1864. — Maire, Ulysse- Janvier Robillard;
échevins, O. Payment, Wm Henderson,
Ls Bocage, Isaïe Chevrefils, John-H. Ger-
non, Pierre Gendron, T. Rochon; le notaire
Jos. Léonard est secrétaire-trésorier. Le
6 janvier, L.-N. Dumouchel est nommé se-
crétaire, et on le charge de faire un index
des délibérations du conseil depuis 1846; le
29, août D.-A. Saint-Amour remplace Ls-
N. Dumouchel comme secrétaire. Le 6 mars
1865, Frs Secours est nommé échevin en
remplacement de T. Rochon, décédé.
1866. — Maire, U.-J. Robillard; échevins,
P. Gendron, Frs Secours, Luc Brunet, J.-
Bte Grenier, Félix Chardron, I. Chevrefils.
1867. — Maire, J. Lynch; échevins, Ni-
colas Manny, Chas de Martigny, Siméon
Gariepy, J.-B. Roy, Félix Chardron.
1868.— Maire, J. Lynch; échevins, Chs
de Martigny, J.-B. Roy, S. Gariépy, Coll.
McFee, Pierre Giroux, Pierre Dagenais;
Léandre Vachon remplace J.-B. Roy le 1er
janvier.
1869. — Maire, Pierre - Casimir Duran-
ceau; échevins, S. Gariépy, Cyr. Contant,
P. Giroux, P. Dagenais, C. McFee, Cyr.
Guimond; le 22 avril, James Lynch remplace
le maire P. C. Duranceau.
1870. — Maire, P.-C. Duranceau; éche-
vins, J.-B. Roy, S. Gariépy, Jos. Roy, C.
Guimond, James Smith, Pierre Gendron.
1872. — Maire, P.-C. Duranceau; éche-
vins, C. Guimond, S. Gariépy, P. Gendron,
J.-B. Roy, Jas Smith, Pierre Tessier.
1873. — Les mêmes sont réélus.
1874.— Maire, Cyrille Guimond; éche-
vins, P. Gendron, S. Gariépy, P. Tessier,
Gilbert Montpetit, L.-R. Baker, James
McCuUy.
1875. — Maire, C. Guimond; échevins, L.
R. Baker, S. Gariépy, G. Montpetit, J.-B.
Roy, P. Tessier, Antoine Lefebvre. En sep-
tembre l'échevin S. Gariépy remplace à la
mairie C. Guimond.
1876.— Maire, Dr A.-R. Primeau; éche-
vins, N. Manny, J.-B. Roy, Ant. Lefebvre,
G. Montpetit, P. Bélanger, M. Labelle.
1877. — Les mêmes qu'en 1876. Le no-
taire E.-H. Bisson remplace au secrétariat
D.-A. Saint-Amour.
1878. — Maire, Dr-A.-R. Primeau; éche-
vins, J.-B. Roy, Ant. Lefebvre, M. Labelle,
J. Arthur Lapointe, J.-H. Sullivan, Paul
Primeau.
1879. — Maire, L.-R. Baker; échevins, J.-
H. Sullivan, P. Primeau, M. Labelle, Jas
McCully, P.-N. Trottier, Julien I^duc.
1880.— Les mêmes qu'en 1879.
1881. — Maire, L.-A. Seers; échevins, J.-
H. Sullivan, Julien Leduc, J. McCully, P.
Primeau, E.-A. Manny, P. Legault.
150
Histoire civile de Beauharnois
1882.— Maire, L.-A. Seers; échevins, J.
Leduc, E.-A. Manny, P. Legault, Ant.
Lefebvre, G. Montpetit, Moïse Boyer.
1883. — Maire, L.-R. Baker; échevins,
Ant. Lefebvre, G. Montpetit, M. Boyer, E.-
A. Manny, J.-H. Sullivan, J.-W. Kilgour.
1884. — Les mêmes qu'en 1883.
1885. — Maire, Ant. Lefebvre; échevins,
G. Montpetit, M. Boyer, J.-B. Roy, André
Leduc, fils, Jos. Deslauriers, J.-A. Lapointe.
1886. — Maire, Antoine Lefebvre; éche-
vins, Jos. Deslauriers, J.-A. Lapointe, A.
Leduc, Pierre Daoust, J.-B. Bonhomme,
J.-B. Robert.
1887. — Maire, L.-R. Baker; échevins, J.-
B. Robert, P. Daoust, J.-B. Bonhomme,
E.-A. Manny, P. Primeau, H. Normandeau.
1888. — Maire, L.-R. Baker; échevins, J.-
B. Bonhomme, H. Normandeau, Julien
Leduc, Ant. Viau, P. Primeau, Jacob Mar-
chand. Le notaire L.-C. Tassé remplace
M. E.-H. Bisson comme secrétaire.
1889. — Maire, Thomas Brossoit; échevins,
J.-B. Bonhomme, Ant. Lefebvre, Cyprien
Fortin, Julien Leduc, Roger Hébert, Ls
Primeau.
1890.— Maire,Thomas Brossoit; échevins,
C. Fortin, Ant. Lefebvre, J.-B. Bonhomme,
Ls Primeau, James Wilson, J.-G. Léonard.
1891. — Maire, L.-R. Baker; échevins,
Jas Wilson, J.-G. Léonard, J.-B. Primeau,
Jos. DeUsle, Narc. Deslauriers, Ferd. Leduc.
1892. — Maire, Julien Leduc; échevins,
J.-B. Primeau, Jas Wilson, J.-G. Léonard,
Octave Laurin, N. Deslauriers, F. Leduc.
1893. — Maire, J. Leduc; échevins, J.-G.
Léonard, Jos. Deslauriers, Moïse Boyer, P.
Legault, Amédée Mathieu, Julien Primeau.
1894. — Maire, E.-H. Bisson; échevins,
H. Normandeau, Alf. Limoges, P. Legault,
Léandre Vachon, Alphonse Goyette, Oli-
vier Desrosiers. En mars, A. Limoges est
remplacé par Ls Primeau; en avril, H. Nor-
mandeau est remplacé par P.-N. Trottier.
1895. — Les mêmes qu'en 1894.
1896. — Maire, James Wilson; échevins,
P. Primeau, Alph. Goyette, J.-B. Primeau,
J.-B. Roy, P.-N. Trottier.
1897.— Maire, James Wilson; échevins,
Jos. Deslauriers, P. Legault, J.-B. Primeau,
J.-G. Léonard, Ant. Lefebvre, P.-N. Trottier.
1898.— Maire, Ferdinand Leduc; éche-
vins, P. Legault, Jos. Deslauriers, M. Boyer,
James Dickson, le Dr G. Huot, Omer Mar-
chand.
1899. — Maire, Ferdinand Leduc; éche-
vins, Jas. Dickson, O. Marchand, W. Bour-
don, Théodule Olivier, Siffroy Gingras, N.
Beaudreau.
1900. — Maire, Jos. Deslauriers; échevins,
Jas. Dickson, O. Marchand, W. Bourdon,
Théodule Olivier, Silïroy Gingras, N. Beau-
dreau.
1901. — Maire, J.-G. Laurendeau; éche-
vins, 0. Marchand, Jas Dickson, J.-B.
Primeau, S. Gingras, W. Bourdon, Ant.
Primeau; en février, J.-G. Kamerer.
1902. — Maire, J.-G. Laurendeau; éche-
vins, W. Bourdon, S. Gingras, Néhémias
Lefebvre, J.-B. Primeau, J.-G. Kamerer,
Narc. Deslauriers.
1903.— Maire, Dr G. Huot; échevins, J.-
G. Léonard, Jos. Emard,Alph. Goyette, Néh.
Lefebvre, N. Deslauriers, J.-G. Kamerer.
1904.— Les mêmes qu'en 1903.
1905. — Maire, L.-A. Seers; échevins, N.
Deslauriers, Néh. Lefebvre, W. Bourdon,
F. X. Leduc, Stanislas Dorais, Raoul Miron.
1906. — Maire, Narcisse Deslauriers; éche-
vins, F.-X. Leduc, R. Miron, S. Dorais,
Th. Olivier, Alf. Limoges, Michel Boyer.
Beauharnois municipal
151
1907. — Maire, Narcisse Deslauriers; éche-
vins, R. Miron, Eus. Boyer, Michel Boyer,
D.-K. Goodfellow, Alf. Limoges, J.-G. Léo-
nard.
1908. — Maire, J.-G. Léonard; échevins,
R. Miron, Eus. Boyer, P. Primeau, J.-B. Pri-
meau. Désiré Gariépy, D.-K. Goodfellow.
1909. — Les mêmes qu'en 1908.
1910. — Maire, J.-B. Primeau; échevins.
1914. — Maire, L.-Z. Leduc, remplacé en
février par H. Bourgie; échevins, J.-B.
Roy, Jos. Guimond, Cyp. Martin, Néh.
Lefebvre, Lionel Gougeon.
1915. — Maire, H. Bourgie; échevins, A.
Limoges, J.-B. Roy, L. Gougeon, Cyp.
Martin, U. Laplante, Jos. Guimond, décédé
au cours de l'année et remplacé par F.-X.
Godin.
L'ADMINISTRATION MUNICIPALE EN 1919
Première rangée: le Conseil de Ville. — Deuxième rangée: la Brigade volontaire. — Dans les médaillons: à gauche, M. Léo Mayer,
à droite, M. F.-X. Leduc, tous deux sec.-trés. en 1919.
J.-G. Kamerer, O. Marchand, R. Miron,
John B. Roy, Ls Primeau, Eue. Théoret.
1912. — Maire, R. Miron; échevins, John
Elliott, L.-Z. Leduc, Nap. Primeau, Jos.
Portier, Amédée Primeau, Horm. Roy.
1913.— Maire, R. Miron; échevins, F.-
X. Leduc, L.Z. Leduc, Horm. Roy, Jos.
Fortier, Nap. Primeau, Isaïe Dagenais.
1916. — Maire, Euclide Théoret; échevins,
Émery Poirier, U. Laplante, Jos. Tessier, F.-
X. Godin, Stanislas Dorais, Côme Goyette.
1917. — Les mêmes qu'en 1916. Au cours
de l'année, Horm. Roy remplace F.-X.
Godin. Léo Mayer remplace, au secréta-
riat de la ville, le notaire L.-C. Tassé qui en
remplissait les fonctions depuis 1888.
152
Histoire civile de Beauharnois
1918. — Maire, E. Théoret; échevins,
E. Poirier, U. I^aplante, W. Noreau, R.
Miron, André Roy, Horm. Roy.
1919.— Maire, E. Théoret; échevins, R.
Miron, E. Poirier, A. Roy, W. Noreau, U.
Laplante, Horm. Roy. Le 1er avril, F.-
X. Leduc est nommé secrétaire-trésorier
à la place de Léo Mayer.
Quelques faits, dans l'histoire de Beauhar-
nois, intéressent la vie municipale de la ville.
Le 15 septembre 1889, un incendie consi-
dérable dévasta le centre de la ville; plu-
sieurs maisons situées près de l'Hôtel-de-
Ville furent complètement détruites: les
pertes furent évaluées à $1 00,000.00. Pour
empêcher le renouvellement d'un semblable
malheur, le conseil de ville de 1890, compo-
sé de MM. Thomas Brossoit, maire, James
Wilson, Louis Primeau, Jean-B. Bon-
homme, Cyprien Fortin, Antoine Lefebvre,
J.-G. Ijéonard, conseillers, et L.-C. Tassé,
N.-P., secrétaire-trésorier, décida la cons-
truction d'un aqueduc municipal; les plans
furent préparés par M. J.-E. Vanier, ingé-
nieur de Montréal, et les travaux coûtèrent
$44,000.
En 1915, le conseil de ville décida l'achat
d'une pompe électrique au coût de $1,425.00.
Depuis 1890, la ville de Beauharnois a
donc un bon système de protection contre
l'incendie; une brigade volontaire assure
un service efficace. Pendant plusieurs
années, le chef de cette brigade a été M.
Delphis Bergevin; aujourd'hui, il est rem-
placé par son fils.
Depuis l'installation des canaux d'égout,
des travaux considérables d'améliorations
ont été faits, surtout en l'année 1919. La
corporation a fait construire, au coût de
$6,387.34, un canal d'égout sur une partie de
la rue Saint-Laurent et sur la rue de l'É-
glise.
La ville de Beauharnois à aussi un très
bon système d'éclairage pubUc. L'électri-
cité pour fins d'éclairage a été introduite
dans la ville par Flavien-Guillaume Bou-
thillier, avocat, et, en 1889, par J. -B.Robert,
qui ont construit les premiers plants élec-
triques, et fourni la lumière aux contri-
buables et à la corporation pour l'éclairage
des rues.
A ce Monsieur Bouthillier a succédé la
compagnie dite: The Beauharnois Electric
Light Co.; et enfin, en 1912, une nouvelle
compagnie, la Beauharnois Electric Co.,
Limited, a acquis les droits de la première,
dont l'avocat A.-R.-W. Plimsoll était pro-
priétaire, et depuis cette date elle fournit
l'éclairage à la ville de Beauharnois et aux
municipalités voisines.
En 1915, en même temps qu'il faisait
l'acquisition d'une pompe électrique pour
l'aqueduc municipal, au coût de $1,425, le
conseil de ville*" installait un nouveau
système d'éclairage des rues. On plaça des
lampes tous les 100 pieds, et pour avoir une
lumière constamment forte, on loua de la
Beauharnois Electric Co., 50 forces ou che-
vaux-vapeur, au prix de $35.00 par unité,
avec escompte de 10 pour cent. Ces travaux
coûtèrent $4,635.74. La dépense annuelle
est donc de $1,575 (50 x 35) plus les inté-
rêts de $1,425 (pompe électrique) et $4,-
635.74, c'est-à-dire $303.03, soit en tout
$1,878.03. Auparavant, il n'y avait de
lumières qu'à l'encoignure des rues; actuel-
lement, il y en a 200; cependant, en 1914,
(1) Le conseil de ville, en 1915, se composait comme il Godin, Lionel Gougeon. Le comité spécial chargé de voir à
suit: Maire, M. Henri Bourgie; échevins, MM. Alf. Limoges, ces travaux comprenait le maire, les échevins Roy et Limoges,
J.-L.-E. Guimond, J.-Bte Roy, Cyprien Martin, F.-X. et le secrétaire-trésorier de la ville.
Beauharnois municipal
153
les dépenses pour l'aqueduc et l'éclairage
des rues étaient de $3,405.78; c'est donc
une économie annuelle de $1,527.75 que
cette initiative du conseil de 1915, secondé
par les bons services de l'ingénieur Cam,
a procurée à la ville de Beauharnois. Grâce
à ces améliorations, Beauharnois a l'un
des meilleurs systèmes d'éclairage de la
province.
Un autre élément de prospérité pour une
extrémité sud-ouest, et la rue de l'Eglise,
de la rue Saint-Laurent jusqu'aux limites
sud-est de la ville; ces importants travaux
coûteront approximativement $33,000, et
sont confiés à M. Marins Dufresne, entre-
preneur général.
En même temps, le pont dit de la rivière
Saint-Louis, sur la rue Saint-Laurent, est
refait complètement; un nouveau pont en
CONSEIL DE VILLE DE MAPLE GROVE
MM. (1) AuguslP WLert, maire,— (2) Wilfrid Wbert.— (3) Frs Hébert.— (4) Adolphe Primeau.— (5) H. Hébert.— (6) P. Brazeau.
ville est le bon état de ses chemins publics.
Beauharnois l'a compris et a entrepris une
série de travaux considérables de voirie;
il y a plusieurs années, les principales rues
de la ville avaient été macadamisées; le
travail vient d'être repris; en 1920, la cor-
poration fait macadamiser la rue Saint-
Laurent, de son extrémité nord-est à son
béton s'érige actuellement sous la direction
de M. David Manny, LC; les travaux, qui
coûteront environ $29,000.00, sont confiés
à M. Joseph Nicoletti, entrepreneur de
Joliette.
Ces différents travaux devront contribuer
à rendre à la ville de Beauharnois sa pros-
périté d'autrefois.
154
Histoire civile de Beauharnois
IV.— LA VILLE DE MAPLE GROVE
Depuis le 1er juin 1918, de la municipalité
Saint-Clément est détaché un territoire ci-
après désigné, et érigé en ville sous le nom
de Maple Grove. Il appert, en effet, d'a-
près les Statuts provinciaux de 1918, "que
la très grande majorité, en nombre et en
valeur, des contribuables et propriétaires
de ce territoire", a demandé de former une
corporation de ville; le parlement a jugé
à propos de faire droit à cette requête et a, le
9 février, par un statut entré en force le 1er
juin, érigé en ville le territoire suivant
faisant jusqu'alors partie de la municipalité
de Saint-Clément de Beauharnois, et com-
posé des terrains suivants:
"1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, et les subdivisions
1 à 35 inclusivement, et 70 à 155 inclusive-
ment du dit lot n° 8, et les nos 9, 10, 11, 12,
13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23,
24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35,
36, 37, 38, 39, 40, 41, 42, 43, 44, 45, 46, 47,
et les subdivisions 1 à 8 inclusivement du dit
lot n° 47, et les nos 48 et 49, et la partie du
lot n° 50, bornée au front par le chemin
public et partie par les nos 50-1, 50-2,
50-3, subdivisés, au nord-est par le n° 45
et par partie du n° 62, au sud-est, en arrière
partie par le n° 62, et partie par le résidu du
dit lot n° 50, et du côté sud-ouest, partie par
la ligne limitative entre la paroisse de Saint-
Clément et la ville de Beauharnois, et
partie par le résidu du dit lot n° 50; et les
subdivisions 1, 2, 3, du lot n° 50; la partie
du lot n° 559 étant la voie ferrée de la com-
pagnie de chemin de fer St. Lawrence & .
Adirondack Railway Co., à partir du lot n°
(1) Statuts de Québec, 8 Georges V, 1918, p. 307.
51 jusqu'à la ligne limitative entre la pa-
roisse de Saint-Clément et la ville de Léry,
la lisière de terrain appartenant à The Can-
adian Light & Power Co., et longeant la voie
ferrée, à partir du dit n° 51 jusqu'au comté
de Chateauguay, et aussi le n° 65; le tout
étant les nos officiels du cadastre de la partie
de la paroisse de Saint-Clément, dans le
comté de Beauharnois, située entre la ville
de Beauharnois, et la ligne limitative entre
la paroisse de Saint-Clément et la paroisse
de Saint-Joachim de Chateauguay, actuelle-
ment ville de Léry, et désignée aux plan et
livre de renvoi officiels de la dite paroisse de
Saint-Clément de Beauharnois."
La nouvelle ville est soumise aux dispo-
sitions de la loi des cités et villes; le con-
seil municipal se compose d'un maire et de
six échevins élus pour deux ans; la ville
n'a qu'un quartier.
Le conseil de ville est actuellement (1919)
composé de MM. Auguste Hébert, maire;
Henri Hébert, Wilfrid Hébert, Francis
Hébert, Adolphe Primeau, Prime Brazeau,
Alphonse Reid, échevins. Monsieur Jos.-
Eugène Leduc a été secrétaire-trésorier
jusqu'à février 1920; depuis cette date,
cette fonction est remplie par M. J. Fau-
bert.
Au cours de l'été de 1919, la ville de
Maple Grove a commencé, sous la direction
de M. A. Picard, entrepreneur général,
d'importants travaux de bons chemins qui
doivent procurer une belle route macada-
misée de Chateauguay à Beauharnois; ces
travaux devront coûter environ 136,000.00.
Beaitharnois'"municipal
155
V.— LE VILLAGE DU
Enfin, en 1919, la paroisse Saint-Clément
subit un dernier démembrement. La ma-
jorité des propriétaires de Melocheville s'a-
dresse au gouvernement provincial et de-
mande à ce qu'un territoire déterminé soit
détaché de la paroisse Saint-Clément et
érigé en municipalité de village. Le 8 oc-
tobre, le gouvernement fait droit à cette
requête, et, par proclamation du lieutenant-
gouverneur en conseil, érige "La Munici-
LAC SAINT-LOUIS
Vers l'est, la ville de Beauharnois et la.
rivière Saint-Louis;
Vers le sud, la quatrième concession de
Marystown, et le numéro 545 dans la
sixième concession;
Vers l'ouest, la paroisse de Saint-Timo-
thée et le numéro 499 dans la quatrième
concession.
Ce territoire comprend les lots numéros
265 à 476 inclus; du cadastre officiel de la
MM. (1) Euclide Montpetit,
(5)
CONSEIL DU VILLAGE DU LAC SAINT-LOUIS
maire. — (2) Narcisse-Alphonse Gendron. — (3) John Sullivan.-
Adolphe Pilon. — (6) Arthur Leduc. — (7) Albini Leduc.
-(4) Alfred Hainault.—
palité du village du Lac Saint-Louis."^^'' Ce
nouveau village comprend le territoire sui-
vant: "dans les première, deuxième,
troisième et sixième concessions de Marys-
town de la Seigneurie de Beauharnois,
borné comme il suit:
"Vers le nord, le lac Saint-Louis et la
ville de Beauharnois;
(1) GateUe officielle de Québec, 18 oot. 1919, p. 2442.
paroisse de Saint-Clément, ainsi que les
lots numéros 546, 547, 548 et 558, ce der-
nier étant le droit de voie du chemin de fer
St-Lawrence & Adirondack.
Le conseil du nouveau village se compose
comme suit: Maire, M. Euclide Montpetit;
conseillers, MM. Albini Leduc, Arthur
Leduc, Narcisse Alphonse Gendron, Alfred
Hainault, John Sullivan, Adolphe Pilon.
Beauharnois politique
157
CHAPITRE DEUXIÈME
Beauharnois politique"'
(1792-1830)
E Canada, en 1791, a été di-
visé en deux provinces, celles
du Haut et du Bas Canada;
le Bas-Canada, comme le
Haut, obtint à cette date une
Chambre d'Assemblée. Le 7
mai 1792, une proclamation de Sir Alured
Clark divisa le Bas- Canada en comtés,
"lie onzième de ces comtés — qui sera nommé
Huntingdon — comprendra le reste de la pro-
vince du Bas-Canada sur la côte sud de la
rivière Saint-Laurent et dans la rivière
Sorel, autrement appelée le Richelieu ou
Chambly, les plus voisines du dit comté."
C'est de ce comté de Huntingdon que dé-
pendait Beauharnois jusqu'en 1829.
Le comté avait deux députés qui furent
successivement :
Hippolyte Saint-Georges Dupré, du 10
juillet 1792 au 31 mai 1796.
Guillaume de Lorimier, du 10 juillet 1792
au 31 mai 1796.
Joseph Perinault, du 20 juillet 1796 au
4 juin 1800.
Joseph-François Perrault, du 20 juillet
1796 au 13 juin 1804.
Jean-Bte Raymond, du 28 juillet 1800 au
27 avril 1808.
(1) Notes extraites en grande partie du Guide Parlemen-
taire hist. de la Province de Québec, par Jos.-Desjardins.
Sir A. McKenzie, du 6 août 1804 au 27
avril 1808.
Louis de Salaberry, du 18 juin 1808 au 2
octobre 1809.
Jean-Antoine Panet, du 18 juin 1808 au
22 mars 1814.
Stephen Sewell, du 29 novembre 1809 au
1er mars 1810.
Edme Henry, du 21 avril 1810 au 22
mars 1814.
Augustin Cuillier, du 13 mai 1814 au 22
septembre 1830.
Michel O'Sullivan, du 13 mai 1814 au 6
août 1824.
Jean-Moïse Raymond, du 28 août 1824
au 2 octobre 1830.
(1830-1841)
Le 5 octobre 1829 était faite une nouvelle
division du Bas-Canada et l'un des nou-
veaux comtés était celui de Beauharnois:
"Le comté de Beauharnois sera borné au
nord-est par le comté de Laprairie, au nord-
ouest par le fleuve Saint-Laurent, et au
sud-ouest et au sud par les limites méridio-
nales de la Province, ensemble avec la
Grande Ile et toutes les îles les plus proches
du dit comté et étant en tout ou en partie
vis-à-vis d'icelui; lequel comté ainsi borné
comprend la Seigneurie de Beauharnois et
les townships de Hemmingford, d'Hinchin-
168
HlSTOIKE CIVILE DE BeAUHARNOIS
brooke et Godmanchester, et l'étendue des
terres des sauvages à l'ouest d'iceux, s'é-
tendant jsuqu'au village sauvage de Saint-
Régis, inclusivement, sur les limites méridio-
nales de la province." {Statuts de 1829,
p. 483.)
On le voit, c'était le comté actuel de
Beauharnois, plus le territoire des comtés
actuels de Huntingdon et de Chateauguay;
ces limites territoriales subsisteront jus-
qu'en 1853.
Le comté de Beauharnois eut deux dé-
putés qui furent, du 26 octobre 1830 au 22
mars 1838, Charles ArchamhauU^^ et Jacob
de Witt:
Ce fut ensuite le Conseil spécial de Col-
borne, puis l'Union.
(1841-1854)
L'Acte d'Union ne donna qu'un député
aux comtés pour l'Assemblée de la Province
du Canada; le territoire du comté de Beau-
harnois ne fut pas modifié dans ses limites.
Beauharnois eut, pendant la période 1841-
1854, les cinq députés suivants:
John William Dunscomb, du 8 avril 1841
au 15 juillet 1842.
Edward G. Wakefield, du 9 novembre
1842 au 23 septembre 1844.
Eden Calville, du 12 novembre 1844 au
6 décembre 1847.
Jacob de Witt, du 24 janvier 1848 au 6
décembre 1851.
Ovide LeBlanc,^^^ du 12 décembre 1851 au
23 juin 1854.
(1) Charles Archambault fut un personnage local consi-
dérable; il fut arpenteur pour la seigneurie EUice, commissaire
et inspecteur d'écoles, et député.
(2) Ovide LeBlanc était notaire; il exerça sa profession à
Beauharnois pendant plusieurs années; il y fut constamment
le rival et l'adversaire du notaire Ls Sarault, de légendaire
mémoire. Il mourut à Portage-du-Fort, Québec.
(3) Saint-Stanislas, Saint-Êtienne et Valleyfield n'existaient
pas encore comme paroisses distinctes.
(1854-1867)
En 1853, le comté de Beauharnois fut
divisé; on lui donna pour limites: au nord-
est et au sud-est le comté de Chateauguay;
au nord-ouest le fleuve Saint-Laurent; au
sud-ouest les limites sud-ouest de la seigneu-
rie de Beauharnois. Le comté comprenait
toutes les îles nearest to and wholly or in
part opposite to said county; il se composait
des paroisses de Saint-Clément, Saint-Ix)uis-
de-Gonzague et Saint-Timothée.*''
Nos députés furent, à cette période,
Charles D'Aoust,^'^ du 2 août 1854 au 28
novembre 1857; Gédéon Ouimet,^^^ du 5
janvier 1858 au 10 juin 1861, et Paul Denis,^^^
du 8 juillet 1861 au 1er juillet 1867.
(1867-1920)
Depuis la Confédération, les limites ter-
ritoriales du comté de Beauharnois n'ont subi
aucune modification; ce comté comprend
actuellement les paroisses de Valleyfield et
Bellerive, Beauharnois, Saint - Timothée,
Saint-Êtienne, Saint-Louis-de-Gonzague et
Saint-Stanislas . Notre comté, comme les
autres, a eu, depuis 1867, deux séries de
députés; les uns siégeant au Parlement
fédéral, à Ottawa; les autres au Parlement
provincial, à Québec. En voici la liste:
Députés au Parlement fédéral
Michael Cayley,^^^ du 7 septembre 1867
au 8 juillet 1872.
Ulysse-J. Robillard,^'^ du 17 août 1872 au
17 août 1878.
(4) Enfant de Beauharnois, journaliste et avocat de renom
de Montréal.
(5) Plus tard premier ministre de la province de Québec
et surintendant de l'Instruction publique.
(6) Avocat de Beauharnois.
(7) Michsel Cayley était un immigré irlandais qu'adopta
et protégea M. le curé Charland; grâce à cette bienveillante
protection, il fit un cours classique, devint avocat et député.
Il a laissé une enviable réputation d'orateur populaire. Il
mourut à 33 ans, en 1878.
(8) Marchand de Beauharnois, décédé à Montréal en 1900.
BeauhaRnois politique
159
BEAUHARNOIS POLITIQUE
(1) Sir G.-E. Cartier.— (2) Sir L. (iouin.— (3) L'Hon. L. Renaud.— (4) L'Hon. A. Racine.— (5) L'Hon. D. Rolland.— (0)
L'Hon. F.-X.-A. Trudel.— (7) L'Hon. F.-L. Béique.— (8) L'Hon. Ci. Ouimet.— (9) J.-d.-H. Bergeron.— (10) M.-A. Bergevin,
M.P.P.— (11) U.-J. Robillard.— (12) M.-A. Plante, C.R.— (13) M. Plant*.— (14) M.-L.-J. Papineau, M.P.— (16) M.Cayley.
—(16) P. Denis.— (17) C. Bergevin.— (18) C. D'Aoust.— (19) K.-H. Bisson.— (20) M. E.-A. Robert.
Beauhaenois politique
161
Michael Cayley, du 17 septembre 1878 au
3 décembre 1878, date de sa mort.
J.-G.-H. Bergeron,'-^^ du 9 janvier 1879 au
9 octobre 1900.
George M. Loy,^^^ du 7 novembre 1900 à
1902, et du 26 mars 1902 à 1904.
J.-G.-H. Berger on, du 3 novembre 1904
au 17 septembre 1908.
L.-J. Papineau,'^^ du 26 octobre 1908 au
29 juillet 1911; du 21 septembre 1911 à
décembre 1917; et depuis le 17 décembre
1917.
Sénateurs
Beauharnois fait aussi partie d'une divi-
sion sénatoriale (Salaberry); voici la liste
de ses sénateurs, depuis 1867:
L'Honorable Louis Renaud, du 22 mai
1867 au 30 octobre 1873.
L'Honorable F.-X.-A. Trudel, du 31 oc-
tobre 1873 au 17 janvier 1890.
L'Honorable Joseph Tassé, du 9 février
1891 au 17 janvier 1895.
L'Honorable, J.-O. Villeneuve, du 2 jan-
vier 1896 au 27 juin 1901.
L'Honorable F.-L. Béique, du 8 février
1902.
(1) Joseph-Gédéon-Horace Bergeron est mort à Montréal
en 1917; à sa mort, il était Maître des Postes dans la métro-
pole. Il fut député du comté de Beauharnois pendant 26 ans.
Il fut défait en 1911 à l'heure où, probablement, son parti
l'eût récompensé de ses longs services en lui confiant un
portefeuille de ministre. 11 fut, aux Communes, vice-président
de la Chambre. C'était un debater remarqué, et sur les
huslings, un tribun redoutable. Pendant de nombreuses
années, il demeura à Beauharnois.
(2) Industriel de Valleyfield.
(3) Fils de M. Narcisse Papineau, riche négociant de Saint-
Timothée. Il est, aux Communes, whip de la députation
ministérielle de Québec.
(4) Célestin Bergevin est mort en juillet 1910.
Députés à l'Assemblée Législative de Québec
Célestin Bergevin,^*'' du 3 septembre 1867
au 27 mai 1871.
Sir G.-E. Cartier, ^'^ du 4 juiUet 1871 au 20
mai 1873.
E.-H. Bisson,^'^ du 14 juillet 1873 au 22
mars 1878.
C. Bergevin, du 1er mai 1878 au 9 sep-
tembre 1886.
E.-H. Bisson, du 14 octobre 1886 au 22
décembre 1891.
Moïse Plante,^''^ du 8 au 18 mars 1892
date de sa mort.
E.-H. Bisson, du 7 juin 1892 au 30 juin
1898.
A. Plante,^^^ du 19 décembre 1898 au 14
novembre 1900.
Ach. Bergevin, '^^^ du 7 décembre 1900 à
1908.
A. Plante, de 1908 à 1912.
E.-A. Robert,^'"^ de 1912 à 1919.
Ach. Bergevin, depuis septembre 1919.
(5) Sir G.-É. Cartier était député de Beauharnois, à sa
mort, en 1873. Dans le livre de prône du curé Charland, nous
voyons que le jour de l'Ascension le curé annonce la mort, en
Angleterre, de sir George; le dimanche de la Trinité, il invite
les paroissiens à assister aux funérailles; le jour de la Fête-
Dieu l'on chante les Vêpres après la messe pour permettre
aux paroissiens qui désirent assister aux funérailles de Sir
George de partir dans l'après-midi.
(6) Élie-Hercule Bisson, né à Saint^Rémi en 1838, est
décédé à Beauharnois en 1907. Il fut protonotaire du district
et maire de la ville de Beauharnois.
(7) Père de M. Arthur Plante, C.R., de Valleyfield.
(8) Avocat bien connu de Valleyfield.
(9) Agent de change de Montréal; a sa résidence d'été à
Beauharnois.
(10) Président de la Montréal St. Ry. Co.; M. Robert est
enfant de Beauharnois, fils de feu B. Robert, propriétaire du
vieux moulin. Il a acheté, en 1894, des Soeurs des SS. NN. de
Jésus et de Marie, l'ancien manoir seigneurial.
162
Histoire civile de Beauhaenois
I
Conseillers Législatifs
Beauharnois fait partie de la division
Salaberry pour le Conseil Législatif de
Québec. Les conseillers dont les noms
suivent ont représenté cette division au
Conseil.
L'Honorable Louis Renaud, du 27 oc-
tobre 1856 au 1er juillet 1867.
L'Honorable Henry Starnes, du 2 février
1867 au 3 mars 1896.
L'Honorable J.-D. Rolland, du 16 no-
vembre 1896 à 1913.
L'Honorable Ach. Bergevin, pendant les
années 1913-1914.
L'Honorable Alph. Racine, depuis 1914
à 1918.
Sir Lomer Gouin, depuis 1920.
* *
*
Beauharnois a eu une histoire politique
intéressante; des hommes éminents ont été
ses représentants dans les Conseils de
l'Etat. Au point de vue des partis, Beau-
harnois a été alternativement libéral et con-
servateur. Depuis quelques années, l'on
peut discerner un mouvement d'indépen-
dance des partis, mouvement louable et qui
ne peut que contribuer à l'assainissement de
l'esprit public.
Beauharnois judiciaire
163
CHAPITRE TROISIÈME
Beauharnois judiciaire
I jywp^^l 'ORGANISATION judiciaire
u^Km^)^^^ complète, à Beauharnois,
date de 1857. Le statut 20
Victoria, ch. 44, a créé une
nouvelle division de districts
judiciaires parmi lesquels est
celui de Beauharnois.
Avant 1857, le Bas-Canada était par-
tagé, pour toutes fins relatives à l'ad-
ministration de la justice, en les districts
d'Ottawa, Montréal, Trois-Rivières, Qué-
bec, Gaspé, Kamouraska, Saint-François;
Beauharnois faisait partie du district ju-
diciaire de Montréal.
Jusque là, U n'y eut à Beauharnois que
des "juges de paix." En 1826, Lawrence G.
Brown est juge de paix; en 1829, Charles
Manuel; en 1830, Charles Manuel et Lau-
rence-G. Brown; en 1831, L.-G. Brown,
Charles Manuel, Jas Perrigo; en 1832,
Jas Perrigo, Chs Manuel, Ovide LeBlanc,
L.-G. Brown, R.-H. Norval; les mêmes
restèrent en fonctions jusqu'en 1840; en
1841, David Normand leur fut adjoint.
En 1839 est établie une Cour des Re-
quêtes (ou cour de circuit) à Chateauguay.
En 1839, les Anglais protestants de la
seigneurie de Beauharnois protestent contre
l'établissement à Sainte-Martine, pour le
district de Beauharnois,'^' d'une cour de
circuit qu'ils veulent voir fixée à Hun-
tingdon; de fait, en 1843, cette cour ne
(1) Cette cour de circuit de Beauharnois comprenait le
comté de Beauharnois (avec Huntindgon d'aujourd'hui)
la Seigneurie de Chateauguay et la paroisse de Saint-Rémi.
siège pas à Sainte-Martine, mais à Durham
(Ormstown), à Chateauguay et à Hunting-
don alternativement. En 1845, 1846, 1847
et 1848 elle tient ses sessions à Beauhar-
nois; en 1855, à Sainte-Martine; en 1857
et les années suivantes, à Beauharnois, et
le notaire Louis Beaudry en est le greffier.
En 1857, Beauharnois reçoit une orga-
nisation judiciaire complète. Un district
judiciaire, avec chef -lieu au village de
Beauharnois,'^' est créé, se composant des
comtés de Beauharnois, Huntingdon et
Chateauguay; ce nouveau district porte
le nom de Beauharnois. Les cours qui y
sont établies sont la cour supérieure, la
cour de circuit, la cour du Banc du Roi,
siégeant en juridiction criminelle, et le greffe
de la paix.
Depuis 1858, les juges dont voici les
noms ont siégé à Beauharnois:
L'Hon. Juge Guy, du 14 mai 1858 à 1860.
L'Hon. Juge Polette, du 14 mai 1860 à
1863.
L'Hon. Juge T.-J.-J. Loranger, du 15
mai 1863 à 1864.
L'Hon. Juge Bradgley, du 14 octobre
1864 à 1865.
L'Hon. Juge McCord, du 15 mai 1865
à 1866.
(2) Le chef-lieu du district judiciaire de Beauharnois a et é
transféré de Beauharnois à Valleyfield le 15 septembre 1903.
164
Histoire civile de Beauharnois
L'Hon. Juge Johnson, du 19 mars 1866 à
1872.
L'Hon. Juge Dunkin, du 29 février 1872
à 1873.
L'Hon. Juge Louis Bélanger/" du 24 no-
vembre 1873 à 1902.
L'Hon. Juge H.-C. Saint-Pierre, du 17
juin 1902 à 1909.
L'Hon. Juge W. Mercier,'^' depuis le 17
avril 1909.'^'
Le protonotaire de la cour supérieure est
en même temps greffier de la cour de cir-
cuit, greffier de la couronne et greffier de la
paix. Depuis l'établissement du district
judiciaire de Beauharnois, voici quels ont
été les protonotaires:
Louis Beaudry, de 1858 à 1869.
Pierre-Janvier-Ubald Beaudry, de 1869 à
1884.
Pierre-Casimir Duranceau, de 1884 à
1893.
Moïse Branchaud, de 1894 à 1898.
Elie-H. Bisson, de 1898 à 1907.
Solyme-A. Brodeur, depuis 1907.'*'
Ces protonotaires ont été aidés dans
leur travail par des députés-protonotaires,
entre autres MM. L.-A. Prud'homme**' et
J.-A. Lapointe.*^'
Le palais de justice de BeauharruDis et sa
prison ont été bâtis entre 1858 et 1860.
(1) L'Honorable Juge Louis Bélanger est le premier juge
qui a eu sa résidence dans le district de Beauharnois. Ses
deux successeurs ont eu leur résidence l'un à Valleyfield,
l'autre à Beauharnois. L'Hon. Juge Bélanger a laissé une
belle réputation d'intégrité.
(2) L'Hon. Juge W. Mercier, par son intégrité et son
activité au travail, s'est attiré la considération et le respect
de tous.
(3) D'occasion, d'autres juges ont siégé à Beauharnois !
mais les juges plus haut mentionnés sont les titulaires offi-
ciels. Les juges Chs Ouimet et J. Olivier Joseph furent
magigtrats stipendiaires pour Beauharnois, le premier de 1872
à 1875, le second de 1875 à 1880.
Les shérifs ont été:
Louis Hainault, de 1858 à 1880.
Philémon Laberge, de 1881 à 1910.
Jean-Bte D'Amour, de 1910 à 1918.
Lucien-0. Thisdale, depuis 1918.
Les Gouverneurs du palais de justice et
de la prison ont été:
Jean-Marie Prud'homme, de 1860 à 1886.
Elle Poirier, de 1886 à 1890.
Gilbert Montpetit, de 1890 à 1902.
Alphonse Reid, de 1902 à 1903.
Joseph Deslauriers, de 1903 à 1910.
Louis-J. Hould, depuis 1910.
La première action en Cour Supérieure
et en Cour de Circuit a été prise le 1er mai
1858.
Parmi les causes plaidées au palais de
justice de Beauharnois, une est restée
justement célèbre, celle de Shortis. L'on
se souvient de cette retentissante affaire.
Un jour de printemps de 1895, Peter Shortis
pénétrait dans les bureaux de la Montréal
Cotton Co., à Valleyfield, assassinait deux
hommes, en blessait quelques autres
et s'emparait d'une somme considérable
d'argent. Arrêté, il fut écroué, et son pro-
cès s'instruisit devant le juge M. Mathieu,
à Beauharnois. Ses défenseurs furent
(4) Monsieur le Protonotaire Brodeur a bien voulu nous
donner accès aux archives du Palais de Justice; nous y avons
trouvé, surtout dans les greffes de nos vieux notaires, des
documents de premier ordre pour cette histoire.
(5) M. L.-A. Prud'homme est devenu juge à St-Boniface;
l'Honorable Juge Prud'homme est un légiste de haute valeu r,
historien considéré, patriote ardent, défenseur de nos causes
nationales et religieuses.
(6) M. J.-A. Lapointe, employé au greffe de Valleyfield,
est un enfant de Beauharnois. Depuis une quarantaine
d'années il est assistant-protonotaire; dans ses fonctions, il
acquis une compétence hors pair. Il est le gardien fidèle des
arcnives du district. Nous lui devons, ainsi qu'à son fils,
M. Raymond Lapointe, beaucoup d'utiles renseignements,
Beauharnois judiciaire
165
BEAUHARNOIS JUDICIAIRE
(1) Palais de justice et prison. — (2) L'Hon. Juge Louis B<'-lanRer. — (3) L'Hon. Juge O.-Joseph, magistrat stipendiaire. — (4)
L'Hon. Juge Wilfrid Mercier.— (5) Le Shérif Liuis Hainault.(12) Le Shérif Philémon Laberge. — (6) Le Prononotaire Louis
Beaudry. — (13) Le Prot. Pierre-Janvier-Ubald Beaudry. — (14) Le Prot. Pierre-Ca.sirair Duranceau. — (15) Le Prot. Moïse
Branchaud. — (16) Le Prot. Elie-Hercule Bisson. — (17) Le Prot. Solyme-Augustin Brodeur.— (11) Le Député-Proton. L.-A.
Prud'homme. — (10) Le Député-Prot. J.-A. Lapointe. — (8) Le gouverneur de prison Jean-Marie Prud'homme. — (9) Le gouv. de
prison Gilbert Montpetit. — (7) Le gouv. de prison Jos. Deslauriers.
I
Beauharnois judiciaire
167
Mtres H.-C. Saint-Pierre'" et N. Green-
shields;*^' les avocats de la couronne étaient
Mtres L.-G. Laurendeau, C.R./" et Donald
McMaster/*' Shortis fut condamné à mort,
mais il fut gracié la veille de son exécution
par le gouverneur-général. Le procès, déjà
important par son objet même, eut, par les
plaidoiries merveilleuses des avocats, un
éclat unique.
Beauharnois, depuis octobre 1914, a une
Cour de Recorder présidée par Mtre Tan-
crède Fortin, C.R.
BUREAU D'ENREGISTREMENT
A l'organisation judiciaire se rattache
l'enregistrement des actes -notariés.
C'est en 1831 que le comté de Beauhar-
nois a été doté d'un Bureau d'Enregistre-
BUREAU D'ENREGISTREMENT ET RÉGISTRATEURS
(1) Bureau d'enregistrement.— (2) M. P. Laplante. — (3) M. J. Mayer. — (4) M. A.-V.-L. de Martigny.
Beauharnois est aussi, en même temps
qu'Iberville, un district de "Magistrat de
District"; les trois derniers magistrats ont
été MM. Husmer Lanctôt, Saint-Cyr et
V. Cusson.
(1) Plus tard juge.
(2) Plus tard juge.
(3) M. Laurendeau n'a cessé d'occuper une situation émi-
nente dans le Barreau canadien-français.
(4) M. McMaster est devenu député à la Chambre dès
Communes d'Angleterre.
ment. Ce Bureau a été établi d'abord à
Huntingdon, et John Munro en a été le
premier officier. Le 15 août 1835, il fut
remplacé par D.-K. Lightall.
Le 4 août 1856, le Bureau d'Enregistre-
ment a été fixé à Beauharnois et confié
au notaire V.-A.-L. de Martigny; celui-ci
a été remplacé, en 1876, par le notaire Jos.
Mayer, qui occupa cette fonction jusqu'à
l'époque de sa mort, en 1908.
168
Histoire civile de Beauharnois
Depuis 1908, le notaire Pamphile La-
plante est régistrateur du comté de Beau-
harnois.
AVOCATS DE BEAUHARNOIS
En parlant de Beauharnois judiciaire, l'on
ne peut omettre de mentionner les avocats
de Beauharnois; ils se rangent naturelle-
ment en deux groupes: les avocats qui ont
pratiqué leur profession à Beauharnois, et les
avocats nés à Beauharnois.
Voici les noms de quelques avocats qui
ont eu un bureau légal à Beauharnois:'"
Au recensement de 1851, Beauharnois a
deux avocats, tous deux enfants de Beau-
harnois, Charles D'Aoust et Moïse Bran-
chaud. — Le premier, né en 1825, était fils
de Charles D'Aoust, cultivateur; il fit ses
études classiques au collège de Chambly,
fut reçu avocat en 1847, pratiqua à Beau-
harnois et à Montréal, fut député de Beau-
harnois au Parlement des Canadas-Unis, de
1854 à 1857; il fut directeur du journal
libéral "Le Pays" de 1852 à 1860, et de
1862 à 1865. B est mort à Montréal le 27
février 1868.--M. Moïse Branchaud, C.R.,
était fils de François Branchaud, le cons-
tructeur de nos églises paroissiales; il était
né à Beauharnois en 1827. L'avocat Bran-
chaud joua un rôle important à Beauhar-
nois; il fut, en 1851, commissaire local du
recensement; en 1871, il fut président des
syndics pour les grands travaux de répa-
ration de l'église paroissiale; il fut proto-
notaire de 1894 à 1897.— Avant 1860, les
avocats Leblanc (1860-63) et Cassidy
étaient à Beauharnois.
En 1861, nous trouvons à Beauharnois
(1) Il ne semble pas qu'il y ait eu des avocats à Beauhar-
nois avant 1861. Les recensements de 1831 et 1842 indiquent
des notaires, mais aucun avocat.
les avocats Léon Doutre (1860-1865) J.-
K. Elliott (1860-1899); L.-A. Seers (1861-
1901); W.-W. RoBERTSON (1860-1870);
Pierre-Casimir Duranceau. M. l'avocat
Seers survit à ses compagnons du barreau.
Il a été mêlé, pendant près de cinquante ans,
à la vie publique de Beauharnois; il a été
président de la Commission scolaire, maire
de la ville de Beauharnois, éditeur-rédac-
teur de l'Avenir de Beauharnois; il a pris
part, par la plume et par la parole, à plu-
sieurs campagnes politiques retentissantes.
— M. l'avocat Duranceau, décédé en 1893,
a eu aussi une longue et honorable carrière;
il fut premier président de la Commission
scolaire de la ville de Beauharnois, et, plu-
sieurs fois, maire de la ville. En 1884, il fut
nommé protonotaire.
Un peu plus tard, nous trouvons à
Beauharnois les avocats Trudel, Thomas
Brossoit (1863-1901); Paul Denis, Louis
Paré (1860-1878) ; Michael Cayley (1863-
1878); J.-B. CouiLLARD (1870-1875). L'a-
vocat Thomas Brossoit a eu une carrière
mouvementée. Il fut, pendant une quaran-
taine d'années, à Beauharnois, de toutes les
luttes politiques et municipales; il fut, plu-
sieurs fois, maire de la ville et commis-
saire d'école; il rédigea l'Echo de Beauhar-
nois et le Progrès de Valleyfield; il est
décédé en 1907; il est le dernier qui ait été
inhumé dans l'église paroissiale Saint-Clé-
ment.'^'— L'avocat Paul Denis fut député
de Beauharnois de 1861 à 1867.
Vers le même temps sont à Beauharnois
les avocats Mitchell, McLaren et Ath.
Branchaud.
Quelques années plus tard viennent s'é-
tablir et pratiquer à Beauharnois les avocats
(2) Le fils de Mtre T. Brossoit, Mtre Numa Brossoit,
Cil., aujourd'hui recorder de Valleyfield, a pratiqué à
Beauharnois, pendant quelques années, en société avec son
père.
-■£
W
•^
'■5?
Beatjhaenois judiciaire
169
Henry-Adolphe Goyette, F.-X. Dupuis,
J.-B.-R. Laplante, Edouard Couillard,
Edouard Paradis (1883-1887); F.-X. Thi-
bault (1892); J.-B. DouTRE (1880-1892)
L.-J. Papineau, J.-G. Laurendeau, L.-A.
Prud'homme. M. l'avocat H.-A. Goyette
est venu s'établir à Hull en 1883; en 1908,
il a été nommé magistrat de district pour le
district d'Ottawa; c'est assez dire qu'il est
un membre en vue du barreau provincial.
— M. l'avocat Laplante fut l'associé légal de
M. Goyette, à Beauharnois, en 1881 et
1882. Plus tard, il vint à Valleyfield.
C'est là que le premier ministre, M. Laurier,
vint le chercher pour lui confier le poste
d'assistant-greffier au Parlement fédéral.
Il périt lors de l'incendie de l'Edifice parle-
mentaire en février 1916. Il fut homme de
haute valeur intellectuelle et morale; son
assiduité au travail, son urbanité de ma-
nières, sa compétence professionnelle lui
avaient valu l'estime de la députation.'"
— M. l'avocat L.-J. Papineau, C.R., fils de
feu M. Narcisse Papineau, de Saint-Ti-
mothée, est député du comté au Parlement
fédéral depuis 12 ans. Il est avocat-conseil
recherché. Il est whip du parti libéral au-
près de la députation québécoise. — M.
l'avocat J.-G. Laurendeau, frère de l'ho-
norable ex-juge G. Laurendeau, de Mont-
réal, exerça, pendant une vingtaine d'années,
sa profession à Beauharnois. Il a été
commissaire d'écoles et maire de la ville.
Légiste remarquable, sa réputation pro-
fessionnelle a, depuis longtemps, passé les
limites du district de Beauharnois. — L'Ho-
norable Juge L.-A. Prud'homme a exercé la
profession d'avocat à Beauharnois de jan-
vier 1879 à mai 1880; il avait été précé-
demment, de 1875 à 1877, rédacteur de
l'Avenir de Beauharnois.
Les avocats O.-Joseph, Trudel, Belaige,
Alphonse Primeau ont aussi, à des dates
diverses, pratiqué à Beauharnois.
Après le changement du chef-lieu en
faveur de Valleyfield, les avocats n'eurent
plus de résidence à Beauharnois. Quelques-
uns y ont comme une succursale de leur
bureau de ville, ainsi Mtres Tancrède
Fortin, C.R., et Paul Mercier, mais pas
davantage. — M. l'avocat Fortin a été
l'associé légal de Mtre Internoscia, et a
travaillé à l'œuvre du Code de Droit inter-
national polyglotte édité par ce dernier.
Il est recorder de la ville de Beauharnois.
— M. l'avocat Mercier a été secrétaire du
Jeune Barreau de Montréal.
A cette liste il convient d'ajouter les
noms de quelques avocats qui sont, par
naissance, enfants de Beauharnois.
Nous avons déjà mentionné les avocats
Charles D'Aoust, Moïse et Athanase Bran-
chaud, Thomas et Numa Brossoit, Paul
Denis, Henry-Adolphe Goyette, L.-A.
Prud'homme,*^* Tancrède Fortin, qui ont
exercé leur profession dans leur paroisse
natale.
Sont aussi de Beauharnois les avocats
Joseph DouTRE, A.-N. Montpetit, W.-A.
Baker, W. Poitras, John Sullivan et
G. Goyette.
L'avocat Joseph Doutre naquit à Beau-
harnois en 1825, fit ses études au collège
de Montréal, fut admis au Barreau en 1847,
et mourut en 1886. Il fut, de 1850 à sa mort,
(1) M. Laplante avait presque terminé un important tra- (2) L'Hon. Juge Prud'homme est né à Saint-Urbain de
vail sur la Seigneurie de Beauharnois; son travail a été perdu Chateauguay, mais il vint à Beauharnois à l'âge de six ans,
dans 1 incendie des Edifices parlementaires. et y vécut jusqu'à son départ pour l'Ouest en 1880.
170
Histoire civile de Beauharnois
un personnage considérable; écrivain, jour-
naliste, avocat, il fut mêlé à toutes les luttes
politico-religieuses de son époque. Dans le
retentissant procès Guibord, il combattit
jusqu'au Conseil Privé d'Angleterre contre
Mgr Bourget. Il fut, dit-on, avocat émi-
nent, mais il est à regretter que sa carrière
ait été une longue lutte contre l'autorité
ecclésiastique.
M. l'avocat W.-A. Baker, C.R., est le
fils de feu L.-R. Baker, autrefois homme
d'affaires important de Beauharnois. Il a été,
pendant plusieurs années, l'associé légal de
feu l'Honorable F.-D. Monk. Il est l'au-
teur de plusieurs volumes de poésie.
M. l'avocat Wilfrid Poitras, né à Saint-
Timothée, a passé sa jeunesse à Beauharnois;
son père a été F entrepreneur-charpentier de
l'égUse actuelle de Saint-Clément. Il a
exercé sa profession à Valleyfield et à Cobalt,
Ont. Il est l'auteur d'un volume de poésie.
M. l'avocat John Sullivan est le fils de
feu E.-H. Sullivan, ingénieur-civil. Il a
fait ses études classiques au collège de
Valleyfield; il a été président des Étudiants
en Droit à Laval de Montréal. Il est exa-
minateur du Barreau.
M. l'avocat Omer Goyette a été recorder
de Sainte-Cunégonde.
LES TROUBLES DE 1838
(1) — Le Dr L.-H. Masson. (2) — Toussaint Rochon.
(v. p. 176)
Beauharnois militaire
171
CHAPITRE QUATRIÈME
Beauharnois militaire
E
'HISTOIRE militaire de
Beauharnois n'est pas très
considérable; l'on peut, ce-
pendant, rappeler l'organi-
sation militaire de Beauhar-
nois, et quelques faits d'armes
auxquels prirent part nos concitoyens.
L'organisation militaire"' de Beauhar-
nois date de 1793. Cette année-là, le
statut 34, Georges III, chap. IV, réorga-
nisait les milices canadiennes, et Beau-
harnois constituait une compagnie'^' du
Premier Etat-Major de Boucherville; le capi-
taine de Beauharnois était Antoine Leduc,
qui avait sous ses ordres un lieutenant, un
enseigne, trois sergents et 89 hommes; la
compagnie disposait de 26 fusils. En 1795,
Charles Qourdon devient capitaine et l'est
jusqu'en 1803; en 1803, on lui adjoint
Etienne Hainault; en 1805, les capitaines
sont: Charles Bourdon, Etienne Hainault
et Antoine Vallée; les lieutenants: Adrien
Hébert, Pierre Laberge, Pierre Bergevin;
les enseignes: Frs Hébert et Louis Julien;
en 1808, les capitaines sont: Etienne Hai-
nault et Antoine Vallée; les lieutenants:
(1) Ces notes sont rédigées d'après les originaux des
Rapports de la Milice du Bas-Canada, conservés aux Archives
Fédérales, et d'après les Militia Lists annuels; M. F.-J. Audet,
des archives, a bien voulu nous donner accès à ces collections.
(2) Il s'agit de la réserve de milice, non de l'armée active.
Pierre Bergevin, Pierre Laberge et Adrien
Hébert; les enseignes: Louis JuUen, Frs.
Hébert, Charles D'Aoust.
Le 3 novembre 1812, Beauharnois de-
vient la deuxième division du deuxième
bataillon; le bataillon est sous le comman-
dement général du colonel de Boucherville;
le lieutenant-colonel est le baron C.-W.
Grant, le major Edmond Henry, l'adjudant
Michael O' Sullivan; parmi les capitaines
de la division, quatre sont de Beauharnois;
Etienne Hainault, James Milne, Chs Ar-
chambault, Alexis Sauvageau.
En 1813, la division Beauharnois est di-
visée en deux bataillons dont le premier
s'appelle Beauharnois, et le second Acadie;
le bataillon Beauharnois comprend les com-
pagnies de Saint-Constant de Chateau-
guay et de Beauharnois.
En 1828, il devient le premier bataillon
du comté de Huntingdon, et les officiers sont:
le lieutenant - colonel Grant, les majors
O'SulUvan et Louis Demers, les aide-majors
Michel Neuveu, P. Boursier et John Platt,
les capitaines Alexis Sauvageau, Etienne
Hainault, Charles Archambault, Adrien
Hébert.
En 1832, le comté de Beauharnois a deux
bataillons, dont le deuxième a nom Beau-
harnois, et dont les officiers sont: le lieute-
nant-colonel L.-G. Brown, le major R.
172
Histoire civile de Beauharnois
I^, Norval, le capitaine Joseph Roy, les
lieutenants Ovide LeBlanc et François Dan-
durand, les enseignes Geoffroy Hébert, Louis
Trudel et Jos. Daigneau; Beauharnois a
301 soldats et 25 fusils. En 1835, l'adju-
dant est Marc-Damase Masson, les capi-
taines sont: Geoffroy Hébert, Ovide LeBlanc,
Joseph Roy; les lieutenants: Antoine Mar-
chand, Louis Trudelle, F. Dandurand; les
enseignes: Ignace Pitre, John Ross, Jos.
Daigneau; la compagnie de Beauharnois
a 285 hommes et 62 fusils.
En 1838 se forme un corps de volon-
taires, les "Beauharnois Loyal Volunteers" ,
dont voici la composition: "One troop of
Cavalry and three companies of Infantry
embodied for gênerai service, and five com-
panies of Infantry for sedentary or local
service." Le corps militaire avait pour but
la répression de la rébellion. Ses officiers
étaient le lieutenant-colonel L.-G. Brown;
le major R.-H. Norval; les capitaines Ro-
bert Orr Wilson, John Tate, James Wright,
Robert Brodie, James Nicol, R. Westhers-
ton, D. Finlayson, John Lever.
En 1845, le comté a sept bataillons. Beau-
harnois est dans le premier avec le lieute-
nant-colonel L.-G. Brown; les majors R.-O.
Wilson, Frs Dandurand; les capitaines
Ant. Marchand, A. McMartin, J.-B. Poirier,
Jos. ChalUer, Alexis Lebœuf; les lieute-
nants Kutusoff Nicholson, Jos. Marchand,
Louis Thibeau, J. Bennett, Louis Trudel,
Grégoire Bergevin, Pierre-Michel Leduc,
J. Brossoit; les enseignes John Caverhill,
Célestin Boyer, Pierre Sarault, Ignace La-
berge, W. Hamilton, Jos. Hébert, Chris-
tophe Dandurand, Gilbert Montpetit.
Le 7 juillet 1855, la milice est réorganisée.
Beauharnois fait partie du district militaire
n° 6; le comté a huit bataillons, et Beau-
harnois est dans le premier bataillon:
Lieutenant-colonel, Louis Hainault; capi-
taines, Antoine Marchand (bas du fleuve),
Joseph Challier (sud de la Rivière Saint-
Louis), Alexis Lebœuf (nord de la rivière),
Pierre-Michel Leduc (haut du fleuve),
Joachim Brossoit (haut du fleuve), Pierre
Sarault (Village), W. Hamilton (Côte Saint-
André); adjudant, J.-G. Longpré; quar-
tier-maître, Toussaint Champeau; chirur-
gien, Dr Moïse Sabourin; chapelain, Rév.
D. Charland.
En 1865, par un ordre-général du 1er
juin, Beauharnois devient le Régiment de
Beauharnois. Le 1er bataillon comprend
la ville de Beauharnois et la paroisse de
Saint-Clément; il a pour officiers: lieute-
nant-colonel, Louis Hainault; majors, J.-G.
Longpré et T.Rochon; capitaines, Antoine
^Marchand, Joseph Challier, Alexis Lebœuf,
Pierre-Michel Leduc, Joachim Brossoit,
Pierre Sarault, Louis Trudelle, Toussaint
Dandurand.
En janvier 1869, la Division de Beauhar-
nois a à sa tête le lieutenant-colonel F.-X.
Rapin, le major Célestin Bergevin; la com-
pagnie de Beauharnois (n° 5) est com-
mandée par le capitaine Joseph Meloche, le
lieutenant André Leduc et l'enseigne Jos.
Prégent. La même année, le 4 juin, Beau-
harnois, dans la réorganisation de la milice,
passe au 64ème bataillon, apf)elé "Les
Voltigeurs Canadiens de Beauharnois" ; le
bataillon a pour devise Toujours prêt; il
compte six compagnies sous le commande-
ment du Ueutenant-colonel Charles-Séra-
phin Rodier; le paie-maître est Pierre Gi-
roux; le quartier-maître, Cyrille Guimond;
le chirurgien, Dr P.-B. de Boucherville.
La compagnie n° 2 a comme capitaine L.-
A. Seers, comme lieutenant Louis Morin,
comme enseigne F.-C. Basinet. La com-
pagnie n° 3 a comme capitaine Louis
Beauharnois militaire
173
Bisaillon, comme lieutenant Narcisse Le-
claire, comme enseigne Joseph Deslauriers.
La compagnie n° 4 a comme capitaine James
de Lorimier, comme 1er lieutenant Phil.
Giroux, comme 2ième lieutenant Léandre
Vachon.
En 1873, le major est J.-M. Prud'homme,
l'adjudant paie-maître Joseph Deslauriers,
le quartier-maître Ferdinand Leduc. Capi-
taines: n° 1, L.-R. Baker; n° 2, F.-C.
Basinet; n° 3, Louis Bisaillon; n° 4, James
de Lorimier; n° 5, Saiil Martin; n° 6,
Eustache Langevin. En 1877, le capitaine
L.-A. Prud'homme commande la 4ème
compagnie. En 1881, le lieutenant-colonel
est Jean-Marie Prud'homme; les majors
sont Lucius Poitras et L.-R. Baker; les ca-
pitaines et lieutenants: Compagnie n° 1,
cap., Jos. Deslauriers; lient., André Leduc;
2ième lient., Octave Daoust; compagnie
n° 2, cap., F.-C. Basinet; Ueut., Jos. Fau-
bert; 2ième lient., J.-B. Bonhomme; com-
pagnie n° 3, cap. J.-B., Cadieux; compagnie
n° 4, 2ième lient., J.-M. Phil. Prud'homme.
En 1885, le quartier-maître est J.-A. La-
pointe. En 1887, le lieutenant-colonel est
Lucius Poitras et le major L.-R. Baker. En
1887, la première compagnie a comme
capitaine André Leduc. En 1889, L.-R.
Baker est lieutenant-colonel, le quartier-
maître est Delphis Goyette, le paie-maître
J.-A. Lapointe. En 1890, le Dr Huot est
assistant-médecin du bataillon. En 1896,
Jos. Deslauriers est Ueutenant-colonel. En
1897, le bataillon a cinq compagnies, dont
deux (nos 1-2) à Beauharnois. En 1899,
André Leduc est paie-maître.
En 1909, le 64ième bataillon a comme
nom officiel "Le régiment de Chateauguay
et Beauharnois", et fait partie du district
militaire n° 5; le capitaine de la compagnie
de Beauharnois est G.-H, Gadbois.
En 1911, le bataillon est réorganisé; il
continue à être le 64ème bataillon, et à
s'appeler le régiment de Chateauguay et
Beauharnois; il fait partie du quatrième
district militaire; il a ses quartiers-géné-
raux à Beauharnois; il a huit compagnies
dont la troisième est celle dite Beauharnois;
le commandant est le lieutenant-colonel
A.-M. Labelle; le capitaine de la compagnie
de Beauharnois est G.-H. Gadbois. En
1913, le capitaine est 0. Thérien. Le 31
octobre 1919, les compagnies A et B sont
de Valleyfield, la compagnie C est de Beau-
harnois, la compagnie D de Sainte-Martine,
la compagnie E de Sainte-Philomène, la
compagnie F de Laprairie, la compagnie G
de Saint-Rémi, la compagnie H de Saint-
Jean. Le capitaine de la compagnie C est
G.-H. Gadbois, et les lieutenants J. Cadieux,
T. Lawson, C. Brown, A.-J. Bourassa.
A côté de ce régiment se forma aussi, vers
1863, une compagnie indépendante appelée
la Compagnie d'infanterie de Beauharnois;
son capitaine était Michel Martin. En
1869, le capitaine était P.-J.-Ubald Beau-
dry, le lieutenant James Smith, l'enseigne
J.-W. Kilgour.
Telle a été l'organisation extérieure de la
milice de réserve de Beauharnois; le batail-
lon a tenu, presque annuellement, des
exercices, tantôt à Laprairie, tantôt à Beau-
harnois, tantôt à Valleyfield, tantôt aux
Trois-Rivières et ailleurs.
En parlant de Beauharnois militaire, il
serait injuste de ne pas mentionner quelques
faits auxquels prirent part nos conci-
toyens.
174
Histoire civile de Beauharnois
LA GUERRE DE 1812-1813»>
Le 28 mai 1812, quelques jours avant la
déclaration de la guerre contre les Etats-
Unis, quatre bataillons de milice canadienne
furent levés: les Voltigeurs s'organisèrent
en quarante-huit heures sous le commande-
ment du major de Salaberry; "au mois
de septembre 1812, on tira de la milice du
district de Montréal un bataillon appelé les
Chasseurs Canadiens, pris dans les comtés
de Beauharnois et Chateauguay."'^' A la
bataille de Chateauguay, le 26 octobre 1813,
les Chasseurs Canadiens sont dans le sixième
bataillon, et forment cinq compagnies. A
côté de ce corps de Chasseurs est la division
Beauharnois, qui comptait quatre capi-
taines de Beauharnois: Etienne Eneau,'^'
Alexis Sauvageau, Charles Archambault,
James Milne. Le lieutenant Michel 0' Sul-
livan, de cette division Beauharnois, sert
comme aide-major-général de Salaberry.
Les gens de Beauharnois furent à l'hon-
neur en cette glorieuse journée: le capi-
taine Ëneau, de Beauharnois même, et le
capitaine Levesque, dit M. Suite, suppor-
tèrent sur la gauche les mouvements de
Daly, Bruyère et Schiller, au plus fort de la
bataille de Chateauguay}*^
Et du capitaine Joseph-Marie Longtin,
de Saint-Constant, mais capitaine dans la
milice de Beauharnois, Monsieur Suite a
écrit, d'après les documents, ces paroles qui
se passent de commentaire: "Le capitaine
Joseph-Marie Longtin, de la Milice de Beau-
harnois, était à la gauche de Louis Juche-
reau Duchesnay à Chateauguay. Au mo-
ment de Faction, il commanda "genoux en
terre" et récita une prière, puis se relevant,
il dit: "Nous avons rendu nos devoirs à
Dieu, maintenant servons le roi!" et le feu
qu'il dirigea mit fin à la bataille."**' Ce
serait donc, en définitive, à un paroissien de
Saint-Constant, milicien de Beauharnois,
que serait due, sous le commandement de
Salaberry, la victoire de Chateauguay.
De ces deux capitaines de Beauharnois, le
commandant en second à Chateauguay —
O'SuUivan — a écrit dans son récit de la
bataille: "Les capitaines Longtin et Hu-
neau, de la miUce de Beauharnois, se sont
fait remarquer par leur bonne conduite."
(Suite: "La Bataille de Chateauguay", p.
79).
La bataille de Chateauguay est le point
culminant de la guerre 1812-1813; toute-
fois, à Beauharnois même, il y eut quelques
mouvements de troupes; pendant quelque
temps, Beauharnois- fut même considéré
comme un point stratégique important que
les autorités militaires semblent avoir été
préoccupées de fortifier. Le 2 octobre, le
lieutenant-colonel Turgeon reçoit l'ordre de
dépêcher un officier et vingt hommes "pour
faire le devoir au moulin de Beauharnois
sous la direction du capitaine Milne."
Le 8 octobre 1813, on s'attend au passage
de l'ennemi à Beauharnois, et le colonel
Deschambault, avec ses compagnies de la
rive nord du Saint-Laurent, reçoit l'ordre de
lui résister vigoureusement; le 15, Des-
chambault traverse aux Cèdres; le 10 no-
vembre, le colonel Scott, commandant au
fort de Côteau-du-Lac, écrit à Sir Georges
(1) D'après l'Histoire de la Milice Canadienne-française,
de M. B. Suite (1897), p. 25, La Bataille de Chateauguay,
du même auteur, les Officiers of the British Forces in Canada,
de L.-H. Irving (1908), et des documents des Archives
Fédérales.
(2) Suite, Histmre, p. 28.
(3) Le même que Étiemie Hainault.
(4) Suite, Histoire de la Milice, p. 50.-
(5) Id. ibid.
Beauhaknois militaire
175
Prévost qu'il a un plan pour bloquer le
canal Beauharnois;''' le lendemain, le tra-
vail d'obstruction est presque achevé; le
14 novembre, le lieutenant-général Drum-
mond écrit que l'on continue à fortifier
Beauharnois; le 15, des troupes occupent
des positions fortifiées à Beauharnois; en
janvier 1814, Beauharnois est encore gardé
militairement: le lieutenant Perrigo y sé-
journe avec 136 hommes; le 15 février, la
garnison est réduite à 52 hommes. Et ainsi,
jusqu'en juin, Beauharnois est poste mi-
Utaire.
Plusieurs années après la guerre de 1812,
les ex-soldats de Beauharnois faisaient des
réclamations au gouvernement pour des
pensions et en 1877, J.-Bte Charlebois,
Louis Hébert, Paul Leboeuf , Antoine Tondu
(dit Saint-Onge), Guillaume Laberge, re-
cevaient une pension pour services rendus
pendant la guerre.
Sur le passage des troupes à Beauharnois,
il y a, aux Archives, un document intéres-
sant. C'est le "retour" du bataillon du
colonel Deschambault, daté du camp de
Beauharnois, le 23 novembre 1813. Le
bataillon avait 10 compagnies: 1ère com-
pagnie tirée de Blainville, de 65 hommes,
commandés par le capitaine Charles Por-
teous; 2ème compagnie tirée de l'Ile Jésus,
de 66 hommes, commandés par le capitaine
Joseph Lacroix; 3ème compagnie tirée de
l'Assomption, de 60 hommes, commandés
par le capitaine Archambault; 4ème com-
pagnie tirée de la Rivière du Chêne, de 65
(1) Ce canal n'est pas le canal actuel de Beauharnois; ce
terme Beauhamoia Channel peut désigner soit le chenal à la
tête des Cascades, soit le petit canal ouvert en 1806, à la
tête de la rivière Saint-Louis.
hommes, commandés par le capitaine
Hyacinthe Saint-Germain; 5ème com-
pagnie tirée de Lavaltrie, de 62 hommes,
commandés par le capitaine Barthélémy
Juliette; 6ème compagnie tirée de Berthier,
de 59 hommes, commandés par le capitaine
Maxime Olivier; 7ème compagnie tirée de
Longue-Pointe, de 57 hommes, commandés
par le capitaine John Sanford; 8ème com-
pagnie tirée de Pointe-Claire, de 48 hommes,
commandés par le capitaine Joseph Mail-
loux; 9ème compagnie tirée d'Argenteuil,
de 58 hommes, commandés par le capitaine
James Brown; lOème compagnie tirée de
Terrebonne, de 60 hommes, commandés par
le capitaine Joseph Turgeon.
LES TROUBLES DE NOVEMBRE 1838
C'est durant la semaine du 4 au 11 no-
vembre qu'eurent Heu, à Beauharnois, les
"troubles" de 1838. Il est assez diflacile de
reconstituer avec certitude toute la trame
de cet épisode; voici du moins, d'après les
pièces officielles'^' du procès des patriotes,
en février 1839, ce qui semble vraisem-
blable.
Les Canadiens de Beauharnois ne s'é-
taient pas joints à l'insurrection de 1837;
après l'échec de ce premier soulèvement, il
se forma, dans les districts de Chateauguay
et de Beauharnois, une association secrète
dite des Chasseurs pour organiser une nou-
velle rébellion, avec le secours des Améri-
cains. Un plan fut imaginé d'après lequel
Nelson et le général Martin seraient entrés
des Etats-Unis au Canada par l'Acadie et
auraient attaqué Saint-Jean, P.Q. Mailhot
aurait ralUé Saint-Charles et Saint-Denis
et attaqué Sorel. Beauharnois devait être
attaqué par les gens de Sainte-Martine,
Chateauguay et Beauharnois.
(2) Officiai Reporta of Ihe Staie Trials, 1839.
176
Histoire civile de Beauharnois
De fait, le 3 novembre 1838, il y eut
"trouble" à Chateauguay et à Beauharnois;
à Chateauguay, l'on songea d'abord à re-
joindre les patriotes de Sainte-Martine et,
avec eux, à assaillir Beauharnois; ce plan
fut abandonné et se changea en expédition
contre le bourg de Caughnawaga.
Pendant ce temps, un groupe part de
Sainte-Martine et s'avance vers Beau-
harnois. A sa tête sont le docteur Brien,
le marchand Perrigo, les frères Louis et
Joseph Dumouchelle, cultivateurs; à Beau-
harnois, ils trouvent un groupe de patriotes
réunis chez l'hôtelier F.-X. Prévost; là
sont, entre autres. Désiré Bourbonnais,
forgeron de Saint-Clément, Michel Longtin,
Charles Roy dit Lapensée, Isidore Trem-
blay, cultivateur, André Papineau dit Mon-
tigny, forgeron, Jacques et Joseph Goyette,
Michel Allary, Louis Hainault, Basile Roy,
Joseph Roy, Joseph Roy dit Lapensée, fils
de Louis, Edouard et PhiUppe Tremblay et
Toussaint Rochon, tous de Saint-Clément;
il y a surtout F.-X. Prieur, de Saint-Timo-
thée, qui semble avoir joué un premier
rôle. Le chevaUer de Lorimier était pré-
sent, mais se mêla peu à l'insurrection."'
Les patriotes commencent par s'emparer
des armes qu'ils trouvent chez David
Normand; ils montent la côte de l'égUse,
se réunissent à un autre groupe qui les y
attend, et, au nombre de 200 environ, re-
descendent au village, s'emparent d'abord
de la maison de l'agept seigneurial L.-G.
Brown, puis du manoir seigneurial'^' lui-
même, où ils font prisonniers Edward Ellice
jr et tout le personnel; il y a bien quelques
essais de résistance de la part des Beauhar-
(1) C'est en retournant de Beauharnois aux Etats-Unis que
de Lorimier fut fait prisonnier.
(2) Le manoir seigneurial était alors à l'endroit occupé
aujourd'hui par la résidence privée de Monsieur le notaire
C Trudeau.
nois Loyal Volunteers qui, prévenus, s'é-
taient préparés à l'assaut, mais devant l'iné-
gahté des combattants, le colonel L.-G.
Brown rend les armes; les patriotes font pri-
sonniers tous les loyalistes du vUlage, s'em-
parent de toutes les munitions et de toutes
les armes. Le Manoir est gardé; Madame
Ellice, les dames de sa suite, et les prison-
niers de distinction sont conduits au pres-
bytère de M. le curé Quintal. Les chefs
des bureaucrates, Ellice, Brown, Norval,
Bryson sont conduits à Chateauguay; d'au-
tres, conduits à Chateauguay, en sont aussi-
tôt ramenés vers Beauharnois.
C'était le dimanche, quatre novembre.
Le même jour, les patriotes s'emparent du
vapeur Henry Brougham. Il avait été dit
que le vapeur avait à son bord des troupes
envoyées pour défendre les loyalistes de
Beauharnois; c'en était assez pour que les
patriotes décidassent de s'en emparer; ces
derniers s'étaient préparés à une bataille
qui ne fut pas nécessaire: le Henry Broug-
ham n'avait à bord que deux officiers de
passage: néanmoins, les patriotes crurent
prudent de constituer prisonniers, passa-
gers et équipage; quelques prisonniers fu-
rent conduits au presbytère, d'autres à
l'hôtel Prévost."' Le vapeur Broitgham fut
coulé à fond au quai même.
La semaine se passa en anxiétés causées
par les rumeurs de mouvements de troupes;
les patriotes firent nombre de marches et
de contremarches à Chateauguay et au
Camp Baker;'*' enfin, les 10 et 11 novembre,
le mouvement de rebelhon fut réprimé.
Les patriotes s'étaient barricadés au
Buisson et avaient aussi un petit camp sur
la colline où sont les édifices paroissiaux.
(3) L'hôtel Prévost devint plus tard l'hôtel Rapin et est
actuellement occupé par le barbier A. Morrisseau.
(4) Le camp Baker était sur la rivière Chateauguay, à six
milles de Beauharnois, par le rang Saint-Georges.
Beauhaenois militaire
177
Colborne fit attaquer Beauhamois de
deux côtés, de l'est et de l'ouest. De La-
chine, le capitaine Campbell traversa à
Caughnawaga, vint à Chateauguay le 10
novembre, délivra les prisonniers que les
patriotes de Beauharnois y avaient conduits
le 4, et ne rencontra aucune opposition.
De Cornwall, le colonel Carmichael s'a-
vança avec plusieurs centaines de soldats
contre Beauharnois; il était au Coteau, le
9; le 10, le Neptune traversait les troupes
un peu en haut de VaUeyfield; vers six heures
du soir, l'armée était à deux milles de
Beauharnois; l'enseigne Cox constatait que
le moulin n'était pas occupé, mais que
les rebelles étaient groupés autour du pres-
bytère, et que le pont de la rivière Saint-
Louis n'avait pas été coupé. A 8 heures,
les troupes traversèrent la rivière Saint-
Louis et occupèrent le moulin; leur pré-
sence fut trahie par l'imprudence d'un
clairon; surpris, les rebelles se réunirent
en toute hâte, firent une décharge qui blessa
trois soldats et tua un nommé Turner, et
s'enfuirent. Les représailles furent terri-
bles; tous les Canadiens-français suspects
furent arrêtés, et le village fut incendié.
Quelques jours plus tard le Brougham, ren-
floué, gagnait Lachine, portant 82 prison-
niers, un drapeau des rebelles et un de
leurs canons de bois.*'*
Ainsi échoua, à Beauharnois comme
ailleurs, la prise d'armes de novembre 1838.
L'affaire, cependant, ne finit pas là. Un
nombre comparativement petit de rebelles
furent pris."' La plupart se sauvèrent à la
faveur des forêts. Ceux qui furent pris
furent traduits en cour martiale.
Trois groupes comparurent: le premier
constitue, dans les dossiers judiciaires, la
cause Brien, le deuxième, la cause Perrigo,
le troisième, la cause Allary.
La cause du Dr Henri Brien s'instruisit
à Montréal, devant une cour martiale pré-
sidée par le major Chtherow; Brien et ses
compagnons furent accusés that, on the 4th
day oj novemher, they did meet, conspire and
agrée unlawfully and traitorously, to svbvert
and destroy and cause to be subverted and
destroyed the législative rule and Government
now duly established and dépose and cause
to be deposed our Lady the Qv^en from the
royal State and government of the Province.
Tous les accusés sans exception nièrent
avoir eu de telles intentions; la plupart
même se défendirent d'avoir pris aucune
part au soulèvement; quelques-uns, qui
avouèrent, prétendirent avoir agi par igno-
rance ou par entraînement, et se recom-
mandèrent à la clémence de la cour.
Le procès dura du 11 au 21 janvier
1839; un grand nombre de témoins furent
entendus; la sentence fut la culpabilité,
et de Lorimier, Brien, Chèvrefils, les Du-
mouchelle, Jacques Goyette, Toussaint Ro-
chon, F.-X. Prieur, J. Wattier (des Cèdres),
Laberge et Touchette furent tous con-
damnés à être pendus; en fait, seul de
Lorimier fut exécuté; le Dr Brien fut Hbéré
à la condition de se tenir au moins à 600
milles de la province; Wattier fut également
libéré sous caution; les autres furent tous
exilés.'^*
(1) Ces détails sont extraits du volume de Sellar, Hislory
of the Caunty of Hunlingdon and of the Seignoriea of Chateau-
guay & Beauhamois (1888).
(2) Quelques-uns, en route vers les États-Unis, assaillirent
le fort de Saint-Amcet.
(3) De retour d'exil, Prieur se fixa à Beauhamois, où il
fut marchand; U fut ensuite nommé surintendant des Péni-
tenciers de la Province. Il a écrit un volume de "Souvenirs"
qui est une source importante de l'histoire des événements
de 1838.
178
Histoire civile de Beauharnois
Le procès Perrigo eut lieu du 7 au 21 fé-
vrier 1839. L'acte d'accusation était le
même que dans la cause Brien; les officiers
enquêteurs et juges étaient aussi les mêmes;
identique aussi fut la défense des accusés,
aucun ne plaidant coupable. Perrigo et
Isidore Tremblay furent complètement ac-
quittés; les autres, Turcot, Bourbonnais,
Longtin, Charles Roy, Prévost, André Pa-
pineau, Gagnon, Rapin furent condamnés à
être pendus; en fait, aucun ne le fut; Long-
tin fut libéré sous caution; les autres furent
envoyés en exU.
Le procès Allary eut lieu du 25 au 27
mars et du 2 au 5 avril; les accusations et
les juges étaient les mêmes qu'en février et
janvier. Tous les accusés furent condamnés
à mort; cependant, la sentence recommen-
dait Louis Hainault, Edouard et Philippe
Tremblay à une commutation de peine.
En fait, Louis Hainault, Joseph Roy,
Edouard et Philippe Tremblay furent li-
bérés sous caution; les autres, Allary,
Joseph Goyette, Basile Roy, Jos. Roy dit
Lapensée furent envoyés en exil.
Et ainsi finit l'affaire de 1838 à Beauhar-
nois.
LES FENIANS (1866-1870)
Après la guerre des Etats américains du
Nord contre les Etats du Sud, un groupe
d'irlando-américains, pour se venger de
l'Angleterre qu'ils accusaient d'avoir fa-
vorisé les Etats du Sud, résolurent d'atta-
quer le Canada. Ils s'organisèrent en corps
d'armée et envahirent le Canada; c'est le
mouvement fénien; il a deux périodes, 1866
et 1870.
Par arrêté ministériel du 2 juin 1866,
le gouvernement canadien appelait sous
les armes plusieurs compagnies bas-ca-
nadiennes, entre autres, celles de Va-
rennes, de Napierville, de Saint-Rémi, de
Saint-Luc et de Beauharnois. Cette der-
nière était la compagnie indépendante du
capitaine Martin. Le 5 juin, deux compa-
gnies des Trois-Rivières passaient à Beau-
harnois et allaient à la tête du canal,
à Valleyfield; le mouvement fénien fut
repoussé sans que la compagnie de Beau-
harnois ait eu à prendre part à quelque
engagement.
Quelques années plus tard, le 24 mai
1870, le 64ième bataillon de Beauharnois
fut appelé sous les armes pour aider à la ré-
pression d'une nouvelle invasion fénienne;
le bataillon avait alors les officiers sui-
vants: Lieutenant-colonel J.-M. Prud'-
homme, major Rodier, adjudant Joseph
Deslauriers; capitaines pour Beauhar-
nois, L.-R. Baker et F.-C. Basinet; pour
Saint-Etienne, Louis Bisaillon; pour Saint-
Louis, J.-C. de Lorimier; pour Saint-Ti-
mothée, Eustache Langevin: pour Valley-
field, Lucius Poitras; paie-maître, Cyrille
Guimond; quartier-maître, Ferdinand
Leduc.
Le bataillon fut dirigé, le 25 mai, vers
Huntingdon, mais il ne prit part à aucun
engagement; il y avait eu, le 24, une
légère escarmouche. Un appel de 40 vo-
lontaires ayant été fait pour servir d'es-
corte à un convoi de munitions, 100 soldats
du 64ième y répondirent.
Le bataillon rentra immédiatement à
Beauharnois.
Telle est, en un bref résumé, l'histoire
militaire de Beauharnois.
Beauharnois agricole
179
CHAPITRE CINQUIÈME
Beauharnois agricole
EAUHARNOIS a été d'abord
un établissement agricole: les
premiers pionniers traversè-
rent de l'Ile Perrot ou vinrent
de Chateauguay pour déboi-
ser et faire la terre, et pendant longtemps
la population se composa en grande majo-
rité de cultivateurs. Actuellement, la ville de
Beauharnois l'emporte en population sur la
campagne; tout de même, la classe agricole
occupe une place importante qu'il n'est que
juste de mentiormer.
En 1815, r arpenteur-général Joseph Bou-
chette, dans une Description topographique
de la Province du Bas-Canada,^^^ parlait ainsi
de Beauharnois: "Sur le front — de la Sei-
gneurie— il y a quelques places maréca-
geuses, couvertes de cèdre et de pruche
blanche, mais elles ne sont pas de grande
étendue, et généralement, entre les bords
du Chateauguay et du Saint-Laurent, ce
qui forme une longueur d'environ trois
lieues, le pays offre la localité la plus avanta-
geuse, est favorable à tous les travaux de l'agri-
culture, et abonde en terrains propres à faire
croître du chanvre et du lin. On a de solides
raisons de conjecturer qu£ cette partie du dis-
trict de Montréal attirera l'attention des com-
merçants et des cultivateurs et qu'en peu d'an-
nées, elle le disputera à la plupart des autres
de la province, en population aussi bien que
par l'état florissant de l'agriculture."
(1) P. 113.
Les conjectures de l'arpenteur-général
n'étaient point téméraires. Beauharnois
a une histoire agricole intéressante.
Bouchette nous apprend qu'en 1815, il y
avait à Annstown (ou Beauharnois) 95
lots concédés sur le Saint-Laurent et la rive
nord du Chateauguay. En 1822, Beauhar-
nois, comprenant — pour le recensement —
Saint-Timothée et la Grande-Ile, a une
population de 2,205; dans ce chiffre, il y a
"435 chefs de famille possédant des terres
ou tirant principalement leur subsistance du
produit d'icelles."
Au recensement de 1825, la population-
agricole est de 1,045 contre 182 au village;
il y a 160 maisons à la campagne et 29 au
village.
Au recensement de 1831, Saint-Clément
compte 251 familles d'agriculteurs.
Au recensement de 1842, l'on ne trouve
que 178 familles d'agriculteurs; sur une
superficie de 15,067 acres, 8,061^ sont
en culture; la dernière récolte a produit
6,233 minots de blé, 1,9261/2 d'orge, 18,800
d'avoine, 9,2391/2 de pois, 3601/2 de blé
d'Inde, 1,169 de sarrazin, 15,2711/2 livres de
pommes de terre, 3,800 Uvres de sucre d'éra-
ble; dans la paroisse il y a 5 essaims d'a-
beilles, 1,072 bêtes à cornes, 542 chevaux,
1,428 moutons, 677 cochons.
En 1851, Saint-Clément (comprenant
Saint-Etienne actuel) a 376 occupants de
180
HisToraE CIVILE DE Beauharnois
terres; 18,500 acres sont en culture, 12,482
sont ensemencées, 5,954 en pâturages, 134
en jardins et 7,875 en bois ou incultes. Les
Commissaires du Recensement remarquent
que la récolte a manqué presque complète-
ment et qu'au dire des propriétaires, le sol
n'a pas donné plus que la semence depuis
six ans.
En 1861, il y a 377 occupants de terres;
la superficie agraire est de 30,353 acres;
25,243 acres sont en culture, 5,842 en pâtu-
rages, 302 en jardins et vergers, 5,110 en
bois. Les terres sont évaluées, au total, à
$1,357,089.00; le roulant (farming imple-
ments) est évalué à $130,981.00. 2,057 acres
produisent 20,077 minots de blé; 1,524
acres, 28,912 minots d'orge; 65 acres, 457
minots de seigle; 3,973 acres, 78,853 minots
d'avoine; 606 acres, 4,635 minots de sar-
razin; 56 acres, 1,183 minots de blé d'Inde;
13 acres, 1,407 minots de navets; 11 acres,
2,481 minots de betteraves; 234 acres, 24,-
530 minots de pommes de terre. L'on ré-
colte 2,024 tonnes de foin, 129 livres de hou-
blon, 7,861 livres de sucre d'érable; l'on
fabrique annuellement 120 gallons de vin,
56,2^5 livres de beurre et 1,365 livres de
fromage. L'on compte 3,155 vaches, 1,686
chevaux, 2,126 moutons, 1,462 cochons; le
tout évalué à $108,125.00.
En 1871, Saint-Clément (avec ses limites
actuelles, c'est-à-dire sans Saint-Etienne
qui entrait dans les recensements antérieurs)
a 274 occupants de terres, dont 243 proprié-
taires et 30 fermiers; 40 occupent des terres
ne dépassant pas 10 acres, 59 ont des terres
qui ne dépassent pas 50 acres; 99 terres sont
de moins de 100 acres, 70 sont de 100 à 200
acres, 6 ont plus de 200 acres. En tout,
17,718 acres sont occupées, dont 10,791
sous culture, 4,346 en pâturages, 196 en
vergers et jardins. L'on y récolte 7,101
boisseaux de blé, 18,030 d'orge, 40,849
d'avoine, 49 de seigle, 21,980 de pois, 240 de
fèves, 4,310 de sarrazin, 698 de mais, 17,090
de pommes de terre, 53 de navets, 1,098
de mil et de trèfle, et 3,291 tonnes de foin.
En 1881 Saint-Clément a 231 occupants
de terres, dont 203 propriétaires; 17 terres
ont moins de 10 acres, 49 moins de 50 acres,
102 moins de 100 acres, 56 moins de 200
acres, 7 ont plus de 200 acres. Le total des
terres occupées est de 16,648 acres; 12,003
sont en culture, 3,444 en pâturages, 144 en
jardins et vergers. L'on récolte 6,954
boisseaux de blé, 15,680 d'orge, 54,887
d'avoine, 85,621 de pois et de fèves, 2,903
de sarrazin, 1,024 de maïs, 43,916 de pom-
mes de terre, 45 de navets, 1,751 tonnes de
foin, 175 boisseaux de mil et de trèfle.
En 1891, Beauharnois a 571 occupants de
terres, dont 373 propriétaires et 197 fer-
miers; il y a 374 terres ne dépassant pas
10 acres; 25 ne dépassent pas 50 acres; 91
ne dépassent pas 100 acres; 68 ne dépassent
pas 200 acres; 16 ont plus de 200 acres.
21,869 acres sont occupées: 14,702 en culture
4,180 en pâturages, 2,666 en forêts, 321
en jardins et vergers. La récolte de blé est
de 1,658 boisseaux, d'orge 5,955, d'avoine
42,245, de pois 24,881, de sarrazin 9,243, de
fèves 204, de maïs 697, de pommes de terre
19,876, de foin 3,350 tonnes, de mil et de
trèfle 368. Il y a 1,142 chevaux, 1,783 bêtes
à cornes,*" 610 moutons, 726 cochons, 274
dindes, 90 canards, 7,444 poules.
En 1911, Beauharnois a 167 propriétaires
et 21 locataires de terres; 4 terres ont de 5
à 10 acres; 20 ont de 11 à 20 acres; 70 ont de
50 à 100 acres; 79 ont de 100 à 200 acres;
11 ont plus de 200 acres. Les terres occu-
pées ont 17,489 acres, dont 16,174 en cul-
ture. La dernière récolte a produit 2,485
boisseaux de blé, 9,102 d'orge, 110,142
(1) Dont 17 bœufs de labour.
Beauharnois agricole
181
d'avoine, 1,582 de blé d'Inde, 15,645 de
sarrazin, et 4,172 livres de tabac.
En général, les cultivateurs de Saint-
Clément ont fait la grande culture plutôt
que la culture intensive; les terres n'ont pas
été transformées, comme à Saint-Laurent
ou Longueuil, en jardins maraîchers.
Il y a une trentaine d'années, des froma-
geries ont été établies; depuis une dizaine
d'années, les séparateurs les ont pratique-
ment remplacées; la guerre de 1914-1918 a
ressuscité la fabrication du fromage et les
cultivateurs ont trouvé profit à encoura-
ger cette industrie.
Parmi les initiatives tentées pour encou-
rager l'agriculture, quelques-unes surtout
méritent d'attirer l'attention.
Lorsque fut établi le comté de Beauhar-
nois, en 1829, presque simultanément fut
fondée la Société d'Agriculture du Comté de
Beauharnois; cette société, par des exposi-
tions annuelles, n'a cessé de mettre de l'é-
mulation dans la classe agricole; elle tint
quelques expositions au village de Beauhar-
nois, notamment en 1832 et 1835; depuis
plusieurs années, l'exposition annuelle a
lieu à Saint-Louis-de-Gonzague.
Beauharnois a aussi un Cercle agricole qui
compte actuellement 200 membres; depuis
quelques années, ce Cercle a beaucoup con-
tribué au progrès de l'agriculture locale;
par ses soins, la race bovine s'est améUorée;
des graines de semences de choix ont été
distribuées aux cultivateurs; en 1918, le
Cercle a formé un Comité de surproduction
agricole"' qui a organisé une propagande
efficace pour la culture du blé et des haricots.
En 1918, M. l'Agronome E.-N. Blondin
et M. J.-E. Leduc, secrétaire du Cercle
agricole et de la Commission scolaire, orga-
nisaient les Jardins scolaires dans le but
d'inspirer aux enfants l'attachement à la
terre; le printemps, des graines de semence
sont distribuées aux élèves des écoles de la
campagne: l'été, l'agronome visite ces jar-
dins scolaires; l'automne, a Ueu l'exposition
scolaire. Cette initiative a déjà produit
des résultats admirables; les expositions
scolaires d'automne à Beauharnois per-
mettent d'espérer beaucoup pour l'avenir
de l'agriculture locale. Chaque enfant
expose les produits de son travail agraire,
des prix sont distribués, des conférences
appropriées indiquent aux enfants les
moyens d'améliorer leur travail et les en-
couragent à rester sur la terre. Nous con-
naissons peu d'initiatives plus pratiques,
plus bienfaisantes, plus patriotiques même
que celle-là. S'il est vrai que c'est l'agri-
culture qui a été notre grande force sociale,
et que l'on ne saurait trop s'élever contre
la désertion des campagnes, quoi de plus
propre à fixer au sol notre classe agricole
que l'éducation agricole des enfants? A
travailler comme leurs pères, les enfants ap-
prendront de bonne heure l'indispensable
qualité qui les attachera à leur profession,
l'amour de la terre. De bonne heure aussi
ils s'initieront aux progrès de la science, et
de ce double avantage d'ime culture pro-
gressive dans une âme amie du sol, surgira
une race d'agriculteurs qui continueront,
comme leurs ancêtres, à faire leur paroisse
et leur pays économiquement et morale-
ment prospères!
(1) Faisaient partie de ce comité M. le curé T. Nepveu,
M. le maire E. Théoret et M. le maire Louis Maheu, avec
M. J.-E. Leduc comme secrétaire.
Beauharnois commercial et industriel
183
CHAPITRE SIXIÈME
Beauharnois commercial et industriel
Après l'agriculture, il faut, tout natu- trie. Nous voudrions le faire en deux àrti-
rellement, étudier un deuxième élément de clés, dont l'un traitera des services d'utilité
prospérité matérielle, le commerce et l'indus- publique, et l'autre des entreprises privées.
ARTICLE PREMIER :-LES SERVICES D'UTILITÉ PUBLIQUE
ERVICE postal. — Beauhar-
nois a un service postal spé-
cial depuis 1829; avant cette
I^Ï^^W^ date, le courrier venait de
WSÊJMSm] Montréal par Chateauguay
et était distribué à Beauhar-
nois deux ou trois fois par semaine. En
1829, un Bureau de poste fut établi et T.
McDonald en fut le premier maître. De-
puis cette date, les maîtres de poste se sont
succédé dans l'ordre suivant:'" de 1831
à janvier 1839, D. Masson; de janvier
1839 à juillet 1843, John Ross; de juillet
1843 à juillet 1857, Henry Bogue; de juillet
1857 à décembre 1862, Adolphe Longpré;
de décembre 1862 à janvier 1867, Ovide
Payment;"* de janvier à juillet 1868, Louis
Laurin; de juillet 1868 à octobre 1884,
Crosbie McArthur; d'octobre 1884 à mai
1894, L. R. Baker; de mai 1894, à février
1897, Alexis Doutre; de février 1897 à dé-
cembre 1901, Octave Laurin; de décembre
1901 à février 1905, Antoine Lefebvre; de
(1) La liste que nous donnons ici est la liste officielle qui
nous a été obligeamment fournie par le Ministère Fédéral
des Postes— (2) De janvier 1867 à 1868, U. J. Robillard.
février 1905 à octobre 1914, André Leduc;
depuis octobre 1914, Nicolas Marleau.
Ajoutons que depuis longtemps, Meloche-
ville a un bureau spécial de poste, et que,
depuis quelques années, la paroisse est
desservie par le système de la malle rurale.
Avant l'établissement de ce dernier service,
il y avait un bureau de poste appelé Ven-
dôme, sur le chemin de la rivière Saint-
Louis, chez M. Joseph Daoust, et un autre
à Maple Grove, chez M. Auguste Hébert.
Le service d'éclairage. — Nous avons dit
plus haut, en parlant de la ville de Beau-
harnois, comment a été successivement or-
ganisé le service d'éclairage électrique.
Le service de navigation. — Beauharnois a
deux voies navigables, le fleuve Saint-
Laurent et la rivière Ottawa se réunissant
au lac Saint-Louis, et le canal de Beauhar-
nois.
Avant la construction du canal de Beau-
harnois, la navigation entre le lac Saint-
Louis et le lac Saint-François se faisait au
moyen de quatre petits canaux construits
sur la rive nord, dont trois étaient destinés
à éviter les rapides dits les Cascades, la
184
Histoire civile de Beauharnois
Faucille, le Trou du moulin et le Rocher
fendu; le quatrième servait à éviter les ra-
pides de C6teau-du-Lac. Peu de bateaux
passant par là arrêtaient à Beauharnois.
De bonne heure, il y eut un service de
bateau entre Montréal et Beauharnois;
vers 1820, il y avait un bateau appelé
Persévérance; quelques années plus tard
s'organisa une compagnie de bateaux à
chevaux faisant le service entre Lachine et
Chateauguay; quelques-uns de ces bateaux
se rendirent à Beauharnois; un peu plus
tard, la compagnie De Witt mit un bateau
à vapeur, le Fashion, pour le service de
Beauharnois. En 1838-1839, nous savons
que le Henry Brougham faisait escale à
Beauharnois; un autre bateau, le Dragon,
y venait aussi.
Vers 1864 se forma une compagnie de
navigation, la Beauharnois, Chateauguay
& Huntingdon Navigatimi Co., dans le but
"de construire et d'employer des bateaux
à vapeur pour le transport des passagers
et de la marchandise sur les deux rives du
Saint- Laurent, entre Cornwall, Dundee,
Beauharnois, Montréal et les ports inter-
médiaires"; la compagnie avait un capital-
actions de $60,000; ses promoteurs étaient
John Sweanston, Owen Lynch, James
Keith, Alex. Buntin, Moïse Branchaud,
Jacob De Witt, Alexandre Anderson, Atha-
nase Branchaud, G.-B. Duncan; cette com-
pagnie exista pendant environ cinq ans et
eut les bateaux Empress et Salaberry.
Le capitaine Filgate a été aussi proprié-
taire de bateaux faisant le service Mon-
tréal-Chateauguay-Beauharnois; ses trois
bateaux furent le Star, le Beauharnois et le
Filgate.
A l'époque de la grande prospérité de
Beauharnois — par son commerce de grains
— ^il y eut, à Beauharnois, une vraie flottille
de barges, dont le Commodore Vincent était
le pilote principal.
Plus près de nous, deux compagnies rivales
firent de Beauharnois leur terminus, il y a
une quinzaine d'années. Actuellement, il
n'y a que la Compagnie Str. Beauharnois,
dont le capitaine-propriétaire est M. J.-A.-
A. Desrochers; ce bateau fait le service quo-
tidien Montréal-Beauharnois.
En 1845, le canal de Beauharnois était
ouvert à la navigation. Dès 1804, il fut
question de construire un canal qui reUerait
les deux lacs Saint-François et Saint-Louis;
il fallut cependant quarante ans pour exé-
cuter ce projet. Les travaux de construc-
tion durèrent de 1842 à 1845; ils furent
marqués par des scènes de violence que les
journaux contemporains, surtout les Mé-
langes Religieux, font connaître; les ma-
nœuvres se plaignaient des entrepreneurs,
et il y eut des soulèvements qui nécessitèrent
l'envoi de troupes de Montréal. Le 12 juin
1843, dans une bagarre, 12 hommes furent
tués. Le canal a plusieurs écluses dans la
paroisse Saint-Clément. La construction
de ce canal a réuni un petit village, Melo-
cheville, du nom du marchand Jos. Meloche.
Le canal a été en activité, comme canal, de
1845 à 1907. En cette dernière année, le
Gouvernement fédéral le loua à la Canadian
lÂght, Heat and Power qui, depuis cette
date, l'exploite comme pouvoir d'eau, ali-
mentant son immense usine de Saint-Ti-
mothée. Le canal de Beauharnois a onze
milles et un quart; il a neuf écluses de 200
pieds par 45; l'ascension totale par les
écluses est de 823/8 pieds; la largeur du ca-
nal au fond est de 80 pieds, à la surface de
120 pieds; de 1845 à 1867, il a coûté
$1,611,424. A la fin du XIXème siècle, le
canal de Beauharnois perdit beaucoup de
son importance à cause de la construction
du canal Soulanges.
Beauharnois commercial et industriel
185
GROUPE DE NAVIGATEURS DE BEAUHARNOIS
(I) Olivier Patenaude.— (2) Toussaint Patenaude.— (3) Armand Palenaude. — (4) Arthur Lcfebvre. — (5) J.-A.-A. Desrochere. —
(6) Edmond Groulx. — (7) Edmond-Joseph Groulx. — (8) Antoine Montpetit. — (9) Joseph Brais. — (10) Louis Patenaude. —
(II) Willie Brais.— (12) Léon Prégent.— (13) Donat Brais.— (14) Êmery Poirier.— (15) I.« Daigneault.— (16) Delphis Bergevin.
Beauhahnois commercial et industriel
187
Plusieurs surintendants du canal de Beau-
harnois résidèrent à Beauharnois, à la 4ème
écluse; le dernier surintendant a été M.
Joseph-Miville Deschênes . '"
En parlant de la navigation à Beauhar-
nois, il convient de se souvenir que la pa-
roisse Saint-Clément n'a cepsé d'être une
pépinière de marins distingués; il y a long-
temps que les Patenaude"' les Montpetit,
les Groulx, les Prégent, les Lefebvre, les
Lafrance, les Brais, les Daigneault sont
allés sur nos rivières, nos grands lacs et
l'Océan et s'y sont fait connaître avec
honneur.
Signalons aussi la présence, à Beauhar-
nois, d'un habile constructeur de vaisseaux,
M. Eméry Poirier, et d'un batelier de
renom, M. Delphis Berge vin. '^'
Les chemins de fer. — En 1873, une com-
pagnie locale de chemin de fer était formée
sous le nom de Beauharnois Junclion Co.
Elle avait surtout en vue l'établissement
d'une ligne de chemin de fer entre Sainte-
Martine et Saint- Anicet; elle n'eut jamais
qu'une existence nominale.
Le premier chemin de fer qui a traversé
Beauharnois fut le Grand-Tronc; en 1887,
il venait de Montréal, par voie de Sainte-
Martine (la petite ligne actuelle) et allait
à Saint-Timothée et à Valleyfield. En
1895, le New-York-Central (division Saint-
Laurent et Adirondack) a loué du Grand-
Tronc, et a exploité depuis, la partie
Beauharnois-Valleyfield, comme section de
son grand réseau Montréal-New- York, via
Malone.
Depuis 1895, le Grand-Tronc n'a plus
guère à Beauharnois qu'une station de
fret; un train Adent de Sainte-Martine à
Beauharnois, mais le service des passagers
relève surtout du New-York-Central.
Les agents actuels des deux stations
sont, pour le Grand-Tronc, M. E. Birtz, et
pour le New-York-Central, M. C.-A. Mac-
Pherson, avec comme assistant M. E.-A.
Gaboury.
Les messageries Canadian Express et
American Express ont un bureau aux sta-
tions susdites.
Téléphone et télégraphe. — Depuis 1886,
Beauharnois est desservi par le système
Bell de téléphone; Messieurs Leduc et
Fortin en ont eu la gérance pendant une
vingtaine d'années, M. F.-X. Leduc pen-
dant une dizaine d'années, Melle Marie-
Anne Leduc pendant quelques mois; ac-
tuellement le gérant est M. Eméry Poirier.
Vers 1868, à l'époque de la grande pros-
périté de Beauharnois, le Great-North-West-
ern y eut un bureau de télégraphie. De-
puis l'établissement des chemins de fer, le
télégraphe est installé en permanence.
Nos Banques: La Banque des Marchands,
établie au Canada en 1864, a été la première
à avoir une succursale à Beauharnois.
C'est en 1871 que M. A. de Martigny, ré-
gistrateur, ouvrit un bureau de cette banque
à Beauharnois; il ne fut gérant qu'un an,
et fut remplacé par M. Norbert Roy.
En 1876, la Banque des Marchands fit
place à la Banque Mecanic, le même gérant,
M. Roy, gardant ses fonctions de gérant
jusqu'en 1879.
(1) Liste officielle des surintendants, fournie par le Dé-
parlemenl fédéral des Canaux: William Robinson, depuis le
23 avril 184.5; Duncan A. McDoneU, depuis le 31 mars 1846;
Thomas Godfrey, depuis le 31 août 1849; Thomas. D. Boolh,
depuis le 10 octobre 1850; Pierre Laurencel, depuis le 24
février 1857; Joseph-Abraham Massé, depuis le 1er avril
1871; Louis Marin, depuis le 7 juillet 1873; Joseph Flavien
Béiique, depuis le 31 mars 1874; Zéphirin Boyer, depuis le
10 janvier 1896; Joseph-Flavien Bétqtie, depuis le 7 décembre
1897; Joseph M. DescMnes, depuis le 3 mars 1904 jusqu'au
10 décembre 1907, date de location à la Canadian Lighl.
(2) Le capitaine Olivier Patenaude jouit d'une très grande
notoriété dans les cercles maritimes; il est l'un des pionniers
des grands lacs.
(3) M. Bergevin a opéré 215 sauvetages dans sa longue
carrière de batelier.
188
Histoire civile de Beauharnois
En 1879, la Banque Jacques-Cartier prit
la place de la Banque Mecanic, et demeura
à Beauharnois jusqu'en 1899; elle eut
comme gérants: M. Arthur Clément, de
1879 à 1882; M. Joseph Cook, de 1882 à
1885; M. Cajétan Hamel, de 1885 à 1888;
M. Henri Dorion, de 1888 à 1894; M.
Julien Leduc, de 1894 à 1899.
En 1899, la Banque des Marchands rou-
tuellement, le gérant est M. Hormisdas Roy,
La succursale Beauharnois contrôle les
sous-agences de Chateauguay, Saint-Louis,
Saint-Etienne, Saint-Timothée et l'Ile
Perrot.
Compagnie des chemins macadamisés. —
En 1879 a été fondée la Compagnie des Che-
LES BANQUES DE BEAUHARNOIS
Banque des Marchands (2). — Banque d'Hochelaga (1).
vrit sa succursale de Beauharnois, et Mon-
sieur L.-Zéphir Leduc en a eu la gérance
depuis cette époque. Le bureau de Beau-
harnois contrôle une sous-agence à Cha-
teauguay Bassin.
En 1913, la Banque d'Hochelaga, à son
tour, établit une succursale à Beauharnois;
Messieurs A. Reid et Jos. -Eugène Leduc
en furent successivement chargés. Ac-
mins Macadamisés du Comté de Beauhar-
nois, en vertu du chapitre 70 des Statuts
Refondus de 1876. Les premiers direc-
teurs furent Louis Hainault, L.-R. Baker,
John Dickson, Cyrille Guimond, Cyprien
Fortin et L.-A. Seers; elle avait un capital
de $20,000. Son nom indique clairement
son but: faire et exploiter des chemins
macadamisés dans le comté de Beauharnois.
Beauharnois commercial et industriel
189
Le secrétaire de la compagnie, de 1879
à 1889, a été le notaire F.-C. Bazinet;
de 1889 à 1894, Henri Dorion; de 1894 à
1914, L.-Z. Leduc.
En 1879-1880, la compagnie a fait faire,
par l'entrepreneur Cyrille Contant, le che-
min qui va de la voie du New-York Central,
à Beauharnois, aux limites de la paroisse
Saint-Louis-de-Gonzague, soit une longueur
d'environ sept milles, à raison de $1,800
par mille. Pour se rembourser de ses frais,
la compagnie a tenu une barrière de péage
qui a existé jusqu'en 1914.
En 1914, la Compagnie des Chemins a
vendu ses droits au gouvernement provin-
cial pour la somme de $7,200. Les directeurs
de la compagnie, pour l'année 1914, étaient
Messieurs Julien Leduc, président; Cyprien
Fortin, J.-B. Roy, Ferdinand Leduc, John-
M. Roy et L.-Z. Leduc, secrétaire-trésorier.
ARTICLE DEUXIÈME:— LES ENTREPRISES PRIVÉES
Pour donner une connaissance plus exacte
de ce qu'ont été le commerce et l'industrie
privés à Beauharnois, nous croyons - utile
de suivre, d'abord, le mouvement général
du commerce et de l'industrie, puis de si-
gnaler quelques entreprises particulière-
ment importantes.
Nous avons peu de renseignements sur
la période antérieure au recensement de
1831. Bouchette, dans sa description topo-
graphique'" mentionne l'existence de "bons
moulins à blé et des scieries" à l'embou-
chure de la rivière Saint-Louis, en 1815; et,
parlant des moyens nombreux de transport
par eau et de la facilité de communication
avec les Etats-Unis, il conjecture, pour plus
tard, une grande prospérité commerciale
à Beauharnois.
Au recensement de 1831, Saint-Clément
a six familles de commerçants et négociants,
7 maçons, 4 charpentiers, 6 menuisiers,
6 scieurs, 4 cordonniers, 2 charretiers, 1
tailleur, 6 tonneliers, 6 forgerons, 6 auber-
gistes, 1 boulanger, 1 boucher, 1 tisserand.
Au recensement de 1842, Beauharnois
compte 48 journaliers, 6 maçons, 3 auber-
(1) Page 116.
gistes, 5 marchands, 1 meunier pour la
farine, 1 meunier pour l'avoine, 3 mou-
langes, 1 boucher, 6 boulangers, 4 forgerons
1 sellier, 3 cordonniers, 3 charrons, 4 char-
pentiers, 3 charretiers, 1 couturière, 1
musicien, 2 scieurs, 1 tailleur, 38 servantes,
10 rentiers.
Au recensement de 1851, Beauharnois a
440 journaliers, 21 rentiers, 19 servantes,
4 tisserands, 4 forgerons, 2 hardoleurs, 2
charpentiers, 5 menuisiers, 3 cordonniers, 2
meuniers, 1 boulanger, 5 voyageurs, 1
tanneur.
Au recensement de 1861, Beauharnois a
19 commerçants et marchands, 5 hôteliers,
4 tailleurs, 34 commis, 6 boulangers, 65 jour-
naliers, 5 bouchers, 5 rentiers, 43 servantes,
1 machiniste, 21 apprentis, 7 forgerons, 1
tanneur, 13 maçons, 5 couturières, 6 cordon-
niers, 1 brasseur, 6 selliers, 2 orfèvres, 1
artiste, 14 charretiers, 2 plâtriers, 1 brique-
leur, 1 contracteur, 2 charrons, 12 voitu-
riers, 13 menuisiers, 4 meuniers, 6 peintres,
3 navigateurs, 2 potiers, 2 charpentiers,
2 modistes, 4 meubliers, 3 ferblantiers, 1
manufacturier.
Au recensement de 1871, Beauharnois
a 9 bouchers, 9 boulangers, 11 cordonniers,
3 couturières, 5 modistes, 10 charpentiers,
190
HiSTOIEE CIVILE DE BeAUHABNOIS
16 charretiers, 39 commis, 5 ferblantiers,
19 forgerons, 129 journaliers, 14 menui-
siers, 22 marchands, 4 meubliers, 8 maçons,
2 horlogers, 8 hôtehers, 3 imprimeurs, 23
navigateurs, 7 peintres, 4 photographes, 2
sculpteurs, 10 selliers, 8 tailleurs, 51 voya-
geurs, 3 voyageurs de commerce, 7 voituriers.
Au recensement de 1881, Beauharnois
a 2 bouchers, 6 boulangers, 1 bijoutier, 1
barbier, 13 charretiers, 5 cordonniers, 23
commis, 5 charpentiers, 21 marchands et
commerçants, 18 forgerons, 6 épiciers, 1
ferblantier, 7 meuniers, 3 manufacturiers,
3 modistes, 3 ingénieurs, 44 journaliers, 38
navigateurs, 11 ouvriers, 6 pilotes, 5 selliers,
4 tailleurs, 27 voyageurs, 1 tanneur, 1 voi-
turier, 1 pêcheur.
En 1891, le recensement enregistre 12
bouchers, 11 boulangers, 1 bijoutier, 1 bar-
bier, 2 bûcherons, 2 briquetiers, 6 cordon-
niers, 16 couturières, 30 commis, 21 char-
pentiers, 20 charretiers, 6 commerçants, 18
forgerons, 4 ferblantiers, 10 hôteliers, 64
journaliers, 9 menuisiers, 27 marchands, 2
meuniers, 6 manufacturiers, 7 mouleurs, 11
machinistes, 13 meubliers, 4 maçons, 2
mécaniciens, 6 menuisiers, 43 navigateurs,
14 peintres, 4 seUiers, 1 sculpteur, 9 tail-
leurs, 3 tisserandes, 5 voyageurs, 2 voitu-
riers, 1 teinturier.
En 1901, Beauharnois a 2 barbiers, 1 bi-
joutier, 4 bouchers, 6 boulangers, 2 car-
deurs, 2 charpentiers, 15 charretiers, 1 com-
merçant, 2 cordonniers, 6 marchands, 1 fer-
blantier, 6 forgerons, 6 hôtehers, 40 jour-
naliers, 1 maçon, 1 tailleur de pierre, 29
navigateurs, 4 peintres, 2 selliers.
Enfin, au dernier recensement de 1911,
voici quel était l'état commercial et indus-
triel de Beauharnois: 4 bouchers, 6 bou-
langers, 18 charretiers, 14 comptables, 16
peintres, 33 commis, 8 forgerons, 19 mou-
leurs, 2 selliers, 24 commerçants, marchands
ou épiciers, 19 menuisiers ou charpentiers,
8 modistes, 1 cordonnier, 1 sculpteur, 4 com-
mis-voyageurs, 2 plombiers, 5 barbiers, 4
tailleurs, 6 hôteliers, 3 restaurateurs, 2 ma-
çons, 2 chaloupiers, 1 photographe, 1 bijou-
tier, 1 ferblantier, 11 navigateurs, 26 teneurs
de livres et comptables, 3 manufacturiers.
En 1920 — novembre — Beauharnois a
quatre manufactures, 13 magasins, 4 res-
taurants, 4 charretiers, 2 boulangers, 4
hôteliers, 4 bouchers, 6 commerçants, 4 fer-
blantiers, 3 forgerons, 3 modistes, 1 bijou-
tier, 2 cordonniers.
Comme il est facile à constater d'après
ces chiffres, la période 1860-1880 a été la
plus brillante dans l'histoire du commerce
local. Beauharnois fut alors le centre d'un
immense commerce de grains, "le plus
grand centre de la province de Québec"
a-t-on écrit. On venait à Beauharnois d'un
rayon de 40 à 50 milles; les jours de marché,
les voitures faisaient queue de la prison ou de
la voie du New York Central à la "place du
marché"; des magasins considérables ache-
taient les grains qu'ils revendaient à Mont-
réal et de là en Europe. Dans une seule
année, les marchands de Beauharnois ache-
tèrent 250,000 minots de pois, 100,000
minots d'avoine et 40,000 minots d'orge,
qui firent une cargaison de 52 barges.
Les principaux établissements commer-
ciaux de cette période furent T. Caverhill,"'
fondateur de la maison Caverhill, de
Montréal; John-L. Cassidy,*^' fondateur
de la maison du même nom à Montréal;
McFee; Owen Lynch; Guimond & La-
pointe;''* Leduc & Fortin; L.-R. Baker ;<*'
U.-J. RobiUard.®
(1) Bloc Julien Leduc. — (2) Ancien hôtel Rapin.— (3) Où
est l'hôtel Briêre actuel.— (4) Bloc F.-X. Leduc.— (5) Bloc
Léonard.
Beauharnois commercial et industriel
191
L'ÉTABLISSEMENT J.-B. ROBERT
Al» haut, vue de la fabrique de lainages, en 1858. Au bas, M. J.-B. Robert et son fils, M. William Henry Robert.
Beauharnois commercial et industriel
193
Malheureusement, cette prospérité com-
merciale ne dura pas bien longtemps; des
rivalités qui occasionnèrent des risques
funestes, la construction des chemins de
fer, l'abandon du canal de Beauharnois et le
développement extraordinaire de Montréal,
ont causé un déclin dans la fortune de Beau-
harnois.
Actuellement, la situation commerciale
et industrielle se raffermit, grâce surtout à
la prospérité de nos manufactures; les com-
pagnies Kilgour, Leduc cfc Fortin, Howard-
Smith, assurent un travail rémunérateur
dont bénéficie toute la population.
En outre, la saison d'été conduit à Beau-
harnois nombre de villégiaturistes qui con-
tribuent au maintien d'un bon état com-
mercial.
Ayant indiqué le mouvement général du
commerce et de l'industrie à Beauharnois,
il convient de signaler quelques établisse-
ments d'une particuUère importance.
LE MOULIN
La première en date, la première en im-
portance de nos industries, est le moulin.
L'on sait que sous le régime seigneurial,
le moulin était le privilège du seigneur. A
Beauharnois, vers 1800, le seigneur Alexan-
der EUice fit construire par John Simpson,
charpentier écossais, un moulin à farine"*
de deux meules, plus loin sur la rivière Saint-
Louis que le moulin actuel. Mais le pouvoir
d'eau de la rivière Saint-Louis fut trop
faible, et le mouUn devint bientôt inutile;
ce que voyant, l'agent seigneurial Frances
Winter, en 1807, fit creuser le petit canal
en haut de Valleyfield, mais ce fut peine per-
due; l'ouvrage fut incomplètement fait et le
sable bloqua l'entrée de ce canal; quelques
années plus tard, il fallut reprendre ce
travail.
En 1820, le moulin fut réparé à neuf
par Peter Me Arthur et William Donaldson.
En 1837, le moulin seigneurial fut incen-
dié; le seigneur Edward EUice le fit immé-
diatement reconstruire, à l'endroit du mou-
lin actuel; c'était un édifice en pierre de
deux étages et demi. La pierre angulaire
du moulin fut posée le 11 juin 1837 par
l'agent Lawrence G. Brown, et l'on y déposa
l'inscription suivante:'^'
This mill was erected
hy
The Right Honourable Edward EUice
Seignior of Beauharnois
The cornerstone of which was laid hy
Lawrence G. Brown
His Agent
In présence of many respected proprietors
on this
llthdayofJune,1837
In the 7th year of the Reign of His Majesty
WILLIAM IV
Gabriel Lamontagne, Builder
William Chff, Millwright-Engineer.
L-G. Brown.
En 1867, l'honorable C.-S. Rodier a
acquis le moulin seigneurial, et l'a revendu
presque aussitôt à M. Doutre, qui, à son
tour, en 1880, l'a vendu à Antoine et Sta-
nislas Viau; et Antoine Viau, subséquem-
ment, est devenu seul propriétaire. En
1888, le moulin a été détruit par le feu.
En 1890, Joseph Barthélémi Robert a
acheté le moulin Viau et l'a reconstruit en
(1) Précédemment, vers 1780, U y eut, au pied de la rivière (2) Cette inscription a été trouvée par M. J.-B. Robert,
Saint-Louis, un moulin à scie. lors des réparations au moulin, en 1907.
194
HlSTOIBE CIVILE DE BEAUHAKNOks
ajoutant deux étages en briques; il y a
installé des machines hongroises perfec-
tionnées pour moudre la farine de blé, et
d'autres maclynes des plus modernes pour
la farine de sarrazin. De ce moulin vien-
nent les marques bien connues de farine,
Beauty, Hungarian Patent, Favorite, Strong
Baker s.
Actuellement, le moulin est la propriété
de M. W. Robert, fils de feu J.-B. Robert.
LES MANUFACTURES
Les "scieries" dont parle Bouchette dans
sa Description peuvent être regardées
comme les premières manufactures de Beau-
harnois. En 1831, Beauharnois a une
tannerie et deux potasseries; en 1842, trois
tanneurs.
En 1850, un M. Beauvais construit un
moulin à carder le laine,'" à l'endroit où fut
plus tard la fonderie; ce moulin fut em-
porté par une inondation en 1861.
En 1858, l'honorable seigneur Edouard
EUice fit faire des démarches pour l'établis-
sement de manufactures à Beauharnois;
il réussit: M. Jacques Bisaillon acquit un
pouvoir d'eau où est maintenant la manu-
facture Leduc & Fortin, et y construisit une
manufacture de voitures.
Vers le même temps, M. J.-B. Robert
acquérait ,lui aussi, un pouvoir d'eau et un
terrain avoisinant le terrain Bisaillon, et y
construisait une manufacture de laine; cette
manufacture a été sous son contrôle jus-
qu'en 1892. A cette dernière date, M.
Robert a formé, avec ses fils William et
Edmond Arthur et d'autres capitalistes de
Montréal, une compagnie intitulée The Do-
minion Woolen Mfg. Go. Cette fabrique de
(1) Avant l'établissement de ce moulin, l'industrie des
lainages s'exerçait dans les maisons privées. Le recensement
de 1842 mentionne la fabrication annuelle, à Beauharnois,
de 3,206 livres de laine, 2,000 verges d'étoffe 1,791 verges,
de flanelle.
lainages a donné beaucoup d'ouvrage à
Beauharnois, de 1858 et surtout de 1896
jusqu'à sa disparition.
J. W. Kilgour & Bros, Ltd.
La fabrique de meubles de ce nom a été
fondée en 1863 par M. J.-W. Kilgour; tout
d'abord, M. Kilgour fit les meubles à la
main, de 1863 à 1870, alors qu'il fit l'achat de
quelques machines et d'un engin à vapeur.
En 1866, M. Kilgour forma une société
avec son frère William, sous le nom de
J.-W. Kilgour & Bros.
En 1876, William Kilgour étant allé de-
meurer à Morrisburg, Ont., une nouvelle
société fut formée sous le même notoV entre
J.-W. Kilgour, William Kilgour et James
Wilson. Jusqu'à cette date de 1876, la ma-
nufacture était située à l'angle des rues
EUice et Richardson; elle fut alors établie
à l'endroit actuel,
La société fut dissoute le premier juillet
1884, par la retraite de William Kilgour.
J.-W. Kilgour et James Wilson continuè-
rent les affaires sous le même nom social
jusqu'en 1910, alors que la compagnie
fut incorporée sous le nom actuel de J.-W.
Kilgour & Bros., Ltd. Le bureau de direc-
tion, formé en 1910, a été annuellement
réélu: Président, J.-W. Kilgour; vice-pré-
sident, James Wilson; secrétaire-trésorier,
E. Théoret; directeurs, R.-W. Kilgour et
J.-O. Wilson.
L'établissement J. W. Kilgour n'a cessé
d'aller de progrès en progrès, malgré deux
incendies considérables en 1875 et en 1902;
ces deux incendies furent des pertes totales,
la dernière étant de $100,000.00; les chefs
ne se découragèrent jamais; en 1912, l'on
dut faire une addition telle que l'ensemble
des édifices a une superficie d'environ
125,000 pieds.
Beauharnois commercial et industriel
195
L'ÉTABLISSEMENT J.-W. KILGOUR & BROS., LTD.
(2) La manufacture — (1) M. J.-W. ICilgour.
Beauhabnois commercial et industriel
197
En 1863, M. Kilgour travaillait seul; en
1876, il avait à son service 24 ouvriers; en
1895, 45 ouvriers; en 1902, une centaine;
en 1919, près de deux cents. Huit commis-
voyageurs vendent les meubles Kilgour
de Terreneuve à Vancouver.
La manufacture occupe un site idéal sur
le bord du lac St-Louis; elle est aménagée
de façon à ce que les ouvriers soient dans
nombre d'ouvriers dont les états de ser-
vice peuvent être cités comme record de
durée:
Monsieur Olier Mathieu, 47 ans de ser-
vice; M. W. Holmes, 41 ans; M. J.-G.
Kemmerer, 38 ans; M. Wilfrid AUard, 38
ans; Elzéar Huard, 37 ans; Damase
Huot, 35 ans; Ernest Venue, 35 ans;
Alfred Morrisseau, 32 ans; et plus de
L'ÉTABLISSEMENT J.-W. KILGOUR, LTD.
Les directeurs de la compagnie, Messieurs J.-W. Kilgour (au centre); J. Wilson (à droite); E. Théoret (à gauche) et leurs
commis-voyageurs, Messieurs (de gauche à droite) Jos. Laurin, Lamoureux, Dessaint, Huard, Euclide Gagné.
les meilleures conditions possibles. En
1902, M. Théoret, secrétaire-trésorier, a
organisé parmi les ouvriers une société de
secours en maladie; moyennant une con-
tribution de 25c. par mois, ils reçoivent
un bénéfice de $4.00 par semaine de mala-
die, et $25.00 au décès; cette société a déjà
produit des résultats appréciables.
La manufacture Kilgour a à son emploi
vingt autres dont la durée de service varie
entre 20 et 30 ans. Fait typique: la maison
Kilgour a à son service le père, le fils et le
petit-fils (en 1919.)
Par sa stabilité, la régularité du travail,
la largeur de vue de ses chefs, l'établisse-
ment Kilgour a été, depuis 57 ans, l'un des
principaux facteurs économiques de Beau-
harnois.
198
Histoire civile de Beaxjharnois
Leduc & Fortin
Cinquante ans ininterrompus de société
commerciale! Voilà un fait rare, peut-être
unique au Canada. Et c'est le cas de Mes-
sieurs Ferdinand Leduc et Cyprien Fortin,
qui, en avril 1919, au milieu de nombreux
fils et petits-fils, fêtaient leurs noces d'or.
C'est, en effet, le 1er avril 1869 que se
fondait la société Leduc & Fortin. M.
Leduc, originaire de Saint-Louis-de-Gon-
zague, avait été précédemment commis
chez M. Narcisse Papineau, à Saint-Timo-
thée; en 1864, à dix-huit ans, il venait à
Beauharnois, qu'il n'a cessé d'habiter, et
entrait à l'emploi de M. Cyrille Guimond.
M. Fortin, originaire de Chateauguay, vint
à Beauharnois d'abord comme élève des
Frères des Écoles Chétiennes, en 1858, puis
en 1860 comme commis chez le marchand
Robert Johnson, chez J.-M. Richard, et
finalement chez Pierre Giroux; il fut aussi,
pendant quelque temps, à l'emploi de
Thomas EUiott, à Chateauguay.
En 1869, Messieurs Leduc & Fortin ou-
vraient im magasin général au coin de la
Place du Marché; à l'époque de l'âge d'or
de Beauharnois — 1875-1880 — ils firent un
commerce très considérable de grains; leurs
principaux cUents étaient l'Honorable Louis
Tourville et J. Robillard, ex-membre du
Parlement provincial, de Berthier. Plus
tard, ils acquirent la propriété Baker, sur
la rue Saint-Laurent.
A leur magasin s'ajouta une manufacture
de portes et châssis; et aujourd'hui, c'est
presque uniquement au commerce du bois
(1) M. Aimé Leduc, fils de M. Ferdinand Leduc, est le
gérant de la compagnie.
et des matériaux de construction qu'ils s'a-
donnent."^ A l'époque de la grande pros-
périté de Valleyfield, il y a une quinzaine
d'années, la maison Leduc & Fortin y eut
une succursale florissante.
Parmi les contrats considérables confiés à
la maison Leduc & Fortin, est la construc-
tion, en 1895, de toutes les gares du Chemin
de fer New-York Central, de Constable à
Adirondack Junction.
En avril 1919, les deux familles Leduc &
Fortin fêtaient le cinquantenaire de société
commerciale de leurs chefs.
La fête fut d'abord religieuse. Les jubi-
laires avaient voulu, avant tout, remercier
Dieu, auteur de tout bien, pour la béné-
diction accordée à leurs travaux. Il y eut
messe solennelle d'actions de grâces. Mon-
sieur le Curé Nepveu tira délicatement les
leçons de cet événement: "Je vous félicite
dit-il aux jubilaires, non-seulement d'avoir
fourni une longue carrière, mais surtout
d'avoir fourni une carrière utile et fructueuse.
Je vous félicite des succès qui ont couronné
vos efforts. Ces succès, vous les devez, après
la bénédiction de Dieu, à votre travail assidu,
à l'honnêteté de vos procédés, à la confiance
mutuelle dont vous n'avez jamais cessé de
vous honorer l'un l'autre, vous les devez à l'es-
prit d'union, de paix, de concorde, qui a mar-
que tous vos actes comme sociétaires." C'était
dire excellemment l'estime de la population
de Beauharnois pour deux vétérans de l'in-
dustrie et du commerce locaux. Les ci-
toyens et les jeunes de Beauharnois tinrent
à la répéter dans les réunions qu'ils firent
en l'honneur des deux jubilaires.
Beauharnois commercial et industriel
199
Beauharnois commercial et industriel
201
Le midi du 21 avril, après la messe, un
banquet de famille réunissait, autour de
Messieurs Leduc & Fortin, un grand nom-
bre d'enfants et de petits-enfants.
Toutes ces fêtes étaient un hommage
légitime au succès honnête et constant, à
l'honorabilité et à l'habileté commerciale
des deux fondateurs de la maison Leduc &
Fortin.
Star Iron Company
Il y a de nombreuses années, la fa-
mille Manny
établissait
une fonderie à
l'extrémité
ouest de la
rue EUice, au
bas de la côte
de l'église.
En 1895, M.
Cyrille Gui-
mond, avec
quelques au-
tres hommes,
d'affaires,
MM. Julien
Leduc et J.-B.
Roy, acqué-
rait cette fa-
brique, c o n-
nue sous le nom de Star Iron Co. De cette
manufacture sortait la fournaise à eau
chaude New Star, universellement appré-
ciée. Après la mort de M. Guimond, la
fonderie devenait la propriété de M. G.-W.
Ducharme, puis de la maison Paquette et
Granger de Montréal; finalement, elle fut
démolie en 1917, et aujourd'hui, de ce qui a
été un facteur important de la vie commer-
ciale"' de Beauharnois, il ne reste qu'un
souvenir.
(1) M. CYPRIEN FORTIN (2) M. FERDINAND LEDUC
HOWARD SMITH PAPER MILLS LIMITED^)
Few industrial concerns can boast a more
progressive, successfull or steadier growth
than that of Howard Smith Paper Mills,
Limited, founded some twenty years ago by
Mr. C. Howard Smith, Président of the
Company. This success has been made
possible by a well managed organization, ten-
aciously carrying out a well defined policy.
From the time of the installation of their Jlrst
papcr machine at Beauharnois, Québec, to the
eighth ma-
chine now
being installed
at Crabtree
Mills, Que.,
"Quality" has
been preached
and practised.
Today this
Company i s
producing ap-
proximately
on hundred
tons of high
grade paper a
day.
At the Beau-
harnois Divi-
sion, where the
manufacture of paper was started in 1912 on
an 86 inch Fourdrinier machine, there are
now two machines in opération. The re-
cently installed 88 inch Fourdrinier, the first
paper machine to be made in Canada, was
built by the Dominion Engineering Works
(1) En 1907, lors d'une visite des Honorables Allard &
Weir aux industries de Beauharnois, la Star Iron employait
130 ouvriers, et coulait 12 tonnes de fonte par jour.
(2) Les pages qui suivent sont extraites de la revue Pulp
and Lumber Magazine, (No. de juin.)
202
Histoire civile de Beauharnois
of Lachine, Que. Thèse two machines are
producing twenty tons daily of tub-sized, loft
dried, Bond and Ledger Papers, and High
Class Stationery Papers.
The mill is situated on the shores of the
beautiful Lake St. Louis, which is a hroaden-
ing of the St. Lawrence river. It is an idéal
location for paper-making, with an abundant
supply of pure crystal water, so essential to
the manufacture of high grade papers, for
which the Howard Smith Paper Mills, Li-
mited, hâve heen renowned.
In building this mill the utmost care was
taken to provide every facility for the econo-
mical handling of stock and to incorporate the
most modem and approved features. The
equipment is of the latest and most up-to-date
design that can possible be obtained to pro-
duce the highest grades of tub-sized, loft dried,
papers. Electricity is used as the motive
power, each group of machinery being driven
by a separate motor.
An auxiliary steam plant has been in-
stalled that nothing may interfère with the
continuous running of the mill.
No détail has been overlooked in order to
secure absolute cleanliness of the product-
To this end copper has been used for the water
and stock piping as well as the lining of the
beaters. Particular attention has been given
to the rag department.
The beater room is equipped with ten
eighteen hundred pound Jones beaters and six
washers, two Jordans and a Lannoy pulper.
Of late the company hâve made extensive
altérations to the lofts and drying rooms and
are installing a Barber Air Dryer.
The Drainers, Rotary boilers, Filter plant,
etc., are of the most modem construction, the
UUter having a capacity of three million
gallons of water a day. This mill is served by
sidings that connect with the Grand Trunk
Railway System and New-York Central Rail-
road, and is about twenty miles from Montréal.
The Crabtree Division
The Crabtree Mill is situated on the Lac
Oureau river, about thirty miles from Mont-
réal on the Canadian Northern Railway Une.
The company hère own a water power capable
of a minimum development of 5,000 H. P.
This mill was built especially to take care
of the Sulphite Bond business, and at présent
is producing twenty tons per day of this paper.
A second machine is now being installed
which will double this production. In build-
ing this mill the same care exercised through-
out as in the building of the Beauharnois
Plant; the most modem and improved ma-
chinery for making this grade of paper was
installed. Particular attention was given
to the économie and careful handling of the
stock to assure a clean, strong sheet at a
minimum cost, and in making this grade ex-
clusively an exceptionally uniform and well
formed sheet is turned out.
The présent machine is a one hundred inch
Bertram and the second machine now being
installed is a Black Clawson ninety inch,
with twenty-four driers. In the beater room
are nine 1,250 Ib. beaters and two Jordan
engines. The finishing room is equipped
with nine rotary cutters, three guillotine
cutters, and super-calenders.
At this division, the Company hâve recently
opened an elaborate Club House for their
employées, in which they hâve bowling alleys,
pool and billiard tables, card rooms, reading
rooms, and a large lecture room, for socials and
dances. In this Club House during the day-
time a school is conducted for the children of
the village by a highly trained and efficient
teacher. This company also own sufficient
i
BeAUHARNOIS commercial Et tljDtJS'ï'ItîÊL
203
HOWARD SMITH PAPER MILLS, LTD.
Chief Officers — Officiers Supérieurs
(1) Mr. Howard Smith, Président of Howard Smith Paper MlUs, Ltd.— (2) Mr. H. Crabtree, sec.-treas.
(3) Mr. H. G. Court ney, manager.
Beauharnois commercial et industriel
205
HOWARD SMITH PAPER MILLS, LTD.
HOWARD SMITH PAPER MILLS, LTD.
Beauharnois commercial et industriel
207
land, located around this mill, to allow for
the development of this village to a large extent
and along the hest Unes. The houses are ail
being ereded by the Company and are the last
Word in style and comfort.
Cornwall Division
This Division has been making paper since
1887, and was taken over by the Howard
four super-calenders, the widest of which
tàkes a fifty-two inch sheet.
At this division the Company are oper-
ating a sulphite mill with three digesters now
producing fifty thousand pounds of pulp per
day, cooked especially for the grades of paper
made in this mill. Extensive altérations are
now under way to increase the production of
paper and pulp from thèse mills. High
HOWARD SMITH PAPER MILLS, LIMITED
Mills at Beauharnois. — Moulins de Beauharnois.
Smith Paper Mills, Limited, last year.
It is situated at Cornwall, Ont., approxim-
ately sixty-seven miles west to Montréal and
connected with the latter by steamship and
by the Grand Trunk and the Canadian Pacific
Railway Unes.
This mill has four Fourdrinier machines,
one seventy-two inch, two eighty-two inch,
and one ninety inch, seventeen beaters, and
Grade Text and Antique Papers, Stationery
Papers, Bristols and Bonds will be the Unes
manufactured at this Division, the production
of which will be in the neighborhood of fifty
tons per day.
The three divisions are at présent working
up to full capacity endeavoring to meet the
exceptionally heavy demand for paper for both
the domestic and export orders, and notwith-
208
Histoire civile de Beauharnois
standing the heavy bookings, the quality is
heing maintained.
Fine papers are not manufactured by per-
fect machinery and formula alone. Expert
human knowledge and judgment are respon-
sible for the results, the uniform and high
class products, and the progress of the Howard
Smith Paper Mills, Limited, speak for the
skill and efficiency of the organization.
To-day the Howard Smith Paper Mills,
are one of the largest High Grade Paper
Manufacturers in the world.
La Compagnie de papier Howard Smith
a été fondée il y a une vingtaine d'années.
Sous l'active poussée de son président,
M. Howard Smith, elle n'a cessé de faire
d'extraordinaires progrès. Depuis 1912
la compagnie a à Beauharnois un moulin à
papier qui est une source de richesse pour le
commerce local. La compagnie a aussi
des moulins à Crabtree et à Cornwall.
Le moulin de Beauharnois a deux ma-
chines et produit vingt tonnes de papier
par jour. La compagnie s'efforce de pro-
curer à ses nombreux employés les meilleures
conditions sanitaires possibles, et leur assure
des salaires rémunérateurs qui donnent une
abondante aisance à notre population.
Beauharnois a eu quelques autres manu-
factures, dont une manufacture de presses
à foin, tenue par M. A. Legault; une manu-
facture de cercueils par MM. Manny et
Bourgie; quelques manufactures de voi-
tures, par MM. Toussaint Rochon, André
Leduc, Wilbrod Bourdon; une manufac-
ture de meubles, par M. Oct. Laurin (1890-
1901). Une manufacture d'articles de cuir,
la Progressive Leather Goods Co.,'-'^\ est en
pleine activité.
Une manufacture qui a aussi son im-
portance est l'établissement de M. Emery
Poirier, fabricant de yachts et chaloupes;
M. Poirier est reconnu comme l'un des plus
habiles chaloupiers de la province; son in-
dustrie n'a cessé d'être des plus prospères.
MARCHANDS ET COMMERÇANTS
Le premier magasin de quelque impor-
tance, à Beauharnois, fut ouvert vers 1825,
par John Ross et WiUiam Becket. Ce fut
le seul magasin considérable durant une
vingtaine d'années.
Vers 1851, Beauharnois commença à
progresser; les principaux marchands, de-
puis cette époque, ont été Thomas Caver-
hill, (1845-50); R. Johnson (1850-1862);
McFee, (1859-1875); U.-J. Robillard (1855-
1895); J.-M. Richard (1855-66); J.-M.
Prud'homme (1870); Pierre Giroux (1865-
70); John-L. Cassidy (1850-56); D. Mas-
son (1870); F.-X. Prieur (1850-56); Poirier
et Parent (1856-60); Owen Lynch (1860-
70); Cyrille Guimond;*'' Rolland, Giroux &
Cie; Achille Marchand (1888); Leduc &
Fortin; L.-R. Baker (1868-92); Antoine
Lefebvre (1872-1901); F. X. Leduc (1903-
1917); Henry Bogue (1845); Wm. Hen-
derson (1865-1866); Alfred Brunet (1870-
75) ; Alfred Beaudin (1872) ; Cross et Park
(1860); Dme J.-B. Maréchal (1881-1906);
Goyette et Marcil (1884).
En 1920, le commerce, à Beauharnois,
est distribué comme il suit: Guimond &
(1) Cette manufacture est la propriété de Messieurs Arthur
et Claver Trudeau. A l'endroit où est cette manufacture
était jadis la brasserie Dunkin.
(2) L'établissement fondé par M. Cyrille Guimond, peu
après 1864, continué en société avec M. J.-A. Lapointe, une
vmgtaine d'années plus tard, repris seul par M. Guimond, se
perpétue sous la raison commerciale Guimond et Cariman,
et n'a cessé d'être une maison d'affaires importante. C'est,
avec les établissements Robert, Kilgour, Leduc & Fortin, le
plus ancien poste commercial de Beauharnois; actuellement,
à côté des manufactures, c'est l'établissement commercial
le plus considérable de Beauharnois.
Beauharnois commercial et industriel
209
GROUPE D'ANCIENS HOMMES D'AFFAIRES DE BEAUHARNOIS
(l) L'Hon. Sénateur C.-S. Rodier.— (2) M. Achillo Marchand.— (3) M. Octave Laiirin.— (4) M. Narcisse Deslauriers.— (5) M.
Antoine I^efebvre.— (6) M. Alphonse Goyctte. (7)— M. Julien I^uc— (8) M. H. Bourgie.— (9) M. L. Vachon.— (10) M. A.
Doutre.— (11) M. D. Masson. —(12) L'Hon. Ls Renaud.— (13) M. J.-E. Leduc— (14) M. C. Hamel.
Beauharnois commercial et industriel
211
II
I
GROUPE D'HOMMES D'AFFAIRES DE BEAUHARNOIS
(DL'Hon. Sénateur A.-A. Thibaudeau.— (2) M. J.-G. Léonard.— (3) M. T. Beffre.— (4) M. J.-O. Carignan.— (5) M. L.-Z. Leduc.
— 6) M C.-O Dupuis— (7) M. I. Dagenais.— (8) M. H. Roy.— (9) M. J. Marchand.— (10)M. H. Roy.(ll) M. Albert Leeault.
— (12)M. I. Charast.— (13) M. J.-E. Daignoault.— (14) M. Ph. Bourgie.— (15) M. E. Doutre.- (16) M. A. Leduc— (17) M. N.
Marleau.- (18) M. J.-B. Roy.— (19) M. J. Portier.— (20) M. A. Cartier.— (21) M. R. Miron.— (22) M. D. Gendron.— (23) M.
E. Manny.— (24) M. Ad. Robert.— (25) M. E. Dickner.— (26) M. W. Ross.- (27) M. U. Charrette,- (28) M. F.-X. Leduc—
(29) M. F. Robinault.
Beauhaenois commercial et industriel
213
GROUPE D'HOMMES D'AFFAIRES ENFANTS DE BEAUHARNOIS
(1) M. C.-H. Branchaud.— (2) M. Arthur-L. Branchaud.— (3) M. E.-A. Robert.— (4) M. Hercule Mailloux.— (5) M. René
Marchand.— (6) M. Antoine Gariépy.- (7) M. W. Rééd.— (8) M. Raoul Marchand.— (9) M. G. Leduc.— (10) M. L.-J.-A.
Surveyer. — (11) M. G. Caverhill.
Beauharnois commercial et industriel
215
Carignan (magasin général) (1864); J.-G.
Léonard (1890) (épiceries et ferronneries);
Orner Marchand (marchandises sèches et
épiceries) (1889); J.-N. Marchand (mar-
chandises sèches pour hommes) (1915);
J. Lawande (1913); Mde W. Bourdon
(marchandises sèches) ; C.-O. Dupuis, (meu-
bles et garage); Jos. Daignault (1915);
Jos. Fortier, J.-A. Legault (épiceries); J.-
H. Roy (chaussures et cordonnerie); J.
Deschamps (cordonnerie); J. Tessier, L.
Marchand (marchands-tailleurs); Mde W.
Bourdon, Mde A. Êmard, Melle B.
Huot (modistes); J.-A. Robert, T.
Beffre, Melle R. Faubert, Madame F.-
X. Leduc et J. Payer (restaurateurs);
J.-B. Primeau, A.-O. Primeau, C. Martin,
R. Leduc, (bouchers) ; L. Brière, Z. Gervais,
R. EUice (hôteliers) ; C. Crevier (marchand
de liqueurs); Dupuis et Cartier, Langlois
et Groulx (garages pour automobiles);
Arthur Leduc, F.-X. Leduc, N. Duquette,
E. Dickner, J. Dagenais, Nareau & Pois-
sont (commerçants); O. Gendron, A. Li-
moges, F. Robinault, J.-B. Mathieu (fer-
blantiers); A. Mathieu, W. Bourdon, A.
Groulx (forgerons); I. Charest (bijou-
tier) ;*" L. Renaud, W. Lefebvre, P. Bourgie,
A. Bourgie (charretiers); A. Hébert, E.
Harvey, Faubert & Morrisseau (barbiers).
Plusieurs voyageurs de commerce ont
aussi leur résidence à Beauharnois, tels les
voyageurs de la maison Kilgour et MM.
(1) Avant M. Charest, Beauharnois avait eu comme
bijoutier Fred Hitchins, de 1855 à 1911.
(2) C'est des ateliers de M. Gendron que sont sorties la
grande majorité des photographies qui sont reproduites dans
ce volume; le travail a été remarqué des experts de la maison
de photogravure Mortimer, d'Ottawa.
(3) Messieurs Branchaud sont les fils de feu Mtre Moïse
Branchaud, C.R.
(4) Fils de feu J.-B. Robert, meunier.
(6) Fils de M. Mailloux, ancien maltre-éclusier.
J.-B. Roy, A. Proulx, 0. Duquette, A.
Hébert.
Une mention spéciale est due à notre
photographe local, M. Elie Gendron; avant
lui, nous avons eu, entre autres, à Beau-
harnois, les photographes Poissant, Willis,
J.-B. Roy, 0. Laplante; M. Gendron a
acquis une réputation des plus enviables et
parfaitement méritée.*^'
En terminant cette courte esquisse de la
vie commerciale de Beauharnois, il est juste
de rappeler les noms de quelques financiers
de marque, qui se réclament de Beauharnois
comme de leur paroisse: Messieurs Charles
H. Branchaud, de la maison de change
Beaubien, de Montréal, et son frère Arthur,
banquier;"* Monsieur E.-A. Robert,'*' an-
cien gérant de la Dominion Woolen Mfg.,
et actuellement président de la Compagnie
des Tramways de Montréal; Monsieur Her-
cule Mailloux,'^' gérant de la Compagnie
de meubles St. Lawrence, de Fraserville,
P.Q. ; Messieurs René et Raoul Marchand,'"'
gérants de banque, l'un à Drummondville,
l'autre à Saint-Jacques l'Achigan; Mon-
sieur Walter Reed,'^' M. P. P. pour l'Assomp-
tion; Monsieur F.Gustave Leduc,'*' gérant
du bureau-chef de la Banque d'Hochelaga,
à Montréal; Monsieur L.-J.-A. Surveyer,'"
fondateur de la maison de quincaillerie
montréalaise du même nom; Monsieur G.
Caverhill,'"" chef de la maison Caverhill, de
Montréal; Monsieur Antoine Gariépy, ban-
quier de Montréal.
(6) Fila de M. Achille Marchand, banquier de Victoriaville.
(7) Fils de feu Walter Rééd. Est entrepreneur général et a
été maire de Maisonneuve; est député depuis 1908.
(8) Fils de M. Ferdinand Leduc, de la maison Leduc &
Fortin.
(9) Fils de feu le Dr Jos. Surveyer, de Beauharnois, père de
l'Honorable Juge Edouard Fabre-Surveyer.
(10) Fils de .T. Caverhill, ancien marchand à Beau*
harnois.
Vie sociale
217
CHAPITRE SEPTIÈME
Vie sociale
QUELQUES ÉVÉNEMENTS— QUELQUES DATES
OUS voudrions ici, enregis-
trer certains faits notables
de l'histoire locale, relatifs à
l'histoire civile; ils n'ont pu
trouver place dans les cha-
pitres précédents, et toute-
fois il serait injuste de les oublier.
Villégiature. — Depuis longtemps, Beau-
harnois est un centre important de villé-
giature; de nombreux touristes viennent,
chaque année, passer les mois d'été sur les
bords du lac Saint-Louis; depuis surtout
que Beauharnois est relié à Montréal par
le chemin de fer du N. Y. C, cet aspect de
la vie sociale s'est constamment accentué.
La beauté du site, l'abondance du poisson*')
et du gibier attirent justement les citadins.
Les visiteurs s'établissent depuis Maple
Grove jusqu'au Buisson; je note, parmi nos
villégiaturistes, les familles E.-A. Robert,
Sénateur Thibaudeau, L. Rodier, J.-B. Bon-
homme, Achille Bergevin, Gustave Leduc,
Alfred Léger, Antoine Gariépy, etc.
Beauharnois sportif. — Il est juste de noter
l'aspect sportif de Beauharnois. Concou-
(1) Dès 1714, l'arpenteur Catalogne, dans sa description
des seigneuries, parle de la rivière Saint-Louis, comme
"abondant en poisson, surtout en saumon." — (Girouard:
"Supplément lo Lake St. Louis," p. 378.)
rent à donner un certain relief à ce côté de
la vie sociale: un club de balle au camp,
l'Idéal, qu'une longue série de victoires a
placé en vedette; des clubs de gouret; des
courses de chevaux; des parties de tir; des
régates, qu'une bonne organisation a rendues
populaires dans toute la province; surtout
le Club de Pêche et de Chasse fondé en 1901
par Messieurs R. Miron, Aimé Leduc, Geo.
Hains, Jos. Tessier, C.-O. Dupuis, J.-A.
Poissant, Thomas Brossoit, Euclide Lari-
chelière. Moïse Hébert, L.-P. Cloutier, W.
Olivier, Octave Laurin et d'autres. Le
Club possède l'île Saint-Joseph, achetée
en 1909, des Révérendes Sœurs Grises de
Chateauguay. Les officiers, en 1920, sont:
MM. Raoul Miron, président, C.-O. Dupuis
vice-président, J.-A. Cartier, secrétaire-
trésorier; le comité de régie se compose de
MM. L.-Z. Leduc, J.-C. Trudeau, W. Oli-
vier, W. AUard et H. Roy; le club a 70
membres.
Nos journaux. — Beauharnois a eu quatre
journaux qui parurent de 1867 à 1884. Le
premier, le Courrier de Beauharnois, fut
fondé en 1867 par J.-N. Camyré, qui en
était à la fois le propriétaire et le rédacteur;
en 1875, ce journal devint la propriété de
l'avocat Athanase Branchaud, qui en fut
le rédacteur.
218
Histoire civile de Beauharnois
En 1872, au Courrier succéda l'Echo de
Beauharnois, dont le propriétaire-rédac-
teur était l'avocat Thomas Brossoit. Le
Courrier de Beauharnois est devenu le
Progrès de Valleyfield.
Quelques années plus tard parut l'Avenir
de Beauharnois, dont les rédacteurs furent
M. Morrissette, ancien maître d'école à
Beauharnois, celui qui est devenu l'Hon.
Juge L.-A. Prud'homme (1875-1877), et
d'autres rédacteurs volontaires.
Vers 1883, à l'Avenir succéda le Drapeau
de Beauharnois, ayant comme propriétaire
J.-B. Cadieux de Courville, et comme rédac-
teur l'avocat L.-A. Seers, C.R.
Et cela nous rappelle encore quelle belle
période d'histoire fut pour Beauharnois
l'époque 1861-1885. Nous avons déjà vu
quelle prospérité matérielle atteignit alors
Beauharnois; nous avons vu aussi qu'un
cercle littéraire entretenait une vie intellec-
tuelle intense; joignons à cela les journaux,
et la présence d'un bon nombre d'hommes
de profession instruits constituant une
société d'élite, et nous aurons quelque idée
de ce que fut un jour Beauharnois.
Nos hommes de profession. — En traitant
de Beauharnois judiciaire, nou^ avons men-
tionné les avocats de Beauharnois.
Les notaires ont été Louis Sarault,^^^ de
1806 à 1861 ; Ovide Leblanc, de 1822 à
1845; Louis Hainault,''> de 1838 à 1874;
(1) Avant le notaire Sarault, il n'y eut pas de notaire à
Beauharnois même; tout à côté, à Chateauguay, était le
notaire Gaucher. Le notaire Sarault, dans sa longue carrière
de 55 ans de pratique professionnelle, a été mêlé de très près
à la vie paroissiale de Beauharnois.
(2) Le notaire Hainault, après la rébellion de 1838, fit
partie de la milice, et devint shérif; il est mort ^subitement,
pendant la messe, en 1880; c'est une figure de premier plan
dans l'histoire locale.
(3) Le notaire Léonard est le père de M. J.-G. Léonard,
ex-maire et marchand de Beauharnois.
(4) Le notaire de Martigny établit à Beauharnois la
Banque des Marchands et fut régistrateur.
Joseph Léonard,<=" de 1847 à 1887; Vite
A. Lemoyne de Martigny,'** de 1848 à
1876; François-Clovis Bazinet, de 1848 à
1892; Jean Gualbert Longpré, de 1852 à
1863; Joachim Brossoit, en 1861; Elle Her-
cule Bisson,«> de 1860 à 1898; Jos. Mayer,'*»
de 1864 à 1876; Jean-Marie Philorum
Prud'homme, 1881-1882; M. Garand, 1895.
Depuis 34 ans, M. le notaire L.-C. Tassé est
notaire à Beauharnois; il est maire de la
ville, secrétaire-trésorier de la Commission
Scolaire de la ville et a été, pendant 29 ans,
secrétaire de la ville. Depuis 22 ans, M. le no-
taire J.-C. Trudeau est à Beauharnois, où il a
succédé à M. le notaire E.-H. Bisson. M. Tru-
deau est agent de la Seigneurie de Beauhar-
nois et directeur de la Beauharnois Electric
Coy'
D'après les recensements, en 1831, Beau-
harnois a trois notaires, 3 en 1842, 5 en
1851, 5 en 1861, 6 en 1871, 3 en 1881, 4 en
1891, 2 en 1901, 2 en 1911.
Les notaires nés à Beauharnois sont
Louis Hainault, Joachim Brossoit et M.
Louis Guimond, pratiquant actuellement à
Mont-Laurier.
Nous n'avons pu nous procurer les dates
exactes de présence de nos médecins locaux;
voici, du moins, quelques notes. Le premier
que l'on connaisse avec certitude est C.
Fleming, qui mourut en 1832, victime de
l'épidémie de choléra, et fut remplacé par le
docteur L.-H. Masson; entre 1840 et 1849,
est à Beauharnois le Dr Joseph Surveyer;**'
(5) Fut député au parlement provincial et protonotaire.
(6) Fut régistrateur du district pendant au-delà de 30 ans.
(7) Une Chambre locale des notaires (District de Beau-
harnois) fut constituée en 1860; le président en était le
notaire Charles-M. Lebrun, le secrétaire J.-G. Longpré, le
syndic J.-B. Scott, et les autres membres, Mtres G.-A.
Beaudry, Louis Beaudry, J. Léonard, A.-L. de Martigny,
Louis Gervais, Alexis-R. Bisson, Moïse Garaud, J.-A. Massé.
Mtre M. Garand pratiqua quelque peu à Beauharnois, vers
1896.
(8) Le Dr J. Surveyer était le père de L.-J.-\. Surveyer, qui
tint l'un des plus considérables commerces de ferronneries
de Montréal, et grand-père de l'Hon. Juge E. Fabre-Sur-
veyer.
Vie sociale
219
GROUPE D'ANCIENS PROFESSIONNELS DE BEAUHARNOIS
(1) M. J.-G. Laurendeau, C.R.— (2) Dr H. Roy.— (3) F.-C. Bazinet, N.P.— (4) Dr J. Surveyer.— (5) Dr A.-T, Côté.— (6) Dr M.
Sabourin.— (7) J. I^onard, N.P.— (8) J.-K. EUiott.— (9) L,-A. Seers, C.R.— (10) Dr P.V-B. de Boucherville.— (11) Dr H. Hervieux.
—(12) P.-C. Duranceau.— (13) J.-B.-R. Laplante.— (14) J.-G. Longpré, N.P.— (16) J. O'Sullivan, I.C— (16) Dr A. R. Primeau.
(17) Hon. Juge L.-A. Prud'homme.- (18) J. Mayer, N.P.
Vie sociale
221
GROUPE D'HOMMES DE PROFESSION NÉS A BEAUHARNOIS
(1) Le Dr J.-B. Bonnier — (2) L'avocat Ath. Branchaud. — (3) L'avocat T. Brossoit. — (4) Le Dr F. Leduc. — (5)L'avocat N. Brossoit.
— (6) Le Dr Louis Fortin. — (7) Le Dr G. Guimond. — (8) L'avocat John Sullivan. — (9) Le Dr H. Charlebois. — (10) L'avocat
Joseph Doutre.— (11) L'avocat W.-A. Baker.— (12) L'avocat M. Branchaud. — (13) Le Dr J. Laberge. — (14) Le Dr Alfred
BroBBoit. — (16) L'avocat O. Goyette. — (16) L'ingénieur civil B. Roy. — (17) Le notaire L. Guimond.— (18) Le notaire L. Hai-
nault.— (19) L'Hon. juge H.-A. Goyette.
Vie sociale
223
NOS HOMMES DE PROFESSION
MM (1) I« docteur A. De8gro8eimers.-(2) Le notaire J.-C. Trudeau.-(3) L'ingénieur civil D. Manny.-(4) Le Dr A. Boyer, M.V.
-(5) Le Dr A. Duquette.-(6) L'avocat T. Fortin.-(7) Le Dr G. Huot.-(8) Le notaire L.-C. Tassé.-O) L'avocat P. Mer-
cier.— (10) Le dentiste J. Huot.
Vie sociale
225
au recensement de 1851, le Dr Charles
O'Doherty, catholique, est à Beauharnois;
depuis lors, Beauharnois a eu les docteurs
Gernon, Moïse Sabourin, décédé en 1866;
E. Dansereau, Philéas de Boucherville,*" de
1866 à 1890; A.-R. Primeau (1866-1888);
C.-L. de Martigny; F. Perreault; Alfred
Brossoit; Philémon Laberge; vers 1890, le
Dr Henri Hervieux;"' en 1847-1853, les
du Dr de Boucherville, à Beauharnois vers
1892; Alfred Brossoit, 1875-1901; le Dr
Létourneau, décédé en 1916; le Dr Paré,
qui maintenant est médecin à Saint-Louis-
de-Gonzague. Nos médecins, actuellement,
sont M. le Dr G. Huot, qui exerce sa pro-
fession à Beauharnois depuis une trentaine
d'années; M. A. Desgroseilliers, depuis une
vingtaine d'années, et M. A. Duquette,
L'HARMONIE DE BEAUHARNOIS
(En 1919)
docteurs Cartier et Lafleur, qui furent
victimes de l'épidémie; J.-R. Tranchemon-
tagne; le Dr A.-T. Côté, décédé il y a une
dizaine d'années; le Dr Hercule Roy, gendre
(1) Le Dr P.-V.-B. de Boucherville était fils du Seigneur
de Boucherville.
(2) Le Dr Henri Hervieux, après quekjues années de pra-
tique à Saintc-Philomène et à Beauharnois, devint professeur
de matière médicale à l'Université Laval, puis de patholode
interne; à sa mort, en janvier 1913, il était président des
médecins de langue française de l'Amérique du Nord.
depuis cinq ou six ans; M. J. Huot, dentiste,
et M. A. Boyer, M.V.
Quelques médecins sont originaires de
Beauharnois: le Dr Alfred Brossoit, décédé;
Henri Cayley, décédé; le Dr Jules Laberge,
décédé; le Dr L. Fortin, pharmacien, dé-
cédé; Messieurs les docteurs Omer Gui-
mond, de Chicopee Falls, J.-B. Bonnier, de
Montréal, Fernand Leduc, de Montréal,
226
Histoire civile de Beauharnois
Jules Huot, dentiste, de Montréal, J. El-
liott, M.V.
Parmi les ingénieurs et arpenteurs, je
relève, pour Beauharnois, Francis Winter,
au commencement du XIXème siècle; plus
tard, en 1833, Robert Hayle et Charles
Archambault sont experts pour l'évaluation
des terres; vers le même temps, Nahum
Baker et James Milne, un peu plus tard
Charles Manuel et David Levington; plus
tard, vers 1875-1880, J.-H. O'SuUivan est à
Beauharnois; en 1920, un enfant de Beau-
harnois, M. David Manny est ingénieur-
arpenteur. M. l'ingénieur de Boucher-
ville Roy, d'Ottawa, fils de feu le Dr Her-
cule Roy, est né à Beauharnois en 1892.
Sociétés de secours mutuel. — Plusieurs so-
ciétés de secours mutuel ont une succursale
à Beauharnois, entre autres la Saint-Jean-
Baptiste, les Forestiers Catholiques, l'Alliance
Nationale, l'Union Saint-Pierre, la CM.
B.A., les Forestiers Catholiques, les Fores-
tiers Indépendants. Il y a aussi un groupe
considérable de Chevaliers de Colomb; jus-
qu'à présent, les membres de Beauharnois
appartiennent au Conseil de Valleyfield.
La fanfare. — Beauharnois a une fanfare,
l'Harmonie de Beauharnois, organisée vers
1905, à la demande de Monsieur le Curé
Nepveu, par un groupe de paroissiens, pour
donner plus d'éclat aux fêtes rehgieuses:
processions de Fête-Dieu, de cimetière, et
visite pastorale. La fanfare a paru en
public, pour la première fois, le jour de la
Fête-Dieu de 1906, et a toujours, depuis
lors, accompagné le T. S. Sacrement dans la
grande procession. Les instruments de
musique, achetés d'abord par les souscrip-
tions des citoyens, réparés et renouvelés à
même les revenus de la fanfare, sont main-
tenant la propriété du Club de Chasse et de
Pêche de Beauharnois.
Notre corps de musique a figuré avan-
tageusement dans la procession finale du
Congrès Eucharistique de Montréal, en
septembre 1910. Le professeur Albert
Contant, qui en était alors le directeur,
avait composé et a fait exécuter une
Marche du Congrès qui lui valut des féUci-
tations de musiciens marquants.
Aux fêtes du Centenaire, en juin 1920,
notre Fanfare obtint de nouveau un grand
succès.
Baillis. — Le 18 mars 1773, nomination,
à Beauharnois, de trois baillis: François
Hébert, Jacques La Jambe et Jean Le
Bœuf. En 1829, J.-B. Branchaud est
bailli, et en 1839 John Bryson.
Fonctionnaires du service civil fédéral. —
Plusieurs fonctionnaires du service civil
fédéral, à Ottawa, sont originaires de Beau-
harnois: MM. L.-G. Roy, Chambord Bau-
dry, A. Robert, Olier Prud'homme, C-R.
D'Aoust.
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Centenaire de Beauharnois
229
TROISIÈME PARTIE
Le Centenaire
"La mode est aux centenaires en notre bonne
province de Québec. On en célèbre beaucoup
depuis quelques années, et c'est une heureuse
idée; car c'est une occasion toujours de se
recueillir et de tirer du passé d'excellentes
leçons."^'^
C'est cette occasion que voulut offrir à
ses paroissiens M. le curé de Beauharnois,
quand il songea à célébrer par de grandes
fêtes le centenaire de Saint-Clément. Il
lui parut qu'à Saint-Clément, comme en
maint autre endroit de la province, les
fidèles aimeraient à se recueillir et à entendre
rappeler leur passé paroissial; ne serait-ce
pas, en outre, une incomparable occasion
pour les anciens de Beauharnois, d'y reve-
nir saluer leurs parents et leurs amis et d'y
prier sur la tombe de leurs défunts? Et
voilà pourquoi, plusieurs années à l'avance,
Monsieur le Curé projeta des fêtes de
centenaire /^^
Tout ce que l'on peut dire d'un centenaire
se groupe sous deux titres: la préparation
et les fêtes du centenaire; ce seront aussi
les deux chapitres de cette troisième partie
de notre histoire.
(1) Paroles de M. l'abbé E.-J. Auclair, dans la Revue Cana-
dienne d'août-septembre 1920, à propos du sermon prononcé
aux fêtes du centenaire par Monsieur l'abbé J.-D. Nepveu,
Ph. Th. D., curé de Saint-Anicet.
(2) Exactement, c'est le centenaire de la nomination du pre-
mier prêtre ayant résidence à Beauharnois, que l'on a célébré
en jum dernier. La date exacte eût été octobre 1919. Mais
les travaux de restauration de l'éghse paroissiale n'étant pas
terminés et la saison d'automne ne se prêtant pas toujours à
de telles manifestations, les fêtes furent remises à l'été de 1920.
230
Centenaire de Beauharnois
Salut au Centenaire
(1)
Tout un siècle a passé sur ma ville chérie;
Ces cent ans font deuicfois la longueur de ma vie.
Toujours mon Beauharnois se mire au bord du lac
Que sillonnent l'esquif, le navire et le yacht.
C'est ma ville au passé théâtral, romantique,
Où l'enfant naît rêveur, et doux, et poétique;
Il y grandit heureux, admirant tous les jours
Le Saint-Laurent qui passe et repasse toujours.
Que ma ville est jolie! On la dit immortelle.
Serein, son cimetière est tout vivant comme elle;
L'ancêtre y repose sous un doux va-et-vient
De l'ami qui espère, et croit, et se souvient.
Ton esprit triomphant des âges séculaires,
Invite les Anciens aux fêtes centenaires.
Berceau de mon enfance, 6 tombeau des aïeux.
J'ai gardé pour vous seuls mon amour et mes vœux!
W. A. Baker.
(1) Un enfant de Beauharnois, Monsieur l'avocat W.-A. Baker, C.R.,
de Montréal, a bien voulu préparer ce Salut au Centenaire.
Préparation du Centenaire
231
CHAPITRE PREMIER
La Préparation du Centenaire
'EST vers 1916 que Monsieur
le curé Nepveu commença
non à penser au Centenaire —
depuis longtemps il en était
question — mais à le préparer.
Ce n'était pas trop, pensait-
il, de trois ans, pour exécuter tous les tra-
vaux qu'il projetait; et il avait raison: à la
date exacte du centenaire, en 1919, tout
n'était pas terminé, et l'on dut reculer,
jusqu'à juin 1920, la célébration de cet
événement.
Dans la préparation du centenaire, l'on
peut distinguer deux phases, la préparation
lointaine et la préparation prochaine; elles
fournissent la matière de deux articles
distincts.
ARTICLE PREMIER— PRÉPARATIFS ÉLOIGNÉS
Trois faits ont préparé le centenaire, dont
deux dus à la prévoyante sollicitude du
curé de Beauharnois, et l'un à la bienveil-
lance de Monseigneur l'évêque du diocèse
de Valleyfield. Les deux premiers sont
l'Histoire de Saint-Clément et les travaux
de restauration des édifices paroissiaux;
le troisième est le canonicat de Monsieur
le curé Nepveu.
Histoire de Beauharnois
Depuis longtemps, notre curé rêvait
d'une histoire de la paroisse de Saint-
Clément; dès les premiers mois de son
arrivée à Beauharnois, il avait, avec Mon-
sieur le vicaire J.-E. Gauthier, recueilli et
classé beaucoup de notes sur le passé de
Saint-Clément; un peu plus tard, il avait
reçu de feu Monsieur l'abbé C.-A. Santoire,
alors curé de Saint-Louis-de-Gonzague, un
Précis historique sur la Seigneurie de Beau-
harnois; le centenaire parut être une bonne
occasion pour exploiter ces richesses docu-
mentaires, et la tâche honorable d'écrire
l'histoire de Saint-Clément fut confiée à un
enfant de la paroisse. La compagnie de
papier Howard Smith facilita le projet en
donnant tout le papier nécessaire.^" Tout
d'abord l'on songea à faire paraître cette
histoire à la date même des fêtes du cen-
tenaire; plus tard, il parut préférable d'in-
sérer le récit des fêtes, et voilà pourquoi
ce volume ne paraît qu'à la fin de 1920.
Que les paroissiens de Saint-Clément
n'oublient pas que si quelques pages de leur
histoire sont pubUées, ils le doivent à la géné-
rosité de leur curé actuel, qui n'a pas craint
d'assumer les risques considérables de cette
entreprise!
Restauration de l'église^^)
Monsieur le Curé pensa, en outre, que
pour les fêtes du centenaire, il conviendrait
de donner à l'église paroissiale une déco-
Ci) Notre plus grande gratitude est due et assurée à la
HoxDord Smith pour ce don magnifique.
(2) Nous avons raconté plus haut le détail de ces travaux.
232
Centenaire de Beauharnois
ration nouvelle et de faire certaines amélio-
rations; il y avait au-delà de quarante-cinq
ans que la voûte de l'église avait été décorée,
et au-delà de soixante que le sanctuaire
avait été doré par l'artiste Manny; sur tous
ces travaux le temps avait déposé beaucoup
de poussière, et l'église n'avait pas la clarté
désirable. Une restauration complète fut
décidée et a été exécutée; et quand, le matin
du 15 juin dernier, les anciens de Beauhar-
nois franchirent le seuil de leur église, ils
furent agréablement surpris de se trouver
dans un temple décoré avec goût, presque
dans une église neuve; à l'intérieur, il
faisait clair; les lignes d'architecture étaient
mieux mises en relief; au centre une grande
allée, libre de bancs, conduisait à une riche
table de communion, et au-delà, à un
sanctuaire pavé en marqueterie; de beaux
tableaux sollicitaient, de la voûte, le regard
du fidèle; et lés anciens surent bientôt que
la joie de se trouver dans un si beau temple
était due à la générosité des paroissiens et
à l'inlassable ténacité et à l'habileté admi-
nistrative du curé/'^
Tout à côté de l'église est le presbytère;
les paroissiens ont tenu à ce que la rési-
dence de leurs prêtres fût propre pour les
grandes fêtes du centenaire; à cet établisse-
ment comme à l'église, d'importantes répa-
rations ont été faites, grâce à la générosité
des marguilUers.
Ces travaux ont grandement contribué
à assurer le succès des fêtes du 14 et du 15
juin 1920; nous, les anciens de Beauharnois,
nous nous sommes sentis plus attachés à
notre paroisse d'origine en retrouvant si
beaux les établissements qui en sont le
centre religieux.
Canonicat de Monsieur le Curé Nepveu
En janvier 1920, Sa Grandeur Mon-
.seigneur l'évêque de Valleyfield créait un
Chapitre de chanoines; au nombre des
chanoines élus était Monsieur l'abbé Théo-
dule Nepveu, Curé de Beauharnois et
Vicaire Forain. Les paroissiens de Saint-
Clément comprirent que l'honneur fait
à leur curé rejaillissait sur la paroisse et ils
tinrent à l'attester solennellement. Ils ri-
valisèrent d'entrain pour offrir, en don, au
nouveau chanoine, une partie des insignes
de sa nouvelle dignité. En outre, ils vou-
lurent lui faire fête. Voilà pourquoi, le
dimanche qui suivit la cérémonie d'ins-
tallation des chanoines à Valleyfield, c'est-
à-dire, le dimanche de la Quasimodo 1920,
ils se rendirent processionnellement au
presbytère et conduisirent le curé-cha-
noine à l'église; là, il y eut adresse, offrande
d'une bourse, et le nouveau dignitaire
ecclésiastique officia à la messe solennelle.
Pour les fêtes du centenaire de la paroisse,
c'était une belle préparation.
ARTICLE SECOND— LES PRÉPARATIFS IMMÉDIATS
Nous entendons par préparatifs immédiats
tout ce qui a été fait directement et offi-
ciellement en vue de la célébration du
Centenaire.
Comités d'organisation —
Les 8 et 15 février 1920, au prône de la
messe paroissiale, Monsieur le Curé convo-
quait une assemblée des francs-tenanciers
de la paroisse pour délibérer sur l'organi-
sation de fêtes pour le centenaire de Saint-
Clément. A l'issue de la messe, le 15
février, les francs-tenanciers convoqués se
réunissaient à la sacristie, et il était pro-
cédé comme suit:
(1) Ces travaux ont été faits par souscriptions volontaires, par
organisations (tombolas) et par des recettes ordinaires plus
considérables.
Préparation du Centenaire
233
"M. J.-G. Léonard, secondé par M. Fer-
dinand Leduc, propose que Monsieur le curé
de cette paroisse soit nommé président de
cette assemblée. Adopté unanimement.
" M. J.-G. Léonard, secondé par M.
Ferdinand Leduc, propose que M. Raoul
Miron soit nommé secrétaire. Adopté una-
nimement."
Après pourparlers et délibérations, il fut
décidé qu'un comité devrait être formé
pour s'occuper de l'organisation générale de
la fête du centenaire, et M. J.-G. Léonard,
secondé par M. Delvini Gendron, proposa
que les personnes ci-après nommées for-
massent ce comité, savoir: M. le curé Théo-
dule Nepveu; MM. L.-C. Tassé, N. P.,
maire de la ville de Beauharnois; Benja-
min Vinet, maire de la paroisse Saint-
Clément; Auguste Hébert, maire de la
ville de Maple Grove; Euclide Montpetit,
maire du village du Lac Saint-Louis; Jo-
seph Lebœuf, président de la Commission
scolaire de Saint-Clément; J.-E. Dussault,
marguillier en charge; Jean-Baptiste Boyer
et Joseph Gendron, marguilliers du Banc de
la Fabrique de la dite paroisse. A ce comité
général on donnait "le pouvoir de former
des sous-comités et de s'adjoindre toute
personne qu'il jugera nécessaire." Cette
assemblée paroissiale du 15 février 1920
est le premier acte officiel de la paroisse
en vue de la célébration du centenaire.
Le deuxième est du 29 février. Au pres-
bytère, ce jour-là, se réunissaient les mem-
bres du Comité général d'organisation. Il
fut décidé, à l'unanimité, que Monsieur
le Curé serait le président honoraire, M. le
maire Tassé président actif, et M. Raoul
Miron secrétaire du Comité. Il fut ensuite
décidé, sur proposition de M. Joseph Le-
bœuf, secondé par M. Joseph Gendron, que
les sous-comités suivants seraient nommés:
Comité de Réception —
Monsieur L.-C. Tassé, président; le R.
Fr. Croisetière, et MM. J.-E, Dussault,
Ferdinand Leduc, J.-C. Trudeau, L.-Z.
Leduc, J.-B. Roy, Isaïe Dagenais, Dr G.
Huot, Dr A. Duquette, H.-C. Courtney.
Comité des Finances —
Monsieur Benjamin Vinet, président;
MM. Jos. Lebœuf, Jos. Gendron, J.-B.
Boyer, Auguste Hébert, Jérémie Bougie,
Donat Dagenais, Dr A. Desgroseillers,
J.-O. Carignan, A. de Laplante, Euclide
Montpetit, Théodule Olivier.
Comité de la Presse —
Monsieur l'abbé D. Saint-Aubin, vicaire,
président; MM. Pamphile Laplante, Tan-
crède Fortin, Paul Mercier.
Comité des Amusements —
Monsieur l'abbé J.-O. Delisle, vicaire,
président; MM. Raoul Miron, H. Roy,
Aimé Leduc, Emery Poirier, Joseph Lau-
rin, R.-N. Sévigny, Dr A. Boyer, Ferd.
Faubert, Arthur Leduc, Armand Thibert.
Il était, en outre, décidé que tous ces
comités devaient agir avec l'assentiment
du Président Honoraire, Monsieur le Curé
T. Nepveu.
Le 9 mars, les comités commencent, à la
salle Vachon, le travail d'organisation des
fêtes. L'on décide que Monsieur le Curé
fera partie de tous les Comités; que le ban-
quet du 15 juin aura lieu sur le terrain que
les Révérendes Sœurs Grises de l'Hospice
veulent bien offrir à cette fin; que le prix du
billet pour le banquet sera de $5.00; que
Messieurs Armand Thibert et J.-O. Ca-
rignan iront à Montréal pour louer la
234
Centenaire de Beauharnois
vaisselle nécessaire au banquet; que M.
Armand Thibert sera le trésorier du Comité
général.
Le 17, le 22 et le 28 mars, le Comité de
Réception, après avoir constaté qu'il ne
peut guère s'occuper de la préparation du
banquet, en donne le contrat aux restaura-
teurs montréalais Kerhulu et Oudiau.
Quelques jours plus tard, le Comité re-
tient les services d'orchestre d'un groupe
d'artistes diocésains de Valleyfield, sous la
direction de M. le professeur Arthur Frap-
pier.
Le Comité fixa aussi le programme des
fêtes, choisit les orateurs du banquet et de
la soirée du 15 juin, détermina le parcours
de la promenade de la soirée du 14 juin;
en un mot, il s'occupa de toute la prépara-
tion des fêtes, moins ce qui ressortissait
plus spécialement au Comité des Amuse-
ments et à celui de la Presse.
Parmi les invités du Comité, plusieurs,
qui ne purent assister aux fêtes du Cente-
naire, tinrent à s'excuser en termes très
sympathiques: les ministres du cabinet
provincial devaient avoir, le jour de la fête,
une importante réunion qui rendait im-
possible leur présence à Beauharnois; des
députés des comtés voisins étaient retenus
à Ottawa par leurs obUgations parlemen-
taires.
Le 12 mai, l'Honorable Sénateur A. -A.
Thibavdeau, un paroissien de Saint-Clé-
ment, regrettait qu'un voyage en France le
privât du plaisir d'être à Beauharnois le
15 juin.
L'Honorable Athanase David, secrétaire
provincial, avait espéré être à Beauharnois
le 15 et avait accepté d'y parler; quelques
jours avant les fêtes, il dut renoncer à ce
projet et exprima au Comité ses "vifs re-
grets de ne pouvoir assister à la célébration
du centenaire."
Le 1er juin, l'Honorable Juge P.-B.
Mignault, de la Cour Suprême du Canada,
s'excusait de ne pouvoir assister aux fêtes
du Centenaire à cause des devoirs de sa
charge, qui devaient le retenir à Ottawa, le
jour du 15 juin. Il ajoutait ces quelques
lignes: "Bien des souvenirs nous rattachent
à la paroisse de Beauharnois et à son église.
Pour ma femme, c'est le lieu de sa naissance;
pour moi-même, c'est celui de mon mariage
que bénit le vénérable curé Lussier, de
sainte mémoire."
Messieurs J.-W. Kilgour et James Wilson,
deux vieux citoyens anglais de Beauharnois,
regrettaient "that they will not be able to
be présent at the célébration of the Cen-
tennial."
Parmi les laïques, des hommes de marque,
tels que l'Honorable Honoré Mercier, l'Ho-
norable Juge W. Mercier, Messieurs les dé-
putés L.-J. Papineau et A. Bergevin, les
ex-députés A. Plante et E.-A. Robert, M.
Edouard Montpetit, secrétaire-général de
l'Université de Montréal, Messieurs les
avocats W. Poitras, John Sullivan, Tan-
crède Fortin, Paul Mercier, M. Howard
Smith, président de la compagnie de papier
du même nom, acceptaient l'invitation et
devaient, par leur présence et leurs paroles,
donner aux fêtes du 15 juin un éclat plus
grand.
Le Comité avait laissé à Monsieur le curé
Nepveu le soin d'inviter les personnages
ecclésiastiques.
Il va sans dire que Mgr l'Évêque de
Valleyfield avait été le premier invité. Mis
au courant du projet des fêtes du centenaire,
il l'avait béni et encouragé, et lui avait pro-
mis son concours. Il avait permis tous les
travaux de restauration de l'église, en vue du
Préparation du Centenaire
235
centenaire. D'autre part, il avait approuvé
le projet de l'Histoire de Beauharnois et
avait exprimé le désir qu'on y insérât le
récit des fêtes du 14 et du 15 juin. Cette
paternelle bienveillance et cette bénédic-
tion du Pasteur assuraient aux fêtes du
Centenaire un succès qui ne fit pas défaut.
Monseigneur J.-C. Dorais, P.A.V.G., ren-
dit de grands services au Comité des Fêtes,
qui ne recourut pas
en vain à sa bien-
veillance et à son
expérience.
Plusieurs invités
s'excusèrent en ter-
mes non moins sym-
pathiques que ceux
des laïques.
Monseigneur l'ar-
chevêque d'Ottawa,
S.G.MgrC.-//.(?aw-
thier, faisait répon-
dre au curé de Beau-
harnois, par son se-
crétaire: "Sa Gran-
deur est bien tou-
chée de votre dé-
marche et vous re-
mercie cordialement
pour cette délicate
attention de votre
part; malheureuse-
ment, Monseigneur
ne peut accepter d'ê-
tre présent à vos belles fêtes. Sa tournée
pastorale est déjà annoncée. Sa Grandeur
souhaite à vos fêtes tout le succès possi-
ble."
Monseigneur l'évêque de Nicolet, S. G.
Mgr H. Brunault, exprimait son profond
regret de ne pouvoir changer son itinéraire
de visite pastorale, et, par suite, de ne pou-
voir assister aux fêtes du centenaire.
Monseigneur l'évêque de Joliette, S. G.
Mgr G. Forbes, ne pouvait venir, lui non
plus, à cause de sa visite pastorale au delà
des Laurentides, et il en témoignait son
chagrin; il ajoutait: "Il me reste à m'unir
à vous, à vos paroissiens et à vos hôtes
distingués dans le devoir de la reconnais-
sance envers Dieu pour ce siècle de grâce,
et dans l'expression de vœux sincères pour la
prospérité spirituelle
et matérielle de votre
belle paroisse."
Monseigneur A.-
P. Duhuc, P.D., que
le grand âge et les
infirmités forcent à
garder la résidence,
envoyait à Monsieur
le Curé "ses meil-
leurs vœux de pleins
succès, tout en re-
grettant de ne pou-
voir accepter la bien-
veillante invitation."
Monseigneur Ma-
xime Pilon, vicaire-
général d'Edmon-
ton, tenait à assurer
M. le Curé que, fils
du diocèse de Val-
leyfield, il s'intéres-
sait au centenaire
d'une paroisse de ce
diocèse, mais qu'il
fallait se rappeler que la distance de 500
lieues le séparait du théâtre des fêtes et que
sur lui seul reposait l'administration de
l'Archidiocèse, sede vacante.
Monsieur le Chanoine Pauzé, supérieur du
collège de l'Assomption'" regrettait que les
(1) Des liens étroits unissent la paroisse Saint-Clément et le
collège de l'Assomption; le deuxième curé de Saint-Clément,
M. François Labelle, est l'un des fondateurs du collège de
r Assomption.
MGR J.-C. DORAIS, P.A.V.G.
236
Centenaire de Beauharnois
examens de baccalauréat l'empêchassent
de se trouver aux fêtes. La même raison
faisait s'excuser M. l'abbé Joseph Lafer-
rière, docteur es-sciences morales et histo-
riques, professeur au collège de Saint-
Hyacinthe.
Monsieur l'abbé L.-A. Groulx, professeur
d'Histoire du Canada à l'Université de
Montréal, écrivait à Monsieur le Curé son
regret de ne pouvoir être présent, et il ajou-
tait: "C'est une idée heureuse que de fêter
ce centenaire de paroisse. Nous avons
beaucoup à gagner en ces pèlerinages vers
nos origines. Ils nous aident à ressaisir nos
vieilles traditions, et peut-être à en faire
survivre quelques-unes, celles du moins, il
faut l'espérer, qui tiennent à la foi comme à
l'intégrité de nos mœurs."
Parmi toutes les autres lettres reçues, la
suivante est des plus touchantes. Elle vient
du Carmel de Montréal, elle est signée par
une enfant de Beauharnois et elle traduit
bien, il me semble, ce qu'ont dû ressentir
toutes les religieuses — enfants de Beau-
harnois— que le devoir d'état a retenues
loin de Beauharnois, le 15 juin dernier.
Monsieur le Chanoine,
"Etant la prisonnière du Ùivin Jésus, il
me sera impossible de me rendre dans ma
chère paroisse de Saint-Clément, que j'ai tant
aimée! Là, j'ai reçu Jésus pour la première
fois! Là, j'ai reçu le Saint-Esprit! Là, sous
l'œil vigilant de nos bons parents, j'ai grandi!
Là, dans mon bien-aimé pensionnat de Jésus-
Marie, de bonnes maîtresses m'ont formée
à la piété! Ces doux souvenirs réjouissent
mon cœur et me font bénir le Seigneur.
"Le 15 juin, je m'unirai à vous et à tous
vos paroissiens, avec ma chère Communauté,
pour remercier Dieu de ses bienfaits, et attirer
ses bénédictions sur la ville de Beauharnois.
"Daignez agréer, Monsieur le Chanoine,
l'hommage de mon religieux respect.
"Votre très humble servante en N.S.
Sœur Thérèse de Jésus, prieure^^^
Le Comité des Fêtes du Centenaire choi-
sit, pour le banquet du 15, les santés et les
orateurs dont les noms suivent: —
Monsieur le Curé dirait d'abord quelques
mots de remerciement, puis S. G. Mgr
Emard proposerait la santé du Pape. M.
le maire de la ville proposerait la santé du
Roi. Il y aurait ensuite un Maître des
Santés, qui proposerait brièvement toutes
les santés auxquelles répondraient quelques
hôtes. Le Maître des Santés choisi fut M.
Tancrède Fortin, avocat, C.R., fils de Beau-
harnois. Les orateurs choisis furent r Mgr
E.-A. Latulipe, évêque d'Haileybury, pour
la santé des évêques; l'honorable H. Mer-
cier, pour celle de nos hommes d'Etat; le
P. Augustin Leduc, O.P., pour celle du
clergé paroissial; l'honorable Juge W. Mer-
cier, pour celle de Nos Lois; M. Edouard
Montpetit, pour celle de l'Education.
Pour la veillée patriotique du 15, les dé-
putés L.-J. Papineau, M. P., et A. Bergevin,
M.P.P., l'ex-député A. Plante, C.R., M.
l'abbé J.-E. Gauthier et le R. P. Marchand,
O.P., Messieurs les avocats W. Poitras,
John Sullivan, T. Fortin et Paul Mercier,
furent les orateurs désignés.
Le Comité de Réception s'assura un bon
service de voitures^^^ à la disposition des
hôtes de la paroisse pendant la durée des
fêtes.
Par son empressement et son activité, le
Comité de Réception a mérité de grands
éloges.
(1) Née Guimand.
(2) Les citoyens de Beauharnois mirent généreusement et
gratuitement leurs voitures à la disposition du Comité.
Préparation du Centenaire
237
Pendant ce temps, le Comité de la Presse
s'acquittait activement des fonctions qu'on
lui avait confiées: intéresser la presse lo-
cale et celle des grandes villes au Centenaire.
Dès le 29 avril, le Progrès de Vallejrfield
publiait, sous la signature de Le Comité de
Publicité, l'article qui suit: —
"Centenaire de la paroisse de
Beauharnois"
Dans la riante petite ville de Beauharnois,
située à vingt milles de Montréal, sur les bords
du lac Saint-Louis, on organise depuis quel-
ques semaines de grandes fêtes pour la mi-
juin. On y célébrera, avec toute la solennité
et tout l'éclat possibles, le centième anniver-
saire de la fondation de la paroisse.
Il y a déjà quelque temps, les principaux
citoyens de la ville et de la campagne se réunis-
saient pour procéder à l'élection d'un comité
général. Les dignitaires dont les noms sui-
vent furent élus: Monsieur le chanoine Nep-
veu, curé de la paroisse, président honoraire;
MM. L.-C. Tassé, N.P., président actif;
R. Miron, secrétaire; J.-A. Thibert, trésorier;
Ce comité général s'est adjoint quatre sous-
comités ayant, comme présidents: pour le
comité de réception, M. L.-C. Tassé, maire de
la ville; pour les finances, M. Benjamin
Vinet, maire de la municipalité de Saint-
Clément; pour la publicité, M. l'abbé J.-D.
Saint-Aubin, et pour les amusements, M.
l'abbé J.-O. Delisle.
Depuis bien au-delà de cent ans, des colons
étaient venus s'implanter ici, puisque le 27
septembre de l'an mil huit cent, M. l'abbé
Deguire, alors curé de VauÂreuil, vint planter
une croix sur la place occupée présentement
par l'église. Mais la paroisse existe officielle-
ment depuis un peu plus de cent ans. Car le
19 novembre 1817, à la demande des cotons,
Monseigneur Plessis accordait le permission
de bâtir une chapelle, qui fut achevée et bénite
le 17 décembre 1818. Elle fut immédiatement
ouverte au culte avec M. l'abbé P. Bourget,
curé de Chateauguay, comme desservant.
Détail intéressant, cette première chapelle
agrandie et transformée existe encore.
Le premier acte officiel dans les registres
de la paroisse est daté du 2 janvier 1819. Le
centenaire, qui aurait dû être célébré l'an der-
nier, a été forcément remis à cette année à
cause des réparations considérables faites à
l'église.
Il y aura fête religieuse et profane.
La partie religieuse consistera en une
messe solennelle célébrée par un haut per-
sonnage ecclésiastique, ainsi qu£ quelques
autres cérémonies. Un des articles princi-
paux de la fête profane consistera en un ma-
gnifique banquet servi aux invités et à la
grande famille paroissiale. On travaille à
faire de cet événement historique un véritable
succès.
Une fête qui commémore une période de
cent ans n'a rien de banal; elle évoquera des
souvenirs bien profonds et bien lointains.
C'est un spectacle qui ne se présente qu'une
fois dans la vie d'une génération. Aussi, les
citoyens de la paroisse et de toute la région
sont anxieux d'assister à ces réjouissances
publiques et solennelles. Beauharnois sera
tout particulièrement heureux de revoir ses
anciens paroissiens. Ce sera une belle cir-
constance pour revenir encore une fois revivre
pendant quelques heures sous les frais et
abondants ombrages de la ville, sise agréable-
ment au bord du pittoresque et beau lac Saint'
Louis.
L'histoire de Beauharnois paraîtra à l'épo'
que des fêtes dans un magnifique volume orné
de nombreuses photographies.
238
Centenaire de Beauharnois
Pour se procurer des billets pour le banquet,
on peut d'adresser dès maintenant au comité
général, ainsi que pour tout autre renseigne-
ment."
Le Comité de publicité.
Le 6 mai, dans le Progrès de Valleyfield,
et le 22 mai dans la Presse^^^ de Montréal,
le Comité publiait un résumé de l'histoire
religieuse et civile de Beauharnois.
Le 22 mai, En pensant au centenaire,
une jeune fille de Beauharnois disait aux
lecteurs du Devoir, de Montréal, sur l'invi-
tation du Comité de Publicité, ses impres-
sions, à la veille des grandes fêtes du 15
juin. Elle méditait ainsi:
En pensant au Centenaire
Le quinze juin prochain, sera fête à Saint-
Clément de Beauharnois, le centenaire de fon-
dation de cette coquette petite ville.
Œuvre dv£ tout entière au courage et à la
vaillance de pionniers qui n'ont jamais failli
à la tâche! Beauharnois s'achemine sans
heurts ni détours vers l'honneur et le progrès.
A la suite de ses fondateurs, que notre souvenir
auréole, elle a, à son actif, le dévouement de
travailleurs inlassables qui ont recueilli de
leurs pères, comme héritage sacré, l'énergie de
l'effort, la force d'endurance, et surtout, la foi,
le plus précieux des legs.
Qu'il y a loin de nos jours à ceux du bûche-
ron abattant les arbres de la forêt, de ses hardis
défricheurs ouvrant le sol, construisant les
premières habitations, plus tard jetant les
fondements de manufactures de toutes sortes!
Puis il ne faut pas oublier que les pères de nos
pères étaient fervents catholiques et que, à côté
de leurs modestes chaumières, ils aimaient à
(1) Cet article de la Presse reproduisait presque textuellement
deux articles publiés dans le même journal sur le même sujet,
le 9 mai 1903 et le 18 janvier 1908; il ajoutait des notes nou-
velles, résumé des notes de M. l'abbé J.-E. Gauthier.
voir pointer au bleu du ciel le grand doigt
béni de la maison de Dieu. Le temple
d'alors Ah! . . . si son âme revit avec
nos souvenirs et nos évocations, nous vou-
lons qu'elle tressaille d'aise, qu'elle chante
avec nous les louanges de Dieu.
Au début de toutes nos paroisses cana-
diennes, le prêtre nous apparaît le premier,
pionnier entre les pionniers, car il est l'homme
de la prière, l'homme aussi de l'action. . . .
et à toute page d'histoire de fondation, il y a
beaucoup de ses sueurs, un peu de son sang,
tout son cœur. Que de travail, de patience, de
lucidité de vues, de désintéressement d'action,
il a fallu pour arriver aux résultats émer-
veillants dont nous sommes les heureux béné-
ficiaires!
Aujourd'hui, Beauharnois est des plus
prospères et des plus visitées. Elle participe
de la coquetterie fashionable de la ville, et de la
salutaire villégiature de la campagne. Aussi,
les touristes nombreux viennent-ils la visiter,
jouir de son panorama, de ses grandes rues
ombragées. Les magnifiques résidences qui
s'alignent le long du canal de Beauharnois
nous disent que leurs habitants y jouissent
d'un repos et d'un air salubre que leur ont
refusés les grands centres. Le Saint-Laurent
ne ment pas plus ici qu'ailleurs, tout ce qu'il
salue en s' enfuyant garde la fraîcheur de ses
ondes et le parfum de ses poèmes.
Faut-il parler des édifices qui forment nos
joyaux d'intérieur? Le couvent des Révé-
rendes Sœurs Jésus-Marie, le collège dirigé
par les Clercs Saint-Viateur, l'hospice confié
aux Révérendes Sœurs de la Charité font notre
orgueil, comme ils font notre joie par la bien-
faisante et solide formation religieuse qu'ils
impriment à notre jeunesse avide du beau et du
bien; 'par le soulagement qu'ils donnent aux
malheureux, aux pauvres, aux souffrants.
Préparation du Centenaire
239
Leur éloge n'est pas plus à faire que la récom-
pense de leur dévouement n'est attendue
ici-has.
Au point de vue commercial, Beauharnois
est le centre de l'activité; des manufactures
déjà anciennes emploient un grand nombre
d'ouvriers; leur agrandissement devenu né-
cessaire a nécessité aussi une augmentation
de main-d'œuvre. Pendant la saison d'été,
les fermes par delà les centres de la ville ré-
clament les travailleurs des champs. Un ba-
teau à vapeur fait le service régulier entre
Montréal et Bauharnois, prouvant à sa façon
que chez nous la vie est active et pourtant bien
douce
Mais, . ... ce n'est peut-être pas encore
l'heure de chanter les beautés de chez nous, de
faire l'éloge des hommes éminents qui se sont
succédé dans le travail d'avancement de notre
ville, de dire le dévouement des Pasteurs, qui
l'ont gardée jalousement dans le sentier du
devoir.
Ma très humble plume, peu autorisée d'ail-
leurs, se pose silencieusement sur son écritoire,
mais mon cœur s'apprête à palpiter, mes
mains à applaudir, mes yeux à pleurer peut-
être au jour anniversaire du 15 juin, qui s'an-
nonce plein de solennité, de pompe et d'allé-
gresse.
Une jeune fille de Beauharnois.
Quelques jours plus tard, le comité pu-
bliait dans les journaux montréalais la
note suivante:
Célébration d'un Centenaire à, Saint-Clément
de Beauharnois.
Beauharnois, 26. — Le 15 juin sera fêté, à
Saint-Clément de Beauharnois, le centenaire
de la fondation de cette coquette petite ville.
Déjà, les différents comités sont à l'œuvre pour
la préparation des fêtes qui auront lieu dans
cette paroisse.
Monseigneur Vévêque du diocèse a bien
voulu accepter l'invitation et fera le grand
honneur de célébrer la messe solennelle d'ac-
tion de grâces. Un des plus distingués et des
plus éloquents prédicateurs du diocèse y don-
nera le sermon. La vieille coutume de la dis-
tribution du pain bénit sera ressuscitée à
cette occasion.
Au banquet, outre Nos Seigneurs les évêques
présents, d'autres personnages adresseront la
parole. Plusieurs ministres de la Chambre
de Québec assisteront à ces fêtes.
Un des plus importants restaurateurs de
Montréal est chargé du magnifique banquet,
qui sera servi sous la tente. Un contrat a été
donné également à l'une des plus importantes
maisons de Montréal pour le pavoisement et
l'illumination générale de la ville.
Dans la soirée, un vrai régal oratoire sera
servi en plein air sur la place publique, devant
l'église. Plusieurs orateurs, tant ecclésiasti-
ques que laïques, ont accepté de porter la
parole. Pour clore la série des discours et
autres manifestations, un abondant feu d'ar-
tifice sera lancé. Il y aura réception dans les
communautés religieuses et promenades dans
la ville illuminée.
Voilà les grandes lignes du programme de
ces fêtes. Le reste sera connu d'ici quelques
jours. Les anciens paroissiens et amis de
Beauharnois sont tout particulièrement in-
vités.
Seront admis au banquet, ceux qui se seront
procuré des billets avant le premier juin.
"L'Histoire de Beauharnois" , volume en
préparation, paraîtra à l'époque des fêtes; on
peut retenir des exemplaires en s'adressant
au presbytère de Beauharnois.
"Beauharnois s'achemine sans heurts ni
détours vers l'honneur et le progrès. A la
suite de ses fondateurs, elle a, à son actif, le
240
Centenaire de Beauharnois
dévouement de travailleurs inlassables qui ont
recueilli de leurs pères, comme héritage sacré,
l'énergie de l'effort, la force d'endurance et
surtout la foi, le plus précieux des legs."
Enfin, le 10 juin, le Progrès de Valleyfield,
et presque simultanément les quotidiens de
Montréal, faisaient connaître le programme
oflSciel des Fêtes du Centenaire:
Le Progrès de Valleyfield, 10 juin 1920.
Programme officiel
des
Fêtes du Centenaire de Beauharnois.
Lundi après-midi, 14 juin.
A 5 heures: — Arrivée de Monseigneur l'Ê-
vêque de Valleyfield.
7}/2 heures: — Réception officielle dans l'é-
glise paroissiale restaurée. Paroles dehien-
venue, par le M. Chanoine T. Nepveu, curé de
la paroisse. Adresse des paroissiens, par M.
le maire de la ville, L.-C. Tassé, N.P. Ré-
ponse de Sa Grandeur Monseigneur J.-M.
Émard. Bénédiction solennelle du T.S.
Sacrement.
8}/2 heures: — Réception au couvent des
Révérendes Sœurs Jésus-Marie. Programme:
— 1° Ouverture: "Le Centenaire" , G. Egge-
ling; 2° Chœur: "Gloire à Dieu", musique
de Meynne; 3° Dialogue de circonstance;
Ji° Adresse à Sa Grandeur Monseigneur J.-
M. Émard; 6° Le Chant du drapeau, musi-
que de Vézina; 6° Finale: Carillon, Cha-
minade.
9}/^ heures: — Promenade à travers la ville
illuminée.
Mardi lô juin
9}/^ heures a.m.: — Messe solennelle ponti-
ficale. Sermon de circonstance.
12 heures (midi): — Grand banquet {sous la
tente) — Orchestre.
Santés: — {Les principaux facteurs du pro-
grès spirituel et matériel de la paroisse). —
1°N.S. P. le Pape; 2° S. M. le Roi; 3° Nos
Évêques; 4° Nos Hommes d'Etat; 5° Le Clergé
paroissial; 6° Nos Lois; 7° L'éducation.
3 heures p.m.: — Réception à l'hospice
Saint-Joseph des Révérendes Sœurs Grises.
Programme: — 1° Marche triomphale. —
Piano: E.-T. Paul; 2° Joyeuse bienvenue. —
Paroles de H. Moreau, musique de Chs
Pourny; 3° Grande Cantate: "Reconnais-
sance"; 4° Dialogue: "En Récréation" ;
Chant: "Sonnez cloches"; Chant: "Jeunes
et vieux", paroles et musique du R. P. Paré,
S.J.; 5° Opérette {en trois actes), musique
de Aug. Thibault — 1er acte. Un beau rêve;
2e acte. Les anges, dignes inspirateurs des
orphelins; Se acte, Hommage au clergé; 6°
Chant final: "Un congé", R. P. Paré, S.J.;
7° Quid Retribuam Domino.
7}/2 heures p.m.: — Grande veillée patrioti-
que {sur la place de l'église). Discours sur
l'histoire de la paroisse. Perspectives d'a-
venir {6 ou 7 discours). Fanfare et autres
spectacles.
10 heures p.m.: — Brillant feu d'artifice.
0 Canada!
Chaque jour, le Comité continua à faire
connaître, par les journaux de Montréal,
les fêtes du centenaire, et il s'assura les
services de nouvellistes spéciaux pour la
fête.
11 s'occupa aussi de faire répandre le
volume-souvenir du centenaire par des
annonces dans les journaux et par des circu-
laires qui furent distribuées au cours des
fêtes.
Ces diverses publications, dues en grande
part au Président du Comité de Presse,
furent pour beaucoup dans le succès des
fêtes du 14 et du 15 juin.
Préparation du Centenaire
241
Le Comité des Amusements, sous la
présidence de M. l'abbé Octave Delisle,
vicaire, s'occupa de préparer la grande tente
du banquet^'^ et le feu d'artifice, et de faire
distribuer des boutons-souvenirs; il mena
à très bonne fin ces trois objets. La dispo-
sition des tables sous la tente fut heureuse,
le feu d'artifice eut un grand succès; et les
boutons-souvenirs furent vendus en très
grand nombre.
Le Comité avait songé à organiser des
jeux publics pour l'après-midi du 15; il y
renonça sagement, prévoyant que le temps
ferait défaut. Comme les autres comités,
celui des Amusements s'acquitta bien de sa
tâche.
* *
*
Au Comité des Finances incombait la
responsabilité de payer les dépenses des
fêtes du centenaire. Ce comité ne fit qu'un
avec le Comité Général.
Et ainsi, par ces Comités, sous la haute
et prudente direction de Monsieur le Curé,
s'organisèrent les fêtes de notre centenaire
paroissial.
A ces préparatifs officiels répondirent
les préparatifs privés. Chaque famille
tint à mettre à la disposition du Comité
toutes les chambres disponibles pour la
réception des hôtes. Chacun pavoisa sa
demeure à qui mieux mieux. La fanfare
prépara la procession du 14; le Chœur de
chant, la réception du 14 et la messe so-
lennelle du 15 juin. Lorsqu'on arriva au
14 juin, tout était prêt: Beauharnois at-
tendait ses hôtes et ses enfants.
(1) Messieurs Job. Laurin, Orner Laurin, T. Olivier, Is. Dagenais, Jos. Gendron, Jos. Lebœuf, et Monsieur le Maire
Tassé s'occupèrent très activement, avec M. l'abbé Delisle, de ce travail.
Les fêtes du Centenaire
243
CHAPITRE SECOND.
Les Fêtes du Centenaire
Journée du 14 juin
E 14 juin, Beauharnois a un
bel air de fête; les derniers
jours ont été des jours d'ac-
tivité intense, presque de
surmenage. Les Comités ont
réglé minutieusement les
moindres détails des fêtes qui approchent.
La chorale et la fanfare ont préparé la
musique. Le dimanche 13 juin, un enfant
de la paroisse, le R. P. Mannes Marchand,
O.P., curé de Saint-Jean-Baptiste d'Ottawa,
a chanté la messe de la solennité du Sacré-
Cœur. Dans les demeures privées, les
habits de fête ont été soigneusement mis à
neuf; les buffets ont été abondamment
garnis; les derniers courriers ont annoncé
les parents et les amis; au presbytère, les
travaux de restauration sont terminés; à la
campagne les équipages de fête sont prêts.
Et maintenant, les fêtes vont commencer.
Les visiteurs arrivent; de chaque train qui
passe plusieurs descendent et se hâtent
vers les demeures hospitalières où on les
attend; il en vient aussi, et en grand nombre,
des rivages voisins, par yachts, et des cam-
pagnes par voitures; il y a les anciens, ex-
marchands, hommes de profession, culti-
vateurs qui ont voulu revoir les lieux où ils
ont vécu et travaillé; il y a les enfants de
Beauharnois; ils n'ont guère fait que passer
et s'en sont allés jadis vers la vie religieuse
ou vers le travail des grandes villes; il y a
ceux dont les ancêtres sont au cimetière et
qui viennent adresser aux vieux disparus
un salut ému, le dernier peut-être; et il y a
aussi ceux que les parents attendent au
foyer jamais oublié; il y a les prêtres qui
jadis ont donné à Beauharnois les pré-
mices de leur zèle sacerdotal, et d'autres
qui viennent apporter par leur présence, à
un confrère, un gage de considération et
d'estime; dans quelques heures, il y aura
les prélats dont la pourpre jettera sur ces
fêtes un lustre éclatant; il y a les amis qui
ont connu Beauharnois et qui veulent le
revoir sous toute la parure de son cente-
naire; il y a, enfin, les passionnés d'histoire
qui viennent chercher ici une leçon de
vitalité nationale et religieuse.
Et tout ce peuple s'anime et s'égaie; les
poignées de main s'échangent; les visages
s'épanouissent; les connaissances se re-
font; les malentendus s'oublient; les ami-
tiés se renouent. L'on parle des anciens et
l'on s'inquiète des absents. On rit, on cause,
on se promène. Toutes les boutiques sont
closes; c'est fête civique, par volonté du
conseil de ville, depuis le 14 à midi jusqu'au
mardi soir le 15. Dans la ville, c'est un
va-et-vient continuel; sur les routes de
campagne, les belles voitures s'alignent
comme en une procession et les chevaux
244
Centenaire de Beauharnois
empanachés viennent passer triomphale-
ment devant les demeures des citadins.
Les maisons et les rues sont décorées à
profusion; aucune qui n'ait pavoisé; il y a
le bout de banderoUe du pauvre, il y a les
ampoules électriques et les riches tissus
des plus fortunés; partout des drapeaux,
des inscriptions portant le chiffre du cen-
tenaire ou des souhaits de bienvenue/'^
L'égUse paroissiale est parée comme jamais
elle ne le fut; au collège, les Frères ont re-
constitué, sur le mur latéral est, les lignes
du frontispice de l'ancienne église; au pres-
bytère, au couvent, à l'hospice, des déco-
rations de goût invitent tous les regards;
partout l'émulation la plus louable pour
faire plus beau et plus solennel. Du village,
monte la rumeur des milliers de voix qui
conversent, et le bruit des automobiles et
des yachts en mouvement. Et sur tout
cela un ciel et un soleil à souhait, qui ne
nous quitteront pas des fêtes.
Ainsi m'apparut Beauharnois l'après-
midi du 14 juin 1920, lorsqu'on vint me
rappeler qu'à 5 heures p.m. arrivait Sa
Grandeur Monseigneur l'évêque de Valley-
field. C'était le premier chapitre du pro-
gramme des fêtes.
Monseigneur l'évêque fit route de Valley-
field à Beauharnois dans la luxueuse voiture
de Monsieur le notaire J.-D.-S. Tremblay,
de Valleyfield. Sa Grandeur était accom-
pagnée de Mgr J.-C. Dorais, P.A.V.G.,
et de Monsieur l'abbé Oscar Bissonnette,
chancelier de l'évêché. Un malentendu
occasionné par le changement d'heure em-
pêcha de donner à la réception de l'évêque
toute la solennité qu'avait projetée la
paroisse. Sa Grandeur fut conduite à
l'Hospice Saint-Joseph, où des apparte-
ments lui avaient été réservés, ainsi qu'à
sa suite, pour la durée des fêtes.
A réglise
A 7.30 le clergé quitte processionnelle-
ment l'Hospice pour l'église paroissiale. La
fanfare salue, au passage, le cortège. A
l'entrée de l'égHse, une foule énorme, qui
s'engouffre dans le temple à la suite de
l'évêque. Monsieur le chanoine-curé pré-
sente au Pasteur l'eau bénite et l'encens, et
au son d'une marche brillante*^^ de l'orgue,
le défilé s'avance jusqu'au chœur.
Le spectacle est vraiment émouvant.
Au trône, du côté de l'évangile, est l'évêque
accompagné des chanoines A.-C. Dugas,
doyen du chapitre diocésain, et P.-J. Bour-
get, curé de Saint-Régis; en face S. G. Mgr
E.-A.Latulipe, évêque d'Haileybury, accom-
pagné de l'abbé Dupuis et des chanoines
Deschamps et Clairoux; dans les stalles sont
d'autres chanoines, des prêtres et des reli-
gieux; dans la nef les hommes ont accepté
de rester debout; les dames occupent toutes
les places disponibles de banc. Dans les
allées, aucune place perdue, et au dehors
une assistance plus nombreuse encore qu'à
l'intérieur. L'église est pavoisée et illu-
minée avec goût.
Quand l'orgue a sonné les dernières notes
du morceau d'ouverture. Monsieur le Cha-
noine-curé monte en chaire, et prononce
les paroles de bienvenue suivantes:
(1) Qu'on nobs permette de mentionner tout spécialement le n i- i. i ui -^ i ,• ,
musée de vieux objets de M. André "Rov; cet infatigable anti- ^"ection très remarquable ne soit pas perdue ou dispersée,
quaire paroissial avait exposé, à côté de" sa demeure, une foule t^oiirquo' n en composerait-on pas un musée pamissial ?
d'objets de l'ancien temps. Nous exprimons le vœu que cette (2) La Marche des Prêtres de Mendelssobn.
Les Fêtes du Centenaire
245
Bienvenue
Le voilà enfin arrivé, le grand jour que nous
attendions depuis si longtemps, que nous
appelions de tous nos vœux, le jour oii il nous
serait donné de célébrer le centenaire de la
fondation de notre paroisse. C'est le jour
d'action de grâces par excellence pour tous
réception des sacrements de pénitence et
d'Eucharistie et par des neuvaines de prières.
Ils ont voxdu que ces fêtes fussent en premier
lieu des fêtes religieuses, et voilà pourquoi
nous avons sollicité de Votre Grandeur qu'elle
nous fasse l'honneur de les présider.
Premier Pasteur de ce diocèse depuis 28
les bienfaits déversés par la bonne Providence ans, vous avez non seulement pourvu à sa pre-
mière organisation,
mais vous en avez
suivi et guidé les dé-
veloppements avec une
vigilante sollicitude.
Que de fois nous avons
éprouvé les bienfaits
de votre sage adminis-
tration par les direc-
tions que vous nous
avez données, par la
part que vous avez
voulu prendre aux di-
verses manifestations
de notre vie parois-
siale.
Aujourd'hui vous
mettez de côté les nom-
breuses occupations
de votre charge pasto-
rale et vous nous arri-
vez, comme un père au
milieu de ses enfants,
pour nous encoura-
ger dans cette voie
de la reconnaissance envers le Bon Dieu et
pour nous indiquer les leçons que nous de-
vrons tirer de ces fêtes pour l'avancement spi-
rituel et matériel de cette paroisse. Et demain,
au milieu de la pompe des cérémonies de la
liturgie catholique, c'est vous qui offrirez le
Sacrifice d'action de grâces, vous imposant
volontiers les fatigues d'une Messe Pontificale
afin de donner à nos fêtes un éclat des plus
sur ce coin de terre
qui s'appelle la pa-
roisse de Saint-Clé-
ment de Beauhamois.
"Haec est dies quam
fecit Dominus, exul-
temus et laetemur in
ea," pouvons-nous dire
avec le Psalmiste. —
C'est bien le jour que
le Seigneur a fait.
Soyons dans la jubi-
lation, que la joie la
plus pure inonde tous
les coeurs.
Pour se préparer à
ce grand jour, Mon-
seigneur, les fidèles
de cette paroisse, avec
votre approbation et
votre encouragement,
ont entrepris de res-
taurer leur église, de
lui donner une toi-
lette qui la rendrait
moins indigne de la Majesté du Dieu qui
l'habite. Ils ont cru, selon l'enseignement
des Livres Saints, qu'en retour des sacrifices
pécuniaires qu'ils s'imposent pour embellir
sa maison. Dieu prêterait Une oreille plus
attentive à leurs prières et exaucerait plus
facilement leurs demandes. Ils ont pensé
aussi au temple spirituel que sont leurs âmes
et ils les ont préparées à ce grand jour par la
s. G. MGR J.-M. ÊMARD,
Evèque de Valley &eld, Que.
246
Centenaire de Beauharnois
brillants. Soyez-en béni, Monseigneur. "Be-
nedictus qui venit in nomine Domini," et
soyez le bienvenu parmi nous.
Soyez aussi le bienvenu, vous, Monseigneur
d'Haileybury, qui n'avez pas craint les fati-
gues d'un long voyage pour venir nous honorer
de votre présence et unir vos actions de grâces
à celles du Chef spirituel de ce diocèse. Cette
démarche, de votre part, Monseigneur, nous
fera mieux comprendre l'importance des fêtes
que nous avons entrepris de célébrer et aussi
l'intérêt que vous continuez à porter à votre
diocèse d'origine. Vous avez donc un titre
spécial à notre vénération et à notre reconnais-
sance. Soyez le bienvenu.
Bienvenue à vous, distingués prélats et cha-
noines, membres du Clergé séculier et régulier,
des communautés religieuses, anciens parois-
siens et amis de Beauharnois, qui, par votre
présence, venez rehausser l'éclat de ces fêtes.
Soyez bienvenus pour participer aux réjouis-
sances qu'on nous promet et surtout pour
chanter bien haut l'hymne de la reconnais-
sance. Jubilemus Deo Salutari nostro.
La Chorale entonne l'antienne: Oremus
pro Pontijice nostro Medardo, qu'elle répète
trois fois/''
Monsieur le notaire L.-C. Tassé, maire
de la ville de Beauharnois, s'avance à la
balustrade, et lit à Monseigneur l'Evêque
la magnifique adresse dont voici le texte :*^'
A Sa Grandeur Monseigneur Joseph-
Médard Êmard, Assistant au Trône Ponti-
fical, Évêque de Valleyfield, à l'occasion du
"Centenaire" de Beauliarnois.
Monseigneur, •
La paroisse de Saint-Clément de Beauhar-
nois est dans la jubilation. Elle fête son pre-
(l)"Prions pour notre Pontife Médard; Que le Seigneur le
conserve; qu'il le vivifie, qu'il le rende heureux sur la terre et
Su'Il ne le livre pas aux mains de ses ennemis." (Prière du
ituel).
mier centenaire d'existence. C'est en octobre
1819, en effet, il y eut cent ans l'automne
dernier, que Monseigneur Plessis, évêque de
Québec, y autorisait d'une manière régulière
et permanente les exercices du culte religieux,
et lui donnait, dans la personne de Messire
Pierre Clément, celui qui devait être son
premier curé.
Une fête de paroisse. Monseigneur, c'est
celle d'une grande famille du diocèse. Il est
naturel que la présence du premier pasteur
ou du premier père en Dieu y soit respectueuse-
ment désirée et sollicitée. Votre Grandeur a
répondu à l'un de nos vœux les plus chers en
nous faisant l'honneur d'être aujourd'hui au
milieu de nous.
Huit évêques, cinq de Québec et trois de
Montréal, Nos Seigneurs Hubert, Denaut,
Plessis, Panet et Signay, et Nos Seigneurs
Lartigue, Bourget et Fabre, ont successivement
exercé sur nous, avant Votre Grandeur, la juri-
diction épiscopale. Neuf curés, avant celui qui
est aujourd'hui à notre tête. Messieurs Clé-
ment, Labelle et Tétrault, Quintal, Carron et
Viau, Charland, Jasmin et Lussier, ont tour à
tour veillé sur nos destinées spirituelles. Aux
uns et aux autres. Monseigneur, aussi bien
qu'à vous-même aujourd'hui, et à notre digne
curé, nous devons, après Dieu, d'être ce que
nous sommes, comme paroisse, et de posséder
ce que nous possédons.
On a souvent et justement répété que c^est
à leur organisation paroissiale catholique que
les fils du Canada français doivent leur meil-
leure force de vitalité nationale et de miracu-
leuse survivance. Sans nos évêques et sans nos
curés, en effet, sans nos églises et sans nos
écoles, sans la vie paroissiale catholique en
un mot, que serions-nous devenus, au Ca-
(2) Le travail d'enluminure de cette adresse avait été exécuté
par une religieuse de Jésus-Marie d'Hochelaga, Sr M. Eusto-
chium, et constitue une œuvre artistique de haute valeur.
Le texte est encadré de motifs empruntés à l'histoire de Beau-
harnois.
Les Fêtes du Centenaire
247
nada, comment aurions-nous pu résister aux
tentatives d'assimilation qui nous ont sans
cesse menacés?
Comme toutes celles qui s'échelonnent sur
les bords de notre Saint-Laurent, la paroisse
de Saint-Clément de BeauJiarnois, nous ai-
mons à le proclamer en cette circonstance
solennelle, a vécu de la vie de l'Eglise, en écou-
tant ses leçons, en se pénétrant de sa doctrine
et en essayant de pratiquer sa morale. Ce fut
notre grande force et c'est toujours notre plus
bel honneur.
Depuis vingt-huit ans, Monseigneur, que
vous gouvernez d'un bras sûr et avec des yeux
qui savent voir — Video ut faciam — le nou-
veau diocèse de Valleyfield, tout en vous don-
nant à tous, vous avez trouvé le secret d'être
entier à chacun. Nous avons eu notre large
part de votre bienveillance pastorale et de vos
attentions paternelles.
Pas moins de neuf fois, en ces vingt-huit
ans. Votre Grandeur est venue nous visiter,
confirmer nos enfants, nous prêcher et nous
instruire. Votre parole, pleine de doctrine et
toujours si pratique et si vivante, nous a
montré, autant de fois, la route à suivre pour
le progrès dans le bien. Plus souvent encore,
vos lettres pastorales et vos écrits divers, qui
seront devant l'histoire l'un des beaux legs
de votre épiscopat, et qui, permettez-nous de le
dire. Monseigneur, vous placent au rang de
nos plus grands évêques, de nos Laval, de nos
Plessis et de nos Bourget, ont répandu sur
notre paroisse et sur nous leur lumière et leurs
conseils. Soyez-en béni, Monseigneur, et que
V Église, en votre personne, en soit à jamais
remerciée.
Non seulement vous nous avez instruits et
éclairés, mais en même temps, et bien souvent
aussi, vous nous avez honorés et consolés. Les
paroissiens de Beauharnois se souviennent
qu'à deux reprises vous êtes venu présider,
dans leur église, à l'ordination sacerdotale de
quelques-uns de leurs enfants. Ils vous
voient encore pleurant naguère avec eux la
mort de leur ancien et regretté curé, M. le
chanoine Lussier. Ils se rappellent vos
visites sympathiques, au cinquantenaire de
notre couvent, à la bénédiction de la cloche de
notre collège. Ils savent qv£ toujours leurs
joies ont été vos joies, comme leurs peines ont
été vos peines. Ils considèrent que c'est pour eux,
en cette circonstance, un devoir d'en exprimer
à Votre Grandeur leur respectueuse gratitude.
Tout récemment. Monseigneur, vous avez
encore pensé à nous, en invitant notre vénéré
curé à faire partie du nouveau chapitre de
votre église cathédrale. Nous savons, sans
doute, que vous récompensiez ainsi d'abord le
mérite de l'un de vos prêtres les plus distingués;
mais il ne nous est pas défendu d'estimer que
l'honneur fait à M. le Chanoine Nepveu, notre
curé, rejaillit sur toute la paroisse de Saint-
Clément de Beaufiarnois.
Voici, enfin, qu'en venant présider au-
jourd'hui les fêtes de notre centenaire d'exis-
tence paroissiale, Votre Grandeur veut bien lui
donner un éclat tout particulier. Dans votre
personne. Monseigneur, nous aimons à le
reconnaître et à le proclamer, c'est l'Église
qui vient vers nous, qui se penche sur nous,
pour nous bénir, nous et nos enfants, comme
elle bénissait autrefois nos pères, quand cette
paroisse, il y a un siècle, naissait à la vie.
Nous nous inclinons tous avec un filial
respect sous la main bénissante de notre
évêque, Monseigneur, assurés que nous
sommes que ce geste traditionnel, si familier à
nos anciens, reste, pour nous et pour nos en-
fants, le meilleur gage de prospérité et de
salut, devant les hommes et devant Dieu.
Les paroissiens de Saint-Clément de Beau-
harnois.
15 juin 1920.
248
Centenaike de Beauharnois
Du trône épiscopal, Monseigneur l'évêque
répond aux paroles de bienvenue du curé et
à l'adresse des citoyens en une allocution
où l'on a aimé à retrouver les qualités de
vigueur doctrinale, de synthèse historique,
d'autorité apostolique, que l'on connaît à
Monseigneur l'évêque de Valleyfield. Nous
n'avons pas le texte même au complet de ce
discours ; voici l'ordre des idées développées :
Sa Grandeur rappelle d'abord comment
le Christ a protégé notre race, comment
nous avons dû, peuple jeune, abandonné,
conquérir notre existence nationale. "Et
depuis ce jour, on peut mesurer ce qui s'est
accompli; en ce pays l'Eglise a fait des
progrès si merveilleux." Sa Grandeur in-
vite à la reconnaissance envers Dieu qui a
fait pour nous de si grandes choses.
Puis, l'orateur raconte la fondation et
l'organisation de la paroisse et la part
qu'y ont prise les évêques de Québec et de
Montréal. Il rappelle le souvenir de nos
anciens curés.
L'évêque félicite le curé actuel de l'orga-
nisation des fêtes et de la magnifique
décoration de l'église paroissiale.
Il invite à la reconnaissance envers les
anciens qui s'attachent à leur église, à leur
cimetière, et qui ont assuré le triomphe
de la race canadienne-française et catho-
lique. "Quel magnifique spectacle que
celui de nos pères créant un peuple à tradi-
tions religieuses! Un Dieu a fait tout cela,
avec le ministère de ses prêtres et des
cœurs honnêtes, des familles complètement
conservées."
En terminant, l'évêque exhorte les chefs
de famille à conserver ce qu'ont transmis
les anciens en restant toujours fidèles aux
vraies traditions nationales et religieuses.
(1) Cor Jesu, de Letondal; Punis Angelicus, de Lepage; Salve
Virgo singularis, de Fabre; Ecce Fidelis, xxx; Tantum Ergo,
de Miquel; Marche triomphale, de Lemmens.
Après l'allocution épiscopale, il y a béné-
diction du Saint-Sacrement. Monseigneur
J.-C. AUard, P. A., curé de la paroisse voi-
sine, de Sainte-Martine, officie. Messieurs les
abbés L. Lafrance, ancien vicaire, et Aimé
Hébert, enfant de la paroisse, l'assistent
comme diacre et sous-diacre. Le chœur de
chant, sous la direction de Monsieur David
Manny, I.C., exécute très bien un joH pro-
gramme musical.''^
Et la foule se retire après la bénédiction ;
l'on échange ses impressions; les assistants
vont raconter aux absents les détails de
cette première cérémonie; les résidences
s'illuminent, car tantôt ce sera la prome-
nade générale.
Au couvent
D?. l'église, le clergé se rend au couvent;
les élèves, sous la direction des religieuses
des Saints-Noms de Jésus et de Marie,
ont préparé un très joli programme qui va
être très bien exécuté.
L'on se rend à la salle de réception. Nos
Seigneurs Émard et Latulipe, Mgr J.-C.
Dorais, V.G., et Monsieur le chanoine
Nepveu ont des sièges d'honneur; un grand
nombre de prêtres les entourent; la Très
Révérende Mère Supérieure générale est
venue, accompagnée de la T. R. Mère
Dépositaire Générale et de F ex-supérieure
générale. Sœur Martin de l'Ascension, une
enfant de Beauharnois; il y a là aussi des
ex-supérieures de Beauharnois, telles Sœur
du Saint-Esprit, Sœur Marie-Albertine,
Sœur Marie- Valentine, des supérieures
des couvents les plus rapprochés, et un
grand nombre d'anciennes élèves du cou-
vent, devenues religieuses ; la Révérende
Sœur Supérieure du Couvent, Sr du Saint
Nom, est là avec toutes ses religieuses.
Quelques notabilités laïques ont aussi leur
Les Fêtes du Centenaiee
249
place réservée. Et c'est devant cet audi-
toire, dans une salle délicieusement ornée,
que les élèves du couvent vont exécuter le
programme suivant.
Pbogramme
I. Ouverture: Le centenaire. G. Eggeling
II. Chœur: Louanges à Dieu
Musique de Meynne
III. Dialogue et chant de circonstance.
IV. Adresse à Sa Grandeur Monseigneur
J.-M. Emard.
V. Le Chant du Drapeau
Musique de Vézina
VI. Finale. Carillon Chaminade.
D'abord un morceau de piano bien enlevé
met l'auditoire en joie: puis, le chœur des
élèves chante avec entrain ces
"Louanges à Dieu"
Solo.
1
Loué soit le Seigneur par les voix de la terre.
Par le jour, par la nuit, par les flots purs et
bleus.
Par l'enfant qui sourit dans les bras de sa
mère,
Par la foi qui grandit le travail salutaire.
Gloire à Dieu dans les cieux !
2
Loué soit le Très Haut dans sa toute puis-
sance.
Il est juste, il est fort; tout le montre à nos
yeux.
Il soutient ropprimé,dont il prend la défense,
Il est de l'univers l'amour et l'espérance.
3
Loué soit l'Eternel dans sa gloire infinie.
Dans l'espace, il sema les soleils radieux
Dont il règle à jamais l'immuable harmonie.
Tout proclame aux humains sa justice bénie.
Gloire à Dieu dans les cieux!
Des jeunes viennent ensuite tenir ce dia-
logue de circonstance, où les allusions
délicates et les remerciements discrets re-
çoivent des assistants un murmure et
souvent des applaudissements approba-
teurs :
Dialogue
— Enfin, la grande fête est commencée.
— Oui, et bien commencée. Nous avons
vu le beau défilé; les évêques avec leurs
beaux grands manteaux violets; les cha-
noines, les prêtres et tout le monde.
—Les cloches qui sonnaient à mettre la
joie dans tous les cœurs; l'éghse qui s'est
illuminée comme par enchantement ; l'orgue
et le chant, enfin tout. — Oui, c'était ma-
gnifique.
— Il faut bien que ce soit ainsi, le cen-
tenaire de la fondation de la paroisse.
— Cent ans, c'est bien long. S'en est-il
passé des choses pendant ce siècle i
— Toutes ces choses-là vont être rappe-
lées, on nous l'a dit, et elles vont être
écrites aussi.
— Tant mieux, on pourra les Ure. Car
nous autres, nous n'entendrons pas tout ce
qui va se dire; nous sommes trop petites.
— On va commencer par le commence-
ment, quand Beauharnois n'était encore
qu'une forêt, pleine d'arbres, pleine d'om-
bre, sur le bord du beau lac St-Louis, qui,
lui, n'a pas changé.
— Y avait-il encore des Iroquois?
— ^Je ne pense pas, mais peut-être. Au
moins, ils n'étaient plus méchants, parce
que les missionnaires les avaient convertis
depuis longtemps.
—Ensuite, on va parler des premiers ar-
bres abattus, des premiers champs cultivés,
du premier clocher qui s'est élevé avec sa
250
Centenaire de Beauharnois
croix dans les airs, des maisons qui se sont
groupées autour d'abord, puis qui se sont
bâties à la file en suivant le fleuve.
— Il y a bien de la différence entre ce
temps-là et aujourd'hui.
—Il a dû en falloir du courage, du tra-
vail, pour faire avec la forêt, une belle pa-
roisse, une ville comme la nôtre.
— On ne manquera pas d'en parler, vous
vous imaginez bien.
— Oui, car on voUs le répète tous les jours:
le travail, le courage, la religion, c'est ce
qu'il y a de plus beau, c'est ce qui donne le
pain, la santé, le bonheur.
— Nous autres, nous ne pouvons pas dire
grand'chose, excepté que nous aimons bien
notre paroisse, notre maison de chez-nous et
notre couvent.
— Et l'église aussi, qui est si belle!
— C'est bien entendu.
' — Un couvent, ça tient une grande place
dans une paroisse. On le compare, j'ai bien
écouté, à un beau jardin où il y a des fleurs
qui l'embellissent, des arbres qui donnent
des fruits, des oiseaux qui chantent, des
fontaines d'où coulent des eaux fraîches et
limpides.
— Alors, un paradis terrestre.
— Oui, presque. Aussi, il ne s'était pas
écoulé bien des années depuis la fondation,
que Monsieur le curé de ce temps-là et ses
paroissiens voulaient avoir un couvent. Ce
qui fut dit fut fait.
— Quand a-t-il été bâti?
— En 1853. Et depuis, toutes les petites
filles de Beauharnois et beaucoup d'ailleurs
sont venues au couvent cueillir des fleurs
et des fruits, chanter avec les oiseaux, boire
aux claires fontaines.
— C'est-à-dire qu'elles sont venues s'ins-
truire comme nous, qu'elles ont été entou-
rées de soins et de dévouement, comme
nous encore.
— Nos mamans, nos grand'mamans, nos
grandes sœurs, les religieuses anciennes
élèves, aiment à y revenir, au cher couvent,
qu'elles appellent leur Aima Mater parce
qu'elles y ont reçu le bienfait de l'éducation.
—C'est ce qui les a faites si bonnes, si
tendres et si grandes.
— Nous ferons de même,nous autres aussi.
— De tout temps, MM. les curés ont été
les bienfaiteurs insignes du couvent; ils
l'ont toujours aimé et protégé.
— Aussi, aimons-nous à entendre dire
leurs noms, à voir leurs portraits dans les
albums ou sur les murs de nos salles.
— Moi, je les sais tous par cœur: M.
Charland, M. Jasmin, M. Lussier, M.
Nepveu, et je les connais sur leurs portraits.
— Moi aussi, et je sais qu'ils ont tous été
très bons pour le couvent, nos maîtresses
nous le disent. Mais pour M. le curé d'à
présent, on le sait toutes seules.
— Nous avons encore un autre pasteur
avec une belle houlette d'or qui connaît,
lui aussi, son petit troupeau, qui le défend,
le chérit, le bénit avec tendresse. Combien
nous le vénérons, notre premier pasteur, et
l'aimons de tout notre cœur!
— Sa présence aujourd'hui nous comble
de joie.
— De même, celle des dignes prélats, des
prêtres nombreux qui l'entourent, de nos
parents bien-aimés et de toute l'assistance.
— Pour les remercier tous, et leur dire
combien nous sommes heureuses, nous
allons chanter nos plus jolis couplets de
fête:
Les Fêtes du Centenaire
251
Chant de circonstnace
Solo
1
Fêtons ce centenaire
Avec des chants, avec des fleurs.
A notre vieille terre,
En ce beau jour, rendons honneur.
Refrain.
Sous les fleurs nouvelles,
Bien qu'elle ait cent ans,
Elle est fraîche et belle
Comme en son printemps.
C'est la terre charmante
Où Dieu plaça notre berceau.
Où la vie est riante,
Où le soleil est toujours beau.
Que notre amour la chante.
Chante ses blés, ses verts buissons.
Que toujours nous enchante
Son lac fermant nos horizons.
Vive ce centenaire.
Vive sa joie et sa splendeur!
Beau jour où l'on révère
Et la bonté et la grandeur.
Refrain final
Offrons en hommage
Nos plus belles fleurs.
C'est le doux langage
De nos jeunes cœurs.
Une grande, Mademoiselle Lucienne Le-
duc, vient ensuite hre, en l'honneur de
Monseigneur Émard, l'adresse dont voici
le texte;
A Sa Grandeur Monseigneur J.-M. Émard,
évêque de Valleyfield, Assistant au Trône
Pontifical.
Monseigneur,
Avec quelle allégresse nous voyons luire
les jours heureux et glorieux du centenaire de
notre paroisse! Pleins de promesses de jouis-
sances pour l'esprit et pour le coeur, ils se
hâtent ces jours, pensions-nous, de rem-
plir à notre égard, leurs promesses charman-
tes, puisqu'il nous est donné, dès ce soir, de
recevoir Votre Grandeur avec le brillant cor-
tège qui l'accompagne.
Un centenaire est une fête de souvenir, oit
tout nous invite à porter nos regards vers le
passé. Si de la ville aujourd'hui en liesse,
nous remontons à la Seigneurie du vicomte de
Beauharnois, quelle transformation s'est opé-
rée! Quelle chaîne merveilleuse se déroule
devant nous! Et de quels actes de dévouement,
d'abnégation, de zèle religieux ou social cha-
que anneau n'est-il pas le symbole!
Aux saints prêtres, aux vaillants pionniers,
aux âmes énergiques et pacifiques qui les ont
accomplis vont notre admiration et notre re-
connaissance. Les apôtres, les défricheurs,
les semeurs n'ont pas peiné en vain, la gerbe
des épis d'or est aujourd'hui débordante.
Nous avons besoin que les grandes figures
de notre passé passent en notre présence, afin
que nous puissions reproduire leurs traits et
raviver dans nos âmes les flammes de foi pro-
fonde et de vrai patriotisme qui les animaient:
"Les âmes ne s'allument-elles pas les unes aux
autres comme des flambeaux?"
Honneur en particulier à notre Mère, la
Sainte Eglise! Ici comme ailleurs dans de
semblables circonstances, son rôle a été admi-
rable; elle a été l'âme de la nouvelle paroisse,
l'inspiratrice de ses meilleurs progrès. C'est
grâce à l'organisation paroissiale dont elle
dispose que la Seigneurie de Beauharnois a
252
Centenaire de BeÀ.uharnois
pu grouper les colons, créer un centre fécond
et prospère, un foyer intense où se conserve
jalousement le trésor de notre foi, de notre
langue, de nos plus chères traditions.
Honneur à ceux qui ont lutté, travaillé dans
l'ombre ou dans la lumière! Cette fête leur est
une glorieuse récompense.
Pour caractériser l'action de la femme au
cours de ce siècle de fondation et de formation,
laissez-nous emprunter un mot charmant et
profond d'un écrivain de marqua: "Chez
nous, la vierge, l'épouse et la mère ont fait
éclore l'âme de la patrie au souffle de la
piété."
Ces hommages d'affection filiale, de respect
attendri que nous offrons à ceux qui firent
notre belle paroisse, à ceux qui en continuent
les destinées, permettez-nous. Monseigneur,
de les adresser d'abord à Votre Grandeur.
Vous êtes le représentant de cette Eglise dont
on a dit qu'elle était l'âme de l'œuvre que
nous célébrons en ces jours; vous êtes, depuis
vingt-cinq ans, le père et le pasteur de ce
peuple que vous aimez et qui vous aime, que
vous dirigez par des voies toujours plus lumi-
neuses vers des biens toujours plus grands.
Aujourd'hui, vous venez, par votre présence,
consacrer ces fêtes solennelles, les faire res-
plendir d'un plus vif éclat, les bénir avec
effusion afin que s'ajoutent des fruits pré-
cieux aux fleurs brillantes dont elles se
parent.
Qu'il nous soit permis d'offrir le tribut de
notre respectueuse et vive gratitude au vaillant
et vénérable évêque Sa Grandeur Monseigneur
Latulipe, aux membres distingués du clergé
venus pour honorer de leur cordiale sympathie
notre paroisse, la chère paroisse canadienne,
et qui en ce moment honorent la maison qui les
■reçoit. A notre bon et dévoué curé, aux véné-
rées religieuses dont plusieurs sont nos sœurs
aînées en cette maison, à toute cette assemblée
d'élite, nos remerciements enthousiastes et
sincères.
Couvent SS. NN. de Jésus et de Marie,
Beauharnois, 15 juin 1920.
Des bambines viennent présenter aux
prélats de riches gerbes de fleurs, et Mon-
seigneur fait une exquise allocution.
Parmi tous les facteurs de progrès dans
nos paroisses, il marque admirablement la
place de la femme canadienne, de nos mères
au foyer et des religieuses au couvent; il
rappelle le rôle du couvent dans une pa-
roisse, et il exhorte les jeunes filles à suivre
les exemples de vertus chrétiennes donnés
par nos aïeules. Et Monseigneur termine
en rendant hommage à l'œuvre éducatrice
des religieuses enseignantes au Canada,
particulièrement à l'œuvre de la Commu-
nauté des Religieuses des Saints Noms de
Jésus-Marie.
Monseigneur l'évêque d'Haileybury dit
quelques mots, et l'on chante le Chant du
Drapeau.
Le Chant du Drapeau
Chœur.
Ouvre large ton aile, ô drapeau canadien,
Emblème d'un peuple fidèle. Au cœur pa-
triote et chrétien.
Solo.
I
O blanc lys, d'où viens-tu?. . . De cette
France ancienne
Qui ne rougissait pas de s'affirmer chré-
tienne;
Tu fus l'orgueil de ses beaux jours. . . Tu
fus l'orgueil de ses beaux jours.
Nous, de notre berceau. . . Consacrant la
mémoire
Héritons de sa fleur. . . . Elle a conquis la
gloire;
A nous de la garder toujours. . .
Les Fêtes du Centenaire
253
II
A tes milles couleurs, . . . ô feuille incom-
parable,
Nous avons reconnu. . . . Notre feuille d'é-
rable,
Au drapeau fais-les resplendir.
Avec toi. . . . Nos forêts acclamant la patrie
Le Canada s'émeut, .... il tressaille et
s'écrie;
"Frémis, nous voulons t'applaudir."
III
Feuille d'érable, azur. . . Fleur de lys et
Croix blanche.
Et toi, Cœur de Paray, . . . Notre âme en
vous s'épanche;
Fleurs écloses du souvenir. . . .
Répandez vos parfums. . . . Avec vous, l'es-
pérance,
Comme un coin de ciel bleu. . . Par la
Nouvelle-France
Darde un rayon sur l'avenir.
Les deux évêques donnent la bénédiction
et l'on se retire aux accords d'un Carillon
de Chaminade.
Quelques minutes après la réception, les
voitures s'alignent pour une promenade à
travers les rues de la ville. En tête est une
cavalcade; suit la fanfare; puis le défilé
s'avance. Dans une première voiture est
Monsieur le Chanoine Nepveu, curé; avec
lui sont Messieurs les Chanoines A.-C.
Dugas, doyen du chapitre cathédral do
Valleyfield, et A.-D. Houle, curé de Saint-
Jacques l'Achigan (Joliette); d'autres sui-
vent où l'on remarque la plupart des prêtres
venus aux fêtes; de nombreux paroissiens
ont tenu à prendre rang dans la procession.
Pendant une heure on circule à travers les
rues; le parcours suit un tracé qui permet
de passer par toutes les rues principales:
rues de l'Eglise, Saint-Laurent, Ellice, Saint-
Joseph, Hannah, Sainte-Catherine, Nichol-
son. Le spectacle offert est réellement
grandiose; la plupart des citoyens sont
chez-eux; les résidences sont décorées et
illuminées magnifiquement. . . . Mais il faut
s'arracher à ce charme et vers 1 1 heures, la
cité reprend son calme; l'on échange des
félicitations et l'on va prendre quelques
heures de repos. . . . non sans faire une
petite prière qui demande, pour le lende-
main, une température qui permette de
répéter et d'accentuer le succès de cette
première journée de fête.
Journée du 15 juin
Mardi, le 15 juin. L'on s'éveille au bruit
du tonnerre et à la lueur des éclairs; et la
question est dans toutes les bouches: "Va-
t-il donc faire mauvais?^' Mais non, les
prêtres n'auront pas dit les premières mes-
ses que l'orage aura passé. Et c'est par un
beau soleil qu'à 9.30 heures précises com-
mence la messe du centenaire.
La Messe
A 9.30 le clergé quitte le presbytère pour
l'église. Les dignitaires ont des places
réservées >iu sanctuaire, les autres prêtres
ont des sièges dans l'allée centrale qui leur
est réservée; des sièges d'honneur, au pre-
mier rang, pour des laïques de marque:
Nos députés, Monsieur le maire de la ville,
l'Hon. Juge Mercier, M. Edouard Mont-
petit et quelques autres. La nef est bien
remplie; aux abords de l'église, une foule
compacte espère voir ou du moins entendre
le chant et le sermon.
Les chanoines récitent Tierce de l'office
du jour.
Les cérémonies commencent; elles sont
sous la direction de M. l'abbé Ernest Maheu,
254
Centenaire de Beauharnois
un fils de Beauharnois; Monseigneur Émard
préside; Mgr J.-C. Dorais, V.G., l'assiste
comme archidiacre, et Messieurs les cha-
noines L. Cousineau, de l'archevêché de
Montréal, et J.-E. Aubin, supérieur du col-
lège de Valley field, sont diacre et sous-
diacre d'honneur. Messieurs les abbés G.
Mailloux, curé de Saint-Antoine-Abbé, et
Aimé Hébert, vicaire à Rigaud, tous deux
enfants de Beauharnois, sont diacre et sous-
diacre d'office. Les servants sont Philippe
Julien, cérémoniaire'; Lucien Primeau, thu-
riféraire; Rodrigue Théoret et Adrien Ger-
vais, acolytes; Paul-Emile Lorange, porte-
croix; Léopold Lamoureux, porte-mître;
Laurent Leduc, porte-crosse; Adrien Ber-
gevin, porte-livre; Eugène Boyer, porte-
bougeoir; Alfred Laliberté, caudataire ; Ro-
bert Daignault et Lucien Laliberté, fami-
liers; Eucher Théoret, Rosario Beau-
champ, Joseph Lamoureux, Gaston Gen-
dron, Emile Moreau et Gérard Dorais sont
porte-flambeaux. La maîtrise est dirigée
par M. David Manny, I.C; et Made-
moiselle Hélène Manny est à l'orgue; la
messe célébrée est la messe votive du
Sacré-Cœur; la messe chantée est la messe
dite de Mitterer.^'^ Les beaux ornements de
drap d'or brillent sous les feux du soleil; le
massif calice d'or du curé Charland sert au
sacrifice.
Sa Grandeur Mgr E.-A. Latulipe est
assisté de Messieurs les Chanoines I. Glai-
reux, curé de l'Epiphanie, et A.-E. Des-
champs, chapelain de l'Institution des Sour-
des-Muettes.
Le représentant de Mgr l'évêque de
Pembroke, Mgr N.-Z. Lorrain, est aussi
au sanctuaire.
Au Gloria Mgr le Célébrant bénit solen-
nellement le pain selon l'antique tradition,'"^
aujourd'hui tombée en désuétude; ce pain,
don de M. Achille Bergevin, M. P.P., sera, à
l'offertoire, distribué à tous les assistants.
Après l'Evangile, M. l'abbé J.-D. Nepveu,
Docteur en Philosophie et en Théologie de
la Minerve à Rome, curé de Saint-Anicet,
au diocèse de Valley field, et frère du curé
de Beauharnois, fait le sermon du cente-
naire. Il parle de la paroisse en général et
de son influence spéciale au Canada, il rap-
pelle brièvement le passé paroissial de
de Beauharnois, il indique ce que doivent
être les paroissiens de Saint-Clément s'ils
veulent rester fidèles aux traditions. Bien
pensé, bien écrit, bien récité, ce sermon de
haute tenue philosophique, littéraire et
sacerdotale, a produit une profonde impres-
sion. D'ailleurs, en voici le texte même:
Habebitis autem hune diem in monumentum,
et celebrabitis illam solemnem Domino in gène-
rationibus vestris cultu sempitemo.
Vous garderez ce jour comme mémorial, et
vous le consacrerez solennellement au Seigneur,
de générations en générations, par un culte
étemel.
Exode, ch. XII. v. H
Mes frères,
Vous célébrez aujourd'hui le centenaire de
la fondation de votre paroisse. Cent ans
d'existence, c'est plus qu'une vie d'homme or-
dinaire; mais il me semble que ce soit peu
de chose dans la vie d'une paroisse. Néan-
moins, au cours de cette période relativement
brève, vous vous êtes développés magnifique-
ment; vous avez évolué et grandi dans le sens
du progrès. Votre histoire en fait foi.
Avant de m'y arrêter, je voudrais pourtant,
élargissant le cadre de ce discours, vous parler
de la paroisse elle-même, de cette institution
admirable de l'Eglise, à laquelle, au Canada,
(1) Voici le programme musical complet: Entrée: Marche
Pontijicale, de F. de la Tombelle; Messe (à trois voix)
d'Ignatius Mitterer. Sortie; Marche religieuse de Guilmant.
(2) Cette coutume du pain bénit a existé à Beauharnois
comme ailleurs; on l'observait encore entre 1860 et 1865.
Les Fêtes du Centenaire
255
nous devons à peu près tout ce que nous
sommes.
Pie X, de pieuse et sainte mémoire, qui,
pour avoir passé par tous les degrés de la hié-
rarchie, en possédait une expérience spéciale,
avait entrepris de rétablir la paroisse, avec ses
règles et ses exigences, à Rome même et par
toute l'Italie.
Uépiscopat français, qui a à cœur la res-
tauration spirituelle du peuple au beau pays
de France, ne sait pas de meilleur moyen d'y
réussir, qu'en affermissant, et même en cer-
tains cas, en ressuscitant la paroisse.
Plusieurs de nos évêques canadiens-fran-
çais, notamment Mgr Vévêque de ce diocèse
(Valley field) dont le zèle pour le salut des
âmes et le maintien des saines traditions
n'a d'égale que la claire vue des moyens
à employer, ont traité ce sujet, avec autant de
compétence que d'autorité, dans des lettres
pastorales, pages remarquables de patriotisme
chrétien, qui resteront d'excellents sujets d'ins-
piration pour tous ceux qu'intéresse la vie
paroissiale.
Nous n'avons pas heureusement, dans
notre catholique Province, à remettre en hon-
neur une institution à laquelle nous devons
tant de bienfaits, depuis les origines de la
colonie jusqu'à nos jours; mais nous avons
le devoir, et c'est un devoir sacré, de maintenir
dans toute son intégrité cette belle institution
de la paroisse, qui a été, sur ce sol d'Amérique,
la sauvegarde de notre foi, de notre langue et
de notre nationalité.
Esquissons d'abord à grands traitt ce qu'a
été la paroisse, dans le cours des âges, d'une
façon générale, et en particulier au Canada.
Nous verrons ensuite ce q\ie vous avez "été,
ici, à Beauharnois, comme paroisse. Et
enfin, nous dirons ce que vous devez être à
l'avenir, si vous voulez rester fidèles à vos
traditions.
D'abord, mes frères, la paroisse remonte
aux premiers siècles de l'Eglise. J'en vois
une première manifestation dans ces groupe-
ments de chrétiens, qui, pour fuir la persécu-
tion, se réunissaient dans les catacombes ro-
maines et y vaquaient aux exercices du culte.
Ces chapelles souterraines, que l'on visite
encore aujourd'hui, et dont, on le constate,
quelques-unes pouvaient contenir un bon
nombre de fidèles, étaient des lieux de réunion
où. fréquentaient un groupe déterminé de chré-
tiens. Qui ne voit que ces groupes consti-
tuaient déjà des paroisses en germe?
Au sortir de l'ère des persécutions, l'Eglise
'Se répand à l'extérieur. Sous l'impulsion
de Constantin, converti à la foi, et de ses suc-
cesseurs chrétiens, désormais sympathiques
aux pontifes de Rome, les groupements de
chrétiens se multiplient et se dessinent de plus
en plus en paroisse.
Dès cette époque, nous voyons, en France,
un saint-Martin, de Tours, un saint Hilaire,
de Poitiers, un saint Césaire, d'Arles, un saint
Sulpice, de Bourges, et combien d'autres, for-
mer, surtout dans les centres ruraux, des
groupements vers lesquels ils députent des
curés: c'est la paroisse catholique qui prend
définitivement naissance.
Au Ville siècle, sous Charlemagne, elle
est en voie de s'organiser de mieux en mieux.
Les annales du temps racontent que les évêques
visitent leurs paroisses tous les ans, et que,
également, tous les ans, les curés assistent au
synode épiscopal. Déjà la paroisse existe avec
son école pour les enfants et sa corporation
de pauvres régulièrement organisée.
Au X le et au XI le siècles, la célèbre que-
relle des investitures, qui s'agite autour des
nominations aux cures tout autant qu'autour
des nominations aux évêchés, met en pleine
256
Centenaire de Beauharnois
lumière l'existence ordonnée et les droits
reconnus des paroisses.
Au XVIe siècle, les curés jouissent par-
tout dans leur paroisse d'une situation pré-
pondérante. Ils sont appelés à faire partie
des conseils de la commune. Ils traitent en
chaire de tous les intérêts, même matériels,
de leur peuple.
Au XVIIe et au XVIIIe siècles les sages
ordonnances du concile de Trente augmen-
tent encore l'importance du système parois-
sial. La lutte qu'il faut soutenir contre la
Réforme protestante oblige le clergé et le peuple
chrétien à vivre davantage sa foi, afin de résis-
ter plus fermement aux attaques de l'hérésie.
L'organisation paroissiale y pourvoit excel-
lemment, en faisant plus que jamais, du
curé, le père et Vaviseur autorisé de la grande
famille paroissiale.
C'est à ce moment de l'histoire que nous
naissons comme peuple, ou comme colonie si
vous le voulez, au Canada. Issus de familles
françaises triées sur le volet — nos historiens
l'ont établi avec une compétence qui les honore
autant que nous-mêmes — il ne fallait rien
moins qu'une parfaite organisation de parois-
se pour répondre à leurs justes aspirations.
M. Olier avait fondé, à Paris, une paroisse
idéale, arbre magnifique, qui couvrait de ses
rameaux vigoureux une population assez dense
Or ce sont, entre plusieurs autres, ses fds
spirituels que la Providence appela à trans-
planter sur la terre du Canada, plus parti-
culièrement à Montréal, un rameau de cet ar-
bre, qui s'alimenterait du reste à la sève la plus
pure de France, par les soins de Mgr de Laval,
premier évêque de Québec.
C'est de France, par le clergé de Québec et
par celui de Montréal, que nous avons reçu
en héritage, dès les premiers jours de la colo-
nie, ce système d'organisation paroissiale,
perfectionné au cours des siècles, et qui nous
a faits — proclamons-le hautement une fois
de plus — à peu près tout ce qu£ nous sommes.
Pendant que, sous le régime français, les
hommes d'armes guerroient contre le farouche
Iroquois, ou défendent pied à pied le sol contre
l'envahisseur anglais, alors que les colons
font des abatis dans la forêt, le long du fleuve
et des rivières, les curés, puissamment aidés
par les intendants de France, bâtissent des
chapelles et groupent autour de leurs clochers
les premiers habitants de la colonie. Ils les
instruisent, les catéchisent et les civilisent.
Nulle part, mieux que chez nous, le système
d'organisation paroissiale n'a été appliqué
avec intelligence et avec fruit. Nulle part
mieux que chez nous, la vie paroissiale n'a
été la source et le principe de la vie nationale.
Le passage de la Nouvelle-France sous le
régime anglais a fait saillir encore davantage
l'admirable et bienfaisante influence de la
paroisse. Elle est apparue non seulement
comme la sauvegarde de la foi et des mœurs,
mais encore comme le seul foyer de nos tradi-
tions et de notre vie propre.
La vie paroissiale, chez nos pères, a d'a-
bord, naturellement, maintenu la vie reli-
gieuse. Elle a, de plus, recréé la vie nationale.
Elle nous a enfin préparés à la vie sociale et
politique. Elle a été un centre de résistance
contre lequel sont venues se briser toutes les
tentatives d'assimilation. Elle a été la véri-
table cellule sociale, dont la multiplication a
fait notre peuple. Elle a été enfin, et elle est
restée, la pierre angulaire de tout notre édifice
national.
II
Pour bien comprendre, mes frères, ce que
vous avez été comme paroisse, au cours de ce
premier siècle de votre existence, vous n'avez
qu'à vous procurer Z'Histoire de Saint-
Clément-de-Beauharnois, qui va bientôt
paraître. L'auteur, l'un de vos coparoissiens,
Les Fêtes du Centenaire
257
fils distingué de Saint-Dominique, n'a pas
manqué, grâce aux ressources de son talent et
aux belles qualités de son cœur, de mettre en
évidence, dans son livre, les traits les plus
saillants et les plus caractéristiques de votre
vie paroissiale. Tout y est raconté par le
menu. Tout y est intéressant. Tout y est
édifiant.
Un enfant bien né se complaît à dire et à
écrire du bien de sa mère. Vous tiendrez à
honneur de connaître vos origines paroissiales.
Vous lirez votre histoire et vous la ferez lire à
vos enfants. Les exemples de vertu, de dé-
vouement, d'endurance et de gaieté toujours,
d'héroïsme parfois, dont vos ancêtres firent
preuve, vous inciteront à ne pas vous endor-
mir sur des lauriers trop facilement cueillis.
Ils vous inviteront à accepter l'épreuve, quand
elle se présente, à aimer même la souffrance,
la bonne souffrance, quxind la Providence
l'iynpose.
Vos débuts furent modestes, comme tous ceux
de ces paroisses qui sont aujourd'hui floris-
santes, sur les deux rives de notre fleuve, et qui,
toutes, ont remplacé la forêt vierge et sont
nées dans l'abatis. Ce qui a le plus contribué
à leur évolution normale et à leur développe-
ment naturel, c'est l'esprit qui leur a été infusé
dès leurs premiers moments d'existence, c'est
l'âme qui leur a été communiquée et qui ne fut
rien autre que l'âme des prêtres préposés à
leur garde.
Or, ces prêtres, ce sont les curés. Voyez-
les à l'œuvre dans notre paroisse. Comme
prêtres, ils se montrent excellemment hommes
de Dieu, partageant leur temps entre les exer-
cices de piété, l'étude et le ministère toujours
absorbant. Les leçons de théologie qu'on re-
cevait alors n'étaient peut-être pas ce qu'elles
sont devenues plus tard. Il n'y avait qu'un
séminaire à cette époque, au pays, et ses pro-
fesseurs n'avaient pas conquis leurs grades
aux universités romaines. Nous sortions
meurtris et décimés d'une période de guerres
qui avait été dure. Nous ne pouvions nous
relever en un jour. Les clercs souvent ne
pouvaient suivre longtemps les classes du seul
séminaire de Québec. Pour subvenir aux
besoins pressants du saint ministère, l'évêque
devait les ordonner jeunes. Les curés de ce
temps-là savaient pourtant leur théologie
positive, ils connaissaient les textes des Ecri-
tures Saintes et les témoignages des saints
Pères, ils étaient en état de combattre victo-
rieusement l'erreur et de défendre leur foi.
Les œuvres extérieures, si nombreuses, que
réclament les paroisses en formation, les
constructions d'églises, de presbytères, de cou-
vents, d'écoles ont pu étouffer plus d'un ferme-
propos en matière d'études — et je n'oserais pas
dire que l'histoire ne se répète pas! Quand
même, nos bons curés d'autrefois, sans viser
peut-être à se donner comme des intellectuels,
étaient suffisamment avertis et documentés
pour bien instruire leurs gens et diriger sûre-
ment leur paroisse dans la voie du progrès
intellectuel, moral et même matériel.
Ils savaient allier aux vertus de leur état
de fort belles qualités sociales. Ils étaient
gais, bienveillants, hospitaliers, généreux,
tout à tous — omnia omnibus. — Vos curés,
en un mot, c'étaient de vrais pasteurs d'âmes!
C'étaient avant tout de bons catéchistes.
Tous n'étaient pas des orateurs ou des litté-
rateurs brillants. Mais tous étaient suffisam-
ment érudits pour exposer dans une langue
claire, correcte et digne, les vérités de la foi et
les préceptes de Dieu et de l'Église. Quel
dévouement on trouve chez eux dans la pré-
paration des enfants au saint jour de la
première communion! Quel soin à éclairer
leur foi et à fortifier leurs convictions reli-
gieuses par un exposé méthodique et raisonné
des vérités de la religion!
258
Centenaire de Beauharnois
Y eut-il vraiment, dans l'Église de Jésus-
Christ, des prêtres qui rencontrèrent mieux les
vues du Siège Apostolique et des conciles en ce
qui regarde l'instruction du peuple, que les
curés préposés à la direction de cette paroisse
depuis sa fondation? Il est permis d'en
douter.
Vos curés furent encore des amis et des
fervents de l'école. Après avoir doté leur
lillage des meilleures maisons d'éducation,
tenues par les religieux et les religieuses, ils
s'efforcèrent toujours, conjointement avec la
commission scolaire, de choisir, pour toutes
leurs écoles, les institutrices les plus compé-
tentes. Afin de les encourager à se dévouer
sans compter à leur tâche pénible, difficile et
ingrate, vos curés visitaient régulièrement
leurs classes. Tantôt seuls, tantôt avec les
membres de la commission scolaire, ils fai-
saient le tour, à date fixe, de toutes les écoles
de la paroisse. Et ce geste est plein de sens.
De la voix, du regard, d'un bon sourire, au-
tant que par des questions bienveillantes, ils se
montraient paternels et encourageants. En-
fants et maîtresses voyaient en eux des amis
sincères et des guides naturels.
Vos curés s'employèrent encore, pour nour-
rir la foi et la piété de leurs paroissiens, à
rehausser l'éclat du culte, par le chant, la
musique et les belles cérémonies.
Tous donnaient l'exemple de la charité, en
visitant, avec une particulière affection, les
pauvres et les malades, consolant ceux-ci,
faisant l'aumône à ceux-là, versant dans
l'âme de tous un peu de leur cœur de père, pour
guérir ou au moins panser toutes les blessures.
Vos curés furent aussi de vrais patriotes.
Les premiers d'entre eux se firent souvent
colons, ou furent les amis du colon. Il fallut
défricher ici comme ailleurs. Là où, se voient
aujourd'hui des spectacles si riants, cette
campagne riche d'une moisson opulente.
cette jolie ville si coquettement assise aux
bords du grand fleuve, c'était la forêt, la
savane, la fondrière. L'âpre travail d'un
côté, le zèle apostolique de l'autre, ont tout
transformé. Plus tard, l'ami du colon se
fait l'ami de l'agriculteur, le curé soutient
de tout son pouvoir et de tout son prestige,
l'habitant, son paroissien. Il favorise les
meilleures méthodes de rendement, combat la
routine, entraîne ses gens à la culture pro-
gressive. Le curé canadien estime qu'il n'y a
rien de petit, ni de vulgaire, de ce qui peut
unir le peuple au clergé, de ce qui peut pro-
curer le bien du peuple, en développant l'in-
fluence du clergé. La science supérieure des
choses de Dieu n'exclut pas la notion exacte
des intérêts de ce monde.
Enfin, toujours vos curés se sont distingués
par un culte ardent du pays natal, comme
aussi par une conduite loyale envers les pou-
voirs établis. Ils furent, comme leurs con-
frères des autres paroisses, de vrais artisans
de la fortune publique et de la grandeur na-
tionale.
Or, si tels furent vos curés, depuis la fonda-
tion de votre paroisse jusqu'à nos jours, jugez,
mes frères, de ce que furent vos pères dans la
foi et de ce que vous avez été comme paroisse.
III
Voulez-vous, mes frères, ajuster votre vie
à celle des ancêtres, et aller toujours votre
marche ascendante vers le progrès? Soyez des
enracinés au sol! Aimez ce coin de terre qui
vous a vus naître, qui a été arrosé et fécondé
par les sueurs des aïeux. Avec quel soin
jaloux ils se le transmirent de génération en
génération, de telle sorte que de propriétaire
à propriétaire, le bien transmis conserva pres-
que toujours le même nom. Hélas! quelle
différence, souvent, aujourd'hui. En dépit de
nos efforts pour enrayer l'exode des campagnes,
un grand nombre de nos jeunes gens, ennuyés
Les Fêtes du Centenaire
259
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Les Fêtes du Centenaire
261
des travaux des champs, 9'en vont dans les
grandes villes grossir la tourbe des déracinés,
qui y végètent, mangent maigrement leur pain
et n'ont pas même un air pur pour dilater
leurs poumons. Se peut-il que Von n'aime
plus à respirer l'atmosphère embaumée et
vivifiante de nos prairies émaillées de fleurs?
Se peut-il que l'on n'aime plus à contempler
le grand spectacle des blés jaunissants ployant
sous la caresse de la brise? C'est cette bonne
odeur des champs qui grisait d'une douce et
sainte ivresse nos ancêtres. Et Dieu sait
s'ils se portaient bien! Ah! puissions-nous,
à leur exemple, aimer notre sol!
Aimons notre langue aussi. Parlons-la
avec un légitime orgueil, cette belle langue fran-
çaise, aux périodes sonores, aux expressions
riches, variées, précises. Nos pères nous
l'ont léguée, c'est un précieux héritage. Nous
l'avons conservée avec toute sa saveur antique.
Enrichissons-la d'expressions et de tournures
du terroir — ce qui ne veut pas dire "Hors le
terroir, point de talent!" — Mais, surtout, je
le répète, parlons-la notre belle langue, à
temps et à contre-temps, aussi souvent que l'oc-
casion se présente, même en nous adressant
à nos amis de la prétendue race supérieure.
Ne cédons pas trop facilement à la vanité
de parler une langue étrangère, même sous le
prétexte que nous la possédons bien. Imposons
plutôt la nôtre. Et l'on sera forcé d'admettre
qu£ c'est nous, en définitive, qui sommes la
race supérieure. Nos pères, les habitants d'au-
trefois, sont restés profondément attachés aux
syllabes françaises après la cession. C'est à
zet attachement, qui ne souffrit aucun alliage,
que nous devons en grande partie la pureté
de notre verbe.
Et puis, mes frères, et surtout, pratiquons
les vertus qui ont fait la force de nos pères.
Au premier plan, plaçons la sanctification du
dimanche par un saint repos. Tenons à
l'office paroissial, à la grand'messe solennelle,
et au prône du curé, même quand il n'est pas
très intéressant. Rappelons-nous que les
pièces d'éloquence sacrée produisent une ex-
cellente impression, mais convertissent rare-
ment. Loin de moi l'intention de généraliser,
mais n'imitons pas, mes frères, certaines gens
en villégiature, qui se contentent d'une messe
basse et s'empressent à leurs plaisirs pour le
reste de la journée. Comment expliquer cette
déperdition d'esprit paroissial dans les pa-
roisses où la villégiature est en vogue? Il
faut avoir le courage de le dire, au risque de
déplaire à quelques-uns. Bien souvent ces
braves gens en villégiature ressemblent à des
écoliers en vacances. Ils se tiennent pour
le moins en marge de l'esprit de la paroisse
où ils séjournent et n'édifient pas toujours
sa religieuse population. D'aucuns, d'au-
cunes, aussi, se montrent parfois bien exi-
geants en matière de dévotion. Parce que
toutes les confréries ne fonctionnent pas aussi
régulièrement que dans les grands centres,
à raison des distances à parcourir, l'on se
permet parfois des remarques assez peu obli-
geantes. L'on oublie trop facilement qu£
la vieille dévotion à l'office paroissial est à
la base de toutes les autres, et qu'elle a suffi
longtemps à garder à nos bonnes populations
rurales l'esprit de foi qui animait nos an-
cêtres et leur permettait de conserver leurs
pieuses et saines traditions. Oh! ces braves
gens de l'ancien temps, ils n'avaient pas nos
belles routes carrossables, ni nos rapides
moyens de transport. En revanche, ils avaient
beaucoup de courage, une foi inébranlable qui
leur faisait apprécier le jour du Seigneur
comme il convient.
Aimons et pratiquons la justice. Nos
pères auraient parcouru un long chemin et
n'auraient pas laissé coucher le soleil avant
de remettre une pièce de monnaie qu'on leur
262
Centenaire de Beauharnois
aurait donnée par erreur. Ils étaient francs,
honnêtes et n'avaient jamais recours à la
fraude pour faciliter une transaction. Quand
ils prêtaient de l'argent, toujours sans inté-
rêt, quelques centaines de francs, à un voisin,
ils lui recommandaient de n'en pas parler.
Aucun acte notarié n'en gardait le souvenir.
L'emprunteur avait donné sa parole, cela
suffisait. Ca valait mieux que le papier tim-
bré! Les conditions de la vie ont changé,
mais, grand Dieu! que les hommes aussi sont
changés! Aujourd'hui, avec notre soif insa-
tiable d'aisance, de confort, de luxe, il nous
faut faire fortune rapidement, par n'importe
quel moyen. C'est le grand danger. Et cela me
remet en mémoire ces conseils qu'un ri-
chissime anglais donnait à son fils débutant
dans les affaires: "My son, make money,
honestly if y ou can, but make money." Voilà
ce que font pratiquement bien des fils de
famille, qui n'ont reçu d'autre incitation à
faire fortune que l'exemple des parents parfois
trop peu scrupuleux. Une autre justice à
laquelle on manque encore plus fréquemment
de nos jours, c'est celle qui consiste à respecter
la réputation de son prochain. L'on se fera
scrupule de prendre le bien d'autrui. Mais,
quel cas fait-on de son honneur? Est-ce que
partout la réputation et l'honneur ne valent
pas mieux que toute fortune d'or et d'argent?
L'on se fera scrupule encore de retenir le bien
d'autrui. D'importantes restitutions sont
faites fréquemment. Mais quelle démarche
fait-on pour réparer le dommage causé au plus
précieux des biens sur cette terre: l'honneur
d'un nom intact, irréprochable? Nos ancêtres,
reconnaissons-le, comprenaient mieux que
nous le double précepte de la justice et de la
charité qui résume toute la loi du Christ.
Ce n'est pas tout encore. Voulez-vous, mes
frères, ajuster davantage votre vie à celle de
vos pères et aller votre marche ascendante
vers le progrès? Combattez l'égoîsme. Cette
plaie hideuse est en train de paralyser, chez
nous comme ailleurs, les plus nobles énergies
et les plus généreux sentiments. Elle fait que
ceux qui en sont atteints, une fois campés
confortablement dans quelques positions lu-
cratives, oublient complètement ce qui se passe
autour d'eux. D'où cette anomalie étrange:
la pauvreté, l'indigence, la misère côtoient
l'aisance, la richesse, le luxe. La maxime
ancienne, c'était: "Rien de ce qui intéresse
mon frère, ne doit m' être indifférent." Aussi,
il est bien loin ce temps où les païens pou-
vaient dire des chrétiens: "Voyez comme ils
s'aiment." L'égoîsme a remplacé la charité,
il dessèche et avilit l'âme, il engendre les vices
les plus pervers.
Enfin, tenons-nous en garde, mes frères,
contre ce vent de révolte, qui souffle en tempête
à travers l'univers, et menace d'ébranler toutes
les institutions d'ordre et de stabilité qui ré-
gissent le monde. Ce bolchevisme — puisqu'il
faut l'appeler par son nom — se manifeste un
peu partout dans la société, jusque dans notre
catholique province de Québec. Pourquoi ces
grèves d'ouvriers contre leurs patrons, cette
insolence des serviteurs envers leurs maîtres,
cette tendance à niveler toutes les classes?
Parce que tous les hommes ont la même nature,
en peut-on conclure absolument à des droits
égaux et nier la variété nécessaire des condi-
tions humaines? C'est de la démocratie exa-
gérée. C'est du communisme outrancier.
Il faut revenir au vrai communisme, au com-
munisme chrétien, qui, lui, n'exclut ni le droit
de propriété, ni le droit de succession. Il
faut revenir à la véritable démocratie des pre-
miers siècles de l'Eglise, alors que la charité
était si florissante. L'esprit paroissial se
prête admirablement à la pratique de cette
vertu, qui est un gage et une promesse de
vrai succès.
Les Fêtes du Centenaire
263
Développons donc, de plus en plus, dans le
sens de nos traditions ancestrales, ce puissant
facteur de progrès, cet excellent excitateur
d'énergie. Nous lui devons le degré de per-
fection déjà atteint. Nous lui devrons aussi de
tendre sans cesse vers l'idéal, ce qui vous per-
mettra, mes frères, de faire de votre paroisse
un modèle du genre. C'est bien le désir de tous
ceux qui assistent à cette fête de votre cen-
tenaire.
Permettez-moi, en terminant, de vous offrir
mes plus sincères félicitations.
0 belle et grande paroisse de Saint-Clément
de Beauharnois, par ta soumission entière
à l'autorité légitimement constituée, par ton
obéissance fidèle à tes pasteurs dévoués, par
ton zèle discret à contribuer aux œuvres
de charité, par ton culte spécial pour la
maison de Dieu, — cette décoration toute fraîche
et de bon goût est à ton honneur et à l'honneur
de l'artiste qui l'a exécutée — tu as bien mérité
de la religion et de la patrie. Voilà pourquoi
ses représentants les plus autorisés sont ici
présents pour t'honorer. Reconnais ce geste
magnifique de leur condescendance, et qu^ ton
âme soit remplie de reconnaissance. Que ta
reconnaissance monte plus haut et s'élève
jusqu'au trône de Dieu, en ce jour de jubila-
tion et d'actions de grâce! Honneur à ton ex-
cellent esprit paroissial! Honneur à tes pion-
niers! Honneur à tes curés!
Mais ne vas pas l'arrêter à contempler
trop amoureusement ces lauriers peut-être
trop facilement cueillis. Vas plutôt de l'avant
ton chemin, vers de nouvelles luttes, de nou-
veaux combats, de nouvelles victoires, qui
seront l'expression magnifique de ta marche
ascendante vers tout progrès véritable. Et
alors, "tu garderas la mémoire de ce jour,
et tu le consacreras solennellement au Seigneur
de générations en générations, par un culte
éternel. ' ' — Ainsi-soit-il.
La cérémonie s'achève dans le recueille-
ment général. Après la messe, l'on se rend
au Banquet.
Le Banquet
C'est sur le terrain dit de l'Hospice, au-
delà de la voie ferrée du New-York-Central,
presque en face du cimetière, qu'est élevée
la grande tente du banquet. Un orchestre
de Valley field accueille les convives. Le
Comité de Réception a placé à l'entrée
une grande table dite table d'honneur. Une
quarantaine de personnes s'y asseoient:
Mgr J.-M. Ëmard, évêque de Valleyfield;
Mgr E.-A. LatuUpe, évêque d'Haileybury;
Mgr J.-C. Dorais, vicaire-général de Val-
leyfield; Mgr N.-Z. Lorrain, vicaire-général
de Pembroke; Mgr J.-C. Allard, P.A., curé
de Sainte-Martine; Mgr J.-A. Bélanger,
P.D., curé de Saint-Louis de France, Mont-
réal; Mgr J.-H. Cousineau, P.D., curé du
Sacré-Cœur de Montréal; Mgr L.-A. Du-
buc, P.D., curé de Saint-Jean-Baptiste de
Montréal; Mgr J.-A. Richard, P.D., curé
de Verdun; Messieurs les Chanoines T.
Nepveu, curé de la paroisse de Saint-
Clément; J.-E. Aubin, supérieur du collège
de Valleyfield; A.-C. Dugas, doyen du cha-
pitre de Valleyfield; L.-N. Préville, curé
de Saint-Jean-Chrysostôme; R. Chaput, an-
cien curé de Chateauguay; S.-F.-B. May-
nard, curé de Saint-Isidore; R.-M. Descar-
ries, curé de Saint-Henri de Montréal; L.-A.
Mousseau, principal de l'École Normale de
Valleyfield; L. Cousineau, de l'évêché de
Montréal; M. l'abbé J.-D. Nepveu, Ph.
Th.D., curé de Saint-Anicet; les RR. PP.
L.-J. Morin, C.S.V., assistant-provincial,
et N. Vaillancourt, C.S.V., représentant le
collège Bourget; M. l'abbé J.-C. Chaumont,
supérieur du collège Sainte-Thérèse; le R
P. Aug. Leduc, O.P.; chez les laïques, M.
le notaire L.-C. Tassé, maire de la ville, et
264
Centenaire de Beauharnois
Mademoiselle Tassé; l'Honorable juge W.
Mercier et Mademoiselle Mercier; l'Hono-
rable H. Mercier, ministre des Terres dans
le gouvernement provincial; M. L.-J. Papi-
neau, M.P.; M. Achille Bergevin, M.P.P.,
et Madame Bergevin; M. E.-A. Robert et
Madame Robert; M. Edouard Montpetit,
secrétaire-général de l'Université de Mont-
réal, et Madame Montpetit; M. Arthur
Plante, ex-député; M. Howard Smith, pré-
sident de la Compagnie du même nom.
Aux autres tables, les familles se sont
groupées autour de prêtres, parents ou amis;
il y a ainsi 36 tables de 12 personnes; en
tout 472 convives prennent part au festin.
Après la bénédiction de la table par
Monseigneur Ëmard, de Valleyfield, le repas
commence. Les convives ont devant eux
le menu suivant, auquel ils auraient mau-
vaise grâce de ne pas faire honneur:'^*
Menu
Céleri
Radis
Olives
Potage julienne
Salade de homard
Bouchée de volaille Toulouse
Jambon Langue Pâté de Foie
Galantine
Saucisson
Aloyau de bœuf rôti
Pomme purée
Salade chiffonnade
Mokas, Eclairs, Présidents,
Café et chocolat — Mille Feuilles
Fruits Café
Le service des tables est confié à la maison
Kerhulu et Oudiau, de Montréal, qui a
charge du banquet; le repas dure une heure.
(1) Un paroissien, M. Legault, avait installé sur place un
filtre de son invention, ce qui valut aux convives le plaisir
de boire une belle et bonne eau bien pure de "chez-nous." —
Les tables avaient été décorées avec goût et ornées de, fleurs,
don de Mademoiselle Tassé et d'un groupe de dames de la ville.
Tout-à-coup, les conversations cessent:
Monsieur le Curé est debout; c'est la se-
conde partie qui commence, les santés:
Monseigneur, dit Monsieur le Curé, '^' nous
sommes arrivés à la seconde partie du Ban-
quet. Je n'ai pas l'intention de commencer
la série des discours. Je voudrais simple-
ment, Monseigneur, vous offrir d'abord mes
plus sincères remerciements pour tout ce que
vous avez fait pour la paroisse de Saint-Clé-
ment de Beauharnois, particulièrement en
cette occasion de la célébration du centenaire.
Je n'ai pas de mots. Monseigneur, pour
vous exprimer la reconnaissance que je res-
sens pour Votre Grandeur en cette occasion.
Vous me permettrez bien. Monseigneur, d'of-
frir aussi mes sincères remerciements à Mon-
seigneur d'Haileybury, qui nous honore de sa
présence aujourd'hui, et a entrepris un long
voyage pour revenir dans une des paroisses de
son diocèse d'origine.
Je voudrais maintenant. Monseigneur, en
quelques mots, remercier les distingués prélats,
les membres du clergé, les honorables magis-
trats, les dames et messieurs qui, aujourd'hui,
nous honorent de leur présence. Je me vois
obligé de constater que je suis à la tête d'une
paroisse qui jouit d'une grande considération,
et pour m'en convaincre, je n'ai qu'à jeter un
regard sur cette assemblée des plus distinguée.
Monseigneur, il vous appartient d'ouvrir
la série des discours, voilà pourquoi je vous
invite à présenter la santé de notre Saint Père
le Pape.
Monseigneur Émard répond dans les
termes suivants:
Monsieur le Curé, nous sommes dans un
bon moment tous les deux. Depuis hier nous
nous faisons les plus beaux compliments. Eh!
bien, le bon Dieu a permis que je puisse en
(2) Nous devons à l'obligeance de deux sténographes, M .
Jean Cotonnier, d'Ottawa, et Melle M.-A. Salmon, de pouvoir
reproduire, à peu près textuellement, les discours du banquet.
Les Fêtes du Centenaire
265
effet, dans le cours de, ma vie, rencontrer sur
mon chemin de ces hommes dont la droiture
et la vigilance permettent de tout leur confier;
M. le Chanoine Nepveu en est un, et c'est le
compliment qus je lui offre en ce moment. Je
parle de ce que j'ai vu, de ce que les circons-
tances m'ont permis de voir en différentes
occasions. Et c'est vrai, j'aime à me rappeler
avec grand plaisir la première visite faite à
la certitude qu'on fera plaisir à tout le monde,
mais cette fois je suis assuré de mon succès.
La première est celle-ci: en cette circons-
tance solennelle, Monsieur le Maire, qui avait
pensé à tout, s'est adressé à Sa Sainteté le
Pape Benoit XV, le pontife de la paix, le
pontife de l'amour et le pontife du dévouement
aux hommes et à la charité universelle, et qui,
malgré tout, trouve encore le moyen de s'in-
LA TENTE DU BANQUET
Beauharnois quelques jours seulement après
mon sacre. Dans ce temps-là, c'était le révé-
rend Monsieur Lussier qui était curé à Beau-
harnois, et je viens maintenant, en ce jour de
centenaire, présider cette belle cérémonie, et
c'est le chanoine Nepveu qui me reçoit au-
jourd'hui. Vous en êtes fiers; moi aussi.
Maintenant, Mesdames et Messieurs, je vais
vous dire deux choses bien agréables; ce n'est
pas souvent qu'on commence des discours avec
térèsser aux choses d'ordre secondaire. Mon-
sieur le Maire avait donc envoyé à notre Saint
Père le Pape une demande de bénédiction
spéciale pour lui-même et pour tous les fidèles
de la paroisse de Beauharnois à l'occasion de
cette grande fête, et je vous demande d'entendre
la réponse du Saint-Père, debout.
L'immense auditoire se lève et écoute
avec respect le télégramme qui apporte
la bénédiction du Souverain Pontife:
266
Centenaire de Beauharnois
Rome, 14 juin 1920.
M. Tassé, Maire de Beauharnois, Que.
Saint Père très sensible hommage filial
attachement, soumission clergé, communautés
religieuses et fidèles Beauharnois réunis sous
présidence leur vénéré évéque pour célébrer
centenaire fondation cette paroisse; leur en-
voie de tout cœur, avec vœux prospérité et ac-
croissement vie chrétienne et comme gage
faveurs divines, bénédiction apostolique.
Gard. Gaspari.
Ce télégramme répondait au message
suivant de Monsieur le Maire:
Beauharnois, Que., Ganada, 8 juin 1920. ■
A Son Éminence le Gardinal P. Gasparri,
Secrétaire d'État de Sa Sainteté,
Palais du Vatican,
Rome, Italie.
Le clergé, les communautés religieuses et les
fidèles de la paroisse de Saint-Glément de
Beauharnois, diocèse de Valleyfield, réunis
sous la présidence de leur évéque Monseigneur
J.-M. Émard, pour célébrer le Gentenaire de
la fondation de leur paroisse, sont heureux
d'offrir à Sa Sainteté Benoit XV, l'hommage
de leur respectueux attachement à sa personne
vénérée et de leur filiale smimission à son auto-
rité apostolique.
Animés de la plus vive reconnaissance en-
vers Dieu et désireux de profiter pour l'avenir
des leçons qui se dégagent de cette célébration,
ils se prosternent aux pieds de Sa Sainteté
et sollicitent le bienfait de sa bénédiction.
L.-G. Tassé, maire.
Président du Gomité du Gentenaire.
Monseigneur continue en ces termes:
Voilà, Mesdames et Messieurs, un docu-
ment qui va clore d'une façon plus solennelle
et plus digne la série de tout ce qui se rap-
porte à la paroisse de Beauharnois, et je rends
hommage à Monsieur le Maire pour ce docu-
ment qui lui appartient et qui fera honneur,
sans doute, à la paroisse elle-même.
Je vous ai promis deux choses: or, voici:
on m'invite à présenter la santé de notre Saint-
Père le Pape, eh! bien, il est dans l'usage géné-
ral que la santé du Pape soit faite en silence,
donc mon discours est fait à la santé de celui
qui, évéque de Rome, successeur de Pierre,
vicaire de Jésus-Ghrist, Pontife de l'Église
universelle, embrasse de son cœur de Père
tous les chrétiens et tous les catholiques du
monde entier, et nous n'avons qu'à nous féli-
citer d'être l'objet de sa tendresse toute mater-
nelle.
Après ces paroles, Monsieur le Maire se
lève et dit:
Monseigneur, Messieurs du clergé. Mes-
dames et Messieurs, après avoir bu à la santé
de notre Souverain Pontife, il convient de
boire à la santé de Sa Majesté le Roi; je pro-
pose donc que nous levions nos verres à la
santé de Sa Majesté le Roi."
Les convives se lèvent et boient à la santé
de S. M. George V, pendant que l'orchestre
joue God Save the King.
Monsieur Tassé continue comme suit :
Mesdames et Messieurs, avec votre con-
sentement, je nommerai un Maître de santés
dans la personne de Monsieur Tancrède
Fortin, avocat, natif de la ville de Beauharnois.
Monsieur l'avocat Fortin, à partir de ce
moment, est le président actif du banquet,
et il s'acquitte de sa tache difficile avec
facilité et tact. Il débute ainsi:
Monseigneur, Messieurs du clergé. Mes-
dames et Messieurs,
L'hiver dernier, en février je crois, le dis-
tingué pasteur de cette paroisse me demandait,
certainement par courtoisie, si j'aimerais à
Les Fêtes du Centenaire
267
adresser la parole au cours de ce banquet. Je
lui ai immédiatement répondu — je dois vous
V avouer — que j'en serais très orgueilleux, par-
ce que l'occasion est exceptionnelle, mais j'ai
tout de même ajouté qv£ je ne parlerais pas.
Pourquoi? Parce que je n'ai aucun titre
pour le faire. Je suis paroissien de Saint-
Clément, mais rien de plus, et comme on doit
limiter les discours, si toutes les personnes qui
ont autant le droit de parler que moi le fai-
saient, on n'en finirait plus. Cependant on
m'a donné un rôle à remplir, non pas de
parler, mais de faire parler les autres.
Eh! vous allez voir comme je vais en pro-
fiter. ...
Une santé qui m'est bien chère et qui n'est
pas sans me causer une bien agréable satisfac-
tion, c'est celle de nos éoèques, et plus parti-
culièrement celle de Vévêque de notre diocèse.
Trop de souvenirs inoubliables sont attachés
à sa personne pour que je ne puisse, avec sin-
cérité et reconnaissance, lui souhaiter longue
vie.
Il y aura bientôt trente ans. Sa Grandeur
faisait sa première visite en cette paroisse;
j'étais du nombre des enfants que notre Évêque
était venu enrôler dans l'armée des Soldats
du Christ.
Quelques années plus tard, il ouvrait bien
grandes les portes de son collège diocésain à
Valleyfield, pour y préparer aux combats de
la vie ceux qu'il avait confirmés la veille.
Grâce à ce zèle et à ce dévouement, la paroisse
Saint-Clément peut se vanter d'avoir fourni
d'excellents sujets: au clergé, aux professions
libérales, au commerce, à l'industrie et à la
terre.
Tout récemment encore l' évêque de Valley-
field a voulu témoigner d'une manière toute
particulière son attachement à notre paroisse
alors qu'il a nommé notre curé Chanoine de sa
Cathédrale.
Cette nomination, il est vrai, était due au
mérite, mais nous remercions le ciel que
l'honneur en soit tombé sur nous.
Ce zèle, ce dévouement que l'on trouve chez un
membre de l'épiscopat canadien, on est toujours
certain de le retrouver chez tous les autres évê-
ques de l'Église Catholique de la Puissance.
C'est le cas de dire: "Ab uno disce omnes."
Je vous invite donc. Mesdames et Messieurs,
à boire à la santé de nos Ëvêques et je de-
mande à Monseigneur Latulipe de bien vou-
loir répondre à cette santé."
Monseigneur l'évêque d'Haileybury ré-
pond par la belle allocution suivante :
Messieurs du clergé, Mesdames et Messieurs,
Je trouve que l'auditoire fait acte de haute
sagesse en applaudissant parce que, lorsque
Von parle sans être préparé, je crois qu'il
vaut toujours mieux applaudir avant qu'après.
Je voudrais vous dire d'abord pourquoi
j'assiste aujourd'hui à ce banquet. C'est
d'abord pour me rendre à l'aimable invitation
de Monsieur le Chanoine Nepveu, curé de la
paroisse de Saint-Clément de Beauharnois,
c'est pour répondre à une vieille amitié, et
comme je suis heureux de pouvoir lui faire
aujourd'hui ce petit plaisir! C'est une raison
d'ordre général, parce que Monsieur Nepveu
exerce la même attraction sur tout le monde,
et cela, nous le savons, date depuis bien
longtemps.
Je disais hier soir, devant les élèves du
Couvent et quelques citoyens, que je n'ai pas
l'honneur d'être l'évêque de Valleyfield; c'est
la vérité, mais ce n'est pas toute la vérité; je
dois vous dire que j'ai failli être l'évêque de
Valleyfield; il n'y avait qu'une raison pour
cela et c'est une bonne, c'est que je suis né à
Saint-Anicet, une des plus gentilles paroisses
du diocèse de Valleyfield; et vraiment, en en-
tendant ce matin le curé de Saint-Anicet en
chaire, on se demande si la chance est perdue
pour toujours.
268
Centenaire de Beauharnois
Maintenant, on me demande de répondre à
la santé des Êvèques; je dois vous dire que je
suis un peu embarrassé. Ceci peut paraître
un peu invraisemblable, mais je dois vous
avouer que quoique j'aie soixante ans bien
révolus, c'est la première fois de ma vie que
j'ai à répondre à une santé quelconque; vous
me direz que c'est bien le temps de commencer^
Eh! bien, je commence, mais embarrassé.
Une autre raison beaucoup plus délicate, c'est
qu'on me demande de parler à la santé des
Évêqu£s, et je vois ici une multitude de curés et
de chanoines qui trouvent, même parmi les
meilleurs, que les Évêques ont toujours une
trop bonne santé. Je me contenterai donc de
vous demander de boire à la santé des Évêques.
Je dois vous avouer maintenant que je n'ai
plus rien à dire, tout a été dit depuis hier soir,
d'une manière si parfaite, d'abord par Mon-
sieur le Curé et Monsieur le Maire de Beau-
harnois, et enfin par Sa Grandeur l'Evêque de
Valleyfield; je crois qu'on ne peut rien ajouter
davantage; j'aurais voulu aussi parler sur les
curés; eh! bien. Monsieur Nepveu, ce matin,
nous a dit le bien, je crois, que l'on peut dire
des curés.
Je me contenterai donc de dire quelques
mots sur l'Évêque. Mesdames et Messieurs,
l'Êvêque est un facteur puissant; il est le lien
matériel et spirituel de la paroisse; je crois
que je n'ai pas besoin de prouver cela. La
paroisse ne peut pas naître sans le concours
efficace de l'Évêque; et qvMnd elle est née, il
faut que l'Évêque soit toujours là pour qu'elle
se développe normalement, pour qu'elle aille
à ses destinées et qu'elle remplisse son but.
L'Évêque a bien des moyens de le faire; il
a sa prière, et. Mesdames et Messieurs, je dois
vous dire que les Évêques prient toujours pour
les paroisses de leur diocèse. Ils prient à
toutes les fêtes, tous les dimanches et tous les
jours de l'année, pour chacun de ceux que la
Providence leur a confiés. L'Évêque a encore
ses instructions, ses lettres pastorales qui
viennent porter la lumière partout où il y a be-
soin de lumière, et qui empêchent les abus qui
paraissent se glisser de temps en temps même
parmi les meilleures populations; et enfin
l'Évêque a son clergé et ses communautés reli-
gieuses; il a ses curés, ses prêtres, et c'est sur
eux qu'il compte pour travailler et faire l'œuvre
du bon Dieu dans son diocèse; ils sont les col-
laborateurs dévoués jusqu'à l'héroïsme quel-
quefois, et j'en sais quelque chose dans le
nord. Ah! mes frères, si je n'avais pas mon
clergé là-bas et si je n'avais pas le clergé que
j'ai, je ne pourrais jamais implanter l'Église
catholique dans ces régions qui n'ont pas tous
les avantages de vos belles paroisses de la
province de Québec. Et je tiens ici, au nom
de l'Église, à remercier les prêtres de leur
concours si efficace et à leur demander de con-
tinuer toujours à être les aides puissants de
VÉpiscopat. Alors, nos paroisses continue-
ront à faire l'œuvre qu'elles ont toujours faite
et l'Eglise catholique sera partout respectée
comme elle le mérite. Tout ceci est de la théo-
rie, mais il y a aussi la pratiqua. Si on re-
garde VÉpiscopat depuis le commencement
de ce pays, on verra que les Évêques, en effet,
ont été partout et toujours à la tête de tous les
mouvements religieux et nationaux, toujours
appuyés par le clergé. Je n'ai pas besoin de
nommer ceux qu'on a nommés hier soir, mais
rappelons-nous Mgr Plessis, Mgr Bourget,
de sainte et vénérable mémoire, et le bon Mon-
sieur Fabre; si je voulais continuer, je pour-
rais mentionner Mgr Émard, mais je ne veux
pas nommer votre nom, Monseigneur, parmi
ceux qui sont morts quand vous désirez vivre
et quand tout le monde le désire avec vous.
Quand les applaudissements qui saluent
ces belles paroles sont finis, Monsieur le
Président du Banquet propose en quelques
i/ES FÊTES DtJ Centenaire
269
mots la santé de nos Hommes d'État, et il
invite l'Honorable M. Mercier, représentant
du Cabinet provincial, à répondre. Celui-ci
parle en ces termes:
Messeigneurs, Révérends Messieurs, Mesda-
mes et Messieurs,
S'il m'est permis de comparer les choses
profanes aux choses sacrées, je me permettrai
de faire une suggestion au maître des Céré-
monies, ce que l'on appelle en français le
"Toast M aster," me rappelant quelques paro-
les de Sa Grandeur Monseigneur Émard ap-
pliquées à la province de Québec ou plutôt aux
hommes d'État, et ce qui était dit tout à l'heure
au sujet de la santé de Notre Saint Père le
Pape. Monseigneur nous disait que c'est
une santé qui doit se boire en silence; il me
semble que si la santé de la province de Québec
était mise sur le même rang, il y aurait peut-
être beaucoup d'hommes d'Etat qui y gagne-
raient et plus particulièrement celui qui a
l'honneur de vous adresser la parole. Je suis
tenté de dire, quoique ce soit un peu banal,
invité à la dernière heure à remplacer aujour-
d'hui l'un de nos collègues empêché d'assister
à ces fêtes grandioses, et quoique ayant accepté
de venir, à titre pur et simple de citoyen de ce
diocèse et citoyen de la paroisse de Chatau-
guay, la paroisse voisine, j'ai accepté cepen-
dant, je vous prie de le croire, vous tous de
Beauharnois, la tâche très agréable de venir
vous transmettre un message au nom du Gou-
vernement de la province de Québec; ce mes-
sage, c'en est un plein de souvenirs des choses
du passé, un message de félicitations pour le
présent, et un message de vœux pour l'avenir.
En célébrant aujourd'hui le centenaire de la
fondation de la paroisse de Saint-Clément de
Beauharnois, l'on n'a pas, il me semble,
voulu seulement célébrer la fête d'un tout petit
coin de la Province; comme il a été dit à mille
reprises, depuis le commencement de ces fêtes,
la paroisse a été indiscutablement la base fon-
damentale de notre province et même de ce pays,
et si nous avons pu progresser comme nous
l'avons fait, c'est dû à nos institutions parois-
siales, à ceux qui les ont dirigées, à ceux dont
nous avons bu la santé.
Il y a quelques instants, vous buviez à la
santé des Evêques qui ont contribué, dans les
combats difficiles, à maintenir tout ce que nous
avons de sacré. N'allez pas croire pour un
instant que je veuille m' étendre sur le sujet
prolongé d'avance, dans les quelques remar-
ques qu£J'ai l'honneur de vous faire ici. Loin
de moi cette idée; cependant, si j'avais dans
l'idée de me laisser emporter peut-être un peu,
parce que je suis avocat, à vouloir vous parler
trop longuement, je ne pourrais m'empêcher
de revenir à la réalité, parce que tout à l'heure
j'entendais murmurer, pas bien loin de moi,
que les discours devaient être courts; et placé
comme je le suis en ce moment, je cherche
à regarder bien loin, mais je me trouve malgré
moi rappelé au sens de la réalité et obligé de
baisser les yeux un peu, parce que quelques-
uns de mes voisins ont placé devant eux leur
montre; de temps à autre, dans un mouve-
ment machinal, ils jouant du remontoir, et
j'en conclus que mes dix minutes sont à la
veille d'expirer. Je serai excessivement bref.
Je remercie les organisateurs de cette fête
d'avoir bien voulu m'associer à ceux qui ont
répondu à des santés; et encore une fois, au
nom du Gouvernement de la province de Qué-
bec où je représente le district de Beauharnois,
et spécialement prié de la part du premier
Ministre, j'offre, à vous citoyens de la paroisse
de Beauharnois, avec nos sincères félicita-
tions à l'occasion des fêtes qui se terminent
aujourd'hui, nos vœux les plus sincères pour
l'avenir.
Monsieur le Président propose ensuite
la santé du clergé paroissial. Il rappelle que
270
Centenaire de Beauharnois
"l'histoire d'une paroisse, c'est l'histoire de
son clergé," et il invite le R. P. Augustin
Leduc, O.P., à répondre à cette santé, ce
qui est fait dans les termes suivants:
Monseigneur,
Hier soir, vous avez évoqué le magnifique
rêve de Monseigneur de Laval contemplant,
250 ans à l'avance, le merveilleux développe-
ment de son église canadienne. Permettez
qu'un enfant de Saint-Clément rappelle le
rêve aussi réel dans son accomplissement,
bien que plus humble dans son objet, qu'il fit,
il y a quelques semaines, quand il reçut du
Comité des Fêtes du Centenaire, la très hono-
rable invitation de dire, en cette circonstance
mémorable, le rôle de notre clergé paroissial.
J'imaginai donc. Mesdames et Messieurs,
qu'aujourd'hui passerait devant nous un
long cortège; voici ce que je vis et ce qu'il me
semble qu£ je revois en ce moment.
De la paroisse voisine de Chateauguxiy s'a-
vance, vers Beauharnois, un défilé: en tête
est la croix du Christ qui s'empare de ce nou-
veau territoire; elle est portée par l'ange gar-
dien de la paroisse. Suivent des hommes
vêtus de noir qui portent au front le caractère
des élus de Dieu; ils vont par groupes.
Devant le premier est une bannière avec ce
mot: ^^ précurseur" ; ce sont des religieux. De
Ville-Marie, du Sault Saint-Louis, ils se di-
rigent vers "les pays d'en Haut"; ils passent
par Beauharnois; ils s'arrêtent au Buisson,
où ils évangélisent les sauvages; sur notre sol
ils ont dit les premières messes. Je les re-
garde s'éloigner avec émotion, je les salue:
"Honneur à vous, hérauts du Christ et de
l'Evangile!"
Un deuxième groupe s'avance; sa bannière
porte ce mot: "fondateurs." Il y a là l'abbé
Deguire qui, en 1800, a planté une croix où
s'élève l'église actuelle; ses confrères, les curés
de l'Ue Perrot et des Cèdres, sont tout près;
souvent ils sont venus, sur la demande de l'évê-
que de Québec, secourir leurs paroissiens émi-
grés sur nos rives; souvent, ils ont dit la messe
dans les demeures privées. Que de fois, sans
doute, dans la halte de deux courses aposto-
liques, ils ont gravi la colline où nous sommes:
d'ici, par dessus les grands arbres, au-delà du
lac, leur œil voyait le clocher de l'Ile Perrot,
leur cœur devinait, plus loin, ceux de Vau-
dreuil, des Cèdres,- de Pointe-Claire ou de
Chateauguay; ils rêvaient d'une autre église
qui surgirait, un jour, de ce sol, dans ce coin
de nature que le Créateur a fait si beau, et où
commençaient déjà à ensemencer les colons
partis de "chez eux."
A côté d'eux, je vois les curés de Chateau-
guay qui, jusqu'en 1819, ont été nos curés;
deux d'entre eux ont effectivement fondé la pa-
roisse, l'un, l'abbé Bruguier, en dirigeant nos
pères vers l'autonomie religieuse, l'autre,
l'abbé Bourget, en construisant notre première
église et notre premier presbytère. Et je songe
à leur dévouement et à leur désintéressement
au service de nos ancêtres.
Puis, je vois passer l'abbé Antoine Man-
seau, qui a bénie notre première église, et
l'abbé Nicholas Dufresne, qui y a célébré la
première messe.
Enfin, derrière eux vient un prêtre encore
jeune; c'est l'abbé Pierre Clément, notre pre-
mier curé; pendant plusieurs années il a
desservi simultanément Saint-Clément, Sainte-
Martine et Saint-Timothée; c'est lui qui a or-
ganisé ici la vie paroissiale avec un zèle qu'ont
reconnu nos ancêtres quand 130 d'entre eux
ont écrit à l'évêque leur regret de voir partir
un pasteur si dévoué; à tous ces prêtres-
fondateurs, je dis au passage: "Honneur à
Les Fêtes du Centenaire
271
vous! S'il y a à Saint-Clément une paroisse,
c'est vous qui l'avez donnée à l'Église!"
Et maintenant, voici venir un troisième
groupe; sur sa bannière est écrit: "continua-
teurs;" il est plus nombreux; j'y compte 66
personnes; ce sont nos neuf curés, nos trois
desservants et nos cinquante-quatre vicaires,
qui, depuis l'abbé Cléynent, ont continué et
affermi l'œuvre paroissiale.
Ils passent, nos curés: Labelle, Tétreau,
Quintal, Carron, Viau, Charland, Jasmin,
Lussier et Nepveu; celui-ci me rappelle qu'il
a fait ériger canoniquement la paroisse en
1829 (Labelle); celui-là, qu'il s'est dévoué
pendant l'épidémie de choléra en 1832 (Té-
treau); un autre me dit que pendant les
troubles de 1838, il a guidé ses paroissiens
selon les directions de l'autorité (Quintal);
d'autres me rappellent qu'ils ont commencé
la construction de l'église (Carron et Viau).
Enfin, en voici un, à l'air austère, qui me rap-
pelle 36 ans de service au milieu de nous; sous
son administration, l'église a été à peu près
terminée, une salle paroissiale, un presbytère,
un collège, un couvent, des écoles, un hospice
ont été construits, deux paroisses ont été déta-
chées de Saint-Clément, trois communautés
religieuses sont arrivées dans notre paroisse
(Charland) ; un dernier fait entendre les
orgues qu'il a procurées à l'église, et indique
les Clercs de Saint-Viateur qu'il a amenés
ici (Jasmin).
Derrière eux, passent deux hommes aux
traits mieux connus: le premier me dit qu'il a
fait ériger nombre de confréries pour aug-
menter la vie chrétienne, qu'il a aidé à la so-
lennité des offices divins par l'acJmt de riches
ornements; surtout, il montre avec joie les pau-
vres et les malheureux qu'il a aimés d'un
amour de prédilection; sur sa bannière est
cette devise: "J'aimerai tant mes paroissiens,
qu'à la fin, ils m'accorderont tout ce que je
demanderai" ; et à cette parole de charité et
de bonté, je reconnais notre neuvième curé, le
chanoine Pierre-Eucher Lussier, de sainte
mémoire.
Enfin, un homme s'avance, le dernier du
groupe des curés; il regarde le cimetière, qui
est son œuvre incontestée, le presbytère où il
a assuré la sécurité des archives paroissiales
. . . et celle aussi des vicaires par d'opportunes
améliorations, l'église, où,, grâce à lui, les céré-
monies sont bien ordonnées, le chant liturgique
plus goûté, l'église que la générosité des parois-
siens, le goût des architectes ei des peintres et
l'habileté des ouvriers lui ont permis de faire
si belle et si attrayante; ses traits sont révéla-
teurs de bonté, de fermeté et de discrétion; il
porte avec une dignité parfaite les insignes du
chapitre cathédral de Valleyfield: vous recon-
naissez. Mesdames et Messieurs, notre très
digne curé, Monsieur le chanoine Théodule
Nepveu.
En route, trois prêtres sont entrés dans le
rang, les abbés Bourassa, Desmarais et Rou-
leau; à des titres divers, en 1843, 1854 et 1881,
ils furent les desservants de Saint-Clément.
De tout près suit le groupe des vicaires;
j'en compte 54 de 1844 à 1919, c'est-à-dire de
l'abbé Fabien Jeannotte à Messieurs les abbés
Octave Delisle et Damien Saint-Aubin, nos si
estimés vicaires d'aujourd'hui. Je n'ai qu'un
regret, celui de ne pouvoir les nommer tous,
mais il est notoire que tous ont été de dévoués
auxiliaires de nos curés; de ces 54 prêtres, les
uns sont morts; d'autres sont retirés du minis-
tère après une longue et fructueuse carrière
sacerdotale; d'autres sont à la tête d'impor-
tantes paroisses ou membres de chapitres,
d'autres, enfin, sont encore vicaires. Dans ce
groupe un homme semble s'attarder à Beau-
harnais, et je reconnais celui de nos vicaires
272
Centenaire de Beauharnois
qui a eu le plus long séjour au milieu de nous,
l'inoubliable Monsieur J.-E. Gauthier.
Et ainsi, ils viennent de passer devant nous,
les précurseurs, les fondateurs, les continua-
teurs de notre œuvre paroissiale; un à un,
missionnaires, curés, desservants, vicaires,
ils ont défilé. Je regarde s'éloigner ce beau
cortège sacerdotal; en un dernier coup d'œil
d'ensemble, je songe à tout ce que représentent
ces existences qui, pendant 100 ans, ont
été vécues au milieu de nous, avec nous,
pour nous. Ces prêtres de paroisse ont ac-
compli ici, comme d'autres ailleurs, la mis-
sion de l'Eglise: mission doctrinale et mis-
sion pastorale par leur parole à l'église, à
l'école, dans les conversations; mission sanc-
tificatrice par leur exemple et par les Sacre-
ments. A cette œuvre commune chacun a ap-
porté sa note distincte! Cependant, quels
qu'aient été leur tempérament et leurs dons
spéciaux, de quelque durée qu'ait été leur
séjour ici, aujourd'hui, après cent ans, re-
gardant les œuvres matérielles et spirituelles
qiù attestent leur activité, il faut dire que notre
clergé a fait de grandes choses; et c'est pour-
quoi, au nom de tous ceux qu'ils ont guidés
et servis, au nom des morts qui reposent à
côté de plusieurs d'entre eux, au nom des
vivants présents et absents, je dis à nos prêtres:
"Honneur à vous! Vrais imitateurs du Christ,
vous êtes passés en faisant le bien! Que votre
mémoire ne cesse d'être en bénédiction."
Messieurs du clergé, j'ai dépassé peut-être
les dix minutes réglementaires. . . . le souve-
nir de vos bienfaits m'y a forcé; permettez que
j'en prenne encore quelques autres pour asso-
cier à votre œuvre ceux qui n'en ont jamais été
séparés en réalité: les paroissiens!^^^ Les
vieux:
Dans le cortège paroissial, ce groupe a sa
place; il suit de très près ses prêtres; il se
compose de plusieurs milliers d'hommes, de
femmes, d'enfants et de vieillards. Aux pre-
miers rangs sont les pionniers-fondateurs:
les Hainault, les Hébert, les Lebœuf, les
Boyer, les Laberge; ils arrivent avant que l'é-
glise soit construite; ils peuplent, et rapide-
ment, les bords du lac; ils s'élancent dans les
bois, ouvrent les rangs, font la terre neuve,
bâtissent église, presbytère et écoles, s'éten-
dent jusqu'à Saint-Timothée et Sainte-Mar-
tine; là ils s'arrêtent, parce qu'un clocher
les protège. Ils se fixent au sol qui les ac-
cueille si bien. Puis, les générations se suc-
cèdent, aux fortes vertus de la race. Ils pas-
sent, nos syndics, nos marguiïliers, nos chan-
tres, nos organistes, nos bedeaux et nos cons-
tables; ils passent nos habitants — les pre-
miers— nos ouvriers, nos marchands, nos ma-
nufacturiers, nos financiers, nos hommes de
profession; ils passent nos maires, nos con-
seillers, nos commissaires d'école.
Et je me dis que tous ces hommes et toutes
ces femmes ont fait, eux aussi, leur part dans
la vie de la paroisse. N'est-ce pas leur dé-
vouement et leur générosité et leur foi catholi-
que qui ont permis au clergé défaire tant et de
si belles œuvres? Car, qui eût bâti les églises
et les presbytères si nos ancêtres n'avaient
eu le courage des sacrifices nécessaires?
Et à quoi eussent servi des écoles si nos vieux
grands-pères et nos grand'-mères ne les
eussent peuplées d'enfants? Et comment
eussent vécu nos prêtres si les paroissiens
n'eussent été généreux? Et comment la
vie chrétienne se fût-elle conservée, si nos vieux
n'eussent gardé la fermeté de foi et l'austérité
de mœurs qui l'entretiennent? Ne les oublions
pas, nos vieux. A eux aussi disons: "Hon-
(1) Monsieur le Curé avait demandé à celui qui fut chargé
de répondre à la santé du clergé de ne pas oublier les parois-
Les Fêtes du Centenaire
273
5
s
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t)
9
C
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et
n
Les Fêtes du Centenaire
275
neur à vous! Pendant 100 ans, vous avez
marché à côté et presque du même pas que nos
prêtres! Par vous, nous gardons nos tradi-
tions."
* *
*
Et ainsi, Mesdames et Messieurs, tout un
monde paroissial passa et passe encore devant
nous. A regret, je le vois s'éloigner. Der-
rière lui, fermant la marche, est notre céleste
patron saint Clément. Le cortège s'en va,
d'un pas alerte, où le mènent ses destinées
providentielles, sous la conduite de l'ange de
la paroisse et la garde de son patron. Ces
destinées sont déjà fort honorables; qu'elles
deviennent de plus en plus glorieuses! Qu'ici,
pendant le siècle d'histoire qui commence,
clergé et paroissiens continuent, dans la paix,
la même œuvre! Que selon le souhait de N.
S. P. le Pape, il y ait un constant accroisse-
ment de vie chrétienne, pour l'honneur de
notre paroisse de Saint-Clément et pour la
gloire de la grande paroisse dont nous sommes
tous paroissiens, Notre Mère la Sainte
Église."
Monsieur Fortin propose ensuite la santé
de Nos Lois; l'Honorable Juge W. Mercier
y répond.
Monsieur le Président,
Messeigneurs,
Mesdames et Messieurs,
Je violerais les lois immuables de la vérité
si je ne vous disais sincèrement que je n'ai
pu accepter la gracieuse invitation de dire
quelques mots en cette circonstance mémorable
sans être saisi d'un sentiment d'hésitation,
{en même temps que d'un sentiment de joie):
d'hésitation, d'abord, à la vue du fardeau que
j'assumais en l'occurence; de joie, ensuite, à
la pensée de l'honneur que l'on m'offrait de
participer activement, et par l'esprit et par le
cœur, à cette fête grandiose dont l'éclat et le
souvenir agréable et ineffaçable seront doré-
navant enregistrés en lettres d'or dans les an-
nales de cette paroisse centenaire, et dans
l'âme de ceux qui en sont les heureux témoins.
Eloigné depuis douze ans de la tribune;
chassé gracieusement des rangs du Barreau
oïl parfois encore peuvent avec avantage se
déployer les ailes de l'éloquence, vers les sphères
plus sereines de la magistrature où presque
toujours, hélas! l'éloquence est obligée de fermer
ses ailes, vous comprendrez facilement ce senti-
ment d'hésitation dont je vous ai parlé il y a un
instant.
Cependant, Mesdames et Messieurs, il
existe dans la vie de l'homme de ces occasions
où il ne peut décemment se dérober aux obliga-
tions que la vie sociale lui impose, et, son
amour propre dût-il en souffrir, il lui faut
obéir à la voix impérieuse du devoir et ré-
pondre avec empressement à l'appel. Je
plaide les circonstances atténuantes et je sol-
licite donc votre indulgence, cette indulgence
aimable et empressée que vous n'avez jamais
refusée à personne et que vous avez toujours, au
contraire, accordée à l'effort, à la bonne vo-
lonté et au courage valeureux.
Permettez-moi, Messeigneurs et Messieurs,
avant de toucher au sujet qui m'est dévolu,
d'ouvrir une parenthèse et de vous dire que je
m'associe du plus profond de mon âme à cette
fête du centenaire de la fondation de cette pa-
roisse. Je m'y associe d'autant plus cordiale-
ment et ardemment que depuis ma jeunesse
j'ai été un des vôtres. J'ai vécu de votre vie
non seulement alors que je venais passer mes
vacances d'été sur les bords de votre beau lac,
au sein de la famille du premier magistrat
qu'il a plu au gouvernement de Sa Majesté
de vous donner pour administrer la justice des
Cours Supérieures dans ce district, — je veux
276
Centenaiee de Beauharnois
parler de l'honorable juge Bélanger, cet émi-
nent jurisconsulte qui, pendant trente ans, a
fait l'orgueil de votre paroisse et l'a édifiée par
son grand caractère et ses grandes vertus civi-
ques,— mais également pour y avoir aussi vécu
moi-même avec ma famille depuis de nom-
breuses années, années qui compteront, je le
confesse avec plaisir, au nombre des plus heu-
reuses de ma vie.
Nous venons de quitter, Messeigneurs et
Messieurs, le temple de Dieu, de ce Dieu qui,
il y a cent ans, n'avait pas, dans ce joli coin
de terre, pour abriter sa majesté, le temple
imposant d'où nous venons de sortir, et dont
la restauration tout récente, due à l'ini-
tiative et à l'effort géant, je pourrais dire, de
notre vénéré et distingué curé, fait l'orgueil
non seulement de notre paroisse, mais égale-
ment de notre province.
Gloire à vous, mon cher Monsieur Nepveu,
si aujourd'hui les citoyens de cette paroisse
peuvent se glorifier d'avoir un des plus beaux
temples de cette province! Il fera bon de s'y
rendre, de s'y agenouiller, d'adorer le Sauveur
des hommes et de rendre grâce au Très-Haut
de ses bénédictions, de ses faveurs et de sa
grande miséricorde. — "Hosanna in Excelsis
— pleni sunt Cœli et terra gloria tua."
Je quitte à regret le temple de Dieu pour
pénétrer un instant dans le sanctuaire de nos
lois. Nos lois: deux mots, en vérité, bien
laconiques, mais comportant en eux-mêmes
une importance de premier ordre. En effet, que
serions-nous si nous n'avions à la base même
de notre société des codes de lois constitution-
nelles, politiques, sociales, civiles et religieu-
ses? Que serait notre pays? Que seraient les
neuf grandes provinces de la Confédération
canadienne, si nous n'avions l'Acte de l'Amé-
rique Britannique du Nord, cette magnifique
constitution qui a créé à même la moitié de
l'Amérique septentrionale cet immense "Do-
minion" dont la tête altière se baigne dans les
eaux glaciales du Pôle Nord, dont les gigan-
tesques épaules sont caressées, l'une tantôt
mollement, tantôt impétueusement par les
eaux mystérieuses de l'Océan Pacifique, et
l'autre par les eaux mieux connues de l'Océan
Atlantique, et dont les pieds d'airain, solides
et vigoureux, reposent avec assurance sur sa
frontière méridionale longue de 3,000 milles?
Que serait notre société civile si elle n'était
étayée de lois régissant et réglant avec autorité
les rapports des citoyens entre eux; les diri-
geant intelligemment vers une fin commune;
l'amour du vrai, du beau et du bien; synthé-
tisant, en leurs principes mêmes, cette doc-
drine du Christ: aimez-vous les uns les autres;
ne faites pas aux autres ce que vous ne vou-
driez pas qu'on vous fît à vous-mêmes; tra-
duisant également cette doctrine du philosophe
qui, sans doute, l'avait puisée lui-même dans
les enseignements de l'Homme-Dieu: Soye
honnêtes?
Que seraient, en effet, nos rapports civils
et sociaux si nous n'avions à la base même de
notre organisation sociale nos lois civiles, nos
lois de procédure civile et nos lois criminelles,
les premières ayant pour fin de déterminer
les droits et les obligations d'un chacun; les
deuxièmes, le mode de faire valoir ces droits
et de faire exécuter ces obligations, et les
troisièmes, la mise en accusation et le châti-
ment de ceux qui les transgressent?
Que seraient nos municipalités sans leurs
lois organiques pourvoyant à leur constitu-
tion et à la mise en mouvement de tous ces
rouages indispensables à tout territoire bien
organisé, tendant, dans leur ensemble et dans
leurs détails, à atteindre la fin que le législa-
teur a eue en vue?
Que seraient nos paroisses? Que serait notre
paroisse de Saint-Clément, dont nous célé-
brons pompeusement, ce jour même, le superbe
Les Fêtes du Centenaire
277
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Les Fêtes du Centenaire
279
centenaire, s'il n'y avait eu pour présider à
sa naissance et à sa fondation, nos lois parois-
siales, cette magnifique législation, la résul-
tante du travail d'esprits supérieurs et pondé-
rés, législation qui a assuré à cette province le
groupement de toutes ces belles paroisses éche-
lonnées coquettement sur les bords de notre
grand fleuve et à l'intérieur de son immense
territoire?
Puis-je parler de lois, Messeigneurs et
Messieurs, sans songer un instant aux Cois
organiques de l'Eglise? Que serait l'Eglise
Catholique, Apostolique et Romaine, si elle
n'avait ses lois éternelles et immuables pro-
clamées et promulguées par Dieu lui-même,
par saint Pierre et ses successeurs?
Vous m'avez invité, Monsieur le Président,
à vous parler de nos lois, et vous m'avez attri-
bué pour ce faire dix minutes. Dix minutes,
dis-je, pour conférer d'un sujet aussi ample,
je pourrais dire, que le monde. Homme de
loi vous-même, vous connaissez mieux qu'au-
cun autre toute l'ampleur de la proposition,
et ceux à qui j'ai l'honneur d'adresser la pa-
role auront une faible idée de l'étendue du su-
jet quand je leur dirai que sur les lois civiles
seules, Laurent, le grand jurisconsulte Lau-
rent, a écrit 33 volumes de plus de 500 pages
chacun.
Loin de moi la pensée, Messeigneurs et
Messieurs, de vous retenir bien longtemps sur
cette question importante, — je me ferais pro-
fesseur, je n'en ai ni le temps ni le talent, et ce
n'est pas non plus la circonstance de le faire. —
Je saisis plutôt. Monsieur le Président, dans
le fait de votre part de m'avoir appelé à
adresser la parole dans cette grande fête de
famille, la pensée délicate de faire participer
activement votre premier Magistrat à cette
imposante démonstration et lui donner ainsi
la précieuse occasion d'élever la voix au
milieu de la bonne population que le Gouver-
nement de Sa Majesté a bien voulu soumettre
à sa juridiction.
Depuis plus de dix ans, j'ai l'insigne hon-
neur d'administrer la justice dans le district
de Beauharnois, et je n'ai qu'à me féliciter des
bons rapports que j'ai eus avec mes justicia-
bles dont les dispositions et les tendances,
toujours, je suis fier de le proclamer publique-
ment, sont plutôt de respecter la loi qu£ de la
violer. Honneur à eux, car oii domine le res-
pect des droits d'un chacun, la paix, l'ordre et
la concorde ne peuvent que régner, et ce, au
grand bénéfice de la société.
Je vous remercie. Monsieur le Président,
du plus profond de mon cœur de ce témoignage
de considération. En m'honorant ainsi, vous
honorez la Magistrature de votre province dont
je s^lis un humble représentant et dont les
fonctions ne tendent qu'à assurer le maintien
de l'édifice social et de contribuer ainsi à la
prospérité, au bonheur et au développement
chrétien de l'humanité. — Merci."
Enfin, c'est la dernière santé au pro-
gramme, celle de l'Éducation. Pour traiter
le sujet, on avait invité M. Edouard Mont-
petit; le choix était doublement heureux,
d'abord à cause de la compétence de l'ora-
teur, et ensuite parce que Monsieur Mont-
petit est fils de feu A.-N. Montpetit, litté-
rateur de marque et "enfant de chez nous",
comme le remarque délicatement M. For-
tin, dans ses paroles de présentation.
Monsieur Montpetit ne voulut pas se
limiter rigoureusement à l'éducation ; il vou-
lut, en exploitant des notes de son père, nous
parler des commencements de Beauhar-
nois, et cela nous a valu le petit chef-
d'œuvre qui suit:
Monsieur le Président,
J'eusse accepté votre invitation quand même
la double fonction que l'on a bien voulu me
2S0
Centenaire de Beauharnois
confier depuis deux mois eût été plus lourde et
plus absorbante encore.
La fête que vous célébrez est une première
et suffisante raison de répondre par Vem-
pressement à V amabilité de votre accueil.
Un centenaire, c'est l'occasion de rappeler
une naissance et, trop souvent, de consacrer
un souvenir. L'astre immortel se lève plus
tôt sur la tombe du juste. Il est rare qu'un
homme soit de tout son siècle. On n'atteint
cent ans, chez les humains, que par une bien-
veillante distraction de la Providence,quoiquen
pensent les austères démographes qui tentent
d'expliquer par le climat un phénomène où,
par une amusante inversion de la langue
populaire, l'homme mûr redevient vert.
La statistique, qui est partout et qui n'en
sort jamais, enregistre pieusement, et non sans
une arrière-pensée de revanche, le nombre des
centenaires. Les bâtonnets inscrits aux for-
mules officielles forment une haie inutilement
dressée contre l'inévitable invasion. Aussi,
quelle dut être la stupéfaction du Directeur
de la Statistique française lorsque, procédant
il y a quelques années au lourd appareil d'un
recensement général, il constata que les cente-
naires de Paris et de la banlieue s'étaient
formidablement multipliés. Il en surgissait
de tous les quartiers. En dix ans, la France
paraissait avoir vieilli de cent. Informations
prises, il comprit que les midinettes s'étaient,
faute de mieux, payé ce qu'on peut appeler par
euphémisme la tête de l'Administration: des
centenaires, la plus vieille avait peut-être
vingt ans! N'est-ce pas votre cas? Pour vous,
avoir cent ans, c'est être jeune et recevoir
l'assurance de la durée. Vous pouvez faire
bravement l'avance de l'heure.
Vous offrez mieux que cent ans de vie si
vous nous donnez la précieuse leçon d'un
siècle d'histoire.
Vous dirais-je à mon tour la fécondité de la
paroisse canadienne-française? Vous con-
naissez l'aventure d'un prédicant américain
qui parlait sur les prophètes. Longuement,
il avait exposé la gloire et les hauts faits des
plus grands parmi eux. Puis, avec une ai-
sance qu'il était apparemment seul à partager,
il dit: "Nous allons maintenant passer aux
prophètes d'une importance moindre, aux
petits prophètes. Prenons Malachie. Quelle
place donnerons-nous au prophète Malachie?"
A ce moment, une voix résolue l'interrompt
depuis l'auditoire: "Je lui céderai bien vo-
lontiers la mienne." Je ne vois guère que je
puisse faire autre chose, ni que vous puissiez
exiger moins.
Et pourtant! Comment ne pas revenir à ce
spectacle d'ordre et de tradition agissante et
sûre, lorsque les esprits s'inquiètent de l'avenir
et cherchent à ramener la paix dans une so-
ciété que la guerre a meurtrie après l'avoir
brutalement décimée? La paroisse est un orga-
nisme moral. La famille, "société domestique
réelle et antérieure à toute société civile" , sui-
vant le mot de Léon XIII, constitue ce que
Le Play appelle la "cellule sociale." Des ro-
manciers, d'un mérite littéraire inégal et par-
fois contestable, ont exprimé la permanence
de cette forme initiale et la beauté qu'elle
révèle et l'apaisement qu'elle apporte à qui
sait reconnaître la nécessité des liens qu'elle
assure et qu'elle projette dans le temps. La
paroisse nait par un processus comparable à
celui qui suscite l'individu humain: par le dé-
doublement des cellules sous l'impérieuse im-
pulsion du principe vital, par la coordination
patiente des familles qu'un même sort rappro-
che et confond, par une pensée commune faite
de foi, de confiance, d'assistance, presque de
parenté, par le grand devoir d'unité av/jnel
tout groupe se soumet qui veut braver demain.
C'est l'âme de ce groupe que le clocher con-
Les Fêtes du Centenaire
281
centre, pour la répandre ensuite sur le perpé-
tuel recommencement des êtres et des choses
et la porter comme un écho dans le cœur de
ceux qui croient. L'homme connaît ainsi une
seconde intimité et reçoit la conscience d'une
force éternelle.
Pour nous, la paroisse garde une seconde
signification. Peuple de guetteurs, nous
avons placé sur les hauteurs ce feu de vi-
gilance et d'éveil. C'est là que s'est tapie
notre résistance. Elle a été d'une volonté
constante et tenus. Etroite peut-être, passive,
routinière et têtus; mais comment lui en faire
un reproche, si, à cause de ces bons défauts
qu'elle tenait des ancêtres, elle a été en défi-
nitive victorieuse? Là s'est accomplie la
petite vie, faite chaque jour d'acceptation et
de surveillance, où la lutte a incessamment
germé, où la durée s'est formée comme un
tissu nouveau. La paroisse a été le salon clos
sur un parfum ancien, où nous avons disposé
nos meubles de famille, nos bijoux, nos souve-
nirs. De temps à autre, nous y avons des
réunions comme celle-ci. Chacun s'y salue
d'un mot resté fidèle. On y parle des siens ,
des disparus, des aïeux du pays. Et l'un de
nous chante une chanson de France.
Aussi bien est-ce vers ce salon que je vou-
drais plutôt vous conduire. J'entends vous
faire une visite non de politesse, mais de
parenté. J'ai bien vu que vous le saviez au
soin que vous avez mis à me dire: Entrez
donc vous asseoir. J'ai cette chance inespérée,
mais si vaine pour qui a renoncé à la poli-
tique, de pouvoir combattre l'argument "étran-
ger" dans deux ou trois circonscriptions de la
province: né à Montmagny, je suis venu en
droite ligne de Montréal, et par l'Ile Perrot,
à Beauharnois. Vous pourriez me reprocher
de vous avoir oubliés. Vous auriez tort. Je ne
vous ai pas laissé un instant du souvenir.
Et la première raison qui m'a fait accourir à
votre appel, c'est que je suis des vôtres par
les miens.
L'Histoire de Beauharnois
Avant de venir, j'ai revu de vieux papiers
de famille. J'ai écouté parler mon père qui
m'apparente à cette paroisse. Avec une
émotion que je ne peux pas taire, j'ai partagé
son sentiment sur ce coin de terre où il est né
et dont je voudrais, sous sa dictée qui m'est
familière, reprendre quelques traits.
Les commencements de Beauharnois l'ont
intéressé. En 1885, au moment de Riel à qui
il devait consacrer une ardente poésie, il
revivait la première heure de cette terre que les
bûcherons avaient soupçonnée sous la sauvage
sournoiserie des grands pins.
Je retrouve là la paroisse gardienne de la
tradition et centre de défense. "Le Canadien
suit les églises qui sont les vrais jalons de la
civilisation" , écrit-il. Il n'y avait alors
d'églises qu'aux Cèdres et au sud de Chateau-
guay; la forêt du milieu était encore ignorée
des blancs. Les gars de l'Ile Perrot eurent la
confiance de la conquérir. Ils plaçaient plus
haut qu£ leur peine la lourde promesse du sol.
Ils vinrent ici fonder, sûrs de trouver ce qui
suffisait à leur bonheur: la bonne et large
simplicité d'une vie de travail. Endurance et
gaieté, voilà la devise de nos premiers gestes:
elle suffirait à caractériser d'autres faits
accomplis par la France, dans le monde.
Faut-il redire comment le pionnier baptisa
de ses sueurs ce pays neuf et raconter le long
corps-à-terre qui demeure notre titre fonda-
mental à tous les respects? L'homme ouvre
au blé le sol libéré de l'étreinte des racines, et
son bras abat les cimes de l'horizon. A son
côté, sa compagne "manie la faucille après
avoir déposé son nourrisson sur une javelle
dorée, au milieu des souches noircies, à demi-
brûlées, à portée de sa voix." Bientôt, auiour
282
Centenaire de Beauharnois
du premier foyer, la cristallisation humaine
s'opère. Les colons viennent, de tout près
d'abord, puis de la Côte Beaupré et de VAca-
die. La paroisse s'ébauche qui réclamera
demain qu'on la reconnaisse, qu'on lui trace
des bornes, qu'on lui donne des chefs.
Lointaine époque où, le luxe en est encore
au Moyen-Age, sinon même à plus loin, où
le bûcheron porte son blé sur l'épaule et
pendant des lieues jusqu'au moulin, où les
patins sont des côtes de bœuf et le vêtement
des petits "une jaquette de peau de che-
vreuil"; où il n'y a "pas de taxes, de coti-
sations, pas d'hommes de profession, pas de
juges, de magistrats, pas d'huissiers, de
shérifs, pas même de politiciens" ; et pas de
médecins, "car on ne connaissait qu'une
maladie, la vieillesse"; où "l'on mourait
comme on avait vécu, dans les bras des pa-
rents et le regard au ciel" ; où les plus anciens,
qui avaient connu les soldats de la Légende,
se réunissaient pour espérer plus fort en
espérant ensemble:
Là, des héros tombés dans le dernier
combat,
On pouvait un instant s'entretenir sans
crainte ....
Dans ces cabanes où, dormait l'armoire
aux habits de fête, où, "derrière un rideau de
droguet", reposait "la carafe remplie de bon
rhum blanc de la Jamaïque" qui perlait
l'hospitalité; où l'on connaissait peut-être
Napoléon et à peine Papineau; "dans ces
humbles cabanes de pièces sur pièces, bâties
en queues d'aronde, à même les arbres de la
forêt dont elles prenaient la place, il y avait
plus de bonheur, plus d'espérances légitimes,
que bien des maisons bourgeoises n'en con-
tiennent ou n'en contiendront jamais. On
avait de la jeunesse, de l'amour, de la vi-
gueur, de la santé; cela suffisait pour faire
face aux privations et aux plus rudes labeurs.
Plus on avait travaillé le jour, mieux on
dormait la nuit. Souvent on s'endormait
à genoux, les coudes sur l'escabeau ou la
bûche servant de siège, au milieu d'un cha-
pelet interrompu qu'on laissait au bon ange
le soin d'achever. Il n'en était qu£ mieux
dit et plus méritoire."
Désormais, l'histoire commence. Des mots
nouveaux font parler la carte naguère muette:
Saint-Timothée, Saint-Clément, Sainte-Ma-
rie, Saint-Louis, Saint-Etienne, Sainte-Cé-
cile, Salaberry et Valleyfield, Beauharnois.
Retenons le beau son historique que rend ce
dernier nom. Serait-ce abuser que de vous
citer, à ce propos, une autre page écrite en
1885 et qu'on croirait pensée d'hier? Je n'y
ai rien changé, par pitié filiale sans doute,
mais aussi pour montrer ia continuité des
résistances que nos âmes entretiennent en se
succédant:
Des noms glorieux
"Quand vous énumérez les noms de nos
anciennes seigneuries dont plusieurs ont été
retenus par des comtés, vous croyez voir se
lever une armée de héros rangés sous le
drapeau de la Nouvelle^France. C'est Jac-
ques-Cartier, Champlain, Longueuil, Rou-
ville, d'Iberville, Contrecœur, Chambly, Cha-
teauguay, de Bienville, surnommés les ma-
chabées canadiens: c'est Laval, Montcalm,
Joliette, Perrot, Vaudreuil, Rigaud, Sou-
langes, Montmagny, Lévis, Lotbinière, Ni-
colet, Verchères, Boucherville, Salaberry. J'en
omets, et des plus beaux, des plus brillants,
émerveillé que je suis de leur nombi'e, ébloui
de leur éclat. Eh! n'avons-nous pas constellé
tout le continent de noms canadiens? Que
de villes américaines portent orgueilleusement
les noms des découvreurs, de nos mission-
naires, de nos simples aventuriers! Le peuple
des États-Unis n'a pas cru se mésallier en
épousant notre gloire. Que le Haut-Canada
Les Fêtes du Centenaire
283
n'a-t-il été aussi bien inspiré? Kingston ne
s'appelait-il pas Frontenac? Pourquoi Va-
t-on débaptisé? Mais laissons faire, à en
juger par le mouvement de notre population
vers la province d'Ontario, le jour n'est pas
éloigné où des mains françaises iront gratter
le plâtre sur lequel a été inscrit le nom de
Kingston, et sous le plâtre on retrouvera le
nom de Frontenac tout rayonnant de splen-
deur.
"Qui donc a pu se targuer d'effacer notre
histoire, lorsque nous avons de tels morts pour
la garder? Ne savent-ils pas que le Canada
français est le panthéon de l'Amérique? Qui
donc a pu rêver la proscription de la langue
française d'un sol dont les pierres mêmes ont
des noms français et ne parlent qu£ de la
France! Si ces projets odieux devaient réussir,
la chrétienté et la civilisation en seraient
désorientées, et la gloire, se voyant arracher ses
fils aînés, réduite à maudire sa maternité,
prendrait le voile de veuve, en face de bour-
reaux eunuques impuissants à féconder ses
flancs généreux.
"Dressez un monument national, ins-
crivez tous ces noms dessus et vous aurez une
colonne plus radieuse que la colonne Ven-
dôme avec toutes ses victoires. Car avec
l'épée, la croix et la charrue, ceux-là ont plus
fait pour le bien de l'humanité que Napoléon
1er par toutes ses batailles et ses conquÉtes."
Depuis le jour où l'enfant de la paroisse
dont je vous ai apporté le témoignage revenait
d'une pêche au Buisson, heureux comme
trois princes, portant "trois ablettes et un
vairon dans sa petite chaudière", glorieuse-
ment péchés à l'aide d'une "ligne formée d'une
aiguillée de fil de chanvre, armée d'un ha-
meçon d'épingle et attachée à une branche de
troène", rêvant d'être un jour l'égal du père
Fanfan Brossait, qu'est-il advenu? Le pro-
grès. Les usines ont remplacé la forêt: un
nouvel orgueil a détruit l'autre au prix des
nervosités de la vie moderne.
Faut-il le regretter? En avons-nous même le
loisir? Craindrons-nous les lendemains dont
rêvaient peut-être nos conquistadores munis
de la houe et de la cognée?
La question de l'enseignement
C'est poser l'ensemble de notre problème
et, par suite, la question de l'enseignement
qui servit de prétexte à votre charmante invi-
tation. Quelques mots l'énoncent: adapter nos
traditions aux conditions nouvelles que le
temps nous impose. Vivre et survivre.
L'Ecole qui ne peut guère sans la famille, le
quartier et la rue, assurerait une double
solution par l'éducation et l'instruction, deux
choses différentes que l'homme doit s'attacher
à confondre en lui-même.
L'éducation dresse le caractère et donne la
personnalité. Son programme, comme on dit
de nos jours, les hautes raisons de notre
passé le lui tracent nettement. Il y a sûre-
ment des "qualités à acquérir", et nos voisins
peuvent nous en offrir quelques-unes; mais le
commandement auquel nous obéirons ne vien-
dra que de nous-mêmes. Nous sommes des
Canadiens-français. C'est un titre, et singu-
lièrement lourd. Attachons-nous donc à
notre pays. Apprenons à l'aimer. Nous ne le
connaissons pas. Nous négligeons ses beautés
et son histoire. Nous nous fermons ainsi une
des sources les plus vives de volonté qu'un
peuple puisse posséder. Comment défendre ce
que l'amour ignore? Le patriotisme germe du
sol. Comme pour l'art et la littérature, il
faut à son éclosion un milieu qui l'inspire,
il faut à son rêve un horizon.
Il reste notre formation française dont nous
ne ferons un juste motif qu'à la condition de
la réaliser pleinement. Nous réclamons des
autres la reconnaissance de nos droits. Nous
284
Centenaire de Beauharnois
arrêtons-nous suffisamment à rechercher ce
que ces droits nous imposent de devoirs?
Offrons au respect de nos concitoyens, mieux
qu'une tradition qui s'effrite au lent contact
de l'événement. Plus d'à peu près, de satis-
faction hâtive et trop vite sûre d'elle-même,
d'ignorante confiance, de paresseuse et cou-
pable négligence. Ayons la connaissance
précise de nos qualités de sang, de notre es-
prit qui est clair, sage et modéré de son na-
turel, de nos mœurs qui achèvent de ca-
ractériser notre inneité.
L'Histoire de votre paroisse nous incite à
remonter jusqu'au foyer de la civilisation que
notre vie perpétue si "les laizes de Beau-
harnois sont marquées de fleurs de lys."
Retour nécessaire vers les origines; consé-
quence logique d'une évolution qu'un passé
commun mit naguère en mouvement. La
France nous livrera sa généreuse expression,
vive et mobile, son goût sobre, la finesse de sa
pensée, que nous mettrons au service de nos
traditions morales et intellectuelles. Par là,
le problème s'élargit jusqu'à elle. Nous ver-
rons qu'elle tente, en ce moment même, de
sauvegarder sa culture qiie menace l'invasion
de ceux que Gustave Droz appelle "les
nouveaux barbares" et qui sont les instru-
ments souvent aveugles et bornés qu'une force
domine et mène: l'argent.
Voilà le mot lâché qui ferme le dilemme où se
débat l'humanité. D'aucuns n'hésitent pas
à conseiller la poursuite de la fortune. Ils n'y
voient pas un mal certain. Ils y cherchent
une puissance pour le bien et le salut des
nôtres. Le passé de notre peuple nourrit leur
optimisme. N'avons-nous pas trouvé tou-
jours l'attitude de défense appropriée? Pour-
quoi en serait-il autrement aujourd'hui que
l'avenir paraît réservé à la conquête écono-
mique? L'argent et l'or ne sont rien, même en
économie politique: c'est le produit qui compte,
qui s'échange, qui enrichit, qui demeure.
Ainsi en morale, l'or et l'argent sont mépri-
sables: ce sont les œuvres qui valent. Ini-
tiatives sociales, maisons d'enseignement, uni-
versités: voilà par quoi les fortunes se font
pardonner. Dans ces institutions où l'ins-
truction jouira largement son rôle, nous
formerons des hommes sachant leur métier,
qui grandiront la nation de leur valeur propre,
de ces compétences dont on m'a fait trop
l'honneur puisque je n'ai fait que réfléchir,
en les réclamant, à ce qui nous manque, et
que répéter en cela même ce que bien d'autres
avaient dit d'ailleurs avant moi. La compétence
n'est qu'un moyen vers la supériorité, qui
importe au plus haut point: supériorité dans
tous les domaines et sans une seule faiblesse.
Qui a choisi d'être français a renoncé à être
inférieur.
L'intelligence et l'argent, peut-on unir ces
deux choses? Comment les plier à l'idéal?
L'une ne sera-t-elle pas vaincue par l'autre?
Le dire, ce serait oublier les forces morales et
le sûr triomphe d'une civilisation formée aux
leçons de l'expérience et du temps.
Regardons, pour nous en convaincre, ce
qui s'est passé ici même.
Les premières années de la paroisse de
Beauharnois n'ont pas créé d'école. Une
vieille femme. Madame Salé, faisait de
l'enseignement un métier ambulant: elle allait
de porte en porte avec un livre de lecture et
un catéchisme. Elle était d'un autre âge,
et mon arrière-grand' mère la croyait fille de
Mathieu Salé, ce qui, pour elle qui n'avait
pas de Saintes Lettres, traduisait tout bonne-
ment Mathusalem. Depuis, les choses ont
avancé rondement. La fortune vous a permis
de bâtir. Je pourrais vous faire compliment
de votre collège classique, de votre collège
commercial, de votre École normale pour
jeunes filles, de votre École des Arts et Mé-
Les Fêtes du Centenaire
285
tiers, de vos quatre couvents, de votre Jardin
de l'Enfance, de vos cinquante écoles élé-
mentaires, que sais-je encore? — de votre Aca-
démie anglaise, dont votre député, suivant une
tradition établie par les nôtres à McGill,
sortit naguère bon premier. Mais c'est ail-
leurs que je veux chercher, et plus profondé-
ment encore, la confirmation de mes espoirs.
Peu de temps avant sa mort, en 1897, A.-N.
Montpetit publiait une courte note sur un
tableau de Rapin. La toile, "un peu plus
grande que la main", représentait le cime-
tière de Saint-Timothée endormi dans la
pénombre d'un soir de juin,
"Lisez les noms gravés sur le marbre,
écrivait l'auteur, tracés sur ces croix rustiques,
étudiez les dates, les âges, les conditions, et
vous repassez toutes les pages de l'histoire de
la paroisse, les unes à demi effacées, déchi-
rées, hélas! Mais d'autres entières et bien
conservées. Le sol que nous foulons est
grouillant de souvenirs; pas un brin d'herbe,
pas un grain de sable qui n'ait son mot à
dire. Le silence même est d'une éloquence
sublime qui trouve autant d'échos que l'on
compte ici de tombes.
"Il y a cent ans à peine que la paroisse de
Saint-Timothée est née pour avoir ses morts
à elle et les conserver au cimetière comme des
livres dans une bibliothèque. Déjà pourtant
ces fmuvres morts, quoique peu exigeants, se
trouvent à la gêne. Un siècle de vie dans une
paroisse canadienne-française, tant petite
qu'elle puisse être, produit bien des milliers
de vivants, et partant autant de morts. Et
dans Saint-Timothée les gens émigrent peu.
Le sol est plantureux et les cœurs sont bons.
"Rarement le berceau y fait faillite à la
tombe. Mais les cimetières vieillissent et
meurent à leur tour quand ils sont gorgés de
morts. Ici, le cimetière du colon, du bûche-
ron, de rabatteur de chênes, du défricheur, du
pionnier est disparu, enfoui, enterré sous un
second cimetière plus jeune, modernisé, mis
à la mode du jour. C'est que les ravageurs de
forêts, les potassiers, tour à tour trappeurs et
colons, sont remplacés par d'autres géné-
rations, soumis à d'autres fortunes, par des
cultivateurs, des hommes de calcul, des in-
dustriels, des commerçants, des bourgeois,
qui vivent grassement et font des morts plus
fiers, habitant des cercueils en acajou, en
bronze, plaqués d'argent, doublés de satin,
couverts de fleurs et scellés d'une pierre de
marbre, d'un cippe, d'un monolythe qu£lcon-
que. Mais fouillez un peu le sol, et sou^ ces
monuments d'une pieuse vanité, vous trouve-
rez, en guise de racines, des croix vermoulues
ou désarticulées, faites de baliveaux de la
forêt primitive, abattues pour faire place à des
tombes chrétiennes, sillons profonds destinés à
germer les semences de foi, de progrès et de
civilisation dont nous récoltons les fruits."
Est-il un exemple plus vivant que celui qui
lève ainsi de la mort? L'éternité continue la
paroisse. Fondateurs et descendants, colons
des premières battues et industriels de l'âge
d'acier, gueux et riches, humbles et grands,
tous continuent d'en être pour les centenaires
à venir. Leur dernier sommeil garde le même
rêve. Ceux qui demeurent les vénèrent encore
du même serment, quoique le siècle ait changé.
Ils ont la consolation suprême de lier à eux la
nation et de continuer leur œuvre de liberté,
vers la vie.
Après ce discours longuement applaudi,
Monseigneur Êmard mit fin au banquet en
ces termes:
"N'ayez pas peur, je ne ramperai pas le
charme, vous me le reprocheriez et je m'en
voudrais à moi-même. Nous allons rester
avec la douceur et le charme des mots que nous
venons d'entendre et ce sera le meilleur sou-
venir de cette journée. Maintenant, gloire à
286
Centenaire de Beauharnois
Dieu, au Ciel, félicitations réciproques à
chacun de nous les uns envers les autres pour
cette belle fête."
L'on fit les prières d'actions de grâces, et
l'on se dirigea vers l'hospice pour la ré-
ception des petits orphelins.
A l'Hospice
Le clergé se rend à l'hospice Saint-Joseph.
Les enfants et les religieuses attendent avec
impatience: les derniers jours ont été bien
remplis par les répétitions; et aujourd'hui,
c'est, pour les enfants, le grand jour où
plusieurs d'entre eux vont jouer un rôle
pour la première fois. C'est d'abord l'adres-
se de bienvenue :^''
Vient ensuite un "Chant de reconnais-
sance:"
1er Couplet:
Le ciel sourit à notre enfance,
Nous fêtons un grand Jubilé.
Chantons dans la reconnaissance.
Ce jour, par les vœux appelé.
Montez vers Dieu, sainte prière!
Oui, montez de nos cœurs d'enfants;
Beauharnois, paroisse si chère,
A vu fleurir son beau cent ans.
Chœur
0 douce Providence,
Entends nos chants d'amour.
Du céleste séjour
Souris à l'innocence.
2ÈME Couplet:
En ce beau jour, le cœur déploie.
Pour chanter ses moments heureux.
Tout ce qu'il a de douce joie,
De noble amour et de bons vœux.
Ces noces rares et très joyeuses
Viennent couronner un long cent ans.
Combien elles sont glorieuses.
Pour leurs Pères, pour leurs enfants.
Chœur :
0 douce Providence,
En ce jour de bonheur.
Bénis nos bons Pasteurs,
Souris à l'innocence.
Puis, l'on assiste à une récréation où
garçons et fillettes discutent du centenaire,
parlent de M. le Curé, de M. le Maire, des
"Jeunes et Vieux" de la paroisse.
Puis, c'est une opérette: "Un beau rêve";
nous entendons les anges répondre aux
vœux des petits enfants qui rappellent la
charité des pasteurs et des paroissiens pour
les orphelins, sans oublier la vénérable fon-
datrice des Sœurs Grises; et le tout s'achève
en un cantique d'action de grâces: Quid
retribuam Domino?
Les enfants de Beauharnois, comme de
partout, aiment les congés. Ils le demandent
à Sa Grandeur en ces termes:
Il est un mot, petit, charmant.
D'un effet magique vraiment.
Connaissez-vous ce mot riant.
Tout harmonieux et chantant?
Pas n'est besoin de vous le dire,
Ce mot charmant et gracieux
Qui rendrait nos cœurs bien joyeux.
Dans nos yeux, vous pouvez le lire.
Congé, congé, oh! quel mot charmant.
Congé, congé, oh! oui vraiment.
Un grand congé par excellence.
Père, si vous le voulez bien.
Petite clochette demain
Sonnera la réjouissance.
Cloches, sonnez, pour tous, présents.
Et pour nous, congé de Cent Ans.
Une dernière adresse des enfants à l'audi-
toire: l'on remercie et l'on demande une
bénédiction.
(1) — Voir appendice, p. 305.
Les Fêtes du Centenaire
287
Il appartenait à Sa Grandeur de la don-
ner. C'est ce que fit Monseigneur l'évêque,
en l'accompagnant de quelques paroles
d'hommage à la Communauté des Sœurs
Grises pour l'œuvre accomplie depuis une
soixantaine d'années dans l'hospice de Beau-
harnois. Conseils paternels aux enfants;
joie d'avoir entendu et vu de si belles
choses.
Et l'on quitte à regret ces petits enfants
qui ont parlé, de façon si touchante, du
passé de Beauhamois. Et une fpiis de plus,
l'on admire le dévouement des religieuses
qui se sacrifient pour donner à ces orphelins
et à ces orphelines un peu de bonheur!
* *
*
Les fêtes s'achèvent déjà. Plusieurs mem-
bres du clergé ont dû quitter Beauharnois
inomédiatement après le banquet.
Maintenant, c'est l'heure du départ de
Monseigneur l'évêque de Valleyfield. Un
dernier échange de saluts aux prêtres pré-
sents, un dernier mot de féUcitation à Mon-
sieur le Curé, une visite à la famille Gui-
mond, qui a mis à la disposition de Sa
Grandeur sa magnifique automobile Packard
pour le voyage de retour à Valleyfield, et
Monseigneur laisse Beauharnois qui se sou-
viendra longtemps de la nouvelle preuve
de haute bienveillance que lui a donnée le
Pasteur du diocèse en ces fêtes du Cente-
naire.
C'est ensuite le souper avant le dernier
article du programme.
La veillée patriotique
De bonne heure, la place de l'église est
envahie; plusieurs attendent, depuis des
heures, pour être sûrs de pouvoir entendre
les orateurs et voir le feu d'artifice. VeJrs
8 heures, plusieurs milliers de personnes
sont réunies; les abords du collège, du cou-
vent, du presbytère, de l'église, la côte de
l'église jusqu'au Bureau d'Enregistrement
sont occupés par une foule évaluée entre
7 à 8,000 assistants, avides de ne rien
perdre. Les orateurs annoncés ont de la
réputation, et le feu d'artifice préparé par
le Comité des Amusements a coûté cher,
assure-t-on; donc ce sera beau.
Devant le presbytère est le groupe du
clergé; l'estrade fait face à l'église; on a
disposé des bancs pour les dames et les
enfants; la fanfare égaie la soirée d'airs
nationaux.
Bientôt paraît le groupe des orateurs:
Monsieur le Maire, Messieurs les Députés
Papineau et Bergevin, l'ex-député Monsieur
Arthur Plante, Messieurs les avocats W.
Poitras, E. Montpetit, J. SuUivan, Paul
Mercier, Monsieur l'abbé E. Gauthier; et
la fête commence.
Monsieur le Maire invite M. l'avocat
T. Fortin à présider à la soirée comme il
l'a fait au Banquet; et celui-ci accepte à la
satisfaction de tous.
Le premier orateur est M. L.-J. Papineau,
M.P.; il rappelle comment l'histoire de
Beauharnois est l'histoire de la paroisse
canadienne et l'histoire de la paroisse
l'histoire de notre nationalité. En des
pensées très justes et très élevées, il dit la
signification de nos paroisses et la place
qu'elles n'ont cessé de tenir dans notre vie
reUgieuse et nationale.
Monsieur Achille Bergevin, M.P.P., en
un vibrant discours, dégage de nos fêtes
plusieurs leçons opportunes. Il évoque
avec bonheur le souvenir des anciens —
parmi lesquels ses ancêtres — qui sont venus
fonder Beauharnois; il loue leur magnifique
courage qui s'obstine à demander au sol le
bien-être, et qui sait à l'occasion, comme en
288
Centenaire de Beauharnois
1812, défendre la patrie; il fait le tableau
de l'austérité de mœurs de nos aïeux; il
nous rappelle ce que nous devons à nos
mères qui ont transmis les vieilles tradi-
tions. Il rend un délicat hommage à l'oeu-
vre bienfaisante de la religion en ce milieu :
"C'est de la religion, s'écrie l'orateur, aux
applaudissements de tous, que sont nés
tous les dévouements qui ont fait cette
paroisse." L'orateur invite aussi les assis-
tants à ne pas oublier de garder le souvenir
de l'ancienne mère-patrie, la France; il
nous exhorte à être toujours français par la
culture intellectuelle et par le cœur, tout en
étant de loyaux sujets de la Couronne bri-
tannique à laquelle la volonté mystérieuse
de la Providence nous a soumis. Dans une
péroraison émue et véhémente, l'orateur
adjure les paroissiens de rester fidèles aux
vieilles traditions et de garder les vertus
qui ont fait notre race.
Monsieur Edouard Montpetit veut bien
dire quelques mots avant son départ pour
Montréal; il adresse un salut ému "à ceux
qui sont plus près du sol" et il les encourage
à l'endurance et à la gaieté dans leur besogne
si méritoire et si nationale.
L'orateur suivant est Monsieur Arthur
Plante, ex-M.P.P. ; il prononce le beau
discours dont voici le texte:
M. le Maire,
Messeigneurs,
Mesdames, Messieurs:
Nous sommes rendus au soir d'un jour
mémorable qui sera marqué d'une pierre
blanche dans l'histoire de la vie paroissiale
de cette paroisse. Cent ans! Cela résume toute
une série de luttes ardentes contre la forêt,
d'efforts constants, de travaux inlassables, de
dévouements obscurs et d'énergies indomp-
tables. C'est la fête du Souvenir. Il nous est
donné aujourd'hui de contempler et de tou-
cher du doigt l'œuvre admirable accomplie par
ceux qui furent les pionniers, les défricheurs,
les fondateurs de cette superbe paroisse de
Saint-Clément de Beauharnois. Paroisse-
type, et qui n'est en somme que le duplicata
de centaines d'autres paroisses échelonnées sur
les deux rives de notre grand fleuve, et se-
mées un peu partout au cœur de la forêt, soiis
la poussée combative et patriotique de nos
gens qui n'ont pas craint de lutter toujours
contre les obstacles de toute nature, pour
fonder des foyers, garder fidèlement les tra-
ditions ancestrales, agrandir le domaine na-
tional, et assurer ainsi la survivance de la
race.
Oui, c'est le soir d'un beau jour, et re-
cu£illons-en ensemble les douces émotions
qu'il nous a procurées, et les enseignements
salutaires qui s'en dégagent. Plus tard, il
nous fera plaisir à nous aussi de répéter les
paroles du poète latin, en pensant à cette
fête inoubliable: "Forsan et haec olim me-
minisse juvabit."
C'est une vérité historique maintenant re-
connue que le système paroissial nous a
sauvés au lendemain des jours sombres de la
conquête. Nos ancêtres se sont groupés au-
tour du clocher et de nos prêtres dévoués, et,
ici comme ailleurs, ils ont gardé, pur de tout
alliage, le dépôt sacré de la langue française
et de nôtre foi catholique.
Pour nous. Canadiens-français, la Parois-
se, c'est la petite patrie dans la grande. Elle
parle un langage bien doux et bien cher à
nos cœurs.
En effet, c'est un symbole qui résume toute
notre vie composée de rêves, de revers, de
regrets et d'espoirs.
La paroisse, pour les Canadiens-français,
c'est le clocher surmonté du coq gaulois, qui
Les Fêtes du Centenaire
289
chante partout le cocorico de l'expansion
nationale.
La paroisse, c'est le vieux cimetière géné-
ralement adossé à l'église, où sont les chers
disparus, où dort la cendre des aïeux.
La paroisse, c'est la petite école en bois au
coin du rang, ou dans la rue principale du
village, où nous avons appris pour la pre-
mière fois à balbutier les paroles harmo-
nieuses et sonores de la belle langue française.
La paroisse, c'est encore le banc paroissial,
où chaque dimanche le chef de famille va,
de génération en génération, rendre hommage
à son Créateur, entouré de sa famille, et donner
l'exemple des plus belles vertus familiales.
La paroisse, c'est tout cela, et plus qu£ cela,
c'est la chaîne ininterrompue de nos cou-
tumes, de nos traditions, qui fait la force de
notre race, et assure sa survivance dans l'avenir.
Et voilà pourquoi, M. le maire, je ne pou-
vais résister à la délicate attention que vous
avez eue de m'inviter à dire qv£lqu£S mots
à l'occasion de ce centenaire. Car, voyez-
vous, je me sens un peu de la famille, et
Valleyfield, après tout, n'est qu'un démem-
brement de Beauharnois.
Après s'être fortement implantés dans
cette paroisse, nos gens ont continué à re-
monter le fleuve en quête d'arbres à abattre,
de terres à défricher, de cabanes à bâtir, et
voilà comment les paroisses de Saint-Timo-
thée, de Saint-Louis-de-Gonzagu£ et de
Sainte-Cécile ont successivement surgi du
sol et pris naissance.
D'ailleurs, en prenant part à cette fête du
souvenir, j'obéissais à deux sentiments bien
puissants: ceux de l'amitié et die la recon-
naissance.
La voix de l'amitié. — En effet, je ne puis
oublier que lors de mes premières luttes dans
la vie publique, j'ai rencontré dans cette
paroisse de Saint-Clément, des mains ou-
vertes, des cœurs sympathiques et des amis
précieux qui ont été des guides siïrs et fidèles.
La voix de la reconnaissance. — Au risque
d'être un peu personnel, je ne peux oublier
non plus les témoignages de confiance qu£
j'ai reçus à maintes reprises des paroissiens
de cette paroisse, et je saisis cette occasion
pour leur dire un cordial merci.
Ce matin, le prédicateur, dans une reoue
magistrale, nous a fait la genèse de la tenure
paroissiale, depuis le troisième siècle, en
Europe, jusqu'à nos jours, en Canada, et a su
en tirer d'utiles et réconfortantes leçons pour
l'avenir.
Cet après-midi, un enfant de cette paroisse,
dans un langage bien senti, nous a fait
assister au défilé glorieux de cette longue
procession de curés et de vicaires qui ont pré-
sidé depuis cent ans aux destinées de cette
paroisse de Saint-Clément.
Puis, un autre petit-fils de la paroisse,
dont le nom du père est si bien connu des
générations scolaires du passé, nous disait,
avec l'accent prophétique d'un penseur, que ce
qui avait fait la force de nos pères qui ont
fondé cette paroisse, c'est qu'ils s'étaient
fortement attachés au sol.
Oui, c'étaient des passionnés du sol. Après
s'être battus contre les arbres de la forêt, ils
en sont devenus les maîtres et les rois.
L'un des plus célèbres économistes de notre
époque, qui a consacré sa vie à l'étude de la
question sociale et religieuse, est arrivé à la
conclusion que la virilité des nations et des
familles gît dans l'attachement au sol, et dans
l'accomplissement des devoirs religieux. Or,
c'est ce qu£ vos pères ont fait, et c'est ce que
l'on constate chez vous, messieurs les pa-
roissiens de cette belle paroisse. Je ne puis
m'empêcher de formuler un souhait en ter-
minant ces remarquas: Si vos pères ont pro-
290
Centenaire de Beauharnois
fondement poussé dans le sol les racines du
grand arbre paroissial, qv£ les rameaux pro-
jetés par la sève du tronc n'en soient jamais
séparés par l'abandon du coin de terre natal,
et le mirage de la vie bruyante et factice des
grandes villes.
En d'autres termes, si vos pères ont été des en-
racinés, que les fils ne soient pas des déracinés.
Dans ce coin de terre privilégié si poétique-
ment baigné par les eaux du grand fleuve,
continuez, chers amis, la chaîne des tra-
ditions sous l'œil doux et paternel de votre
Curé, qui est le digne continuateur de ces
Curés, qui ont été à la fois des prêtres dé-
voués et de grands citoyens.
Continuez à cultiver cette bonne terre, qui
en retour vous donnera le calme, la sérénité,
la santé et une honnête aisance. Gardez vos
fils autour de vous. Et en constatant la
bonne entente, l'union, le contentement et la
saine mentalité dont cette paroisse donne le
spectacle, l'on ne pourra s'empêcher de ré-
péter, en vous les appliquant, ces paroles de
Virgile: "0 fortunatos nimium svxi si bona
norint agricçlas."
C'est là l'une des leçons salutaires qui se
dégagent de ces fêtes, et le souvenir ému que
j'en rapporte, M. le maire, et qus je garderai
précieusement dans l'avenir.
Après ce discours, M. l'avocat W. Poi-
tras, d'Ottawa, enfant de Beauharnois,
sinon par naissance, du moins par éduca-
tion, et dont le père a été l'un des construc-
teurs de notre église actuelle, lit la belle
poésie de circonstance suivante, que tous
écoutent avec bonheur:
Salut aux Anciens
Sur la baie ombreuse et féconde,
Où, ses toits et clochers d'argent
Se bercent aux baisers de l'onde
Qui baigne son bord ''erdoyant.
Beauharnois s'éveille, fière,
Comme une aïeule aux traits sereins
Qui, pour fêter son centenaire.
Voit accourir ses fils anciens.
Les drapeaux flottent sous la brise,
Les fleurs pleuvent sur le chemin,
Et l'on dirait que l'air se grise
De joie intense et de parfum.
Tout chôme dans la ville en liesse!
La Pointe Saint-Louis étend
Un bras charmant qui la caresse.
Chargé de feuillage chantant;
Et là-bas, sur les eaux tranquilles,
Comme des corbeilles de fleurs,
Emergent ses coquettes îles
Se ressemblant comme des soeurs.
C'est la nature qui t'acclame,
0 Beauharnois, riant séjour!
Aussi, l'on sent passer ton âme
Dans les rayons de ce beau jour.
Ainsi choyée, et comme éprise
De tout ce séduisant tableau.
On dirait que ta vieille église
En tressaille sur le coteau.
Heureux qui naquit sur ta rive!
Heureux qui vécut sur ton sol.
Dont l'existence productive
Sur ton sein suspendit son vol!
Heureux, ô belle centenaire,
Les descendants des anciens preux,
Qui dorment dans ton cimetière;
Ils te reviennent, dignes d'eux.
De tes temples, l'ombre propice
Inspira leur cœur et leur foi;
Prompts à l'appel, au sacrifice.
Ils n'ont jamais rougi de toi.
Les Fêtes du Centenaire
291
L'insatiable destinée
Un jour les ravit à ton cœur,
Et tout remplis de ta pensée
Tu les vis dresser leur labeur.
Dans le commerce, l'industrie,
La mécanique aux cent ressorts;
L'agriculture, où La Patrie
Sème l'espoir de ses trésors;
Dans le génie, aux vastes ailes.
Qui plane sur les éléments.
Semblant, aux voûtes éternelles,
Seules, arrêter ses élans;
Et dans la région dorée
Qu'immortalisent les beaux-arts.
Combien déjà la renommée
Fait rayonner sou^ tes regards.
Dans le Temple de la Justice
Que de fils ne comptes-tu pas.
Dont la voix mâle et protectrice
T'enorgueillit de leurs débats?
Et dans les champs humanitaires
D'Esculape, fils d'Apollon,
Que de médecins salutaires
Ont illustré ton beau renom!
De ces activités humaines,
Si tu te sens fière en ce jour.
Que de voix saintes et sereines
Doivent vibrer dans ton amour!
Quand, les yeux fixés sur l'église,
Témoin des plus grands dévouements.
Tu vois défiler, l'âme éprise.
En robe noire, tant d'enfants.
Apôtres du Christ, et de l'âme,
Gardiens de la foi des aïeux.
Si l'Orangisme les condamne
C'est que nous survivons par eux.
Religieux, vertueux prêtres,
Devant vous s'inclinent nos fronts,
En vous espéraient nos ancêtres.
En vous au^si, ncnis espérons.
Salut! Anciens, vieille garde!
Beauharnois vous ouvre les bras.
Et le sol natal qui vous garde.
Tressaille, joyeux, sou^ vos pas.
J.-W. POITRAS.
Monsieur le Président invite ensuite M.
l'abbé J.-E. Gauthier, curé de Bellerive, et
ancien vicaire à Saint-Clément, à nous
parler des vicaires et des curés de Beau-
harnois. Monsieur Gauthier, en un lan-
gage tantôt familier, tantôt élevé, fait
passer devant l'auditoire la série des curés
et des vicaires, surtout des plus récents.
Les paroissiens n'ont pas de peine à recon-
naître leurs anciens pasteurs, et ils goûtent
tout particulièrement l'hommage rendu à la
mémoire inoubliée de Monsieur le Curé
Lussier et de Monsieur le Curé Charland.
Le Comité des Fêtes avait aussi officielle-
ment invité le R. P. M. Marchand, O.P.,
et Messieurs les avocats J. Sullivan et Paul
Mercier à parler; voici leurs discours:
R. P. M. Marchand, O.P.
"Nos Institutions Paroissiales"
Mesdames et Messieurs,
Il est fort expressif, le spectacle qu£ nous
présente le groupe des monuments les phis
beaux de la ville, qu£ la piété des fidèles a
construits pour enseigner à leurs descendants
les trois amours qu'ils avaient et qu'ils ont
encore au cœur: l'amour des choses de l'esprit,
et ce sont vos écoles qui le rendent sensible;
l'amour évangélique de vos frères malheureux,
et votre hospice rend un éclatant témoignage
292
Centenaire de Beauharnois
à votre piété fraternelle; l'amour des choses
de Dieu, et c'est par votre église paroissiale
que vous manifestez votre religion.
Les édifices religieux sont les legs qu'un
peuple fait aux générations à venir; chaque
pan de muraille dit éloquemment votre géné-
rosité et votre esprit chrétien. Sans doute le
temps rongera les pierres et lézardera ces
édifices, mais elles apprendront, les géné-
rations, elles découvriront toujours les sources
sacrées de ces amours et tiendront à honneur
de ne pas les laisser tarir . . .
En jetant un regard sur votre école, sur vos
écoles, je mets à jour une de ces sources: la foi.
C'est là la demeure de la plus solide des
vertus chrétiennes. L'intelligence et la science
ne sont données à l'homme que pour se rap-
procher de Dieu: toute science est vaine, dit
Bossuet, qui ne se tourne pas vers Dieu. Or,
Messieurs, en confiant vos enfants à des
maîtres et à des maîtresses éprouvées, à des
savants et à des religieux, vous ouvrez des
perspectives infinies à leur intelligence encore
inexpérimentée.
Les hommes pourront se succéder, la doc-
trine restera la même; les communautés pour-
ront se remplacer, le principe d'éducation ne
variera pas, il se maintiendra attaché au Dieu
de toute vérité.
Chez nous, l'école n'est pas seulement un
endroit où, l'on donne quotidiennement un
enseignement profane quelconque, mais c'est
un atelier où l'on forge des intelligences, où
l'on rend malléable des âmes pour leur donner
cette souplesse et cette solidité qui sont les
bases d'une vie sérieuse. En mêlant harmo-
nieusement les éléments du savoir humain
aux principes d'une vie religieuse et morale
convaincue, en étayant les mystères de la foi
sur la science rationnelle, les vaillants Frères
des Ecoles Chrétiennes, les premiers maîtres,
nos doctes Clercs de S. Viateur, les maîtres
actuels de nos enfants, les distinguées Sœurs
de Jésus et de Marie et les maîtresses de nos
"petites écoles" livrent à leurs élèves le vrai
sens de la vie. Est-il surprenant que les en-
fants, et c'est un fait constaté partout, formés
dans les écoles catholiques et congréganistes,
deviennent de meilleurs citoyens? Ils greffent
sur leur vie naturelle les poussées vigoureuses
du surnaturel divin; à l'âge adulte, ils seront
des chrétiens fermes et fervents. N'ai-je donc
pas raison de dire que l'école nous rappelle la
vertu sainte de la foi?
Elle nous y fait penser encore, parce que la
science se livre: elle est basée uniquement sur
l'autorité et le témoignage. Tout maître est un
témoin de la vérité. Habitué à croire dans les
petites choses, sans souvent comprendre la
force d'une vérité, l'enfant accepte plus facile-
ment l'autorité souveraine qui lui transmet des
vérités capitales sur ses destinées et sur l'au-
delà, c'est-à-dire, la parole de Dieu que
l'Église ne fait que rendre publique et offi-
cielle en définissant un dogme. N'est-ce pas
derrière ces murs que s'illumine peu à peu le
vaste domaine des connaissances presqu'ex-
clusivement appuyées sur l'autorité humaine
ou divine? . . . La foi est donc rendue vivante
par l'école; votre foi est palpable. Messieurs,
dans vos écoles.
* *
*
C'est une autre vertu, bien divine celle-là,
que j'aperçois sous le toit hospitalier de votre
hospice; ce sont des anges que je vois silen-
cieusement parcourir les corridors- de cet
asile; c'est une autre source de votre amour qui
s'épanche de toutes les salles de cet édifice: la
charité chrétienne, les anges de charité que
Dieu a répandus à profusion sur la terre pour
rendre plus rayonnant son enseignement di-
vin et plus expansif son amour infini.
Ceux que l'âge ou les malheurs de la vie ont
courbés et accablés, ceux que le monde, trop
Les Fêtes du Centenaire
293
pressé ou égoïste, ne comprend qu'imparfaite-
ment peuvent venir avec confiance demander
aux Sœurs Grises le pain quotidien qu'ils ne
peuvent plus gagner, le toit qu'ils ne trouve-
ront nulle part ailleurs, le lit bien chaud qui
fera oublier que leur sang est déjà refroidi,
surtout le cœur généreux jusqu'à l'héroïsme
qui les aimera, qui les aimera tendrement
jusqu'à la fin et qui trouvera encore une prière
fervente et une larme maternelle pour déposer
sur la couche mortuaire de ceux qui s'en vont . .
Cette charité, vaste comme le cœur du
Maître qui l'engendre et l'entretient, s'étend
au berceau de la vie. Il suffit de frôler les
orphelins, si dignes de pitié dans leur dé-
laissement et leur sérieux prématuré qui dit
éloquemment que le sourire ou le baiser d'une
mère ne vient pas illuminer leurs grands yeux
tristes, pour admirer ce que peut la charité
dans le cœur d'une femme et d'une religieuse.
Pauvres déshérités, petits malheureux, ne
craignez plus, n'envisagez plus l'avenir avec
effroi . . . Venez à l'hospice de votre paroisse,
blottissez-vous dans les bras de ces secondes
mères, aimez-les de toutes les forces de votre
cœur, donnez-leur toute votre pure affection
et vous n'égalerez pas encore l'amour sincère
qu'elles trouveront pour vous.
Et vous, Messieurs, qui avez su trouver
dans votre bourse l'aumône nécessaire à la
construction de cette demeure de la paix et de
la joie, soyez remerciés, au nom du Christ,
pour le bonheur que vous avez semé dons les
âmes des malheureux et que vous continuerez
à répandre autour de vous. C'est un exemple
admirable qui dit bien clairement la source
féconde de votre amour pour la vertu divine de
charité. Les pierres qu£ vous avez assemblées
pour élever ce monument de charité pourront
se désagréger, mais votre nom que Dieu a
gravé dans son cœur ne craindra pas la mor^
sure du temps; il ne s'effacera pas, ce sera
votre récompense.
Ce n'est pas tout. A contempler votre
église dont les deux flèches semblent deux
doigts qui nous indiquent le ciel, qui n'aper-
çoit cette non moins belle vertu: l'espérance?
Si, un jour, les églises catholiques de la
terre sombraient dans un cataclysme hypo-
thétique, il me semble qu'elles entraîneraient
dans leur ruine, qu'elles cacheraient sous leurs
décombres l'espérance.
Tout nous parle d'espérance dans le temple
catholique: il est comme un vestibule du ciel;
le son de ses cloches qui voltige dans l'air
attire notre pensée en Haut: l'encens qui
monte devant le tabernacle rappelle la prière
du chrétien qui, elle aussi, monte vers le Roi;
le chant religieux qui se perd dans les voûtes
sonores évoqua celui des Bienheureux devant
le trône de Dieu. Surtout l'Ami de l'Autel,
qui vous parle qui vous appelle, qui vous
attend, ne dit qu'une seule chose: je veux me
donner à toi pour toujours, je n'exige qu'un seul
don: votre amour tout entier, non pas pour un
jour, mais pour l'éternité. Et l'espérance
nous rend familière cette idée d'un bonheur
éternel . . .
Les cérémonies qui se déroulent dans voire
temple nous parlent d'espérance, les lois et
les doctrines qui s'échappent de la chaire de
vérité sont des lois d'espérance, les forces que
vous puisez dans les sacrements sont décu-
plées par l'espérance . . . C'est donc un
hommage à cette vertu que vous avez rendu en
faisant surgir cette église comme un témoi-
gnage d'amour de Dieu. Et votre digne pas-
teur, en faisant plus beau votre temple, n'a
rendu qv£ plus vive votre espérance.
Et si je détache mes yeux de votre clocher
pour les laisser tomber à l'ombre qu'il pro-
jette sur le sol, je sens mon cœur s'attrister un
peu . . . N'est-ce pas devant nous que sont
rangés nos aînés, nos amis, nos parents?
Chaque pierre de votre cimetière abrite et
294
Centenaire de Beauharnois
protège une parcelle de notre cœur dans les
restes vénérés d'un membre de nos familles.
Votre cimetière, je l'aime particulièrement,
parce que, à côté de vos morts, repose aussi
une mère que j'ai toujours aimée et que j'aime
plus encore depuis qu'elle est partie pour le
ciel . . . Et à faire revivre les disparus, ceux
que nous avons semés le long de notre vie,
notre espérance en un monde meilleur, en un
bonheur plus solide et plus durable, grandit,
se fortifie et s'étend jusqu'aux séjours infini-
ment beaux qui nous rassemblera tous dans
le cœur de Dieu.
Honneur donc. Messieurs, aux trois amours
que vous avez extériorisés dans ces monuments
de votre piété. Honneur à vos écoles, les grands
centres où se fabriquant, dans des intelligences
d'enfants, les grands idéals qui font les grands
citoyens et les grands chrétiens! Honneur à
votre hospice, foyer de charité et de dévoue-
ment, qui fait resplendir les ravissants char-
mes de l'oubli de soi pour le bonheur d'au-
trui! Honneur à votre temple, qui crie dans
chacune de ses pierres votre attachement à
Dieu! Honneur et reconnaissance à votre
vénérable curé, M. le Chanoine Nepveu,
l'âme de votre paroisse, le soutien de vos
édifices, le restaurateur de votre église, le
pilier de votre foi et l'ami le plus sincère que
Dieu vous ait donné. Puissent ces fêtes pa-
roissiales resserrer les liens fraternels qui
font, de tous les paroissiens, une famille, le
troupeau dont il est fait mention dans l'Évan-
gile, qui, scms la direction du Pasteur, se
dirige lentement mais sûrement vers un séjour
éternellement beau que vous donnera votre
foi, votre espérance et votre charité.
Monsieur l'avocat John Sullivan, de
Montréal, et enfant de Beauharnois:
Vou^ comprenez facilement mon émotion,
ma reconnaissance et le plaisir infini que
j'éprouve en ce moment . . . Depuis ce matin,
j'ai senti passer en mon âme bien des senti-
ments variés faits tous de la plus pure amitié
et j'ai apporté à cette fête un cœur étroitement
uni aux vôtres, mes concitoyens, et un désir
ardent de travailler dans une communion de
sentiments.
Ce matin, dans, ce temple magnifique où, la
foule se pressait dans une pensée de pieuse
commémoration, en face de cette merveille de
l'art chrétien, et ce midi au dîner où des voix
éloquentes évoqunient l'image de nos chers
disparus, rappelant les généreuses illusions
et les sincères enthousiasmes qui animaient
leurs âmes, quelle âme n'a vibré, à ces pieux
et nobles accents, et, se repliant sur elle- même,
n'a laissé échapper un soupir confondu avec
une larme, un soupir, une espérance!
Cette fête du souvenir, c'est la fête suprême
de l'amitié. C'est la fête du plus parfait de
tous les sentiments de l'homme.
En ce jour, de toutes parts sont accourus les
enfants de Beauharnois. Us y sont venus le
cœur gros, âpre d'une communion intime
avec les vivants et avec les morts. Les morts,
ce sont nos pères, les fondateurs, les pionniers,
les premiers habitants de cette ville. Ceux
qui ne sont plus mais dont l'ombre flotte
encore au-dessus d'elle et qu£, le soir, vous
pouvez entendre à la nuit tombante lorsque les
échos de cette vallée se répercutent sur le
grand lac. Ils vous parlent, ils vous parlent
avec le vent du large, avec la brise; et leur
murmure saisit. Fermez vos yeux, ouvrez vos
âmes, ils indiquent la grande route, la voie des
grandes actions et vous invitent au devoir.
Us ont aimé cette ville; partis, peut-être, ils y
sont souvent revenus, et ce culte ils l'ont légué
à leurs fils. C'est une partie de leur testament.
Ils nous ont légué un sentiment d'amitié, le
culte du souvenir à notre ville natale. Aur
jourd'hui, cette ville est le foyer, c'est la mère
qui appelle ses enfants, pour les compter,
Les FÈtes du Centenaieë
295
LES ORATEURS DES FÊTES DU CENTENAIRE
(1) S. O. Mgr J. M. Émard.— (2) S. G. Mgr E.-A. Latulipe.— (3) M. le Chanoine T. Nepvcu, V.F.— (4) M. l'abbé D. Nepveu,
Ph. Th. D— (5) M. L.-J. Panineau, M.P.— (6) M. A. Bergevin, M.P.P.— (7) R. P. A. Leduc, O.P.— (8) T. R. P. M. Marchand,
O.P.— (9) M. L.-C. Tassé. ^I.P , Maii«.— (10) S. H. le Juge W. Mercier.— (11) L'Hon. H. Mercier.— (12) M. A. Plante, C.R.—
(13) M. E. Montpetit.— (14) M. J. Sullivan, avocat.— (15) M.W. Poitras, avocat —(16) M. Paul Mercier, avocat.— (17) M.
l'abbé J.-E. Gauthier.— (18) M. T. Fortin, C.R.
■ 3v<-
Les Fêtes du Centenaire
29-
pour les rappeler aux enseignements de
l'enfance, pour les rajeunir, pour leur ou-
vrir son cœur maternel, afin que tous y
puisent les leçons du passé avec un chant
d'amour.
Et comme le pasteur à la brebis de l'Évan-
gile, il semble que c'est l'enfant parti qui sent
le plus son cœur se gonfler d'une émotion
intense à cet appel. Nous revenons chez nous,
aux lieux bénis qu'aima notre enfance.
Ah! Mesdames et Messieurs, comment
puis-je ne pas mentionner les souvenirs qui
me sont chers! La vieille maison sur la rus
Saint-Laurent, le vieux puits dans la cui-
sine est encore là. Les maisons voisines y sont
presque toutes. De nouvelles ont surgi. Mais
que sont devenus les vieux amis . . . M. Eïliott,
M. Gariépy, mon ami Lemoy . . . La côte de
la prison! Cette prison toute remplie de
fantômes dont la peuplait notre jeune ima-
gination, etc., et que d'autres souvenirs per-
sonnels je pourrais évoquer! Comment, par
exemple, n'être pas ému en voyant cette
église où, depuis quarante ans, repose ma
mère? . . .
Nos morts, ne les oublions pas; le culte des
morts. Mesdames et Messieurs, c'est la foi en
l'immortalité. L'espérance, Messieurs, c'est
le sentiment de vitalité, c'est la force de vivre,
c'est le levier. Et sans espérance, un peuple
meurt, un individu dépérit, une âme s'arrête.
C'est le désespoir qui rend Dante si terrible
lorsqu'il écrit aux portes de son enfer "0 vas
qui las date hic ogui speranzia."
Mais c'est l'espérance qui relève Ganelon
coupable lorsqu'il dit à son fils: "Moi, je
suis le passé; toi, marche vers l'avenir."
Nous avons ici le passé, nous le fêtons,
nous le célébrons avec enthousiasme, avec
gloire. Ce passé n'est-il pas un gage d'avenir,
ces souvenirs ne sont-ils pas une promesse?
Et toute cette jeunesse, enfants de cette ville,
notre petite patrie, ne voient-ils pas dans les
morts la source de vie, l'inspiration à des
grandes et nobles choses, le désir de continuer
des traditions, l'enthousiasme devant le de-
voir?
Oh! belle jeunesse de ma ville natale,
pourrai-je vous dire avec Platon: "Espérance
et printemps de la Patrie. Oh! jeunesse,
soyez donc l'enthousiasme devant le devoir,
l'indignation devant l'iniquité, la protes-
tation devant la veulerie universelle, si vous
voulez être un jour l'action fière et boire au
calice de la victoire. Chantez-vous à vous-
mêmes les grandes choses que vous verrez plus
tard, l'avenir entrevu dans la nuée lumineuse
des saints rêves."
Enfin, Monsieur l'avocat Paul Mercier,
fils de M. le juge W. Mercier, parle en ces
termes :
"Souvenons-nous"
La commémoration grandiose d'un siècle
touche à sa fin. Les derniers feux du soir
seront suivis d'une nuit d'espérances multi-
ples annonçant l'aurore d'une ère nouvelle
pour notre paroisse. Chers concitoyens, notre
pèlerinage du retour à la terre ancestrale
achève. Nous regagnerons bientôt nos cités,
nos villages, nos hameaux et nos champs,
mais toujours nous nous souviendrons de ce
qu£ nous avons vu et entendu en ce grand jour
de fête. Notre cœur conservera le culte du
souvenir; notre esprit et notre jugement en-
seigneront à nos fils la mentalité de chez nous
pour qu'elle se perpétue dignement. C'est
l'héritage sacré des aïeux qui doit être trans-
mis à nos descendants.
En vérité, ce centenaire d'existence cano-
nique de notre paroisse a passé aujourd'hui
dans nos âmes comme une réalité tangible,
en un présent lumineux. Nous avons vécu
de délicieux souvenirs. Nous nous sou-
298
Centenaire de Beauharnois
viendrons du passé et sur lui nous bâtirons
notre avenir. Si nou^ voulons être jugés dignes
de nos ancêtres, il nous faut prouver par nos
actes quotidiens que nous sommes de leur
race. Il me semble, chers concitoyens, qu'en
cette fête de famille, il est un devoir pour nous
de jeter un coup d'ceil sur le passé et de penser
aux hommes qui ont contribué à sa gloire, à son
succès. En d'autres termes, si nous sommes à
l'honneur, à titre de vivants, nos morts ont
droit d'y être également par la bouche de ceux
qui bénéficient de la magnifique récolte de
bien-être et de paix, suites naturelles de leurs
semences répétées de travail infatigable, arrosé
de leurs meilleures sueurs.
En effet, si, réunis ce soir devant cette
église paroissiale qui a plutôt l'air d'une
cathédrale tant son style et sa masse en im-
posent, nous jetons un coup d'oeil dans la
plaine, vers la vallée du lac Saint-Louis, nous
apercevons la ville de Beauharnois. De prime
abord, nous voyons que ses nombreuses mai-
sons et les grandes cheminées industrielles se
détachant à l'horizon, aux limites urbaines,
comme des sentinelles, indiquant un progrès
apparent, un avenir assuré; puis, si nous
embrassons d'un regard la campagne envi-
ronnante nous verrons l'œuvre d'un défriche-
ment consommé, le blé qui lève, les vergers en
fleurs, la mince colonne de fumée montant
lentement et gaiement à travers l'espace et
disant même en des signes sténographiques, au
Créateur, le bonheur et la joie de vivre de
chacun dans ces hameaux.
Mais, chers concitoyens, cette ville avec ses
maisons, ces champs avec leurs hameaux, ce
sont notre chez-nous. C'est l'œuvre d'un
siècle qui passe. Tout cela, est partie l'œuvre
de nos pères et partie la nôtre. Beauharnois
n'a pas surgi du sol en un jour. Il a été
créé et, sa fondation ayant été heureuse, il
s'est développé. Dieu aidant, d'une façon
merveilleuse. Notre passé fut l'œuvre de Dieu,
sous les efforts de ses premiers colons et des
générations qui ont suivi. Le Clergé et l'État,
dans Beauharnois, ont toujours marché de
front, uni leurs efforts, et aussi la récolte
a été belle, toujours de plus en plus pros-
père en fait de bien public et de paix reli-
gieuse. Le progrès matériel a été intime-
ment lié au progrès religieux pour les intérêts
de la communauté. Ceux des nôtres qui ne
sont plus, dormant leur sommeil éternel,
dans le plus beau coin de terre de notre do-
maine, qui ont concouru toute leur vie au
développement civil et religieux de cette ville,
de cette paroisse, si de leurs tombes ils voient,
comme ils doivent être heureux en ce moment
de contempler les fruits que leurs œuvres ont
produits; ils ont vécu eux-mêmes de ce bon-
heur, mais nous en ont laissé la meilleure
partie. Paix et éternité bienheureuse à leurs
cendres! Tous, souvenons-nous de ces grands
disparus, nos distingués aïeux. Déposons
sur la tombe de ces fondateurs de cité et de
paroisse, d'immenses couronnes tressées des
plus jolies fleurs de l'amitié et de la recon-
naissance éternelles.
Et nous, leurs fils, tirons profit des leçons
de vie chrétienne, de travail, d'amour et de
respect mutuels qu'ils nous ont léguées. Mé-
ditons sur leurs œuvres, notre confort actuel.
Faisons notre vie meilleure; contribuons de
toutes nos forces au progrès civil et religieux de
cette ville et de cette paroisse. Dans un amour
mutuel nous y puiserons une force nouvelle
pour les luttes du moment et du lendemain.
Chers concitoyens, rappelons-nous ces vers
de Sully Prud'homme, ce grand poète fran-
çais, qui ne sont qu£ trop vrais à l'heure pré-
sente:
J
Les Fêtes du Centenaire
299
"Viens! ne marche pas seul dans un jaloux
sentier,
"Mais suis les grands chemins que F humanité
foule;
"Les hommes ne sont forts, bons et justes,
qu'en foule;
"Ils s'achèvent ensemble, aucun d'eux n'est
entier."
* *
*
Après ces discours éclatèrent les pièces
pyrotechniques, pendant tout près d'une
heure; de l'aveu unanime des assistants, ce
feu d'artifice a été l'un des plus brillants
qui se soient vus.
Puis la fanfare jeta dans les airs les notes
bien connues de 0 Canada, et chacun rentra
chez soi.
Le lendemain, Beauharnois reprenait sa
vie ordinaire. Les décorations s'enlevaient
des demeures et des rues; les étrangers
quittaient la ville; des fêtes, il ne restait
plus qu'un souvenir, inoubUable à la vérité.
D'avoir revu des parents et des amis
très chers, d'avoir vu de si belles cérémonies
et entendu tant de si réconfortantes paroles,
d'avoir évoqué le passé paroissial, d'avoir
pensé aux disparus, ne pouvaient pas ne pas
laisser dans l'âme plus d'une leçon. Ces
leçons — de fidéhté aux traditions familiales,
paroissiales et nationales, d'endurance au
devoir, de vie chrétienne plus intense, de
vie civique de plus en plus dévouée au bien
commun, d'union et d'harmonie dans la
poursuite du même idéal — nous voudrions
que les pages de ce livre, écrites pour nos
concitoyens, les gravassent à jamais et
aidassent à les transmettre de génération
en génération.
A titre documentaire, voici la liste com- munautés religieuses qui ont assisté aux
plète des membres du clergé et des com- fêtes du centenaire:
Le Clergé
Liste des membres du clergé qui ont assisté aux
fêtes du Centenaire de la paroisse de
Saint-Clément de Beauharnois.
S. G. Mgr J.-M. Êmard, Évêque de
Valleyfield, Que.
S. G. Mgr E.-A. LatuUpe, Évêque de
Haileybury, Ont.
Mgr Jean-de-la-Croix Dorais, P. A., Vie.
général de Valleyfield.
Mgr Z. Lorrain, Vie. général de Pem-
broke.
Mgr J.-C. Allard, P. A., curé de Sainte-
Martine. (Val.)
Mgr J.-A. Bélanger, P.D., curé de Saint-
Louis de France. (M),
Mgr J.-H. Cousineau, P.D., curé du
Sacré-Coeur de Jésus. (M).
Mgr L.-A. Dubuc, P.D., curé de Saint-
Jean-Baptiste. (M).
Mgr J.-A. Richard, P.D., curé de N.-D.
des Sept Douleurs de Verdun. (M).
M. le Chanoine J.-S. Edm. Aubin, Supé-
rieur du Collège de Valleyfield.
M. le Chanoine P.-J. Bourget, mission-
naire à Saint-Régis. (Val.).
M. le Chanoine L-R. Chaput, A.C.,
Maisonneuve. (M.).
300
Centenaire de Beauharnois
M. le Chanoine Isaïe Clairoux, curé de
l'Epiphanie. (J.).
M. le Chanoine L.-E. Cousineau, de
l'Archevêché de Montréal.
M. le Chanoine R.-M. Décary, curé de
Saint-Henri de Montréal.
M. le Chanoine Alph.-E. Deschamps,
aumônier des Sourdes-Muettes. (M.).
M. le Chanoine A.-C. Dugas, curé de
Saint-Poly carpe . ( Val . ) .
M. le Chanoine A.-O. Houle, curé de
Saint-Jacques l'Achigan. (J.).
M. le Chanoine S.-F.-B. Maynard, curé de
Saint-Isidore de Laprairie. (M.).
M. le Chanoine L.-U. Mousseau, princi-
pal de l'École Normale de Valleyfield.
M. le Chanoine Théodule Nepveu, curé
de Beauharnois.
M. le Chanoine L.-N. Préville, curé de
Saint-Chrysostôme . (Val . ) .
M. le Chanoine T.-Z. Simon, curé de la
Cathédrale de Valleyfield.
M. Emile André, curé de Saint-Rédemp-
teur. (Val).
M. Oscar Bissonnette, Chancelier du
diocèse de Valleyfield.
M. Louis Boissonneault, curé de Saint-
Vincent de Paul. (M.).
M. Louis M. Borrel, vicaire au Saint-
Enfant-Jésus de Montréal.
M. Anthime Boucher, curé de Saint-
Stanislas de Kostka. (Val.).
M. J.-Naz. Bourbonnais, curé de Cha-
teauguay. (Val.).
M. Augustin Carrière, curé de Sainte-
Marie-Salomé. (J.).
M. Valérien Carrière, vicaire à Sainte-
Martine. (Val.).
M. J. Conrad Chaumont, Supérieur du
Séminaire de Sainte-Thérèse.
M. Edouard Contant, curé de Maison-
neuve. (M.).
M. J.-Octave Delisle, vicaire à Beauhar-
nois. (Val.).
M. J.-Albert Dérome, curé de Hunting-
don. (Val.).
M. Alphonse Dupuis, chancelier du dio-
cèse de Haileybury.
M. L.-A. Gagnier, curé de Sainte-Philo-
mène. (Val.).
M. Jérémie Gagnon, vicaire à Saint-
Isidore de Laprairie. (M.).
M. J.-E. Gauthier, curé de N.-D. de
Bellerive. (Val.).
M. Arthur Goyette, professeur de théo-
logie à Valleyfield.
M. Wilfrid A. Goyette, curé de Sainte-
Barbe. (Val.).
M. Alexandre Gratton, curé de Lachute.
(M.).
M. Aimé Hébert, vicaire à Rigaud. (Val.).
M. Henri Juhen, vicaire à Saint-Louis-
de-Gonzague. (Val.).
M. Elzéar Laberge, professeur au Collège
de Valleyfield.
M. Lucien Lafrance, vicaire à Côteau-
du-Lac. (Val.).
R. P. Augustin Leduc, O.P., Sous-Prieur
du Couvent d'Ottawa.
M. Joseph-E. Levac, vicaire à la Ca-
thédrale de Valleyfield.
M. D.-R. McDonald, de l'évêché de
Valleyfield.
M. Ernest-C. Maheu, vicaire à Saint-
Timothée. (Val.).
M. Gustave Mailloux, curé de Saint-
Antoine- Abbé. (Val.).
R. P. M. Marchand, O.P., curé de Saint-
Jean-Baptiste d'Ottawa.
R. P. L.-J. Morin, C.S.V., Assistant
Supérieur Provincial.
M. Siméon Morin, curé de Sainte-Clo-
thilde. (Val.).
Les Fêtes du Centenaire
301
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S
Les Fêtes du Centenaire
303
M. Gaspard Miron, en repos à Montréal.
M. J.-Delphis Nepveu, curé de Saint-
Anicet. (Val ).
M. Avila Papineau, curé de Sainte-
Catherine à Montréal.
M. Albert Peladeau, retiré à Montréal.
M. F.-X. Pelland, curé de Saint-Étienne
de Beauharnois.
M. Adélard Perreault, curé de Saint-
Timothée. (Val.).
R. P. J.-Avila Perreault, C.S.V., du
Noviciat de Joliette.
M. Ls.-Philippe Perrier, curé du Saint-
Enfant Jésus de Montréal.
M. Jean-Marie Phaneuf, curé de Ho-
wick. (Val.).
M. A.-J. Préfontaine, curé de Saint-
Jean de la Croix. (M.).
M. Thomas Préville, curé de Saint-
Zotique. (Val.).
M. J.-Albini Primeau, curé de Rigaud.
(Val.).
M. Victor Primeau, curé à Chicago,
États-Unis, d'Amérique.
M. J.-N. Rémillard, curé de Soulanges.
(Val.).
M. R.-Ls Rolland, vicaire à Saint-
Polycarpe. (Val.).
M. A.-P. Sabourin, curé de Saint-Louis
de-Gonzague. (Val.).
M. J.-Damien Saint-Aubin, vicaire à
Beauharnois. (Val.).
M. F.-X. Tisseur, curé du Côteau-du-
Lac. (Val.).
M. H.-U. Tremblay, a.c, retiré. (Val.).
R. P. N. Vaillancourt, C.S.V., du Collège
Bourget. (Val.).
M. Emile Véronneau, en repos. (Val.).
M. Gérasime Bonnier, diacre, du collège
de Valleyfield.
M. David Mailloux, diacre, du collège
de Valleyfield.
Et plusieurs religieux au nombre des-
quels on remarquait le Rév. Fr. P. Croise-
tière, C.S.V., Directeur de l'Académie Saint-
Clément à Beauharnois, et le Rév. Fr.
Marois, C.S.V., Directeur de l'Académie
de Saint-Timothée.
Au Couvent
Noms des Sceurs présentes aux fêtes {Couvent des SS. NN. de Jésus-Marie.)
1. Mère Marie de Bon-Secours, supé-
rieure générale.
2. Mère Mechtilde du St-Sacrement,
dép. générale.
3. Mère Martin de l'Ascension, ex-
supérieure générale et supérieure provin-
ciale d'Ontario.
4. Mère Marie Jean Gualbert, supé-
rieure provinciale de Valleyfield.
5. Sœur Marie du St-Esprit.
6. Sœur Marie- NathaUe.
7. Sœur Marie-Alice.
8. Sœur Marie-Lucille.
9. Sœur Marie-Damien.
10. Sœur Marie-Eugénie.
11. Sœur Marie- Albertine, supérieure de
l'école de St-Léonard de Port-Maurice.
12. Sœur Marie-Célanie, supérieure de
l'école de St-Josaphat, Longueuil.
13. Sœur Marie-Placide, supérieure du
couvent de St-Chrysostôme.
14. Sœur Marie-Léonie, supérieure du
couvent du Mont-Royal.
15. Sœur Marie du St-Nom de Jésus,
supérieure du Couvent de Beauharnois.
16. Sœur Marie-Laurent-Justinien.
17. Sœur Marie-Albine, supérieure du
couvent de St-Timothée.
304
Centenaire de Beauharnois
18. Sœur Marie-Eulalie, supérieure du
couventde St-Louis-de-Gonzague.
19. Sœur Marie-Eucher.
20. Sœur Marie- Valentine, supérieure du
couvent de Valleyfield.
21. Sœur Marie-Epiphane.
22. Sœur Marie-Tarcisius.
23. Sœur Marie-Maximilienne.
24. Sœur Marie-Symphorien.
25. Sœur Marie-Félix, supérieure de St-
Médard (Coteau Station).
26. Sœur Marie-Paul de Ste-Marie, su-
périeure de St-Clément de Maisonneuve.
27. Sœur Marie-Paul de Nicée.
28. Sœur Marie-Stanislas.
29. Sœur Marie-Norbert, supérieure de
l'École Chartierville.
30. Sœur Marie-Jeanne-Françoise, supé-
rieure de l'Ëcole des SS. AA.
31. Sœur Marie-Madeleine du Calvaire.
32. Sœur Marie des Séraphins.
33. Sœur Marie Aladius.
34. Sœur Marie-Joseph de Cupertino.
35. Sœur Marie- Antoine- Alphonse.
Sœur Marie de Jérusalem.
Sœur Marie-Joseph.
Sœur Marie-Françoise du St-Sacre-
36.
37.
38.
ment
39.
40.
41.
42.
Sœur Jean-Cassien.
Sœur Aimée de Jésus.
Sœur ApoUonie.
Sœur Paule.
43. Sœur Thérèse de St- Augustin.
44. Sœur Vincent-Ferrier.
45. Sœur Véronique du Calvaire.
46. Sœur Célina.
47. Sœur Philomène de Rome.
48. Sœur Théodule de Rome.
49. Sœur Thérèse de Notre-Dame.
50. Sœur Floriana.
51. Sœur Louise-Emilie.
52. Sœur Pierre de Sienne.
53. Sœur Pierre Eucher.
54. Sœur Georges de Palestine.
55. Sœur Paul de Jésus.
56. Sœur Marie-Clément.
57. Sœur Marie-Césarie.
58. Sœur Marie-Césarine.
59. Sœur Marie-Rébecca.
60. Sœur Marie-Biaise.
61. Sœur Marie-Julien.
62. Sœur Marie-Annette.
63. Sœur Marie-Amabilis.
64. Sœur Marie-Constant.
65. Sœur Marie-Adelinde.
66. Sœur Marie-Philorome.
Hospice
Mère Piché, Supérieure générale.
Mère Dionne, assistante générale.
Mère Letellier, Supérieure provinciale.
Sœur Dubord, Supérieure de l'Hospioe
St- Joseph.
Sœur Desmarais, ex-Supérieure de l'Hos-
pice St- Joseph.
Sœur St-Donat, ex-supérieure de l'Hos-
pice St-Joseph.
Sœur Pommin ville.
Sœur Charron.
Sœur Sauvage.
Sœur Lefrançois.
Sœur Faubert.
Sœur de Labossière.
Sœur Léger.
Sœur Dupont.
Sœur Boileau.
Sœur St-Aglaé.
Sœur M.-Ange Paré.
Sœur M. Denis.
Sœur V. DeUsle.
Sœur Limoges.
Sœur Cardinal.
Sœur Elphège.
Sœur Fougère.
Sœur Larose.
Appendice
305
APPENDICE
(Voir p. 266).
ADRESSE DES ORPHELINS DE L'HOSPICE,
le 15 juin 1920.
Révérendissimes Seigneurs,
Messieurs les Curés,
Bons Pères,
Mesdames et Messieurs,
Benjamins de la grande famille paroissiale,
nous osons faire humble et faible écho aux
hymnes d'honneur qui vibrent depuis quelque
temps en ce lieu: ne dit-on pas que la louange
des petits est agréable à Dieu? Et puis, nous
tenons beaucoup à vous exprimer, avec res-
pect et confiance, combien nous apprécions
la condescendance bienveillante dont vous
nous favorisez par votre honorable présence.
Nos voix, et surtout nos cœurs, ont essayé
de chanter leur note de joyeuse gratitude pour
les grâces du ciel sur cette paroisse, pour le
saint zèle des dix premiers et dévoués prêtres
qui l'ont administrée: administration intel-
ligente qui se continue aujourd'hui, la preuve
en est publique.
Nous avons à cœur de faire honneur et
plaisir à ceux qui nous instruisent et pro-
tègent, et naïvement nou^ croyons qus vos
sourires bons et indulgents applaudissent
à nos faibles efforts.
Gloire à Dieu! Bonheur à vos Grandeurs,
Messeigneurs, à vous Révérends Pères et
Messieurs les Curés! Bonheur à tous! Pros-
périté à Saint-Clément de Beauharnois!
Daigne , Révérendissimes Seigneurs, sanc-
tionner ces vœux d'une spéciale bénédiction.
Les Orphelins de l'Hospice
Saint-Joseph.
Beauharnois, le 15 juin 1920.
Table alphabétique
307
Table alphabétique des noms de personnes
A.
AUard, Alphonse 141
Allard, Charles 9, 20
AUard, Joseph 60
Allard, (l'Hon.) 201
Allard, Marguerite 106
Allard, Mgr J.-C. 130, 248, 263, 299
Allard, Octave 93, 141
Allard, W 217
Allard, Wilfrid 197
Allary, Michel 176, 177, 178
Anderson, Alex 184
Andersen, Eév. J. D 133, 134
André, Emile (curé) 300
Arehambault, (capitaine) .... 175
Archambault, Chas, 20, 99, 158, 171,
174, 226
Archambault, l 'abbé Urgel .... 41
Archambault, M 32
Archambault, J. G. (Ptre.) 81
Archambault, P. S. (Ptre.) 81
Arpin, Joseph 109
Aubin (chanoine J.-E.), 254, 263, 299
Auclair, E.-J. (l 'abbé) 229
Auclair, Irénée 109
Audet, F. J in
Augée, Louis 9
Auge, Pierre 9, 10
Aylmer, Lord 21, 137
B.
Baillard, Joseph 9
Baillargeon, Sophie Bella 61
Baker, Nahum, 226
Baker, L. R 85, 103, 109, 149
150170,173,178,183,188,190, 208
Baker, W. A 169, 170, 230
Banville, Philomène 106
Barrette, Augustin 19
Barrette, Sophie 60
Barthélémy, Louis 9
Baudrault, N 150
Baudry, Chambord 226
Baunier, Antoine 69
Bayard, François-Xavier 62
Bazinet, Augustin 62
Bazinet, F. C. .. 94, 172, 173, 178,
189, 218
Beauchamp, J. B 41
Beauchamp, Bosario 254
Beaudin, Alfred 208
Beaudoin, Frs 20
Beaudry, G.-A 218
Beaudry, Louis, 163, 164, 218
Beaudry, Malvina 58
Beaudry, Pierre-Jan vier-Ubald. . 164,
173
Beauvais, M 194
Becket, William 208
Beffre, T 215
Béïque, Jos. Flavien 187
Béïque, l 'hon. F. L 161
Béïque, Mlle Eva 71
Belaige (avocat) 169
Belair, Pierre 19
Bélanger, (M. le juge L.) . . 85 113
164, 276
Bélanger, Mgr J. A 263, 299
Bélanger, P 149
Béliveau, M 122
Bell, W 92
Bellefleur, J. C 71
Bénard, Toussaint 104
Bennett, J 172
Bennett, Eév. T 133
Bérard, Gaspard 42
Bérard, Philippe 41
Bergeron, Grégoire 21, 22, 70 80
Bergeron, J. M 19, 21
Bergeron, Jos 19
Bergeron, M. P. (J. 6. H.), 113, 161
Bergevin XVI
Bergevin, Achille. . 85, 161, 217, 234,
236, 254, 264, 287, 288
Bergevin, Adrien 254
Bergevin, Célestin 85, 138, 161
Bergevin, Charles 20, 141
Bergevin, Delphis 152, 187
Bergevin, Frs 10
Bergevin, Grégoire 172
Bergevin, Honoré 61
Bergevin, Jean, Jr 9
Bergevin, Louis 62
Bergevin, Marie 62
Bergevin, Mme A 264
Bergevin, Olivier 103
Bergevin, Pierre 9, 10, 171
Berlinguette, Amable 105
Bertrand, L. A.. . 54, 70, 71, 83, 103,
138
Bertrand (M. l'abbé Augustin) 45
Bertrand, Télesphore. . 54, 58, 69,
126, 141
Bigras, Mlle IV
Billet, Eémy 141
Birtz, E 187
Bisaillon, Jacques 194
Bisaillon, Louis 173, 178
Bisson, Albina 71
Bisson, Alexis E 218
Bisson, Elle Hercule, XVI, 59, 60,
103, 113, 149, 150, 161, 164, 218
Bissonnet, Malvina 59
Bissonnette (Abbé G.) 244, 300
Blondin, Abbé Léonide 8 49
Blondin, E. N 181
Blondin, Jean-Bte 51, 58
Blondin, Louis 49
Blondin, M. L 47
Blyth, E. (Ptre.) 81
Bocage, Ls 149
Bogue, Henry ..70, 80, 138, 183, 208
Boissonneault, Fra 142
Boissonneault, Louis (curé) .... 300
Bond, W. B 134
Bonhomme, J.-B.. . 10, 70, 80, 150,
152, 173, 217
Bonhomme, Jeanne 114
Bonnier, Damase 141
Bonnier, Jean-Baptiste .... 53, 225
Bonnier, Joseph Antoine Géra-
sime 53, 303
Booth, Thomas D 187
Borrel (M. l'Abbé Louis-Ma-
rie) 45, 300
Boucher, Anthime (curé) 300
Bouchette, Joseph, XII, 179, 189, 194
Boudreault, Firmin 9
Boudreault, M 125
Boudria, Sophie 54
Bougie, Chas 10, 19, 21, 95
Bougie, Frs 19
Bougie, Jacques 9, 19
Bougie, Jacques Sr 9
Bougie, J.-B. 19
Bougie, Jérémie.. 69, 103, 141, 233
Bougis, Louis 9, 10
Bougis, Pierre 9
Bougy, Jacques, Jr 9
Bourassa, A. J 173
Bourassa, J. B 38
Bourassa (M. l 'abbé) 271
Bourassa, P 33
Bourbonnais, Amable 64
Bourbonnais, Désiré 176, 178
Bourbonnais, Frs 10
Bourbonnais, Jacques 9, 10
Bourbonnais, Joseph 64
Bourbonnais, J. N. (curé) 300
Bouroier, Adèle 61
Bourcier, Joséphine 63
Bourdignon, Michel 9
Bourdon, Am 10
Bourdon, Célina 50
Bourdon, Charles 9, 171
Bourdon, Geoffroy 20
Bourdon, J.-Bte 20
Bourdon, Léon 10, 20
Bourdon, W... 53, 103, 147, 150, 208
Bourdon, Mme W 215
Bourget, Mgr I., 7, 10, 20, 21, 22, 28,
31, 32, 72, 79, 80, 82, 114, 126, 170,
246, 268.
Bourget (l'abbé Jean-Baptiste). 72
Bourget, (l'abbé P.).. 237, 244, 299
Bourget, Eévérend Messire, 11, 12,
24, 42
Bourgie, A 215
Bourgie, Em 123
Bourgie, H 151, 152
Bourgie, P 217
Bourgie, Ph 208
Boursier, Basile 60
Boursier dit Lavigne, Bose-de-
Lima 50
Boursier, Etienne 60
Boursier, Marie 49, 51, 61
Boursier, P 171
Bouthillier, Flavien Guillaume. 152
308
Table alphabétique
Boyé, Dme Vve Antoine 9
Boyé, Joseph 9
Boyd, Eév. J. M 133
Boyer, A 233
Boyer, Angélique 46, 57
Boyer, Ant.. .• 6, 7, 9, 19, 64, 69 107,
142
Boyer, Catherine 57
Boyer, Célestin.. 51, 62, 70, 80, 172
Boyer, Charles. . 54, 69, 93, 103, 141
Boyer, Emélie 114
Boyer, Eug 254
Boyer, Eusèbe 93, 151
Boyer, H 103, 141, 225
Boyer, J.-Bte 69, 103, 105, 233
Boyer, Joseph 93. 141
Boyer, Jules 141
Boyer, Michel 151
Boyer, Moïse 62, 150
Boyer, Nicolas, 21, 70, 80
Boyer, Pascal 64
Boyer Philistin, 20
Boyer, Pierre 10, 272
Boyer, Bose-Anna 106
Boyer, Télesphore 141
Boyer, Trefflé 93
Boyer, Zéphirin 187
Bradgley (Hon. Juge) 163
Brais, Joseph 187
Branchaud, Arthur 215
Branehaud, Athanase. . 169, 184, 217
Branchaud, C. H 215
Branchand, Chs 9
Branchaud, Franc... 9, 10, 69, 76,
80, 81, 89, 94, 143, 168
Branchand, J. B... 9, 19, 20, 79, 80,
99, 226
Branchaud, Jos 20
Branchaud (les entrepreneurs), 81, 89
Branchaud, Moïse.. 70, 83, 164, 168,
169, 184, 215
Brault, Bénoni 105
Brault, Hercule 63
Brault, Julie 59
Brazeau, Florida 106
Brazeau, Louis 69, 93, 141
Brazeau, P 154
Brien (Dr) 176, 177
Brière, L 217
Brière, Omer 141
Brisebois, David 93
Brock, Georges 141
Brodeur, Solyme A III, 164
Brossoit, Alfred 225
Brossoit, Amable 9
Brossoit, Augustin 20, 21
Brossoit, J.. . 19, 58, 81, 143, 172, 218
Brossoit, Michel.. 10, 20, 21, 70, 80
Brossoit, Numa 168, 169
Brossoit, Thomas. . 94, 103, 150, 152,
168, 169, 217, 218
Brouillet, Anna 53
Brown, C 173
Brown, James 175
Brown, L. G XV, 99, 142, 163,
172, 176, 193
Browning (agent seigneurial) XV
Bruchési, Mgr 130
Bruguier, Eévérend Messire, 6, 9, 24,
270
Brunault, Mgr H 235
Brunel, Jacques 23
Brunelle, Sophranie 62
Brunet, Alexis 60
Brunet, Alfred 208
Brunet, Luc 149
Brunet, P 33
Brunette, Narcisse 141
Bruyère, Capt 174
Bryson 176
Brysou, John 226
Buntin, Alex 184
Bureau, J. O XV
Burke, M 22
0.
Cadieux, Antoine 60
Cadieux, J 173
Cadieux, J. B 173, 218
Caisse, F. X. (abbé) 22, 38
Cam, l 'ingénieur 153
Campbell, capitaine 177
Campeau, Augustin' 64
Campion, Micheal 141
Camyré, J.-N 217
Cantwell, Herbert 126
Carignan, J.-0 233
Carmichael, Colonel 177
Caron, Marie 106
Caron, Victoire 62
Carrière, Augustin (curé) 300
Carrière, Valérien (abbé) 300
Carron, Jean Zéphirin (curé), 28, 29,
38, 41, 80, 81, 94, 134, 246
Cartier, A 211
Cartier, Dr 225
Cartier, J.-A 217
Cartier, Jacques V
Cartier, Sir 6. E 161
Cartier, Michel VIII
Gasev Mlle IV
Cassidy, John L.. . 143, 190, 208, 215
Cassidy (M. l'avocat) 168
Caverhill, 6 215
Caverhill, John 143
Caverhill, T 190, 208
Caylay, Henri 225
Caylay, Michel.. 30, 94, 130, 158
161, 168
Céeyre, Evélina 53, 62
Chaboillez, L., N.P VIII, 6
Châles, Jean-Baptiste 58
Challier, Jos 172
Champeau, Chs T. Jr 143
Champeau, Toussaint 142, 172
Champoux, C. (Ptre) 81
Chapleau, Sir J. A XIX
Chaput, M 30, 37
Chaput, E. (curé) 263, 299
Chardron, Félix 149
Charest, Isaïe 211, 215
Charest, Paul 113, 123
Charette, Cora 106
Charland, (curé).. 22, 29, 30, 31, 32,
81, 82, 85, 91, 94, 103, 107, 114,
121, 123, 124, 125, 130, 158, 159,
172, 246, 250, 271, 291
Charland, Isidore 30
Charland, Joseph 59
Charlebois, Aldéa 106
Charlebois, Ant 10
Charlebois, Arsène 141
Charlebois, Damase 69
Charlebois, J. B... 69, 108, 141, 175
Charlebois, Joseph 85
Charlebois, Marie-Louise 59
Charlebois, Omer 141
Charlebois, Osias 141
Chasles, Angélique 53, 58
Châtigny, Charles 9
Châtigny, Joseph 9
Châtillon (l'abbé Pierre) 41
Châtillon, divine 53
Chaumont, J.-C 263, 300
Cherrier (Mgr A. A.) 109
Chèvrefils 149, 177
Chèvremont, Mtre VII
Chiniquy, P 130
Clairoux (Chanoine).. 244, 254, 300
Clark, Sir Alured 157
Clément, Amable . 45
Clément, Arthur 188
Clément, Jean-Bte 25
Clément, Jos 20
Clément (l'abbé Venceslas) . . 45, 47
Clément, Léon 20
Clément, Eévérend Messire Pier-
re, 12, 13, 17, 18, 25, 77, 78, 89,
91, 246, 271
Cliché, Claire 61
Cliff, William ^. . . 193
Clitherow (le major) T. . . 177
Cloutier, L. P 217
Colborne 177
Colonnier, Jean 264
Colreigh, Eobert 141
Colville, Eden XIII, 158
Contant, Albert 71, 129
Contant, Cyr.. . 82, 125, 143, 149, 189
Contant (l'abbé Edouard), 42, 300
Contant, Stanislas 61
Content, Alphonse 92
Cook, Joseph 188
Côté, A 225
Côté, Eugène 60
Côté, Moïse 58
Cotrez, Pr 9
Cotua, Pierre 10
Couillard, D 69
Couillard, Délima 106
Couillard, Edouard 169
Couillard, Florida 106
Couillard, Françoise 12
Couillard, J.-B 168
Couillard, Jacques 58
Couillard, Joachim 106
Couillard, Jos 19
Couillard, Octavie 106
Couillard, Suphrénie 54
Courtney, H. C 233
Cousigny, Charles 9
Cousineau (chanoine L.) . . 254, 263,
300
Cousineau, Hedwidge 61
Cousineau, Mgr J. H 263, 299
Coûtant, Pierre 9
Cowan, Francis 134
Craite, Nicolas 20
Crevier, C 215
Crops, William 141, 143
Cross & Park 208
Crowny, Mary 60
Cusson, V 167
Cuvillier, Augustin 157
Cuvillon, J. M 10
Cyr 149
Table alphabétique
309
Dagenais, Ab 105
Dagenais, Anna 106
Dagenais, Donat 103,233
Dagenais, Isaïe 151, 233,241
Dagenais, Pierre 149
Dagenais, T 215
Daigle, A IV
Daignault, Adélaïde 58
Daignault, Archange 114
Daignault, Françoise 61
Daignault, Joach 20
Daignault, Joseph 64, 172, 215
Daignault, Olivine 63
Daignault, Paul 20, 57
Daignault, Robert 254
Daignault, Victoire 62
Daigneau, Antoine 9, 10
Daigneau, Joseph .... 9, 10, 20, 99
Daigneau, Rosanne 106
Daigneault, Antoine 70, 89
Daigneault, Chs 20
Daigneault, F. X 69
Daigneault, G.-H 122,123
Daigneault, L.-J ; 122, 123
Daigneault (l 'abbé Joseph-Ca-
mille) 41
Daigneault, Ls 187
Daigneault, M 71
Daigneault, Marie 53
Daigneault, Robert 113
Daigray, Pierre 9
D'Allainville, Sieur VIII
Daly 174
Daly, D 21
D 'Amour, J. Bte 164
Dandurand, Augustin 20
Dandurand, Christophe 172
Dandurand, Françoise 54
Dandurand, Frs Marg., 19, 21, 64, 172
Dandurand, Jos 20
Dandurand, Toussaint 141
Danjou, Jos 69
Dansereau, E 225
Daoust, Adèle 114
Daoust, Augustin 64
D 'Aoust, C. R 226
Daoust, Casimir 69, 70, 80
D 'Aoust, Chs .. 10, 20, 54, 64, 99,
158, 161, 168, 169, 171
Daoust, Elmire 58, 61
Daoust, Elzéar 53
Daoust, Etienne 54
Daoust, Euphrasine 63
Daoust, Frs 10, 20, 64, 80, 141
Daoust, Gabriel 19, 64
Daoust, Jos., 19, 62, 64, 69, 103, 183
Daoust (l'architecte) 85, 86
Daoust, Octave 103, 173
Daoust, Ovila 69, 141
Daoust, Pierre 64, 150
Darling 82
D 'Arpentigny Guillaume 20
D 'Arpentigûy, Joach 10
Darpentigny, Joseph 9
Darche, Marie-Anne 30
D 'Aut, Augustin 9
D 'Aut, Charles 9
David, Athanase (l 'hon.) 234
David, J 85
Dazé, Catherine 53
De Beauharnois, Charles (mar-
quis) VI, vn
De Beauharnois, Claude . . VI, VII
De Beauharnois, F. . . VI, VII, VIII
De Blanzy, (notaire) VIII
De Boucherville, C. B., Hon. . . 34
De Boucherville, Colonel 171
De Boucherville, P. B 172, 225
De Boucherville Eoy, I. C 226
Déguire, J. Bte 24
Déguire (M. l'abbé) 237, 270
Déguire, Révérend Messire .... 9
Dejerlay, John VIII
De Laplante, A 233
Delisle, J. (l 'abbé) 233, 237
Delisle, J 103, 113, 150
Delisle (l'abbé Octave), 45 241, 271,
300
Delisle, M. A 43
De Lorimier, Guillaume 157
De Lorimier (le chevalier) .... 176
De Lorimier, J. C 178
De Lorimier, James . . 62, 173, 177
De Lotbinière, G. E VIII
De Martigny, A 187
De Martigny, CL 225
De Martigny, Chas 149
De Martigny, V. A. L., 108, 130, 167
Demers (Institutrice) 100
Demers, Louis 9, 171
Denault, Constant 9
Denault, Mgr 7, 9, 246
Denault, Bellarmin 71
Denault, Elodie • 53
Denis, Paul 158, 168, 169
De Rocheblave, Pierre 137
Dérôme, J. A. (curé) 300
De Salaberry, Louis 157
De Salaberry (major) 174
Descarries (l 'abbe Louis-Théo-
phile) 42, 85
Descarrie (M. le chanoine), 42, 263
300
Deschambault (colonel).. 174, 175
Deschamps (chanoine), 244, 254, 300
Deschamps, Joseph 9, 21, 215
Deschamps, M 9
Doschamps, Mère 124
Deschamps, Michel 9, 10, 20
Deschènes, Jos. Miville 187
Descôtes, J. B 10
Desgrais, Jos 10
Desgrais, P 10
Desgroseillers, Frs 20
Desgroseillers, M. le Dr, 103, 225,233
Desjardins, J. 8 157
Deslauriers, Jos., 103, 150, 164, 173,
178
Deslauriers, Jos. . . 103, 150, 164, 173
178
Deslauriers, Narcisse . . 69, 103, 131,
150, 151
Deslauriers, Philippe 84
Desmarais, Eug. (Ptre), 31, 113, 271
Desparois, Anna 63
Després, Joseph 19
Després, Pierre 19
Desrochers, J. A 184
Desrosiers, Olivier 150
De Witt, Jacob 158, 184
Dickner, Ernest 53,215
Dickner, Marie- Anne 106
Dickson, James 150
Dickson, John 188
Dionne, (Mère) 125
Dolan (l'abbé William) 41
Donaldson, William 193
Dorais, Frs 10
Dorais, Gérard 254
Dorais, Louis 7
Dorais, Mgr. . 244, 248, 254, 263, 299
Dorais, Stan 103, 150,. 151
Dorais, W ,... 122, 123
Doray, François 9
Dorion, Henri 188, 189
Doray, Joseph 9
Doray, Louis 9
D'Os, Chs 9
Doughty, M IV
Doutre, A 183
Doutre, J.-Bte 141, 169
Doutre, Joseph 141, 169
Doutre, Léon 168
Doutre, M 193
Doyon, F 123
Doyon, Flor 122
Droz, Gustave 284
Drapeau (l 'entrepreneur) 82
Drummond (lieutenant-général). 175
Dubreuil, Justine 61
Dubue, Blanche Yvonne 106
Dubuc, Délima 62
Dubuc, Mgr A. P 235
Dubuc, Mgr L. A 263, 299
Dubuc, Sir Joseph 109
Ducharme, G. N. 201
Ducharme (Institutrice) 100
Ducharme, Odylle 106
Duchesnay, Louis Juchereau . . . 174
Dufort, C. S. V. (L) 113
Dufresne, M 77, 153
Duf resne, Nicolas 24, 270
Dugas, A. C.(curé), 244, 253, 263, 300
Duhamel, Joseph 60
Duhamel, Mgr 49
Dumas, Michel 105
Dumouchel, Ls 20, 176, 177
Dumouchel, L. N 149
Dumouchelle, Jos 176, 177
Duncan, Geo. B 143, 184
Dunkin (Hon. Juge) 164
Dunscorab, John Ulm 158
Dupont, Jos 20
Dupras, Louis 49
Dupras, M. l 'abbé Aimé 49
Dupras, R. P. Réginald Zenon,
O. P 49
Dupuis (Abbé) 244, 300
Dupuis, Apolline 106
Dupuis, C.-0 217
Dupuis et Cartier 215
Dupuis, F.-X 169
Duquette, A 219, 225, 233
Duquette, Antoine 103, 138
Duquette, Elmire 59
Duquette, N 215
Duquette, 0 215
Duranceau, P. C 94, 103, 149,
164, 168
Durocher, C. 8. V. (CE.) 113
Durocher, Marie-Bose 121
Dussault, J. E 69, 233
310
Table alphabétique
E.
Ellice, Alex VIII, XI, 75
Ellice, T. Hon. Edouard, XI, XH, 133
Ellice, Edward (Jr), Xn, XV, 176
Ellice, Georges XI
Ellice, Madame XI, 28, 176
Ellice, E XI, 215
Ellice, Seigneurs XII, 124, 132,
133, 142, 143, 154, 193, 194
EUiott, George 141
Elliott, J.-K 151, 168, 226
EUiott, Thomas 198
Emard, Antonio 113
Emard, Mgr J. M.. . I, 7, 49, 50, 53,
113, 121, 125, 129, 131, 236, 240,
245, 246, 248, 251, 254, 263, 264,
266, 268, 269, 285, 299.
Emard, Mme A 215
Emard, J.-E 123
Emard, Jos 150
P.
Fabre, Mgr E. C. . 7, 33, 34, 37, 84,
121, 129, 246, 268
Fabre, Surveyer, Juge E 218
Faubert, Alexis 141
Faubert, Damase 62
Faubert, Edwidge 53
Faubert, Etienne 9
Faubert, Ferd. 233
Faubert, Frs 9
Faubert, Jean-Bte 9
Faubert & Morrisseau 215
Faubert, F 154
Faubert, Joachim 9, 20
Faubert, Jos 173
Faubert, Marie-Bibiane 53
Faubert, Mlle R 215
Faubert, Siméon 71
Fichault, Joseph 103, 141
Filgate ("capitaine) : . 184
Fiset, P. 33
Fisher '. . 141
Fison, P 20
Fitzgerald (l'abbé Guillaume). 41
Fleming, C 218
Fleury-Groulx, l'abbé Antoine.. 38
Forbes, Mgr S. G 235
Forest, A 123
Forest (l 'abbé Joseph) 42
Forsyth, John 75
Fortier, J 147, 215
Fortin, Alésire 105
Fortin, Clara 71
Fortin, Cyprien. . 71, 93, 103, 113,
122, 150, 152, 188, 189, 198
Fortin, L 225
Fortin (l 'abbé Pierre) 41
Fortin, Mlle E 71
Fortin, Tancrède, C.E.. . 167, 169, 223
233, 234, 236, 266, 287
Fortune, Annie 106
Fournier, Camille 121
Fournier, Hégésippe 71
Fournier, J 141
Fournier, Paul 10, 20
Frappier, Arthur 234
Frédéric, B. P 131
Frenette, Marie-Louise 61
Fr. AdalbertuB 108
Fr. Albran 108
Fr. Amulwyn 108
Fr. Aubin, A 110
Fr. Bacon, A 110
Fr. Beauchemin, G 110
Fr. Beaudoin, A 110
Fr. Beauregard, A 110
Fr. Beauregard, E 110
Fr. Bélair, J.-E 109, 110
Fr. Bernier, 0 110
Fr. Bertrand, Louis 54
Fr. Bessette, J. E 110
Fr. Biron, F. X 110
Fr. Blain, A 110
Fr. Bonin, Ménard 54
Fr. Boucher, David 54
Fr. Bourdon, Eaflil 53
Fr. Bourget, G 110
Fr. Breton, V 110
Fr. Brodeur, Edmond 110
Fr. Catulius 108
Fr. Charette, D 110
Fr. Chenette, Z 110
Fr. Coderre, W 110
Fr. Coulombe, H 110
Fr. Coulombe, J 110
Fr. Coulombe, E 110
Fr. Coutu, Z 110
Fr. Croisetière, P, 110, 233, 303
Fr. Daigneault, P 110
Fr. D ' Aoust, Arthur 53
Fr. Daoust, Léopold 54
Fr. Degrandpré, 0 110
Fr. de la Salle, J. M 110
Fr. Delisle, H 110
Fr. Delisle, Ad 110
Fr. Denis, W 110
Fr. Descôtes, J. A 109, 110
Fr. Desjardins, N 110
Fr. Desehênes, F 110
Fr. Desrosiers, A 110
Fr. Dionne, J 110
Fr. Dickner, P 53
Fr. Ducharme, L 110
Fr. Dufort, L. B 110, 113
Fr. Dutil, H 110
Fr. Ethier, A 110
Fr. Ethier, J 110
Fr. Fafard, J 110
Fr. Faucher, U 110
Fr. Faireau, J 110
Fr. Fernet, T 110
Fr. Fournier, Z 110
Fr. François de Sales 108
Fr. Gagné, 0 110
Fr. Gareau, B 110
Fr. Gariépy, E 53
Fr. Gascon, W 110
Fr. Gauthier, H 110
Fr. Gélasien 108
Fr. Généreux, A 110
Fr. Geoffroy, E 110
Fr. Girard, J 110
Fr. Goyet, Jos 110
Fr. Gravel, L 110
Fr. Gravel, T 110
Fr. Grondin, 0 110
Fr. Guévremont, V 110
Fr. Hieron^rmus 108
Fr. Hiérôm 108
Fr. Hosia 108
Fr. Houle, A 110
Fr. Jacques, A 110
Fr. Jalbert, 0 110
Fr. John 108
Fr. Ladouceur, J 110
Fr. Laferrière, L 110
Fr. Lafleur, A 110
Fr. Langlois, H 110
Fr. Laporte, J. B 110
Fr. Larose, J. A 110
Fr. Latour, H 110
Fr. Laurendeau 110
Fr. Lauzon, J. B 110
Fr. Lavoie, N 110
Fr. LeBel, P. A 110
Fr. Lebrun, T 110
Fr. Leduc, Joseph-Clovis 53
Fr. Lefebvre, Z 110
Fr. Lefebvre, L. J 53
Fr. Lorrain, J 110
' Fr. Lussier, A 110
Fr. Lussier, J.-B 110
Fr. Lussier, N 110
Fr. Lussier, 0 53
Fr. Maheu, J. Z 53
Fr. Manès, Irénée 54
Fr. Marois 303
Fr. Marr, J 110
Fr. Martel, P 110
Fr. Martin 108
Fr. Maximilien
Fr. Maximinian 54
Fr. Maximinus 54
Fr. Morin, E 110
Fr. Morrisseau, Normand .... 53
Fr. Nadeau, V 110
Fr. Paquette, G 110
Fr. Paquet, A 110
Fr. Paré, A 110
Fr. Pelletier, Z 110
Fr. Perreault, L 110
Fr. Piette, Z 110
Fr. Pineault, G 110
Fr. Pineault, T 110
Fr. Poirier, H 110
Fr. Poupart, A 110
Fr. Primeau, 0 110
Fr. Eaymond, J.-C 109, 110
Fr. Eichard, A.-D 110
Fr. Eichard, J 109, 110
Fr. Eichard, N 110
Fr. Eobert, H 110
Fr. Eobillard, J 110
Fr. Bousseau, E 110
Fr. Eoy, Ad 110
Fr. Eoy, C 110
Fr. Eoy, H 110
Fr. Eoy, J.-A 110
Fr. Eoy, P 110
Fr. Eoyer, T 110
Fr. Salutian 108
Fr. St. Jacques, A 110
Fr. Stephen 108
Fr. Tardif, T 110
Fr. Théoret, P 53
Fr. Viau, A 110
Fr. Vincent, V 110
Fr. Viger, L.-M.J 110
Table alphabétique
311
o.
Gaboury, E. A 187
Gadbois, G.-H 173
Gadoury (l'abbé Jos.-Edouard). 62
Gagné, Louis 69, 103, 141
Gagné, L. Ovide 69, 93, 141
Gagnier, L. A. (curé) 300
Gagnon, Marie Anne 27
Gagnon 178
Gagnon, Jérémie (l 'abbé) 300
Gaigner, François 9
Galipeau, Bazil 9
Garand, Blanche 106
Garand, Isaïe 69, 141
Garand, M 218
Gareau, Marcelline 59
Gariépy, Antoine 215, 217
Gariépy, Chas 123
Gariépy, Désiré 59, 151
Gariépy, Ed 123
Gariépy, Eugène 123
Gariépy, Flavie 50
Gariépy, Médard 71
Gariépy, Nazaire 53
Gariépy, Siméon 149
Gasparri (S. E. le cardinal) ... 266
Gaucher, notaire 218
Gauthier (M. l'abbé Joseph-
Exéas), m, 45, 231, 236, 272, 287,
291, 300
Gauthier (M. l'architecte) 85
Gauthier, Mgr. G. H 235
Gauthier, Pierre 141
Gauvreau, Clovis . 10
Gendron, Arthur 141
Gendron, Cha 19
Gendron, D 233
Gendron, E 123, 215
Gendron, F. Jos 20
Gendron, François 9
Gendron, Gaston 254
Gendron, Henri 103, 141
Gendron, Jacques 9
Gendron, J. B., fils 19
Gendron, J. B., 9, 10, 20, 21, 69, 71,
92, 103
Gendron, Jérémie 69, 141
Gendron, J. M 9
Gendron, Joach 19, 93
Gendron, Joseph 10, 69, 143, 233, 241
Gendron, L. 8 9
Gendron, Louis 9, 22
Gendron, Michel 69, 141
Gendron, Narcisse-Alphonse . . . 155
Gendron, 0 215
Gendron, Octavie 106
Gendron, Paul, 9, 10, 69, 70, 89, 90
103, 141, 143
Gendron, Pierre 9, 57, 143, 149
Gendron, Dr 20
Gendron, Thomas 9
Geoffroy (l'abbé François- Xa-
vier) 41
Gernon, J. H 149
Gervais, Adrien ; . 254
Gervais, J. B 10, 19
Gervais, Louis 95, 218
Gervais, Orphir 113
Gervais, René 113
Gervais, Z 215
Gibeau, Alexis 141
Gigoux, Jean-F 71, 96
Giguère, M. Antoine 22
Ginestet, Jean 70, 99
Gingras, 8y 103, 150
Girouard, H. L. (Ptre) . . 81
Giroux, Jos 19
Giroux, Phil 173
Giroux, Philomène 61
Giroux, Pierre 149, 172, 198, 208
Giroux & Oie 208
Gobert, Joach 10
Godfrey, Thomas 187
Godin, F.-X 151, 152
Godin, Herménégilde 105
Goyette, Jacques 20
Concourt, Jos 9
Goodfellow, D. K 151
Gorman, Timothy 141
Gosselin, Alexina 53
Gougeon, E 123
Gougeon, Lionel 151, 152
Gouin, Sir Lomer 162
Goyette, Adélard 105
Goyette, Alphonse 50, 150
Goyette, Arth 69, 103, 141, 300
Goyette, Côme 151
Goyette, Delphis 173
Goyette et Marcil 208
Goyette, Ferdinand 69, 138, 141
Goyette, Jacques. 10, 90, 99, 176, 177
Goyette, Jos 63, 69, 141, 176
Goyette, Juge H. A 109, 169
Govette, M. l'abbé Arthur.. 50, 129
Goyette, N 109
Govette, Narcisse 69
Goyette, 0 169, 170
Goyette, W. (l 'abbé) 300
Graham, John 141
Grandbois, Alex 20
Grandbois, Paul F 20
Grand, C. W 171
Gratton, Alexandre (curé) .... 300
Gravel (l'abbé Louis-Napoléon
Alphonse) 42
Gravel, Mgr XIX, 120
Gravelle, Charles 71
Greenshields, N 167
Grenier, Félix 10
Grenier, Frs 9, 10
Grenier, J. Bte 149
Grenier (l 'abbé David) 46
Grenier, Marie 60
Groulx, A. (Ptre) 81
Groulx, Edmond 187
Groulx, J. B 69
Groulx (l 'abbé L. A.) 236
Groulx, M 22
Guigues, P. B. M. 1 33
Guimond, Cyrille.. 93, 103, 113, 149,
172, 178, 188, 198, 201
Guimond et Carignan 208
Guimond & Lapointe 190
Guimond, J. B 63
Guimond, Jos 151
Guimond, Justina 50
Guimond, J. L. E 103, 152
Guimond, L 218
Guimond, Mlle A 71
Guimond, 0 225
Guernon, Dr 225
Guy, Hon. juge 163
Guyon, Marguerite 60
Haig, Bév. Thomas 133
Hainault, Alfred 141, 155
Hainault, Arthur 103, 141
Hainault, Etienne 105, 171, 174
Haineau, Florida 106
Hainault, Jos 9, 10, 64, 94, 95
Hainault, J. Bte 141
Hainault, Louis. . m, 70, 83, 104,
105, 107, 138, 141, 164, 176, 178,
188, 218.
Hainault, Marguerite 57
Hainault, Pierre 141
Hains, Geo 217
Hall, Robert 141
Hamel, Cajétan 188
Hamilton, W 172
Handerson, James 126
Harbourg, Angélique 58
Hardy, l 'abbé Nazaire 41
Hardy, Nazaire 22
Harvey, E 215
Harvey, Maxime 71
Hawker, James 96, 97, 99
Hayle, Robert 226
Hébert, A 215
Hébert, Adrien 9, 10, 12, 20, 171
Hébert, Adrien 19
Hébert, Adrien, Jr 9
Hébert, Alexis 22, 53
Hébert, Amand 9, 10, 20
Hébert, André 9, 10
Hébert, Auguste.. 69, 141, 154, 183,
233
Hébert, Domina 141
Hébert, Félicité 54
Hébert, François. . 9, 12, 141, 154,
171, 226
Hébert, Geoffroy.. 10, 69, 141, 172
Hébert, Henri 126, 141, 154
Hébert, Ignace 9, 10
Hébert, Isidore 138, 141
Hébert, J.-B 10
Hébert, Jos 10, 20, 172
Hébert, Louis. . 7, 9, 10, 20, 141, 175
Hébert (M. l 'abbé Aimé) . . 53, 129,
248, 254, 300
Hébert (M, M. A.) 47
Hébert, Moïse 217
Hébert, Paul.. 5, 9, 10, 20, 64, 272
Hébert, Roger 150
Hébert, Wilfrid 141, 154
Hébert, Zoé 62
Hénault, Etienne 9, 10, 272
Hénault, François 9, 21
Hénault, Joseph, Sr 9
Hénault, Jos 20
Hénault, Michel 20
Hénault, N. P., Louis,.. 69, 80, 94
Hénault, On 69
Hénault, Pierre VII, 9, 64
Héneau, Hyac 10, 20
Héncau, Michel 10, 21
Henderson, Wm 143, 149, 208
Henry, Erme 157, 171
Héroux, Honorine 62
Héroux, M 71
Hervieux, Henri 225
Holmden, M IV
Holmes, W 197
Hould, Louis-J 164
312
Table alphabétique
Houle, O. (chanoine) 253, 300
Houle, Antoine 9, 95
Houle, Frs 20, 141
Houle, J. B 69
Hubert, Mgr 7, 246
Hudon, Hyacinthe 20
Huneau, Angélique 62
Huneau, F 70
Huneau, Jos 19
Huot, Alexandre 59, 62
Huot, B. (Mlle) 215
Huot, C 123
Huot, G 103, 150, 173, 225, 233
Huot, Marie- Anne 71
Huot, J 225, 226
Hurons ^
Hurteau, François 9
Hurtubise, Bachel 60
I.
Intemoscia (Mtre) 169
Iroquois ^
Ives & Cie, H. B 92
Jasmin (curé), 94, 109, 246, 250, 271
Jasmin, M. R. C 22, 31, 32, 38
Jeannot-Lachapelle (l'abbé Jean
Baptiste Edmond) 42
Jeannotte (l'abbé Fabien-Sébas-
tien) 38, 271
Jean-Marie (R.P.) 93
Joachim, Benjamin 71, 95
Johnson (Hon. Juge) 164
Johnston, Robert. . 142, 143, 198, 208
Joliette, Barthélémy 175
Joseph, 0 164, 169
Jourdain, Michel 9
Judah, Henry XII
Julien, H. (l'abbé) 300
Julien, J. Baptiste 70
Julien, Joseph 71
Julien, Louis 5, 9, 10, 141, 171
Julien, Ls, Jr 9
Julien, L. 8 9
Julien, Philippe 254
K.
Kemerer, J. G 150, 151, 197
Keith, James .... XVI. 124, 143, 184
Kelly, Brigid 59
Kenny, M 73
Kenny, M. . IV
Kerhulu et Oudiau 234, 264
Kilgour, J. W 150, 173, 194, 234
Kilgour (Manufacture) .... 134, 193
Kilgour, J. W & Bros., Ltd., 194, 195,
208
Kilgour, Wm 194
Knight, James 126
L.
Labelle, Albertine 106
Labelle, A. M 173
Labelle (curé).. 19, 26, 57, 78, 91,
95, 235, 246, 271
Labelle, Hedwidge 106
Labelle, M 149
Labelle, Marguerite 106
Laberge 177
Laberge, Augustin 83
Laberge, Charles 5, 6, 9, 10, 20
Laberge, Charles, Sr 9
Laberge, Délima 59
Laberge, Edouard 61
Laberge, Elzéar (l'abbé) 300
Laberge, Frs 20
Laberge, G 10, 175
Laberge, Guillaume 10, 20, 272
Laberge, Ignace 70, 80, 172
Laberge, Isaïe 141
Laberge, Israël 23
Laberge, Joseph 141
Laberge, Jules 225
Laberge, Julie 57
Laberge, Louis 69, 70, 80
Laberge, Michel 20
Laberge, Napoléon. . 58, 85, 103, 139,
141
Laberge, Philémon, 103, 109, 164, 225
Laberge, Pierre 57, 63, 85, 171
Laberge, Théodore 62
Laberge, Toussaint 10, 60
Labombarde, Michel 20
Labrecque, Louis 19
Lacerte (M. J. A.) 45
Lachapelle, Ernestine 61
Lachapelle (l 'abbé) 42
Lacoste, Sir A XXX
Lacroix, Célina 61
Lacroix, Joseph (capitaine) . . . 175
Lacroix, Paul-Joseph 137
Laf errière, Auastasie 57
La Perrière, C. S. V. (N.A) .... 113
Laf errière (l'abbé Joseph) .... 236
Lafleur, Aug 10
Lafleur, Bélonie 19
Lafleur, Dr. 225
Lafortune (chanoine Lamase) . . 42
Lafortune (M. M. A.) 43
Lafrance, F. X 59
Laf rance 187
Lafrance (M. l 'abbé Lucien) . . 45,
248, 300
Lafrance-Darragon, Arthémise. 37
Lagacé (l'abbé Octavien) .... 42
La Jambe, Jacques 226
Lajambe, Pierre 141
Laliberté, Alfred 254
Laliberté, Lucien 254
Lalonde, Antoine 64
Lalonde, G 10
Lalonde, Hyacinthe 64
Lalonde, Joseph , . 64
Lalonde, Michel 20
Lalonde, Narcisse 60
Lalonde, Pierre 9, 10
Lamarre, Eachel 49
Lambert, Joseph 59
Lambert, Oméline 114
Lamontagne, Caroline 114
Lamontagne, Gabriel 193
Lamontagne, Jacob 142
Lamoureux, Augustin 105
Lamoureux, Célina 114
Lamoureux, Jos 254
Lamoureux, Léopold 254
Lanaud, Virginie 59, 63
Lanctôt, Denise 106
Lauctôt, Husmer 167
Lanctôt (l 'inspecteur) 108
Langelier, Sir François XXX
Langevin, Eustache 173, 178
Langevin, Jean 9
Langevin, Jean Baptiste 9
Langlois & Groulx 215
Lapensée, Chs Roy 64
Laplante, A 152
Laplante, Ant 10
Laplante, Henri 60
Laplante, J. B. B 169
Laplante, 0 215
Laplante, Pamphile, 168, 233
Laplante, U 151, 152
Lapointe, Azilda 59
Lapointe, Eustache-Audet 69
Lapointe, J. A... III, IV, 149, 150,
164, 173, 208
Lapointe, Marie Françoise .... 25
Lapointe Raymond 164
Lardon, François 9
Larichelière, Euclide 217
Laroche, Charles 9, 108
Larocque, Mgr Charles 30
Larocque, Mgr Joseph 30
Lartigue, Mgr.. 6, 7, 18, 20, 27, 38,
79, 94, 95, 126, 246
Lassiserait, Tous 9
Latour, Olivier 58
Latremouille, J. M 20
Latulippe, Mgr E. A... 50, 236, 244,
248, 252, 254, 263, 267, 299
Laurencel, Pierre 187
Laurendeau, C 169
Laurendeau, J. G., 93, 103, 150, 167,
169
Laurin, Adolphe 61
Laurin, Jos 233, 241
Laurin, Louis 183
Laurin, Marie-Louise 53
Laurin, Oct.. . 113, 150, 183, 208, 217
Laurin, Orner 141, 241
Lavallée, F. A. (Ptre) 113
Lavoie (l'abbé Louis- Amable) . 41
Lawande, J 215
Lawson, T 173
Lazure, Michel 20
Leblanc, Ludger 94
Leblanc (M. l'avocat) III, 168
Leblanc, O., III, 20, 21, 38, 64, 99,
158, 163, 172, 218
Leblanc, Victor 109
Leboeuf, Alexis. . 20, 64, 80, 105, 172
Leboeuf , Anita 106
Leboeuf, Basil 9
Leboeuf, Bella 106
Leboeuf, Chs 9, 10
Leboeuf, Evariste 126
Leboeuf, Léocadie 114
Leboeuf, (Mme Charles) 93
Leboeuf, Délia 106
Leboeuf, Etienne 9, 20
Leboeuf, Eustache 54
Leboeuf, François 9, 10
Leboeuf, Jacques 9, 10
Le Boeuf, Jean 226
Leboeuf, J.-Bte 9, 10, 272
Leboeuf, Jos.. 9, 10, 20, 103, 138,
233, 241
Leboeuf, Josaphat 126
Leboeuf, Maggie 106
Leboeuf dit St-Jean, Marguerite 12
Table alphabétique
313
Leboeuf, Marie 106
Leboeuf , Martine 62
Leboeuf, Michel 69, 141
Leboeuf, Paul.. 10, 20, 58, 69, 93,
103, 141, 175
Lebrun, Charles-M 218
Lecavalier, Madeleine 54
Leclair, Jean 20
Leclaire, Narcisse 173
L 'Ecuyer, Emélie 58
Lécuyer, Pierre 58
Leduc, Aimé .... 104, 198, 217, 233
Leduc, Albert 141
Leduc, Albini 105, 138, 141
Leduc, A. Michel 64
Leduc, André. . 57, 69, 103, 138, 150,
172, 173, 183, 208
Leduc, Angèle 114
Leduc, Antoine.. 9, 10, 19, 54, 57,
58, 59, 61, 64, 75, 171
Leduc, Arthur 141, 215, 233
Leduc, Augustin, 9, 19
Leduc, Augustin, R. P., I, 41, 236,
263, 270, 300
Leduc, Bazil 9
Leduc, Benjamin 22
Leduc, Charles 9, 64
Leduc, Charles-Eené 64
Leduc dit Pilote, Pierre 21
Leduc, Eliza 106
Leduc & Fortin.. IV, 85, 92, 125,
187, 190, 193, 198, 199, 201, 208
Leduc, Euphrasie 63
Leduc, Ferdinand.. 34, 69, 93, 103,
145, 150, 173, 178, 189, 198, 215,
233.
Leduc, Fernand 225
Leduc, François, 53, 58, 103, 138, 141
Leduc, Frs 9, 10, 22, 69
Leduc, F. Gustave 215, 217
Leduc, François-Guillaume .... 64
Leduc, François-Xavier .... 50, 71
Leduc, F. X.. . 69, 103, 106, 141, 150,
151, 152, 187, 190, 208, 215
Leduc, Glaphyre 54
Leduc, Guillaume 9, 64, 69, 141
Leduc, J. B 69, 141
Leduc, Joseph 10, 20, 95
Leduc, Jos. Eug.. . 122, 123, 141, 154,
181,188
Leduc, Joseph Médard 113
Leduc, Mme Julien 106
Leduc, Josephte 114
Leduc, Julien.. IV, 69, 85, 93, 103,
113, 141, 149, 150, 188, 189, 190, 201
Leduc, Laurent 9, 254
Leduc. Louis 9, 144
Leduc, Lucie 100
Leduc, Lucienne 251
Leduc, Lydie 114
Leduc, L. Z. . 103, 151, 188, 189, 217,
233
Leduc, Marie 106
Leduc, Marie-Anne 187
Leduc, Marie-Louise 53, 59
Leduc, Michel 10, 21
Leduc, Michel-Bené 64, 103
Leduc, Mme F. X 215
Leduc, Pierre 9, 10, 19, 80, 95
Leduc, Pierre, Guillaume 64
Leduc, Pierre M 64, 141, 172
Leduc, B 215
Leduc, Zoé 62
Lefebvre, Adélaïde 60
Lefebvre, Amable 20
Lefebvre, Angélique 57
Lefebvre, Ant.. . 59, 69, 103, 149,
150, 183, 208
Lefebvre, Arthur 187
Lefebvre, Aug VIII, 10, 64
Lefebvre, Catherine 60
Lefebvre, Chs 20
Lefebvre, Delphine 59
Lefebvre, Eucher 113
Lefebvre, François 103
Lefebvre, Hyacinthe.. 9, 19, 62, 64
Lefebvre, Israël 59, 139, 141
Lefebvre, J.-Bte 143
Lefebvre, Joachim 9
Lefebvre, Joseph 9, 69
Lefebvre, Joséphine 106
Lefebvre, Louis 19
Lefebvre, Louis-Joseph 53
Lefebvre, Marcelline 58, 59
Lefebvre, Marguerite 58
Lefebvre, Néhémias 150, 151
Lefebvre, Oliv 69, 103
Lefebvre, Paul 10
Lefebvre, Pierre 9
Lefebvre, l 'abbé Pierre 42
Lefebvre, Raoul . . .• 123
Lefebvre, Beine 57
Lefebvre, Tous 10
Lefebvre, Urgel 139, 141
Lefebvre, Venance 9
Lefebvre, Venant 10
Lefebvre, W 215
Lefebvre, Zoé 58
Leford, Malvina 106
Lefrançois, Joseph 62
Legault, 264
Legault, Amable ; 58
Legault, Arsène 208
Legault, Chas 141
Legault, J. A 215
Legault, P 113, 149, 150
Legault, Pierre 103
Léger, Alfred 217
Léger, Ant 10, 19
Léger, Charles 64
Léger, François 20
Léger, Elie 22
Léger, Etienne 10, 64
Léger, J. B 10
Léger, Jos 10
Léger, Eév. L. P 133
Léger, Michel 64
Léger, Paul 10
Lemai, Louis 2^^.'
Lemay, E 122
Lemay, Pierre 9, 10, 19
Lemay (Scolastique) 54
Lemerise, David 143
Lemieux, Alexis 103, 126, 141
Lemieux, Amable 105
Lemieux, Toussaint 103
Lemire (Eév. P. C.) 93
LeMoyne (M. T. N.) 42
Léon XIII S. 8 85
Léonard, J. B 145
Léonard, J. 0... 69, 103, 150, 151,
152, 215, 233
Léonard (Mtre Joseph, N.P.), 83,
143, 149, 218
Léonard, R. W 133, 134
Lepailleur (Mgr J. 0.) 130
Lépine, A 122
Lépine, Franc 9
Letellier, (Mère) 125
Létourneau, Dr 225
Levac, J. E. (l 'abbé) 300
Lévêque (l'architecte) 82, 83
Lévêque, Paul 61
Lever, John 172
Lévesque (capitaine) 174
Levington, D 226
Lightall, D. K 167
Limoges, Alf 150, 151, 152, 215
Lindsay, Rév. 8.-B 134
Loiselle, Célina 59
Loiselle, Laura 106
Loiselle, Louis 60, 61, 138
Lonergan (l'abbé Jacques) .... 41
Longpré, Adolphe 183
Longpré, J. G 143, 172, 218
Longtin, Ignace 20
Longtin, Jérôme 141
Longtin, Joseph Marie 174
Longtin, Michel 105, 176, 178
Longuetin, Michel.. 10, 20, 21, 64,
70, 80, 89
Lorange, P. E 254
Loranger (Hon. Juge T. J. J.) . . 163
Lorrain, Mgr 254, 263, 299
Lupien, Pierre VIII
Lussier, Antoine 32
Lussier, C. 8. V. (J.) 113
Lussier, Octavie 61
Lussier, Pierre Eucher (curé) . . 32
34, 37, 83, 85, 93, 103, 113, 125, 246,
247, 250, 265, 271, 291.
Lynch, J 149
Lynch, Owen 184, 190, 208
Lynch, Patrick 60
M.
Machabé, Catherine 12
MacPherson, C. A 187
Madore, Marie 61
Madore, Pacifique 61
Maheu, Charles 53
Maheu, l 'abbé Ernest . . 53, 253, 300
Maheu, Léandre 53, 62
Maheu, Louis 105, 141, 181
Mailhot 175
Mailhot, Alfred 122, 123
Maillon, Aug., 10
Mailloux, Augustin 50
Mailloux (abbé D.) 50, 303
Mailloux, M. l'abbé G... 47, 50, 254,
300
Mailloux, Hercule 215
Mailloux, Joseph 176
Mailloux, Lucienne 106
Mailloux, M 215
Mailloux, Pauline 106
Mainville, A. (l'abbé) HI
Malette, Jean-B 20
Malette, Jean Louis 46
Malette, (l 'abbé Joachim) 46
Malette, Luc 142
Malette, Vitalino 106
Manny, David. . 71, 153, 226, 248, 254
Manny, E. A 149, 150, 208
Manny, Eugène , 103
314
Table alphabétique
Manny (Mlle H.) 71, 254
Manny (la famiUe) 201
Manny, Nicolas, 81, 83, 94, 149, 232
Manseau, M. Antoine.. 24, 77, 270
Manuel, Charles 94, 97, 99, 126,
163, 226
Marchand, Achille.. 50, 85, 208, 215
Marchand, Antoine 70, 80, 172
Marchand, C 123
Marchand, Mme Elie 93
Marchand, Isidore 58
Marchand, J 62, 69, 150, 172
Marchand, J. M 215
Marchand, L 215
Marchand, (Kév. Père M. E.) . . 41
236, 243, 291, 300
Marchand, Nie 10
Marchand, Octave 103
Marchand, 01 69
Marchand, Orner. . 93, 103, 150, 151,
215
Marchand, Baoul 21S
Marchand, René 215
Marcille, Noël 141
Marcoux (M. l'abbé) 91
Marcoux, Joseph 20
Maréchal (Mme) J. B.. . 93, 105, 208
Marie de l'Ange Gardien (Mère) 63
Marie Véronique (Mère) 119
Marleau, Nicolas 183
Marleau, Virginie 106
Marois, J. Bte 9
Marois, J. Bte, 8r 9
Marois, Jos 10, 19
Marois, Paul 9
Martel, C. 8. V 113
Martel l 'abbé (Elie) 42
Martel (M. l'abbé Joseph Hor-
midas) 45
Martin, Arthémise 114
Martin, Cyp 151, 152, 215
Martin (Général) 175
Martin (le capitaine) 178
Martin, Michael 143, 173
Martin, Mlle Philomène 114
Martin, Saûl ê 173
Martineau (l'abbé Marcel).... 41
Martineau, Lormière 41
Masse, Jos. Abraham 187, 218
Massieotte, Z III, XV
Masson, Chs Faubert 69
Masson, D 97, 99, 183
Masson, E 99
Masson, L. H 218
Masson, Marc-Damase, 172, 208, 209
Mathieu, Amédée 150, 215
Mathieu, Ant 10
Mathieu, Aug 9
Mathieu, Augustin 20
Mathieu, Bazil 9, 19, 21
Mathieu, J. B 215
Mathieu, Jean 9
Mathieu, Jos 10, 20
Mathieu, Juge M 164
Mathieu, Olier 197
Matthieu, Pierre 21
Mayer, J... 103, 110, 167, 218, 221
Mayer, Léo 151, 152
Maynard, S. F. B. (curé), 263, 300
Mayoux, Amable 9
MoArthur, Crosbie 183
McArthur, Peter / . . . 193
McCord (Hon. Juge) 163
McCord, Thomas XV
McCully, James 58, 149
McDonald, D. R. (l'abbé) 300
McDonald, T 183
McDonell, Duucan A 187
McFarlane, H. H 143
McFee, Col 149, 190, 208
McGill, John 141
McKenzie, Sir A 157
McLaren (M. l'avocat) 168
McLean, Wm 9
McMartin, Alex 142, 143, 172
McMaster, Donald 167
Meloche, Jos 69, 172, 184
Meloche, Rosalie 58
Meloche, Xavier 138
Meilleur, Marguerite 32
Mercier, Albert 9, 10
Mercier, Mlle 263
Mercier (l'hon. Honoré).. 234, 236,
263, 269
Mercier, P.. . 169, 233, 234, 236, 287,
288, 291, 297
Mercier (Hon. Juge W.) . . 164, 234,
236, 253, 264, 275, 297
Mercier, Pierre 19
Merlin, Ann 60
Metcalfe, Lord 137
Mignault, l 'hon. P. B 234
Migneron, Amable 9, 10
Miller, Louis Joseph 61
Mills, James 141
Milne, Mr., XVI, 11, 13, 171, 174, 226
Miron, R. Gaspard 300
Miron, Raoul 130, 151, 152, 217
233, 237
Mitohell, (l 'avocat) 168
Moisan, Josephte 62
Mondelet (M. le uge) 91
Mongeau (l 'abbé Joseph Louis) 41
Monk, F. D 170
Monk (Hon. S. C.) 124
Montmarquette, F. X 105, 143
Montmarquette, Honorine 106
Montpetit, A. E 169
Montpetit, A. N... XVI, XIX, 96,
279, 285
Montpetit, Alphonse 58, 59
Montpetit, André 130
Montpetit, Antoine 187
Montpetit, Apolline 51
Montpetit, Beuoni. . 70, 80, 83, 141
Montpetit, Benoit 69
Montpetit, Célina 58
Montpetit, Claver 113
Montpetit, E.. . 113, 154, 233, 234,
236, 253, 264, 279, 287, 288, 289.
Montpetit, Et.. XIX, 9, 10, 21, 64, 80
Montpetit, François 64
Montpetit, Frs 69
Montpetit, G.. . 70, 103, 150, 164, 170
Montpetit, H., 9, 10, 19, 21, 63, 64, 80
Montpetit dit Pot-de-Vin, Hya-
cinthe 70, 75
Montpetit dit Pot-de-Vin, Joseph
70, 75
Montpetit, J. B... 10, 19, 20, 21, 64
Montpetit, Joseph 10, 21
Montpetit, Mme E 264
Montpetit, P 10
Montpetit, Pierre 9, 20, 64, 126
Montpetit, Trefflé 138
Moreau, l 'abbé E 32
Moreau, Emile 254
Moreau (M. l 'abbé H.) 83
Morin, Louis 172, 187
Morin, (R. P. L. J.) 263, 300
Morin, Siméon (curé) 303
Morrisseau, Alfred 197
Morrisseau, Arthur 53
Morrisseau, E 176
Morrissette, M 218
Morrisson, Rév. M. J. D 134
Mount, Réy. A. E 134
Mousseau, L. A. (chanoine), 263, 300
Munro, John 167
N.
Nareau, W 104, 152
Nareau & Poissant 215
Nelson 175
Nepveu, Alphonse 61
Nepveu, Augustin, 37
Nepveu (abbé J. D.) . . 254, 263, 303
Nepveu (M. le chanoine Théo-
dule), III, IV, 37, 38, 84, 85, 86,
93. 103, 104, 122, 125, 130, 181,
198, 226, 229, 231, 233, 236, 237,
240, 247, 248, 250, 253, 263, 267,
271, 276, 294, 300.
Neuveu, Michel 171
Nicholson, Kutusoff. . XV, 143, 172
Nicholson, Philomène 106
Nicol, James 172
Nicoletti, Joseph 153
Noël, Jos 19
Noël, Pierre 7
Noël Cliché, Zoé 46
Normand, David 163, 176
Normandeau, H 113, 150
Normandeau, Napoléon 60
Normandeau, Odèle 62
Norval, Rob. H. . . . 99, 163, 172, 176
O.
O 'Doherty, Charles 50, 225
Ouimet, Chs 164
Ouimet, Gédéon 158, 159
O 'Sullivan, J. H 226
O 'Sullivan, John 85, 103, 221
O 'Sullivan, Michael, 137, 157, 171 174
Olivier, Maxime 175
Olivier, Théodule, 103, 104, 150, 233
241
Olivier, W 62, 217
P.
Paiement, Toussaint 105
Palade, Lambert 19
Paladeau, Eustaehe 64
Paladeau, Guillaume 64
Panet, Mgr . 7, 12, 19, 20, 21, 28, 246
Panet, Jean-Antoine 157
Papineau, André 61, 176, 178
Papineau, Avila (curé) 303
Papineau, L. J. (M.P), 161, 169, 234,
236, 264, 287
Papineau, Narcisse .... 161, 169, 198
Paquet, Luc 70, 83, 103
Paquet, Odilon 69
Table alphabétique
315
Paquette et Granger 201
Paquette, Marie 61
Paquette, Théophile 141
Paradis, Edouard 169
Paré, Augustin, 103
Paré, Dr 225
Paré, Louis 130, 168
Paré, Pierre 10
Parent, Aimé 122
Parent, E 123
Parent, Ernest 113
Parker, M IV, 96, 99
Parrée, Pierre 9
Patenaude, Alexandre 63
Patenaude, Eléonore 58
Patenaude, Josephte 60
Patenaude, Olivier 187
Patenaude, Ozauna 62
Patry, Mme IV
Paul, E. T 240
Pauzé CM., le chanoine) 235
Payer, J 215
Payment, Ovide 143, 149, 183
Payment, Toussaint 142
Péladeau, Albert 303
Péladeau, Bertha 106
Péladeau, Eustache 9
Péladeau, Lambert 10
Péladeau, Osias 141
Pelland (M. l'abbé François-
Xavier) 42, 300
Pelletier (l'abbé Pierre) 42
Peltier, Pierre 10, 19, 21
Pélodeau, Eustache 61
Pépin, M 32, 34
Périnault, Joseph 157
Perkins, Catherine 59
Perrault, Joseph François 157
Perreault (M. l'abbé Adélard) 42,
303
Perreault, Dr 85
Perreault, F 225
Perreault (l'abbé Félix) 41
Perreault, ( J. Avila) 303
Perrier, Ls Phil. (curé) 303
Perrigo, Jas .... 163, 175, 177, 178
Perron, Joseph 61
Petit, Alexis 105
Petit, François 20
Petit, P 21
Petit, Pierre 20
Petitvierge, Chs 10
Phaneuf, J. M. (curé) 303
Picard, A 154
Pieard-Dequoy (l 'abbé Louis Al-
fred) 41
Picher, J. G 93
Picard, Marie 60
Pilon, Adolphe 155
Pilon, Angélique 54
Pilon, Mgr Maxime 235
Pilon, Bosanna 59
Pinaud, Marguerite 49
Pinault, Marguerite 57, 58
Pitre, Igance 10, 20, 64, 172
Pitre, Jean 9
Pitre, Jean-Bte 9
Pitre, Joseph 9
Pitre, Pierre 9, 10, 64
Pitre dit Lajambe, Pr 20
Plante, A. (C.R.) 161, 234, 236,
264, 287, 288
Plante, M 161
Platt, John 171
Plessis, S. 6. Mgr . 7, 10, 11, 13, 72,
76, 89, 246, 268
Poirier, Angélique 54
Poirier, Aug 10
Poirier, Charles 10, 12
Poirier, Elle 164
Poirier, Emery,151, 152, 187, 208, 233
Poirier, Frs 10
Poirier, J. B. . . 10, 20, 21, 97, 99, 172
Poirier, Joseph 9, 20, 21
Poirier, Josephta 12
Poirier, P 10
Poirier et Parent 208
Poirier-Lafleur, J. B 64, 141
Poirier, Léandre 54
Poirier, Pierre 9, 95
Poissant, E 215
Poissant, Eva 106
Poissant, J. A 217
Poissant, Pierre 59, 141
Poisson, Pierre 20
Poitra, Jos 9
Poitras, B 20
Poitras, P. X 81
Poitras, J. R 83
Poitras, Lucius 173, 178
Poitras, W.. . 169, 170, 234, 236, 287,
290, 291
Polette, Hon. Juge 163
Porteous, Charles 175
Potvin, A. Montpetit 64
Poulin, Nathalie 61
Pouliot, Pierre 59, 69
Pouillot, Rosalie 106
Préfontaine, A. J. (curé) 303
Prégent, Elise 106
Prégent, G 126
Prégent, Hervé 126
Prégent, Joaehim 57
Prégent, Jos 69, 103, 141, 172
Prégent, Léon 187
Prégent, Louis 64
Préville, L. N. (chanoine), 263, 300
Prévillc, Thomas (curé) 303
Prévost, F. X 176, 178
Prévost, Georges 61
Prévost, Sir George 175
Prieur, F. X 176, 177, 208
Prieur (l'abbé Joseph Edouard) 42
Primault, Etienne 9
Primault, Hyacinthe 9
Primault, Joaehim 9
Primeau, A., Dr 71, 149
Primeau, Adolphe 154
Primeau, Alphonse 169
Primeau, Antoine 103
Primeau, A. 0 215
Primeau, A. B 225
Primeau, Arthur 105
Primeau, Cyrille 71
Primeau, Frs 69, 141
Primeau, F. X 69
Primeau, J. Albini (curé) .... 303
Primeau, J. Bte. . 69, 103, 113, 123,
150, 151, 215
Primeau, Julien 150
Primeau, Louis, 63, 141, 150, 151, 152
Primeau, Lucien 113, 254
Primeau, M 32
Primeau, Nap 161
Primeau, P 149, 150, 151
Primeau (abbé V.) 45, 303
Prince, Mgr 81, 126
Proulx, A 215
Provost (l'abbé Azarie) 42
Provost, Céline 60
Prud'homme, Jean-Marie, 164, 173,
178, 208
Prud'homme, J. M. Phil.. 173, 218
Prud'homme, Juge L. A., 109, 122,
164, 169, 218
Prud 'homme, Olier 226
Purcele, Christophe 99
Q-
Quebillon, Maurice 20
Quenneville, Délima 61
Quig, Hélène 58
Quintal (curé) . . 28, 79, 96, 100, 134,
176, 246, 271
B.
Racine, l 'hon. A 162
Ranger, Gabriel 10, 20
Ranger, Joseph 10
Rapin, Chas 143
Rapin, F. X 172, 178
Rapin, Virginie 59, 60
Raymond, Jean-Bte 157
Raymond, Jean-Moïse 157
Reed, M. W 109, 215
Reid, A 188
Reid, Alphonse 71, 154, 164
Reid, Antoine 69
Reid (M. le curé François), 49, 129
Reid, Joseph 141
Reid, Vitaline 59
Rémillard, J. N. (curé) 303
Renaud, Edouard 58
Renaud, l'hon. L 161, 162, 215
Renaud, M 86
Renaud, M. J 86
Renaud, T. X 85
Renaud, Walter 113
Bepentigny, Toussaint 64
Richard, Mgr J. A 263, 299
Richard, J. M 198, 208
Richardson, James 100, 134
Bichardson, Hon. John 75
Roach, Walter 132, 133
Robert, Al 226
Robert, E. A... 134, 161, 194, 215,
217, 234, 264
Robert, Emmanuel 104, 120
Robert, J. A 215
Robert, J. B.. . 150, 152, 191, 193,
194, 208, 215
Robert, Mme E. A 264
Robert, W. H 191, 194
Robertson, W 168
Robidou, Joseph 9
Bobillard, J 198
Robillard, Rosalie 60
Robillard, Ulysse-Janvier. . 59, 63,
69, 122, 149, 158, 190, 208
Bobinault, F 215
Robinson, Wm 187
Roch-Célérier, Marie-Anne .... 32
Rochon, Dori 121
Rochon, Toussaint. . 69, 142, 143,
149, 172, 176, 177, 208
316
Table alphabétique
Bodier, Charles-Séraphin.. 172, 178,
193
Rodier, L 217
Rolland 208
Rolland, l'hon. J. D 162
Rolland (l'abbé Louis) 45, 303
Rollin dit Malonnois, Pierre ... 6
Rollin, Jos 10
Ross, James Hope 126
Ross, John 172, 183, 208
Rouleau, l'abbé Siniéon 31, 271
Rousselle, Mlle 120
Roussin (l'abbé Joseph-Octave) 42
Roux, François 9
Roy, Alphonse 71
RoV, André 22, 147, 152, 244
Roy, Basile 10, 64, 176, 178
Roy, Bazil, Jr 9
Roy, Bazil, Sr 9
Roy, C 113
Roy, Charles 178
Roy dit Lapensée, Chs .... 20, 176
Roy dit Lapensée, Joseph, 20, 70, 75,
176, 178
Roy, Elmire 106
Roy, F. B 21
Roy, H 217, 225, 233
Roy, Horm 104, 151, 152, 188
Roy, J. B. . . 151, 189, 201, 215, 233
Roy, J. Bte (photoghaphe), 103, 104,
143, 149, 152
Roy, J. Bte (sellier) 103
Roy, J. H 217, 215
Roy, Jos., Jr 19
Roy, Joseph. . 9, 10, 54, 64, 69, 149,
172, 176, 178
Roy, L. G 226
Boy, Louis 10
Roy, Michel 9, 10, 20
Roy, Michel, Jr 9
Roy, Norbert 187
Roy, Paul.... 9, 10, 21, 70, 80, 105
Boy, P. G VI
Rufiange, dit Laviolette, J. Bte 9
Rufîange, J. Bte 9
Bussell, John 141
S.
Sabourin, Dominique 64
Sabourin, Moïse, 94, 143, 172, 219
225
Salé, Madame 96, 284
Salomon, Mlle M. A 264
Sanford, John 175
Santennes, Julie 62
Santoire, C. A. (l'abbé), III, 1, 37,
231
Sarault, Léocadie 114
Sarault, Louis. . III, 10, 75, 76, 89,
158, 218
Sarault, N. T 143
Sarault, Paul A 20, 99
Sarault, Pierre 57, 142, 172
Sauriol, F. X. (l 'abbé) 41
Sauvageau, Alexis. ... 25, 171, 174
Sauvée, Charles 9
Sauvé, François 64
Sauvé, Louis 59
Schiller 174
Scott (Banquier) XII
Scott, Colonel 174
Scrimgour, Rév. C. E 134
Secours, Frs 143, 149
Secours, Jos 9, 10
Seers, L. A... IV, 85, 93, 103, 109,
145, 149, 150, 168, 172, 188, 218
Selkirke, Robert 141
Sellar, Robert VI
Severs, John 141
Sévigny, R. N 233
Sewell, Stephen 157
Shayer, Joseph 141
Shortis, Peter 164, 167
Signay, Mgr 7, 246
Simon, T. Z (chanoine) 300
Simpson, Alexandre 9
Simpson, Alexis 9
Simpson, John 193
Smith, Howard, IV, 149, 193, 201,
205, 207, 208, 233, 264
Smith, James 149, 173
Smith, John A 126
Smythe 73
Sourte, notaire . . . . , VIII
Sr Adalbert 120
Sr Adélaïde 119
Sr Adélie 120
Sr Adéline 60
Sr Adélinde 120, 304
Sr Adhémard 58
Sr Adolphe 119
Sr Adrien 119
Sr Aglaé 304
Sr Agnès 119
Sr Agnès de Jésus 63
Sr Aimé de Jésus 120, 304
Sr Albert de Bome 120
Sr Alberta 63
Sr Albertine 119, 248, 303
Sr Albine 303
Sr Albinus 119
Sr Alexandra 119
Sr Alexandre 59
Sr Alice 303
Sr Alix 57
Sr Alodius 120, 304
Sr Alphonse 60, 119
Sr Alphonse Liguori 119
Sr Amabilis 304
Sr Ambroise 54, 57
Sr Amroise de Sienne 60
Sr Amut 120
Sr Anatole 119
Sr André Avellin 120
Sr André de Florence 120
Sr Ange du Sacré-Cœur 119
Sr Angèle 119
Sr Angèle de Foligno 119
Sr Angèle Marie 120
Sr Angéline 119
Sr Angélique 119
Sr Annette 304
Sr Anseline 57, 119
Sr Anselma 62
Sr Anselme 119
Sr Apollinaire 58
St Anthime de Jésus 119
Sr Antoine 119, 120
Sr Antoine Alphonse 59, 304
Sr Antoine de Jésus 119
Sr Antoine de Milan 60
Sr Antoine de Padoue 120
Sr Antoinette, 120
Sr Apollinie 120, 304
Sr Arthur 119
Sr Augustin 120
Sr Aurélien 119
Sr Aveline 119
Sr Azarie 119
Sr Bayard 62
Sr Béatrix 119
Sr Beaudrv 119
Sr Bénilda 120
Sr Benoit 119
Sr Berdina 120
Sr Bérence 119
Sr Bernadine 119
Sr Berteline 120
Sr Béthanie 119
Sr Bertheline 119
Sr Bertielle 119
Sr Bibiane 119
Sr Biaise 120, 304
Sr Boileau 304
Sr Boniface 119
Sr Boyer 62
Sr Brigide 119
Sr Bruni 119
Sr Canut 120
Sr Cardinal 304
Sr Cassien 119
Sr Casimir 119
Sr Catherine 119
Sr Catherine d'Alexandrie .... 120
Sr Catherine de Gênes 119
Sr Catherine de Sienne 119
Sr Cécile 119
Sr Célanie 60, 303
Sr Célina 119, 304
Sr Céline 119
Sr Cézarie 58, 120, 304
Sr Césarine 58, 120, 304
Sr Charles 54, 119
Sr Chrales Borromée 119
Sr Charles de Blois 120
Sr Charles Edouard 61
Sr Charles Henri 119
Sr Charles Joseph 119
Sr Charles Spinola 119
Sr Charron 304
Sr Christin 120
Sr Claire de la Croix 119
Sr Clarence 119
Sr Clarisse 119
Sr Clément 57, 62, 304
Sr Cléophas 119
Sr Cœur de Marie 120
Sr Colette 119, 120
Sr Colombine 119
Sr Constancia 119
Sr Constant 120, 304
Sr Crooks 124
Sr Damien 119, 303
Sr Damase 119
Sr Damien 58
Sr Daniel 119
Sr de Bon Secours 119, 303
Sr de Gonzague 59, 119
Sr de Grandpré 125
Sr de Jérusalem 61, 304
Sr de Labossière 304
8r de la Conception 119
Sr de la Foi ; 119
Sr de la Garde 119
Table alphabétique
317
Sr de la Passion 59
Sr de l 'Ange Gardien 57
Sr de la Présentation 119
Sr de la Providence 119
Sr de la Purification 119
Sr de la Salette 119
Sr de l 'Assomption 54
Sr de la Ste Famille 60
Sr de la Trinité 61
Sr de l 'Enfant- Jésus 120
Sr de l 'Incarnation 119
Sr Delisle (V.) 304
Sr de Lorimier 62
Sr Denis CM.) 304
Sr de Portugal 120
Sr Desmarais 125, 304
Sr des Sept Douleurs 120
Sr des Séraphins 120, 304
Sr de Viterbe 63
Sr de Suède 119
Sr Dionue 304
Sr Dismas 120
Sr Dolorès 120
Sr Domilien 119
Sr Dominique 119
Sr Dorothée 57
Sr Dosithée 119, 124
Sr du Bon Pasteur 57
Sr du Bon Secours 119
Sr Dubord 125, 304
Sr du Crucifix 63, 119
Sr Dupont 304
Sr du Eédempteur 119
Sr du Saint-Esprit, 114, 119, 248, 303
Sr du Saint-Nom 119, 248, 303
Sr du Scapulaire 57
Sr Edmond 119
Sr Electa du Sacré-Cœur 60
Sr Elisa 120
Sr Elise 62
Sr Elizabeth 119
Sr Elizabeth de Marie 119
Sr Eloi 119
Sr Elphège 304
Sr Emélie 119
Sr Emérentienne 119
Sr Emilien 119
Sr Emilienne 119
8r Emmanuel 119
Sr Epiphane 120, 304
Sr Ernest 119
Sr Ernestine 119
Sr Eueher 58, 304
Sr Eudoxie 57, 120
Sr Eugène 58, 119
Sr Eugène de Rome 119
Sr Eugénie 119, 303
Sr Eugénius 59
Sr Eulalie 119, 304
Sr Eùlalie de Barcelone 119
Sr Euphrasie 119
Sr Eustache 119
Sr Eustachium 246
Sr Faubert 62, 304
Sr Fébronie 119
Sr Félicienne 60
Sr Félicité 54, 119
Sr Félix 119, 304
Sr Ferdinand 119
Sr Firmin 120
Sr Flavieu 119
8r Florentine 60, 119
Sr Floriana 304
Sr Fortunate 119
Sr Fougère 304
Sr François d'Assise 119, 120
Sr François de Borgia 119
Sr François de Paul 120
Sr François de Sienne 119
Sr Françoise de Ste Marie .... 59
Sr Françoise du St-Sacrement, 58, 304
Sr François Edmé 120
Sr Gabriel 119
Sr Gaétan 119
Sr Gaspard 120
Sr Gaston 61
Sr Gédéon 119
Sr Geneviève de France 61
Sr Geoffroy 119
Sr Georges de Palestine .... 61, 304
Sr Georgine 63
Sr Gérard 119
Sr Gertrude 61
Sr Guimond 61
Sr Edwidge 119
Sr Hélène 119
Sr Héliana 59
Sr Héliodore 60
Sr Henri de Citeaux 58
Sr Henri de Jésus 119
Sr Henriette 119
Sr Herménégilde 119
Sr Hermite 119
Sr Hildegarde 60, 119, 120
Sr Hippolyte 60
Sr Honorine , 119
Sr Hyacinthe 57, 119
Sr Ignace ' 119
Sr Imelda 119
Sr Irénée 58
Sr Isabelle 119
Sr Isaïe 119
Sr Isidore 120
Sr Marie Israël 59
Sr Jean Cassien 304
Sr Jean Chrysostôme 119
Sr Jean Colombini 119
Sr .lean de Dieu 60
Sr Jean de la Paix 119
Sr Jean d'Aza 120
Sr Jean Gualbert 303
Sr Jeanne de la Croix ' 61
Sr Jeanne du Carmel 59
Sr Jeanne Françoise 304
Sr Jérôme 119
Sr Joachim 119
Sr Josepli 59, 119, 304
Sr Joseph Alfred 120
Sr .loseph de Cupertino 304
Sr Joseph de Palestine 119
Sr Joséphine 119
Sr Jude 119
Sr Jules 119
Sr Julien 304
Sr Julienne 120
Sr Juste 119
Sr Justina 119
Sr Justine 119
Sr Juvénal : 120
Sr Labre 119
Sr Ladislas 119
Sr Larose 304
Sr Laurent Justinien 120, 303
Sr Laurence 58
Sr Léger 304
Sr Léocadie 57
Sr Léon 119
Sr Léonard 119, 120
Sr Léonide 119
Sr Léonie 58, 119, 303
Sr Léontine 119
Sr Letellier 304
Sr Limoges 304
Sr Louis Bertrand 58, 119
Sr Louis Cozaki 120
Sr Louis David 119
Sr Louis de Toulouse 119
Sr Louise 119
Sr Louise Emélie 59, 304
Sr Luce 119
Sr Lazarre 120
Sr Lef rançois 62, 304
Sr Lucie 119
Sr Lucien 119
Sr Lucille 303
Sr Ludger 120
Sr Ludivine 119
Sr Ludgarde 58
Sr Macaire 120
Sr Madeleine 119
Sr Madeleine Angélique 61
Sr Madeleine de la Croix 119
Sr Madeleine de Pazzi 119
Sr Madeleine de Saint-Joseph . . 119
Sr Madeleine du Calvaire. . 120, 304
Sr Magloire 119
Sr Mailhot 125
Sr Malcport 124
Sr Marceline 119
Sr Marcienne 120
Sr Marguerite 71, 119
Sr Marguerite d 'Ecosse 120
Sr Marguerite de St-Joseph .... 58
Sr Marie 119
Sr Martial 120
Sr Martin 119
Sr Martin de l'Ascension, 57,248,303
Sr Martine 119
Sr Maximilien 119
Sr Maximilienne 58, 304
Sr Mechtilde du Saint-Sacrement 303
Sr Mélanie 54, 119
Sr -Michel 119
Sr Michel 119
Sr Minélas 119
Sr Monique 119
Sr Narcisse 119
Sr Nathalie 57, 119, 303
Sr Noël 61
Sr Norbert 60, 61, 304
Sr Olivier 62
Sr Pacifique 119
Sr Pacôme 119
Sr Papineau 61
Sr Paré M. Ange 304
Sr Patrice 120
Sr Patrick de l 'Enfant- Jésus .. . 119
Sr Paul 119
Sr Paul de Jésus 120, 304
Sr Paul do Nicée 58, 304
Sr Paul de Ste-Marie 60, 304
Sr Paul Miki 120
Sr Paul Suzuki 119
Sr Paule 120, 304
Sr Pauline 11»
Sr Philippe 119
318
Table alphabétique
8r Philippe de Jésus 119
8r Philippe de Nérie 60, 119
8r Philomène de Rome 61, 304
Sr Philorum 304
Sr Piché 304
Sr Pierre 57, 119, 120
Sr Pierre d 'Alcantara 57
Sr Pierre Damien 119
Sr Pierre de St-Joseph 119
Sr Pierre de Sienne 59, 304
Sr Pierre d'Yéda 119
Sr Pierre Eucher 59, 304
Sr Pierre Maurice 120
Sr Placide 303
Sr Pomminville 304
Sr Prosper 119
Sr Praxède 119
Sr Raymond 119
Sr Rébecca 304
Sr Robertine 120
Sr Rodrigue 120
Sr Rodrigue?, 119
Sr Rose de Marie 119
Sr Rose de St-Dominique 59
Sr Rose du Calvaire 119
Sr Rose du Crucifix 119
Sr Rose du Sacré -œur 119
Sr Saint-Clément 62
Sr Saint-Donat 125, 304
Sr Saint-François Régis 62
Sr Saint-Marc 62
Sr Saint-Pierre de Damas 62
Sr Sainte-Euphosyne 62
Sr Samuel 119
Sr Saturnin 119
Sr Sauvage 304
Sr Sauvé 124, 125
Sr Scholastique 119
Sr Sébastien 119, 120
Sr Silvina 119
Sr Siméon ; 119
Sr Simon 119
Sr Soltys 119
Sr Sophie 119
Sr Sophie d 'Ancône 120
Sr Stanislas 119, 304
Sr Suzanne 119
Sr Sylvestre 125
Sr Symphorien 58, 304
Sr Tarcicius 304
Sr Tessier 62
Sr Théodosie 119
Sr Théodore 62
Sr Théodule 119, 120
Sr Théodule de Rome 61, 304
Sr Théophile 119
Sr Théotiste 119
Sr Thérèse de Jésus. . 63, 119, 120
Sr Thérèse de Notre-Dame, 61, 304
Sr Thérèse de St-Augustin, 59, 304
Sr Thérèse de St-Joseph 120
Sr Thérèse Marguerite 119
Sr Thomas de Jésus 119
Sr Tisseur 61
Sr Uldéric 119
Sr Valentine 119, 248, 304
Sr Valérie de l'Espérance 119
Sr Véronique du Calvaire . . 61, 304
Sr Victorin 119
Sr Vincent 120
Sr Vincent Ferrier 120, 304
Sr Virginie 119
Sr Zénaïde 119, 120
Sr Zenon 119
Sr Zéphyrin 58, 162
Sr Zéphirine 119
Sr Zite 119
Sr Zoé 119
Sr Zozime 119
8t- Amour, IV
8t-Amour, D. A IV, 108, 149
St-Amour, D. A. (Mme) 71, 120
8t-Athanase 59
St-Aubin, Damien (l'abbé), 45, 122,
233, 237, 271, 303
St-Cyr (Magistrat) 167
St-Denis, E. H IV
St-Denis, Michel 64, 69
St-George Dupré, Hippolyte .... 157
St-Germain, Hyacinthe 175
Saint-Jean, Basile 10
St-Michel, J. B 9, 10
St-Michel, Wilbrod 59
St-Onge, Adrien 109
St-Onge, Nie 10
St-Pierre, H. C. (l'hon).. 164, 167
St-Pierre, M. (Mlle) 114
St-Pierrc, Mlles 106
Stagui, 8. E. Mgr 50
Starncs, Henry, l 'Hon 162
Sullivan, E. H 170
Sullivan, J. H 92, 149, 150
Sullivan, John, 59, 169, 170, 234, 236,
287, 291, 294
Suite, B 174
Surveyer, Dr 81, 215, 218
Surveyer, L. J. A 215, 218
Swanston, John 31, 123, 184
Sym, Rév. P 133
T.
Taillefer, Joseph 130
Tarte, J IV
Tassé, Joseph 159
Tassé, L. C. . 103, 113, 150, 151, 152,
218, 233, 237, 240, 244, 246, 263
Tassé, Mlle 263
Tassé, F 123
Tate, John 172
Tellier, Hilaire 10
Tessier, Albert 71
Tessier, Alfred 61
Tessier, Angélique 57, 62
Tessier dit Lavigne, Ant 21
Tessier, Antoine 20
Tessier, Charles 51, 105
Tessier, Frs 9, 10, 19, 20, 64
Tessier, Ignace 9, 10, 30, 54, 64
Tessier, Jean-Baptiste 62
Tessier, J. Bte, Mme 10
Tessier, Jacques 9
Tessier dit Lavigne, Joseph ... 9
Tessier, Jos 9, 151, 215
Tessier, Louis 9, 10
Tessier, Marguerite 12
Tessier, Pierre 149
Tétreau, Hubert-Joseph, 27, 246, 271
Tétreau, Ducharme J. Bte .... 27
Texier dit Lavigne, Ignace, 70, 75, 77
Thain, Alexander 75
Théoret, Dollard 122, 123
Théoret, Eucher 254
Théoret, Euclide, 53, 103, 145, 151,
152, 181, 194
Théoret, Rodrigue 254
Thérien, 0 173
Thibaudeau, A. A 85, 217, 234
Thibaudeau, F. Arthur (l'abbé) 43,
45
Thibault, Célarine 106
Thibault, F. X 169
Thibault, Jos 142
Thibault, Louis 69, 172
Thibert, Armand 233, 237
Thibert, Edmour 113
Thisdale, Lucien-O 164
Tholin, P 20
Thomas, Camile 109
Tisseur, F. X. (curé) . . 49, 129, 303
Tisseur, J. Bte, 49, 57, 61, 69, 93, 141
Tisseur, Joseph 103, 141
Tondu dit St-Onge, Antoine . . . 175
Tondu, Chs 141
Tondu dit St-Onge, Mich 20
Tondu, J. B 21
Tondu, M 21
Tondu, P 21
Touchette 177
Touchette, Martin ., 106
Touchette, Narcisse 69
Tougos, Marie- Anne 61
Toupin, F. A. A. (l'abbé) 41
Tourville, Louis 198
Tranchemontagne, J. R 225
Tranehemontagne, Mme 85
Tremblav, Edouard 176, 178
Tremblay, Isidore.. 69, 141, 176, 178
Tremblay, J. D. 8 244
Tremblay, Herménégilde (curé). 42
303
Tremblay, Philippe 176, 178
Trottier, Alfred 123
Trottier, Bibiane 54
Trottier, P. N 85, 109, 149, 150
Trudeau, Arthur 208
Trudeau, C. . XVI, 176, 208, 217
218, 233
Trudel, Aimé 105
Trudel, André 69
Trudel, F. X. A 161
Trudel, Louis, 9, 19, 20, 21, 64, 70,
80, 99, 172
Trudel, l'avocat 168, 169
Trudel, Théophile 141
Trudelle, Emélie 57
Trudelle, Louis 105, 141
Trudelle, Théophile 138
Turcot 178
Turcot, Louis 20
Turgeon, Jos 175
Turgeon, Lt. Colonel 174
Turgeon, P. H 6
Vachon, L 149, 150, 173
Vaillancourt, W 263, 303
Vallée, Antoine 171
Vallée, Elise 106
Vallée, Frs 93
Valiquette, l'entrepreneur.... 82, 83
Valois, Marguerite 60
Vanier, Guy 122
Vanier, J. E 152
Vannutelli, Vincent, (cardinal). 129,
130
Table alphabétique
319
Venne, l 'architecte 125
Vérity, Frédéric 60
Véronneau, Emile (l'abbé) 303
Vézina, Dayid 109
Vézina, F. X. L. (l'abbé) 41
Viau, Ant 150, 193
Viau, (curé) .... 21, 29, 81, 246, 271
Viau, David 69, 70, 80, 114
Viau, Malvina 59
Viau, Marguerite 63
Viau, Moïse 93
Viau, Kégina 106
Viau, Stanislas 193
Viau, Yvonne 106
Villeneuve, J. 0 161
Vincent, Commodore 184
Vincent, Léon 69, 93
Vincent, Trefflé 141
Vinet, Aurèle 103
Vinet, Benjamin. . 103, 141, 233, 237
W.
Wakefield, Edward G 158
Waller, Wm XI
Webb, Dr S 133
Wattier, J 177
Wattier, notaire vill
Weir, l 'Hon 201
Westherston, E 172
Weston, James 83, 84
Williams (Général) XV
Willis 215
Wilson, J 197
Wilson, James . . 100, 134, 150, 152,
194, 234
Wilson, J. C 134
Wilson, J. 0 194
Wilson, Robert 134, 142, 172
Winter, Francis XI, XVI, 193, 226
Wright, James 172
Table des gravures
A. C. J. C 123
Académie Saint-Clément 107
Académie Saint-Clément et ses
directeurs 111
Administration municipale .... 151
AUard, Alphonse 139
AUard, Octave 139
Anciens professionnels de Beau-
harnois 219
Anderson, J. Kév 132
Archambault, Urgel, (l 'abbé) . . 39
Baker, L. B 145
Baker, W. A 221
Banques de Beauharnois 188
Bazinet, F. C 219
Beauchamps, J. B. (l'abbé) .... 39
Beaudry, Louis et Ubald 165
Beauharnois judiciaire 165
Beauharnois politique 159
Béïque, F. L 159
Beffre, T 211
Bélanger, Louis 165
Bérard, P. (l'abbé) 39
Bergeron, J. G. H 159
Bergevin, A 159, 295
Bergevin, C 159
Bergevin, Delphis 185
Bertrand, Louis- Antoine 84
Bertrand, Télesphore 67
Bisson, E. H ■ 145, 159, 165
Bonnier, G., (l 'abbé) 47
Bonnier, Antoine 65
Bonnier, Damase 101
Bonnier, Dr 221
Borrel, L. M. (l 'abbé) 43
Bougie, Jérémie 67
Bourdon, W 147
Bourget, J. B. (l 'abbé) 39
Bourgie, H 145, 209
Bourgie, P 211
Boyer, Antoine 65
Boyer, Charles 67, 139
Boyer, Eus 147
Boyer, H 223
Boyer, Henri 101
Boyer, J. B 67
Boyer, Joseph 138
Boyer, Télesphore 139
Brais, Donat 185
Brais, Joseph 185
Brais, WilUe 186
Branchaud, A. L 213
Branchaud, Ath 221
Branchaud, C. H 213
Branchaud, François 79
Branchaud, J.-Bte 79
Branchaud, M 221
Branchaud, Moïse 84
Brazeau, Louis 67
Brazeau, P 153
Brière, Omer 139
Brodeur, S. A 165
Brossoit, Alfred 221
Brossoit, N 221
Brossoit, T 221
Brossoit, Thomas 145
Bureau d 'enregistrement 167
Caisse, F. X. (l'abbé) 39
Cartier, A 211
Cartier, G. E. (Sir) 159
Carignan, J. 0 211
Caverhill, J 213
Cayley, M 159
Centenaire (Après la messe) . . 259
" (La tente du banquet) 265
" (Le banquet) . . 273, 277
' ' (Les orateurs) 295
" (Religieuses des Saints
Noms présentes) . 301
Charest, T 211
Charland, Louis-David (l'abbé) 30
Charlebois, Damase 65
Charlebois, H 221
Charlebois, J. B 138
Charlebois, Osias 139
Charrette, U 211
Chatillon, P. Godin, (l'abbé).. 39
Cimetière 93
Cimetière, paroissial 94
Cinquantenaire de la maison Le-
duc & Fortin 199
Clément, Pierre (l 'abbé) 25
Commision scolaire de Saint-Clé-
ment 101
Conseil de ville de Maple Grove. 153
Conseil du village du Lac Saint-
Louis 155
Conseillers de 8t-Clément 139
Constructeurs de l 'église actuelle 79
Contant, J. E. (l 'abbé) 43
Côté, A. T 219
CoaiUard, David 67
Crête, Etienne XVII
Couvent des SS. NN. de Jésus et
de Marie 115
Crabtree, H 203
Courtney, H. C 203
Dagenais, Donat 101
Dagenais, 1 211
Daignault, G. H 120
Daigneault, J. C. (l'abbé) 39
Daigneault, J. E 211
Daigneault, Louis 185
D 'Aoust, C 159
Daoust, Etienne 139
Daoust, Ovila 67
David, J 86
De Beauharnois, Marquis VII
de Boucherville, P. V. B 219
DeUsle, O. (l'abbé) 43
De Lotbinière, G. E IX
Denis, P 169
Descarries, R. M. (l'abbé) 39
Desgroseillers, A 223
Deslauriers, Jos 145
Deslauriers, Jos 166
Deslauriers, Nare ' 146, 209
Desrochers, J. A. A 185
Dessaint 197
Desservants 31
Dickner, E 211
Directrices du Couvent 117
Dorais, Mgr 236
Dorais, Stan 147
Doutre, A 209
Doutre, E 211
Doutre, Jos 221
Duf resne, Nicholas (l 'abbé) ... 12
Dupuis, C. O; 211
Duquette, A 223
Duranceau, P. C 145, 166, 219
Dussault, Jean E 67
Eehevins de Beauharnois 147
Eglise actuelle de Beauharnois. . 78
Eglise anglicane 133
Eglise presbytérienne 132
EUice, Edouard (l'hon.) XII
Elliott, J. K 219
Emard, Mgr 246, 296
Etablissement J. B. Robert .... 191
Etablissement J. W. Kilgour &
Bros, Ltd. 196
320
Table alphabétique
Evêques 7
Ex-eommissaires des écoles .... 104
Fortier, J 147, 211
Fortin, Cyp 201
Fortin, Louis 221
Fortin, Abbé P 39
Fortin, T 221, 395
Fr. Adalbertus 107
Fr. Bertrand, L 51
Fr. Bourdon, R 51
Fr. Croisetière, P 111
Fr. Daoust, J 51
Fr. Daoust, L 51
Fr. Denis, W 111
Fr. Diekner, P 51
Fr. Dufort, L. B 111
Fr. Gariépy, E 51
Fr. Hiérom 107
Fr. Hiéronymus 107
Fr. Larose, J. A 111
Fr. Leduc, J. C 51
Fr Lef ebvre L. J 51
Fr. Maheu, J. Z 51
Fr Manès-Irénée 51
Fr. Maximilien 51
Fr. Maximinus 51
Fr. Morrisseau, N 51
Fr. Lussier, 0 111
Fr. Nethelm 108
Fr. Poupart, A 111
Fr. Théoret, P 51
Fr. Raymond, J. C 111
Fr. Richard, A. D 111
Gadoury, J. E. ( 'abbé) 43
Gagné, Euclide 197
Gagné, Louis 65
Gagné, Ovide 67
Garand, Isaïe 101
Gariépy, Antoine 213
Gauthier, J. E. (l'abbé) 43, 295
Gauthier et Daoust 86
Gauthier, Pierre 138
Gendron, Arthur 139
Gendron, D 211
Gendron, Henri 139
Gendron, J. B 104
Gendron, Jérémie 65
Gendron, Joseph 67
Gendron, N. A 155
Gendron, Paul 65
Geoffroy, F. X. (l'abbé 39
Giroux, F. X 101
Gougeon, Lionel 147
Gouin, L, (Sir) 159
Goyette, A 221
Goyette, A. (l 'abbé) 47
Goyette, Alph 147, 209
Goyette, Ferdinand 67
Goyette, H. A 221
Goyette, J. Arthur 67
Goyette, Joseph 65
Goyette, Narcisse 65
Guimond, C 145
Guimond, J. L. E 147
Guimond, L 221
Guimond, 0 221
Grenier, D. (l 'abbé) 47
Groulx, Edmond 185
Groulx, Edmond-Joseph 185
Hainaiilt, Alfred 155
Hainault, Arthur 139
Hainault, Joseph XVII, 65
Hainault, L 221
Hainault, Louis 84, 165
Hainault, Onésime 65
Hamcl, C 209
Harmonie de Beauharnois 255
Hébert, A. (l 'abbé) 47
Hébert, Adrien 76
Hébert, Auguste 153
Hébert, Domina 139
Hébert, Frs 153
Hébert, Geoffroy 65
Hébert, H. . . . .' 153
Hébert, Henri 139
Hébert, Rog 147
Hébert, Wilfrid 153
Hervieux, H 219
Hommes d 'affaires de Beauhar-
nois 209, 211, 213
Hommes de profession 223
Hospice Saint-Joseph 124
Howard Smith Paper Mills, 203, 205,
207
Huard 197
Huot, G 223
Huot, J 223
Intérieur de l 'église actuelle. ... 87
Jasmin, M. R. C. (l'abbé) .... 32
Joseph, 0 165
Julien, J. B 71
Julien, Jos 71
Kilgour, J. W 197
Laberge, Dr J 221
Laberge, Napoléon 139
Laberge, Philémon 165
Lacerte, J. A. (l'abbé) 43
Lachapelle, J. B. (l'abbé) .... 43
Lafortune, D. (l'abbé) 43
Lafrance, L. (l'abbé) 43
Lagacé, O. (l'abbé) 43
Lamoureux 197
Laplante, J. B. R 219
Laplante, W 147
Lapointe, A 165
Latulipe, Mgr E. A 295
Laurendeau, J. C 145
Laurendeau, J. G 145, 219
Laurin, Jos 197
Laurin, Octave 209
Lavoie, L. A 39
Leboeuf , Alexis 65
Leboeuf , Joseph 141
Leboeuf, Paul 65
Leduc, A 211
Leduc, Aimé 104
Leduc, Albini 155
Leduc-, André 104, 141
Leduc, Antoine 65, 70
Leduc, Arthur 155
Leduc, Augustin, B. P 47, 295
Leduc, F 221
Leduc, F. X 67, 104, 211
Leduc, Francis 65
Leduc, Ferd 145, 201
Leduc, G 213
Leduc, J. E 209
Leduc, Julien 145, 209
Leduc, L. Z 211
Leduc, Z 145
Lef ebvre, Ant 145, 209
Lef ebvre, Arthur 185
Lefebvre, Israël 139
Lefebvre, J oseph 67
Lefebvre, Olivier 65
Lefebvre, Urgel 139
Legault, A 211
Lemay, E 123
Lemieux, Alexis 101
LeMoyne, T. N. (l 'abbé) 43
Léonard, G 145
Léonard, J : 219
Léonard, J. G 211
Limoges, Alf 147
Loiselle, Louis 141
Lonergan, J. (l 'abbé) 39
Longpré, J. G 219
Lussier, P. E. (chanoine) 33
Lynch, J 145
Maheu, abbé E 47
Maheu, Léandre 101
Maheu, Louis 138
Mailloux, abbés D. et G 47
Mailloux, H 213
Maires de Beauharnois 145
Maires de Saint-Clément 138
Maires de Saint-Clément qui ont
été préfets dn comté 141
Malette, abbé J 47
Manny, D 223
Manny, E 211
Manny, Nicolas 82
Manoir 120
Manseau, abbé Antoine 11
Marchand, Achille 209
Marchand, J 211
Marchand, R. P. M 47, 295
Marchand, Omer 104
Marchand, Raoul 213
Marchand, René 213
Marguillers de Beauharnois. . 65, 67
Marleau, N 211
Martel, J. H 43
Mathieu, Am 147
Martin, Cyp 147
Martin de l 'Ascension (Mère) . . 55
Martineau, abbé M 39
Masson, D 209
Mayer, J 219
Mercier, H. (Hon.) 295
Mercier, P 223, 295
Mercier, Wilfrid (l'hon) .. 165, 295
Miron, B 145, 211
Mongeau, Abbé J. L 39
Montpetit, Antoine 185
Montpetit, A. N XVI
Montpetit, Bénoni 84
Montpetit, E ^ 295
Montpetit, Euclide 155
Montpetit, G 71
Montpetit, Gilbert 165
Montpetit, Trefflé 141
Mount, Bév. A. E 133
Nareau, W 147
Navigateurs de Beauharnois . . 185
Nepveu, abbé D 295
Nepveu, chanoine Théodule. 35, 295
Olivier, Th 104
O 'Sullivan, J 219
Ouimet, (l 'Hon. G.) 159
Palais de justice et prison .... 165
Papineau, L. J 159, 295
Paquette, Luc 84
Paquette, Odilon 67
Paquette, Théophile 139
Paré, Joseph 101
Table alphabétique
321
Patenaude, Armand 185
Patenaude, Louis 185
Patenaude, Olivier 185
Patenaude, Toussaint 185
Patriotes de 1838 170
Pelland, Abbé F. X 43
Perrault, Abbé P 39
Perreault, Abbé A 43
Picard, Abbé L. A 39
Pieard-Dequoy, Abbé L. A 39
Pilon, Adolphe 155
Pionniers XVII
Plan de la paroisse 15
Plante, A 159, 295
Plante, M 159
Poirier, Emery 185
Poitras, F. X 79
Poitras, W 295
Prégent, Joseph 65
Prégent, Joséphine XVII
Prégent, Léon 185
Première église de Beauharnois. 73
Presbytère 90
Prêtres nés à Beauharnois. . 47, 49
Prieur, Abbé J. E 43
Primeau, A. E 145, 219
Primeau, Adolphe 153
Primeau, J. B 145
Primeau, L 147
Primeau, Louis 138
Primeau, Nap 147
Primeau, Abbé V 43
Prud 'homme, J. M 165
Prud 'homme, L. A 165, 219
Provost, Abbé A 43
Quintal, Abbé Michel 27
Racine, l 'hon. A 159
Rapport d 'école 97
Reed, W 213
Reid, Antoine 67
Religieuses de Beauharnois, 55, 63
Religieux nés à Beauharnois .... 51
Renaud, l 'hon. L 159, 209
Restaurateurs de l 'église 86
Robert, Ad 211
Robert, E. A. 159, 213
Robillard, U. J 145, 159
Robinault, F 211
Rodier, C. S 209
Rolland, l 'hon. D 159
Rolland, Abbé L 43
Boss, W 211
Roussin, Abbé J. 0 43
Roy, And 147
Roy, B. de B 221
Roy, H 147, 211, 2Ï9
Roy, J. B 104, 147, 211
Sabourin, M 219
Sacristains 71
Sauriol, Abbé F. X 39
Scènes de vie paroissiale à St-
Clément 127, 219
Seers, L. A 145, 219
Seigneurie de Beauharnois sous
les Ellice XIII
Seigneurs de Beauharnois VII
Seigneurs de Lotbinière IX
Smith, Howard 203
Sr Adhémar 55
Sr Agnès de Jésus 63
Sr Albertine 117
Sr Ambroise de Sienne 55
Sr Arthur 117
Sr Cécile 117
Sr Céline 55
Sr Damase 117
Sr de Bon Secours 117
Sr de le Conception 120
Sr de la Présentation 117
Sr de Saint François d'Alverne. 63
Sr des Sept-Douleurs 120
Sr du Crucifix 55
Sr du Saint-Esprit 117
Sr du Saint Nom de Jésus .... 117
Sr Elizabeth 117
Sr Eueher 55
Sr Eudoxie 55
Sr Eugénie 117
Sr Euphrasie ' 117
Sr Gertrude 63
Sr Goyette 55
Sr Guimond 55
Sr Henri de Citeaux 55
Sr Hyacinthe 55
Sr Irénée 55
Sr Joseph 55
Sr Jude 120
Sr Laurence 55
Sr Léonie 55
Sr Louis Bertrand 55
Sr Louise 117
Sr Louise Emélie 55
Sr Marguerite de 8t-Joseph . : 55
Sr Maximilienne 55
Sr Michel 117
Sr Modeste 55
Sr Norbert 55
Sr Paul de Nicée 55
Sr Pierre 55
Sr Pierre d 'Alcantara 55
Sr Pierre de Sienne 55
Sr Rose de Viterbe 55
Sr Seholastique 117
Sr Stanislas 117
Sr Symphorien 55
Sr Thérèse de Jésus 117
Sr Valentine 117
Sr Véronique 117
St. Amour, D. A 104
St. Aubin, Abbé D 43
St Onge, Antoine XVII
Sullivan, John 115, 221, 295
Surveyer, J 219
Surveyer, L. J. A 213
Syndics de 1871 84
Tassé, L. C 147, 223, 295
Théoret, E 197
Théoret, Eug 145
Thibaudeau, A. A 211
Thibaudeau, F. A., abbé 43
Thibault, Louis XVII
Tisseur, F. X 47
Tisseur, J. B 67
Tisseur, Jean-Baptiste 65
Tisseur, Joseph 101
Toupin, Abbé A. A 39
Tremblay, Abbé H 43
Trudeau, J. C 223
Trudel, André 67
Trudel, l'hon. F. X. A 159
Trudel, Loui» 65
Trudel, Théophile 138
Vachon, L 209
Vallé, François 139
Vézina, Abbé F. X. L 39
Viau, David 65
Viau, Stanislas 101
Vicaires 39, 43
Vincent, Léon 67
Vincent, Trefflé 138
Vinet, Aurèle 101
Vinet, Benamin 138
Vues de Beauharnois 227
Wilson, J 197
Wilson, J. W 145
^
Le papier {Velour Art) sur lequel est
imprimé cet ouvrage est un don de la Com-
pagnie Howard Smith Paper Mills Limited,
138, rue McGill, Montréal. (Moulins à
Beauharnois.)
Le volume a été imprimé aux ateliers de
la Compagnie d' Imprimerie d'Ottawa, 3, 5,
rue Mosgrove, Ottawa.
Les photographies reproduites dans ce
volume sont, pour la plupart, l'œuvre de
M. Élie Gendron, photographe, Beauhar-
nois.
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